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EAN : 9782918541035
394 pages
Éditeur : L'Homme sans nom (18/09/2011)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Allemagne, Forêt-Noire, de nos jours. C’est dans ce cadre magnifique que s’installent Hugo, chercheur dans le domaine des lettres, et sa fille Morgane, inventive adolescente. Mais la Forêt-Noire est également le cadre de légendes ancestrales, dont certaines seraient peut-être bien plus que de simples légendes…
Et lorsque Morgane commence à percevoir des choses qui ne devraient pas exister et que les fantômes du passé du père et de la fille semblent devenir p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
pititecali
  29 décembre 2013
Un roman vraiment prenant et angoissant et d'une qualité littéraire à souligner !
Troisième découverte aux éditions HSN. Je dis 3, mais je devrais dire 2 en fait, puisque les deux premiers sont deux tomes d'une seule et même saga.
Après mon coup de foudre interplanétaire pour Rose Morte, de Céline Landressie, coup de foudre qui ne se dément pas au fil de mes lectures et qui reste en première place (pour l'instant en tout cas, hihihi), je découvre donc un nouvel auteur HSN, en la personne de Sébastien Péguin.
Et définitivement, je peux vous dire que c'est une maison d'édition dont il faut surveiller, découvrir, connaître et partager les publications. Une maison qui privilégie la qualité aux phénomènes de mode, la réflexion au "tout cuit", la littérature (tout simplement) à la sauce un peu fadasse et sans saveur que nous servent bien des éditeurs avec leurs livres "faciles", leur Young-adult (même si je n'ai rien contre en lire un de temps en temps pour me vider la tête, mais il faut l'admettre, devoir réfléchir, deviner, faire preuve d'empathie pour comprendre, chercher, enquêter, se mettre à la place, c'est juste irremplaçable.).
Je n'ai pas choisi CE titre en particulier, et je n'en savais que le strict minimum avant de l'ouvrir. Il faut savoir que si on m'avait détaillé l'histoire, et demandé si cela m'intéressait, j'aurais probablement dit non. (et j'aurais eu vraiment tort !) En effet, la religion omniprésente, l'Allemagne... à priori, ce ne sont pas des sujets qui m'attirent plus que ça. Et voilà bien tout le talent de l'auteur, qui, grâce à une plume extrêmement soignée et travaillée, nous embarque sans mal malgré un univers global avec lequel on ne sent pas spécialement en amour. Loin de là même, étant totalement athée, je dois avouer que la religion m'ennuie beaucoup en général, et que, parmis tous les pays imaginables pour placer le scénario d'un roman, l'Allemagne est probablement celui que je choisirais en dernier. Et pourtant...
Et pourtant, je dois bien avouer que j'ai adoré en apprendre plus sur les légendes germaniques, sur le rapport des allemands avec la nature et les arbres mythologiques, sur les dieux, et même tous les parallèles faits par rapport à la religion n'y ont rien fait, j'ai vraiment passé un excellent moment avec cette histoire.
Pourquoi ? Eh bien d'abord parce que le style de Sébastien Péguin est vraiment super efficace. de très belles phrases, des tournures vraiment subtiles, et le maniement aisé des termes horrifiques et/ou angoissants nous plongent dans un profond malaise. Il faut bien le dire, me faire peur est de loin ce que je préfère (Eh oh ! On est fan de S. King et des zombies ou on ne l'est pas hein !). Et pour le coup, Monsieur Péguin s'en tire, très très bien. On entre directement dans l'histoire par la grande porte étiquetée "angoisse". Cela commence doucement, au point qu'on n'est pas sûr d'avoir affaire à la réalité ou à un éventuel rêve des protagonistes. Et cela monte, monte crescendo, de plus en plus pénible et cauchemardesque, pour finir par les 100 dernières pages où l'horreur ne nous quitte plus. Je ne vais pas vous mentir en vous disant que j'ai réellement eu "peur" avec ce livre, mais sachez que je ne suis pas du tout impressionnable en lecture, je n'ai jamais trouvé un seul roman qui me fasse frissonner (de peur en tout cas) pour de vrai. Mais le songe d'Adam se classe très facilement juste après mon auteur préféré en terme d'horreur (The King, bien sûr). J'ai pu sentir un réel malaise, me coucher parfois avec le sentiment désagréable qu'il pourrait bien m'arriver quelque chose dans mon sommeil, et... J'ai adoré cela, tout simplement.
