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EAN : 9782815927260
280 pages
L'Aube (01/02/2018)
3.66/5   60 notes
Résumé :
Si l’on en croit le reste de l’Hexagone, à Nice il y a le soleil, la mer, des touristes, des vieux et des fachos. Mais pas que. Il y a aussi Ghjulia - Diou - Boccanera, quinqua sans enfant et avec colocataire, buveuse de café et insomniaque. Détective privée en Doc Martens. Un homme à la gueule d’ange lui demande d’enquêter sur la mort de son compagnon, avant d’être lui-même assassiné. Diou va sillonner la ville pour retrouver le coupable. Une ville en chantier où d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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Sylviegeo
  19 novembre 2021
C'est Diou qui nous raconte oui Ghjulia Boccanera (faut dire Dioulia ou Diou tout court) la détective privée . Une quinquagénaire, divorcée, un brin rebelle, mais totalement bienveillante, vivant avec Dan son coloc. Une femme de coeur avec qui j'aimerais bien prendre un café.
Les services de Diou seront requis par un jeune homme dont le compagnon est mort. Une mort que la police a qualifié de mort par jeu sexuel, justification qui ne fait aucun sens pour ce beau jeune homme , Dorian. Puis, Dorian lui même deviendra une victime, Diou sera agressée en rentrant chez elle et on prendra pour cible un capitaine de police... ça en fait, disons, beaucoup.
C'est donc un récit haletant, il se passe toujours quelque chose et les promenades auxquelles nous sommes conviés dans le vieux Nice sont délicieuses. C'est un plus pour ce récit, ce cadre enchanteur avec sa vie de quartier, ses amitiés forgées au café du coin, ses habitants qui sont là depuis toujours, cette langue fleurie, cette identité propre. Mais au-delà des beautés du lieu, Michele Pedinielli n'hésite pas à dénoncer les "phobes" de tout. Elle le fait sans complaisance, plutôt avec véhémence. C'est aussi, malheureusement, un récit sur les malversations, les tricheries , les magouilles pour que celui-ci ou celui-là en ait toujours plus au détriment des autres, toujours. Et donc, j'ai aimé me promener à Nice et j'ai aimé côtoyer Diou, cette belle humaine.
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monromannoir
  13 novembre 2021
On ne peut pas tout lire. Un fait indéniable qui prend parfois la forme d'une frustration avec cette sensation détestable de passer à côté d'ouvrages formidables à l'instar des romans policiers de Michèle Pedinielli qui met en scène, depuis trois ans, la détective privée Ghjulia (il faut prononcer Dioulia) Boccanera officiant dans la région de la Côte d'Azur et plus particulièrement à Nice que la romancière célèbre avec la poésie du mot juste comme Nougaro savait chanter Toulouse. Journaliste de formation, Michèle Pedinielli a exercé le métier durant une quinzaine d'année à Paris avant de retourner à Nice, sa ville natale, afin de se consacrer à l'écriture. Récipiendaire en 2015 du troisième prix du concours de nouvelles Thierry Jonquet, l'une des récompenses du festival Toulouse Polar du Sud, Michèle Pedinielli publie en 2018 Boccanera pour les éditions de l'Aube, collection Aube Noire, premier opus d'une série comptant désormais trois romans engagés qui mettent en exergue les turpitudes des puissants à l'égard des personnes défavorisées ou discriminées quand ce ne sont pas tout simplement les deux. Quinquagénaire à la forte personnalité, mélange savant d'origines corses et italiennes, toute vêtue de noire, Ghjulia Boccanera emprunte beaucoup de traits de caractère à la romancière en évoluant dans le dédale des ruelles du vieux Nice, recelant toute une mosaïque de personnages à la fois attachants et hauts en couleur et qu'elle dépeint avec une affection assaisonnée d'une pointe d'humour corsé comme le café noir que son héroïne ingurgite à longueur de journée afin d'entretenir ses insomnies.