La deuxième raison qui fait que j'ai vraiment beaucoup apprécié ce roman, est qu'il n'a pas été sans me rappeler un livre qui me tient particulièrement à coeur, comme étant le premier "livre de grand" que j'aie lu, vers 10 ans, un peu mon livre chouchou du coup, pas tellement pour la grande qualité de l'histoire ou autre, mais parce qu'il a une valeur émotive toute particulière, et que je ne saurais me séparer de mon vieil exemplaire tout pourri, tout abîmé, parce que c'est CELUI-LA, et pas un autre, qui m'a réellement donné ce goût pour la lecture qui est le mien aujourd'hui. Il s'agit de Simetierre, de Stephen King. (Oui, j'avais accès à des lectures très bizarres pour une gamine de 10 ans :p )
Il n'est pas question ici de dire que Sébastien a plagié ou a réalisé un remake de Simetierre, pas du tout DU TOUT. Mais on sent les influences du King, on sent que Sébastien doit l'aimer, et peut-être autant que moi. D'ailleurs, il cite un passage de simetierre en ouverture de l'un des chapitres du Songe d'Adam, je pense donc qu'il ne m'en voudra pas d'en parler. Quelques similitudes très générales entre les deux histoires, mais alors, très très vite dépassées pour que le songe d'Adam prenne très vite sa propre personnalité, son propre chemin, et fasse (très bien) monter sa propre mayonnaise.

Je dois le dire, j'ai eu un faible pour son style, sa plume, et le côté légendes (que j'ai entièrement découvertes en plus, puisque je ne connaissais absolument pas les légendes germaniques), peut-être un tout petit peu moins pour les passages plus philosophiques ou religieux, mais l'équilibre étant parfaitement dosé, le roman passe tout seul, tout simplement.

Dans le détail, qu'est-ce que ça donne ?

- La couverture : Très intéressante, et vraiment magnifique. Une fois qu'on a lu l'histoire, elle prend vraiment tout son sens. Il en ressort une ambiance plutôt sombre et angoissante, ce cerf ne semble pas trop chercher les câlins, et cette forêt n'invite pas à la rêverie poétique. Eh bien ça tombe bien parce que c'est l'histoire qui veut ça. En effet, ici, pas de fantasy, pas de paillettes, Sébastien ne nous vend pas du rêve, il nous vend du cauchemar, et il le fait si bien ! le titre m'a plu d'emblée, même s'il ne m'avait pas soufflé en premier lieu (le coquin) que j'aurais affaire à l'angoisse et à l'horreur :).
- le style : Vraiment vraiment vraiment très bon. Il m'a embarquée sans souci même dans les moments où le fond me passionnait moins. Fluide, travaillé, sérieux. Une très très belle découverte pour moi, et j'espère pouvoir lire d'autres romans de cet auteur. Pour autant, j'ai remarqué quelques toutes petites maladresses, des phrases que j'aurais tournées autrement pour qu'elles se lisent de façon plus fluide, ou ce que j'appelle des "mots chouchou" de l'auteur, des mots qu'il semble apprécier particulièrement, car, tout rares qu'ils soient, il les replace plusieurs fois, de manière, parfois, un tout petit peu redondante. Mais franchement, c'est vraiment pour chercher la petite bête et faire une chronique équilibrée en mettant - aussi - un tout petit peu de négatif ;)
- L'histoire : Prenante. Très prenante. On a du mal à reposer son livre, et c'est de pire en pire au fur et à mesure qu'on avance. Beaucoup d'évènements macabres et sanglants, des montées d'angoisse de plus en plus fortes, nous font imaginer le pire, et pour une fois, notre imagination ne va pas forcément plus loin que l'auteur, qui a vraiment le chic pour trouver le mot, et le rebondissement pire encore ! Bravo pour ça !
Malgré tout, certains passages m'ont moins passionnée, comme je le disais plus haut, comme les passages plus religieux ou philosophiques. Je les ai aimés aussi, mais j'étais un tout petit peu moins conquise.
Si la fin ne m'a pas spécialement surprise (pourtant j'aime ça, les fins surprenantes), je ne l'aurais néanmoins pas aimée autrement et je la trouve tout simplement parfaite telle qu'elle est.
- Les personnages : Géniaux. Mis à part 2 ou 3 comportements que j'ai trouvés un peu incohérents avec l'âge/la situation/la personnalité du personnage, je les ai trouvés vraiment bien construits, vraiment attachants, et surtout, vraiment crédibles. Morgane et son papa m'ont fait forte impression et je pense que je vais les avoir dans la tête quelques temps !
- L'édition. Un livre-objet très soigné, doté d'une très belle couverture qui ne laisse pas indifférent et donne envie d'en savoir plus et de percer les mystères qui se cachent derrière cette sombre forêt.
J'ai eu quelques étonnements concernant le chapitrage, assez peu classique, dont forcément un peu surprenant, mais qui est bien adapté, et qui finalement ne gêne, ni ne dessert, la lecture de ce roman.
Au niveau de la correction, j'ai trouvé quelques coquilles, mots manquants ou autres, mais cela reste un travail très soigné car ils sont anecdotiques, et ne m'ont absolument pas empêchée d'apprécier ma lecture à sa juste valeur :)


En bref, un roman que je vous recommande chaudement, et je pense que vous entendrez de nouveau (très vite) parler de cette maison d'édition dénicheuse d'excellents talents français sur mon blog (genre juste après la lecture que je vais commencer ce soir, genre... :p ), stay tuned !

Cali
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Allisonline
  10 juillet 2014
le Songe d'Adam est un roman très particulier et à mes yeux très original, ayant perdu l'habitude de lire de la littérature horrifique depuis... Les Chair de Poule ? C'est donc un roman horrifique et angoissant très prenant, qui mêle parfaitement suspens et gore. Je l'ai lu d'une traite et je n'ai pas pu le lâcher avant de l'avoir terminé, même si j'ai dû pour ça sacrifier quelques heures de ma nuit. L'atmosphère angoissante est très bien gérée et l'intrigue très intéressante, tout comme les nombreuses théories et légendes abordées dans le roman. Mais si j'ai été conquise par l'ambiance et l'histoire, je n'ai en revanche pas ressenti la moindre empathie pour les personnages, auxquels je ne me suis pas du tout attachée.

Avant de me lancer dans ma lecture, j'ai vu beaucoup de chroniques se plaindre des écarts de l'auteur qui s'éloignait du coeur de l'histoire pour faire divaguer ses personnages sur une légende ou une réflexion théologique. Personnellement, ç'a été loin de me déranger, bien au contraire. Chaque information, bien que finalement peu importante pour l'histoire en elle-même, se révélait passionnante. C'est peut-être même ce que j'ai préféré dans l'histoire, et j'ai vraiment ressenti la passion de l'auteur. Bien sûr, si vous n'êtes pas déjà intéressé par le sujet, vous pourrez trouver ça un peu lourd, mais pour ma part, j'ai passé un très bon moment !

Je ne veux pas trop vous en révéler sur l'histoire, ayant peur de vous gâcher le plaisir de la découverte, je dirai donc le strict minimum : Morgane et son père Hugo viennent habiter en Allemagne pour quelques temps afin que ce dernier puisse étudier des textes présents uniquement dans la bibliothèque de la ville en question, bordée par la fameuse Forêt-Noire. Hugo écrit une thèse, laquelle porte sur Dionysos, dieu majeur de la mythologie grecque. Autant vous dire que j'ai été plus qu'intéressée par les études du personnage principal, ainsi que par les nombreuses informations que l'on découvre sur ce sujet au fur et à mesure que ses recherches avancent. Oui, j'imagine que cela pourrait être indigeste pour de non adeptes de tout ce qui touche à la mythologie, mais pour ma part j'ai été emportée autant par les faits que par les digressions et les comparaisons qui rythment les découvertes du personnage principal.

Mais je m'égare ! Morgane et son père viennent donc vivre en Allemagne, au coeur de la Forêt-Noire. Très vite, l'inexplicable et l'angoissant s'invitent dans leur quotidien, mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus à ce sujet... Si ce n'est que la sublime couverture de Magali Villeneuve résume bien l'ambiance glauque qui entoure les deux héros dès leur arrivée dans la Forêt. Si vous avez le coeur fragile ou que vous êtes une âme sensible, je vous conseille de lire ce roman en pleine lumière !

Malheureusement, les personnages n'ont pas su gagner ma sympathie. Hugo m'a mise mal à l'aise par sa façon de gérer son deuil et de voir sa fille, mais sa soif de connaissance a rééquilibré ce coté dérangeant qui m'a un peu perturbée pendant ma lecture. J'ai eu du mal avec certaines de ses réactions dès que le souvenir de sa femme était mentionné, principalement le fait qu'il lui parle et qu'il se prenne pour Orphée... Mais quand on voit l'esprit torturé qu'est Morgane, on comprend que les étranges manies de son père sont loin d'être aptes à la perturber.

Morgane donc, est une jeune fille de quinze ans d'une bizarrerie à toute épreuve. Artiste pluri-talentueuse, elle a une vision du monde bien à elle et n'hésite pas à mettre en scène de façon plus ou moins artistique les situations qui lui font peur pour les affronter physiquement. Oui, voilà, c'est étrange. Inquiétant, même. Pour tout vous dire, j'ai cru tout au long du roman (enfin, jusqu'à un certain point) que l'on était dans l'esprit malade de la jeune fille, touchée par un mal qui provoquait hallucinations et comportements psychotiques. de plus, elle m'est restée lointaine et froide, inaccessible. Je n'ai eu aucune affection pour elle. Ses dialogues avec son père sonnaient faux, là où les échanges entre deux passionnés de légendes étaient tout à fait crédibles. En bref, les deux personnages principaux ne m'ont pas convaincue, et n'ont pas réussi à me toucher.