Ghjulia Boccanera tout le monde la surnomme Diou dans le vieux Nice où elle vit en travaillant comme détective privée. Un métier qui convient parfaitement à cette cinquantenaire insomniaque, indépendante et forte en gueule qui a décidé de ne pas avoir d'enfant par conviction. C'est Dan, son colocataire qui lui fournit parfois des clients, comme Dorian Lasalle qui veut que l'on fasse la lumière sur la mort de son compagnon Mauro Giannini, que l'on a retrouvé étranglé dans son appartement. Pour la police, il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'un jeu érotique qui a mal tourné. Affaire classée, circulez, il n'y a rien à voir. Mais Dorian est persuadé que son compagnon ne l'aurait jamais trompé et qu'il ne se serait jamais adonné à de telles pratiques. Désormais mandatée par le jeune homme, Diou va tenter d'éclaircir les circonstances de ce crime qui prend une toute autre tournure, lorsqu'elle apprend le décès de son commanditaire qui a également été étranglé après avoir été torturé. Sillonnant une ville en chantier, la détective privée, chaussée de ses Doc Martens, va donner un grand coup de pieds dans la fourmilière pour bousculer l'ordre établi afin de résoudre ces deux meurtres. Ce d'autant plus que le tueur a décidé de s'en prendre à elle.
Sans jamais rien céder au cliché bon marché ou au folklore de pacotille, Michèle Pedinielli restitue l'atmosphère pittoresque de cette belle ville de Nice autour du microcosme composant l'entourage de Ghjiulia "Diou" Boccanera, cette détective mémorable et captivante qui balance son ironie saignante comme Philip Marlowe enquillait les verres de Four Roses. On retrouve d'ailleurs chez Diou cette indépendance et cette décontraction qui caractérisait la personnalité du célèbre détective de Raymond Chandler. Mais loin d'être solitaire, on apprécie la belle déclinaison de personnages qui gravitent autour de cette enquêtrice à l'instar de son colocataire Dan, qui semble tout connaître de l'activité nocturne de la cité, de son ex compagnon Joseph "Jo" Santucci, flic de son état, auquel elle est toujours attachée, de Monsieur Amédée Bertolino, son voisin gâteux qui va se révéler d'un grand secours ou de tout le staff qui compose le café Aux Travailleurs où Diou a ses habitudes. Au niveau de l'enquête on part sur un schéma à la fois classique et solide autour d'une succession de meurtres et autres tentatives qui conduisent notre détective à investiguer auprès des entreprises de construction qui s'attellent à la mise en oeuvre du tramway, du percement d'un tunnel et de l'effondrement d'un mur de soutènement un soir d'orage. Un prétexte efficace pour mettre à jour les dérives dans ce milieu et dont on prend la pleine mesure par l'entremise de Shérif, un syndicaliste bedonnant mais perspicace qui va servir de guide pour notre détective privée. Une partie tellement réaliste que l'on se demande si Michèle Pedinielli ne s'est pas inspirée de faits réels qui auraient défrayé la chronique. On trouve d'ailleurs un article évoquant un effondrement du tunnel qui s'est produit au mois de juillet 2017. Quoi qu'il en soit on ne peut qu'apprécier ce polar dynamique et efficace qui nous entraine dans les différents quartiers de la ville à la rencontre de tout un panel de protagonistes détonants qui mettent en valeur, au gré d'échanges tonitruants, cette détective privée atypique que l'on se réjouit de retrouver dans Après Les Chiens (Aube noire 2019) et La Patience de L'Immortelle (Aube noire 2021), qui font suite ce premier opus très réussi.

Michèle Pedinielli : Boccanera. Editions de l'Aube. Collection Aube Noire 2021.
A lire en écoutant : Good Fortune de PJ Harvey. Album : Storie from the City, Stories from the Sea. 2000 Universal Island Records Ltd.



Lien : https://monromannoiretbiense..
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Cigale17
  27 juin 2019
Si l'on excepte deux chapitres en italique non numérotés qui mettent en scène une courtière en immobilier, cette histoire est racontée à la première personne par Ghjulia Boccanera, détective privée. Au fait, prononcez Dioulia, ou même Diou tout court, c'est encore mieux.
Dan, son coloc qui connaît tout et tout le monde à Nice, a parlé d'elle à Dorian. le jeune homme vient la voir et lui propose une belle somme pour retrouver le meurtrier de son compagnon découvert étranglé dans son appartement. Il ne fait pas confiance à la police : les flics croient à un jeu érotique qui aurait mal tourné. Diou commence donc à enquêter à son tour et un second meurtre confirme ce qu'elle pense déjà : il ne s'agit pas d'un accident. Un crime homophobe, alors ? Faut voir… Elle collabore avec Jo, son ex-mari policier, mais les conclusions qu'ils tirent des éléments de l'enquête divergent souvent. Diou fait partie de ces nouvelles figures de femmes qui débarquent dans le polar depuis quelque temps. Elles ne sont plus très jeunes, pas spécialement belles, pas forcément infaillibles, et elles assument leurs faiblesses, leurs manques, leurs névroses et leurs ratages sentimentaux ou autres ! Voilà un personnage sympathique : une femme bien dans ses Doc Martens, libre de tout préjugé, autant qu'on peut l'être du moins, ouverte aux autres, compatissante, dont on comprend qu'elle a subi quelques coups durs, à commencer par la séparation d'avec Jo : il voulait des enfants, elle non, et ce n'est pas négociable.