Les personnages secondaires aussi sont restés flous et peu consistants à mes yeux. J'ai souvent trouvé les dialogues froids, si ce n'est, comme je l'ai dit, quand ils mettaient en scène deux connaisseurs qui échangeaient sur une légende ou une théorie mythologique. Là, j'étais passionnée, j'appréciais vraiment ma lecture. Mais dès que Morgane était présente, ça coinçait. Elle était too much, plus angoissante que la Forêt-Noire et ses mystères, avec ses oeuvres d'art tordues et ses jeux à la fois enfantins et déments.

Malgré mon absence totale d'attache ou même de compréhension envers les personnages, la qualité du reste du récit m'a fait lire le livre en une seule journée. Je ne pouvais pas le lâcher, je n'avais qu'une envie, avoir les réponses à mes questions. le Songe d'Adam s'amuse avec votre cerveau, le retourne dans tous les sens. Souvent, il vous racontera une histoire en distillant quelques informations intéressantes, partagera une anecdote, une idée... avant de hurler tout à coup pour vous faire sursauter.

La fin m'a énormément plu, faisant définitivement basculer la balance entre fantastique et réaliste, nous offrant beaucoup de réponses mais laissant tout de même planer le mystère sur plein de petites choses. N'hésitez pas à tenter le coup, c'est un roman différent et original et je lirais avec plaisir d'autres romans de l'auteur ! Parce que oui, le Songe d'Adam est un one-shot, raison de plus de vous lancer !
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Melisende
  04 mars 2013
Je ne suis pas une grande habituée des lectures horrifiques ni même des oeuvres fantastiques (dans le sens premier). Mes dernières découvertes en date m'ont été offertes par Frédéric Livyns grâce à son recueil Les Contes d'Amy et son dernier roman le Souffle des ténèbres, deux titres où l'horreur côtoie le quotidien. Peu habituée donc, mais très curieuse de découvrir ce Songe d'Adam. D'une part car les mentions de la Forêt-Noire allemande et des légendes ancestrales de la région m'intriguaient mais également car je trouve, très « superficiellement », que l'illustration de couverture (signée Magali Villeneuve, à l'origine de l'affiche des Imaginales 2013 mais également auteure de la saga La Dernière Terre publiée chez L'Homme Sans Nom) est magnifique et très parlante.
Je suis sortie du Songe d'Adam très agréablement surprise par ma découverte, convaincue aussi bien par le fond que la forme qui sont, à mon avis, d'une très grande qualité. Et si cette introduction ne vous a pas convaincus, peut-être que les références à Simetierre de Stephen King et à Sleepy Hollow de Tim Burton perçues pendant ma lecture, le feront mieux que moi !
Il y a beaucoup à retenir du Songe d'Adam, mais ce qui se distincte fortement c'est, à mon sens, l'ambiance très particulière que Sébastien Péguin parvient à mettre en place. Les deux héros entrent - non sans encombre - dans la Forêt-Noire et semblent ensuite ne plus pouvoir se défaire de ce lieu marqué par les légendes. Très vite, le lecteur, à l'instar des héros, se retrouvent coincé dans cette atmosphère pesante et angoissante où les plus beaux coins à la lumière du jour se transforment en vision de cauchemar dès que le soleil se couche… Sombre (elle porte bien son nom) et étouffante, la forêt se dévoile petit à petit pour le meilleur mais surtout pour le pire…
Les scènes marquantes ne manquent pas mais j'en retiens surtout deux, survenant en début d'ouvrage. Hugo et sa fille adolescente Morgane sont sur la route et sont entrés dans la Forêt-Noire. Ils cherchent le chemin de leur chalet, leur future demeure. La nuit tombe (ou est tombée), les grands arbres sombres encadrent le petit sentier sur lequel ils se sont engagés et qui n'apparaît pas sur les cartes que Morgane s'évertue à regarder. La tension monte, Hugo est agacé par la non-réussite de sa fille et petit à petit, les deux protagonistes de la voiture se demandent s'ils ne sont pas victime d'une hallucination collective quand, tout à coup, surgissant de nulle part, la silhouette d'un cerf difforme et monstrueux apparaît devant eux. Evitant l'accident in extremis, le père va fouiller dans les buissons et du côté des arbres inquiétants pour voir, à la supplique de Morgane, si l'animal (ou la chose ?) n'est pas blessé. Evidemment, rien à voir sur le bas-côté. Voilà qui commence fort pour les deux nouveaux arrivants… accueil étrange de la part de la forêt ! Un peu plus loin dans le texte, alors que la jeune Morgane (qui va sur ses 16 ans), dort dans son lit, elle entend des coups donnés sur ses volets (est-ce le vent, les branches des arbres ou un « simple » cauchemar ?), bientôt, ceux-ci s'ouvrent laissant apercevoir la silhouette monstrueuse d'une créature mi-homme, mi-cerf, mi-bouc. La fenêtre s'ouvre, la créature entre dans la chambre, s'avance au pied du lit et… je ne vous en dis pas plus ! Mais je pense que vous avez réussi à capter l'atmosphère du texte et l'intensité angoissante des scènes (surtout les scènes nocturnes d'ailleurs)…