J'ai bien aimé ce premier roman même si je n'ai pas trouvé l'enquête particulièrement bien ficelée. L'intérêt est ailleurs, me semble-t-il. Dans le personnage de Diou, je l'ai dit, mais aussi dans plusieurs personnages secondaires bien campés en peu de temps : Dan qui semble posséder des qualités semblables à celles de Diou, Dorian qui se bat pour connaître la vérité, monsieur Bertolino qui n'écoute que son courage, la famille syrienne qui fait preuve d'une remarquable résilience, et d'autres encore. J'ai bien aimé aussi la présentation de la ville de Nice, les balades dans la vieille ville, les mots de nissart parsemés au fil du texte, les considérations sur la ville qui change, etc. Mais ce que j'ai préféré, c'est le ton ! Ironique, mordant, décalé, bref, un plaisir ! Je lirai le prochain.
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Lalami74
  12 janvier 2022
Très belle découverte que cette enquête policière au coeur de Nice. Lu en 3 jours.
L'écriture à l'humour mordante est très agréable. L'auteure a déjà un style bien identifiable. On ne s'ennuie pas une seconde. J'avais hâte d'arriver au moment où je pourrais ouvrir ce livre à nouveau pour en connaître la suite.
Les personnages sont très attachants. l'enquêtrice, Diou, quinqua décalée, séparée, accroc aux médicaments et au café. Son ex compagnon policier qui la protège toujours. La famille de la seconde victime, jeune homme homosexuel qui tenait un rôle de travesti au Zanzib'hard, endroit où l'on découvre des personnages émouvants.
Enfin le Vieux-Nice, le port, la région (où je travaille et où je vis depuis 30 ans), décrits avec amour et délice. J'y ai retrouvé tout ce que j'y aime : les petits restos familiaux où l'on se retrouve et déguste des plats traditionnels, l'ambiance, la beauté et les couleurs des bâtiments du cours Saleya ainsi que la douceur de la Méditerranée, les quartiers populaires où tout le monde connaît tout le monde et où des origines éclectiques se côtoient et vivent en harmonie. Des expressions niçoises. J'ai souri et ri. L'impression d'entendre mon beau-frère niçois « pur souche ». Peut-être ne suis-je donc pas vraiment impartiale, mais je pense que tout le monde peut apprécier les descriptions car elles sont justes, fortes et belles.
Enfin l'auteure, engagée, aborde des sujets qui me tiennent à coeur : l'accueil des migrants à notre frontière si proche. le sujet est certes tout juste mentionné alors qu'il est brûlant (reconduite des mineurs isolés en Italie en toute illégalité), mais la vallée de la Roya et sa générosité (Cédric Herrou) sont évoquées. « On entend autant les habitants qui les accueillent malgré les menaces judiciaires que le député nuisible qui attise la haine pour ratisser le plus large possible ». Les malversations sur chantiers publics et notamment celui du tramway niçois sont au coeur de l'enquête. Les jeunesses identitaires niçoises.
Pour un premier livre, c'est une belle réussite ! Je vais de ce pas me procurer les suivants! Leur note est encore meilleure sur babelio: une belle promesse….
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mn31
  27 octobre 2018
Auteur rencontrée au Festival international des littératures policières de Toulouse en octobre. Un premier roman. Il ne m'en fallait pas plus pour m'intéresser à ce polar qui entraîne le lecteur dans le vieux Nice, ville natale de Michèle Pedinielli.
Voici une histoire qui commence comme tout bon polar qui se respecte par un meurtre. Crime sexuel qui touche le milieu gay ou pas? La détective c'est Boccanera, la cinquantaine déjantée et désenchantée. Elle est engagée par un jeune homme qui va être assassiné à son tour. Elle va mener l'enquête à ses risques et périls et remonter jusqu'au coupable. Cette femme a un sacré tempérament et...des failles, ce qui la rend d'emblée sympathique. On la suit donc jusqu'au dénouement final.
Le livre est facile et très agréable à lire. Des phrases courtes, un ton ironique qui se détache des scènes d'action. Un rythme soutenu qui va crescendo. Plusieurs personnages gravitent autour du personnage principal, plutôt bien cernés et haut en couleurs qui donnent une saveur supplémentaire au roman. De facture assez classique et chronologique, on a cependant affaire à un bon polar au style vif qui respecte les invariants du roman policier: meurtres, intrigue sous forme d'enquête, mobile et coupable. Et qui n'a d'autre but que nous distraire en jouant avec les codes: pas un détective mais une détective courageuse et plus toute jeune, Nice en toile de fond que l'on découvre comme si on se baladait dans les ruelles et les quartiers typiques, un ancien compagnon dans la Police, un peu de sexe, un mobile qui sent la magouille autour d'un chantier important, des documents compromettants... Un cocktail trépidant.
Pour un premier roman c'est réussi et il est fort à parier que le style va se bonifier avec le temps! J'ai aimé.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   06 février 2018
J’essaie d’agripper ce qui m’étouffe mais mes doigts ne saisissent rien, je me laboure la peau pendant que mon larynx commence à s’écraser.Plus d’air. Plus d’air du tout. Ça ne peut pas. Finir comme ça. Je dois pouvoir respirer. Ce n’est pas possible de mourir. Pas moi. Pourquoi m’empêche-t-il de respirer ? J’essaye de penser. Mais il n’y a plus d’oxygène dans mes poumons. Il n’y a plus d’oxygène pour moi, nulle part. Je m’apprête à basculer dans le grand rien quand je perçois au travers du brouillard sale qui m’étouffe une sorte de hurlement. Je ressens un sursaut et la pression sur ma gorge se relâche. Une autre secousse, un corps qui s’écroule de toute sa masse sur moi. À plat ventre, le nez collé au sol, je respire. J’avale, j’engloutis l’oxygène. J’aspire tout, air et poussière, par la bouche, par le nez. Une fois, deux fois, dix fois. Je respire pour aujourd’hui, pour demain, pour tous les jours. Plus jamais. Plus jamais. Il faut respirer. Et vivre.
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rkhettaouirkhettaoui   06 février 2018
L’été, on peut attendre jusqu’à dix minutes avant de réussir à monter dans le bus. Donc, une file (lorsque ce sont des Anglais) ou un troupeau (le reste du monde) s’étire sur des dizaines de mètres au terminus, attendant de monter au compte-gouttes car seul un battant de la porte avant est ouvert. Comble de la perversité, le chauffeur est accompagné d’une seconde personne dont la fonction n’est pas de l’assister (comme en encaissant les billets pour accélérer le mouvement, par exemple), mais de demander aux voyageurs leur destination d’un air inquisiteur.
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Cigale17Cigale17   27 juin 2019
Le gentil ouvrier est un objet publicitaire que l'entreprise offre à ses contacts ou à son encadrement méritant. Le cynisme des gens du marketing, ou leur total manque d'imagination les a fait concevoir un prolo dont la tête héberge les documents virtuels des cadres qui l'exploitent. Le petit ouvrier n' intéressé ni les cambrioleurs, ni les enquêteurs. Je l'empoche. (p. 42)
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rkhettaouirkhettaoui   06 février 2018
Savoir s’adapter au client, c’est la clé. Celui-là est juste un ingénieur italien. Pas un émir qatari ni un millionnaire russe. Sa maison est petite mais le quartier est très chic. Le solitaire en diamant. C’est tout, c’est bien. Elle attrape les clés dans le vide-poches qui ne contient rien d’autre que son trousseau. Elle jette un dernier coup d’œil pour vérifier que tout est à sa place : le verre de jus d’orange est dans le lave-vaisselle, les flacons de vitamines disparus dans le tiroir. Tout est propre. Comme sa Mini, rutilante. Lorsqu’elle l’a choisie, elle a failli craquer pour un bleu dragée.
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rkhettaouirkhettaoui   06 février 2018
Concevoir, me reproduire, perpétuer l’espèce… Faire un enfant. Ni en adopter un. Jamais. J’aime les enfants, les enfants des autres, tous les enfants de la terre. Mais je ne me suis jamais sentie en droit ni en capacité de devenir mère. C’est un sentiment que j’ai toujours réussi à expliquer et défendre fermement, face à mes copines et même à mes parents.
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