Sébastien Péguin amène le fantastique dans son sens d'origine (des évènements étranges dans le monde réel qui font douter les personnages et évidemment le lecteur : est-ce le héros qui a des hallucinations ou une force supérieure est-elle à l'oeuvre ?… un à l'image du Horla de Maupassant ou de la Vénus d'Ille de Mérimée) et c'est ce qui m'a plu. Pendant une bonne partie du texte, les visions horrifiques se multiplient sans qu'une explication « terre à terre » puisse les expliquer mais en même temps, les héros sont un peu désorientés (surtout Morgane) alors s'agit-il du résultat de troubles psychologiques ? Mystère. Et même quand Hugo se livre à quelques expériences particulières, le doute persiste… jusqu'à la découverte des résultats. Je ne vous en dis pas plus mais vous conseille vraiment cette lecture si vous vous languissez d'atmosphères bien travaillées où le doute demeure pendant un bon moment…
L'autre gros point positif du texte - qui peut aussi être un point négatif pour certains lecteurs, tout dépend de ce que vous recherchez dans cette lecture - c'est l'aspect philosophique et surtout théologique apporté par l'auteur. Passionnés par les légendes locales (en Allemagne du sud-ouest donc), les mythes scandinaves, le culte de Dionysos ou même les textes bibliques, cette histoire horrifique pourra vous satisfaire. On sent le travail de recherche derrière le texte et l'on devine la formation « scientifique » (dans le sens « méthodique », « savante ») de l'auteur lorsqu'il insère des morceaux de légendes, des explications liées aux textes bibliques. Hugo, son personnage principal, étant chercheur en thèse (sa thèse concerne le culte Dionysiaque), c'est plutôt pertinent. J'avoue être un peu allergique à la philosophie mais suis très ouverte aux approches théologiques (mon cursus d'histoire de l'art m'a permis de découvrir ce domaine dans des religions diverses et variées, souvent anciennes et « éteintes ») et ai donc beaucoup apprécié les nombreux passages sur le sujet.
En revanche, je comprends que quelqu'un de moins passionné pourra trouver ces paragraphes assez longs et cassant un peu le « rythme » bien que dans le Songe d'Adam, le rythme ne soit pas l'élément à retenir. En effet, si vous cherchez une lecture épique et regorgeant d'actions, mieux vaut passer votre chemin. le roman de Sébastien Péguin est plus « contemplatif » et oui, « philosophique » que « dynamique ». Mais cette relative « passivité » de l'intrigue permet la mise en place de l'atmosphère et des éléments fantastiques donc… ne m'a pas gênée, bien au contraire !
Le seul regret que je peux avoir en prenant un peu de recul, réside dans ma relation avec les personnages, notamment les deux principaux : Hugo et sa fille Morgane. Je n'ai pas ressenti une grande empathie envers eux, surtout envers Morgane, que j'ai trouvée très « déconnectée ». Mais c'est sa personnalité un peu solitaire et en dehors de tout qui veut cela. Je me suis sentie un petit peu plus proche d'Hugo dans sa quête effrénée de la Connaissance, au détriment de tout le reste.
Ce ne sont pas des personnages auxquels on s'attache beaucoup puisqu'il y a comme une certaine distance entre eux et le lecteur mais je les ai tout de même trouvés assez bien croqués, avec des personnalités intéressantes. J'ai pris du plaisir à les suivre et étais très curieuse de connaître le dénouement et ce que l'auteur leur avait préparé.
En parlant de dénouement, j'ai vraiment beaucoup aimé celui-ci et il a parfaitement rempli son rôle. C'est ce que j'attendais (je n'avais pas deviné la fin mais en souhaitais une de cette trempe) et ai donc tourné la dernière page très satisfaite.
De façon très concrète, je n'oublie pas de signaler la mise en page du texte : chaque chapitre est introduit par une citation (d'origines diverses et variées) et la police change en fonction du « protagoniste ». Vous verrez très vite qu'Hugo entend la voix de sa défunte femme, voix retranscrite de façon particulière dans le livre. A priori, cela engendre des difficultés de lecture ; pour ma part, habituée à la correspondance à la plume, je n'ai pas été dérangée plus que ça. Mais ce ne sont que quelques phrases de-ci de-là, ne vous angoissez pas à ce sujet !

Le Songe d'Adam est une sorte d'OVNI dans mes lectures. Généralement habituée aux histoires plus « simplistes », plus en surface et moins matures, l'aspect très travaillé du fond (une intrigue fouillée, des références complexes) et de la forme (de belles descriptions conduisant à une atmosphère très marquée et marquante) a pu me surprendre légèrement au début mais a su me convaincre très rapidement. Je regrette juste ce léger manque d'empathie envers les personnages, mais c'est un ressenti très personnel.
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sailormoon
  02 août 2015
Le premier roman d'un auteur indéniablement à suivre, malgré quelques petits défauts qui ne m'ont pas empêchée d'apprécier le bouquin – découvert au Salon du Livre de cette année. Je me suis arrêtée par hasard sur un stand où l'auteur le présentait, j'ai noté le titre, je lui ai dit que je repasserai peut-être, et finalement, je ne suis pas repassée… mais le livre m'est resté en tête et j'ai quand même fini par l'acheter :)
On commence par un prologue qui m'a inquiétée pour la suite de la lecture – je l'ai trouvé long et sans grand intérêt. Après avoir lu le tout, je me rends compte qu'il permet de « boucler la boucle », mais le livre ne serait pas moins bon si le prologue n'était pas là. Une fois qu'on entre dans l'histoire proprement dite, on rencontre les deux personnages principaux du romans, Hugo, thésard (sujet d'étude: Dionysos) et sa fille Morgane, 15 ans. Ce sont les seuls personnages du livre sur lesquel l'auteur s'apesantit vraiment, les autres sont plus là pour servir de support à l'intrigue et à l'avancée des recherches d'Hugo.
Parlons-en, d'Hugo. Il a perdu sa femme Mélanie une douzaine d'année plus tôt, d'une tumeur cérébrale, et élève seul Morgane, qu'ils ont eue ensemble. Auparavant très croyant, la mort de sa femme l'a détourné de sa foi et il s'est plongé dans l'écriture de sa thèse sur le dieu grec Dionysos pour essayer de se reconstruire. Il lui arrive pourtant d'entendre sa femme lui parler, surtout quand il s'agit de leur fille (les passages dans lequels Mélanie lui ‘parle' sont écrits avec une police d'écriture très jolie, mais pas forcément évidente à lire). Pour terminer sa thèse, il doit se rendre le temps d'une annnée scolaire en Allemagne, et trouve un chalet en pleine Forêt Noire où loger avec Morgane pendant cette période. Souvent absent, délaissant sa fille sans se rendre compte qu'elle vit mal ses absences, Hugo m'a fait de la peine, car on sent qu'il essaie de bien faire, mais il n'arrive pas à faire la part des choses entre ses recherches universitaires et son devoir de père. L'absence de sa femme ne l'aide pas beaucoup (pourtant elle est plutôt claire dans les conseils qu'elle lui donne… mais il ne l'écoute pas beaucoup). Même si parfois j'avais envie de lui dire « mais enfin, reste avec ta fille! », je peux comprendre le tiraillement dont il est victime. de son côté, Morgane est une adolescente plutôt artiste, elle souhaite intégrer une école d'art et dessine beaucoup. A leur arrivée en Forêt Noire, pendant les absences de son père, elle va beaucoup se rendre dans la carrière de sable derrière leur chalet, où elle va être victime d'hallucinations (mais s'agit-il vraiment d'hallucinations?). Elle va également voir son énergie créatrice décuplée, j'avais presque l'impression qu'elle était possédée. Plusieurs fois dans le livre, on la sent très en colère contre son père, dont les absences répétées lui pèsent, et on ne peut s'empêcher de penser « ça va mal finir, il va lui arriver quelque chose« . J'ai eu plus de mal avec elle, je ne l'ai pas comprise. Son comportement oscille entre le très mature et le très immature et je n'ai pas franchement capté ses jeux dans la carrière (soit elle est un peu trop vieille pour ce genre de jeux, soit elle est un peu barge)…
Hugo et Morgane sont entourés par différents protagonistes qui, comme je l'ai dit, n'occupent pas le devant de la scène. Ceux qui m'ont le plus marquée sont le propriétaire de leur chalet et ses deux fils (on sent qu'ils cachent quelque chose mais sans vraiment savoir quoi). Les autres, je vous laisse les découvrir ;-)
Au niveau de l'intrigue, je dois avouer qu'au début, j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire. Je ne voyais pas bien où ça allait, où l'auteur allait nous mener. A leur arrivée en Forêt Noire, Hugo et Morgane se perdent sur un chemin qui disparait ensuite complètement, et qui n'apparaît pas sur les cartes. A cette occasion, ils aperçoivent tous les deux un cerf très mal en point, blessé, défiguré… Une fois chez eux, Hugo se plonge dans ses recherches sur Dionysos, mais Morgane va commencer à être victime d'hallucinations et de cauchemars terrifiants. Pendant l'un de ces moments, elle entend distinctement une comptine en allemand, qu'elle répète à son père… et c'est là que commence véritablement le livre. Hugo cherche à en savoir plus sur cette fameuse comptine, et de fil en aiguille, d'un interlocuteur à l'autre, on parcourt de nombreux mythes allemands et nordiques pour en arriver au fin mot de l'histoire, c'est très intéressant et instructif. Ses recherches, d'abord orientées sur sa thèse, prennent une toute autre dimension et nous orientent autour des légendes qui expliquent petit à petit ce qui arrive à sa fille.
L'ambiance du roman, avec les personnages isolés, plongés au coeur de la Forêt Noire, est sombre, pesante, malsaine, mais c'est pour moi le gros point fort du livre. J'ai adoré cette atmosphère inquiétante, hyper bien rendue. J'ai lu quelque part que l'auteur voulait rendre hommage à Simetierre de Stephen King (que j'adore Image17). Au début, je ne voyais vraiment pas de rapport entre les deux histoires, et finalement, le lien se tisse, jusqu'à devenir carrément évident sur la fin – mais pourtant, les deux intrigues sont complètement distinctes et traitées très différemment. Simetierre était plutôt contemplatif, et ne proposait pas d'explication quant au phénomène rencontré. Sébastien Péguin va beaucoup plus loin dans sa réflexion, et les différentes recherches que réalisent Hugo pendant l'histoire lui permettent de proposer des pistes, des rapprochements, des explications à ce qui se passe. Parfois, c'est même trop poussé (on sent que l'auteur est prof et que son personnage est thésard), c'est trop didactique et ça fait un drôle d'effet de se retrouver plongé dans des réflexions historico-ésotérico-philosophico-théologiques entre deux scènes horribles. Car, oui, le songe d'Adam peut être classé dans les romans d'horreur. Certaines scènes sont franchements gores – personnellement, j'aime bien, mais ça ne plaira pas à tout le monde.
Je ne sais pas trop quoi penser de la fin, qui est assez positive alors que le roman s'enfonce dans l'obscurité et la noiceur au fur et à mesure de son avancée. Je m'attendais donc à une fin glauque, horrible, et finalement, c'est autre chose que l'auteur nous propose. Ce n'est ni bien ni mal, juste différent de ce à quoi je m'attendais.
En résumé, si l'intrigue est un peu longue à se mettre en place, que certaines scènes cassent un peu le rythme (à cause du ton docte et professoral de l'auteur) et que les personnages ne m'ont pas paru extraordinaires, j'ai franchement passé un bon moment avec ce livre, noir et glauque à souhait, avec une atmosphère pesante particulièrement bien réussie et de nombreuses infos instructives sur les mythologies germaniques et nordiques. Mention spéciale à la couverture qui est très réussie et retranscris bien cette ambiance angoissante. (Je ne pensais pas que j'aurais autant de choses à dire sur ce livre tiens :) )
Lien : http://totorosreviews.com/20..
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DawnG
  23 août 2014
Le Songe d'Adam est un livre original, extrêmement construit et travaillé ! C'est une excellente découverte !
Une oeuvre dense et complexe mais terriblement passionnante et prenante, qu'il est très dur de synthétiser !
Le lecteur va suivre Morgane une jeune fille de 16 ans et son père Hugo. Morgane n'a pas vraiment de souvenir de sa mère Mélanie, morte quand elle était encore toute petite. A 16 ans, elle a encore un pied dans l'adolescence mais l'autre déjà dans le monde des adultes. Hugo, qui a élevé seul sa fille, en est assez dérouté. Ils sont très complices mais ces derniers temps, Hugo travaillant beaucoup, il a moins de temps à accorder à sa fille. Ce séjour d'un an en Forêt Noire pour sa thèse sera peut être l'occasion de passer du temps avec elle.
Hugo va cependant passer beaucoup de temps en dehors du chalet qu'il loue à un vieil original du coin, principalement pour ses recherches, sur Dionysos, la résurrection, … Une thèse vaste avec de nombreux recoupements, d'idées… du coup, Morgane va se retrouver seule assez régulièrement et va combattre sa solitude en prenant possession d'un lieu proche du chalet : une carrière en bordure de la Forêt Noire.
Leur séjour ne sera pas de tout repos. Après avoir aperçu une créature étrange sur leur route, un cerf déchiqueté, ensanglanté mais pourtant bien debout sur ces pattes en travers de leur chemin, plus rien ne sera pareil pour Hugo et Morgane …. Notamment, cette dernière sera réveillée une nuit par des coups sourds à sa fenêtre. Une créature mi-homme, ni-cerf lui apparait alors… Ce qui ne manquera pas de la perturber. A-t-elle rêvée ? Était-ce réel ?
Hugo est un père affectueux mais perdu, très pris par ses recherches. Il va promettre à Morgane de se renseigner sur ce qu'elle a semblé voir/vivre au cours de cette nuit-là. Mais plus Hugo va creuser sur les légendes ancestrales allemandes, sur la Forêt Noire, plus il va faire des liens avec certaines de ses recherches, plus il va s'enfoncer vers un but inattendu. Et s'il parvenait à découvrir des secrets cachés depuis des siècles? Tout cela, dans une ambiance de plus en plus oppressante et pesante, habilement créée par Sébastien Péguin. Certaines scènes sont fortes, le lecteur a l'impression d'étouffer, une aura malsaine attend son aile sur le récit. C'est peut être maladroitement dit de ma part, mais c'est un compliment, j'adore être happée dans une ambiance, une atmosphère étrange, malsaine qui sert le récit. Là, on a presque l'impression de ressentir les odeurs et les sensations de la carrière, de la forêt, …. Et puis certaines scènes, rien que d'y repenser …
Le récit qui va creuser plein de choses mais qui vont servir l'histoire. L'auteur, rencontré aux Imaginales m'a avoué qu'on lui avait reprocher un côté académique trop marqué, un récit trop développé. Personnellement, je n'ai pas eu cette impression. de toute façon, j'adore les récits développés où j'apprends beaucoup ! Et là, j'ai lu cette histoire et les explications de façon linéaire, j'ai trouvé que les éléments donnés étaient utiles pour comprendre toute l'histoire et qu'ils n'étaient pas superflus. Comme quoi, chacun sa perception de la lecture, moi j'ai adoré !
J'en reviens aux thèmes développés. Moi, qui ne connait rien à l'Allemagne, j'ai été captivée par les légendes narrées. Par leur côté sombre et terrible. L'auteur utilise racines et étymologie pour expliquer certaines choses par le biais d'Hugo et un homme qu'il rencontre en Allemagne. C'était fort intéressant. Il y a plusieurs croisements, de mises en abyme entre la religion et les mythes grecques, sur la résurrection, les croyances. L'auteur sublime tout ça avec en filigrane le mythe d'Orphée que j'apprécie énormément ^^
Le lecteur avance donc avec Hugo dans les déductions qu'il fait et comme lui, il a envie de savoir si ce qu'il apprend, ce que les gens du cru raconte est vrai. Hugo va-t-il vraiment découvrir quelque chose? Personnellement, je me suis plus attachée à Hugo qu'à Morgane. Pourtant ce sont deux personnages intéressants. Morgane est accablée par sa solitude et ne comprend pas toujours son envie créatrice exacerbée. A un moment donné, on ne sait plus si elle a des hallucinations, si elle devient folle, si elle cherche à attirer l'attention, à se faire du mal ou si tout ce qui se passe autour d'elle est réel. Hugo lui est dépassé par certains événements, il a un peu trop tendance à repenser au passé mais c'est un personnage qui m'a touchée. Les personnages secondaires sont aussi passionnants. Mais je vous laisse les découvrir par vous même :)
On sent que ce roman est le fruit d'un gros travail par quelqu'un de passionné. C'est dense et travaillé. Sombre, complexe. Pour apprécier la lecture, je pense qu'il faut éviter d'être de trop perturbé et de la couper le moins possible. C'est un récit plus atypique, où l'on frissonne d'horreur, où le cerveau travaille, où l'on se questionne. C'est très appréciable d'alterner les lectures plus légères avec un roman de cette qualité où l'on doit être attentif.
La couverture de Magali Villeneuve est magnifique, elle retransmet parfaitement l'idée qu'on se ferait de la Forêt Noire sans trop en dévoiler non plus. Parfaite. le récit comprend des typographies différentes. Qui permettent de bien s'y retrouver. Même si une d'entre elle fatigue assez rapidement les yeux, j'ai trouvé. Mais ce n'est pas un défaut, juste que j'ai pas une super vue lol
J'ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture. Que je pense relire quand quelques années pour retrouver l'ambiance décrite et peut être découvrir des choses qui m'auraient échappés à la première lecture ^^ Je recommande.
Lien : http://lesdecouvertesdedawn...
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
LaChimereLaChimere   22 août 2016
Les légendes sont réalité, Hugo, leur tissu s’est ici défait pour livrer un phénomène réel. Nous ne sommes plus en face de textes qui nous racontent des histoires, nous n’avons pas exhumé un des plus vieux récits fondateurs que l’homme ait créés pour justifier son existence sur Terre, nous sommes en face d’une réalité qui crée justement ces mythes. […] L’existence réelle de cet arbre est le point de concordance de toutes les mythologies que l’humanité possède depuis des siècles et à travers le monde. Toutes racontent la même histoire, comme s’il y avait bien eu en effet à l’origine de toute chose un arbre mythique et universel. Or là, cet arbre dont tant de récits parlent comme s’ils cherchaient à témoigner de sa réelle existence, cet arbre à la racine de tous ces mythes, nous l’avons trouvé. (Le pasteur se tut un instant, puis reprit.) L’histoire n’est pas nouvelle, et je ne vous apprend rien, mais vous savez comme moi que l’humanité vivait autrefois en harmonie avec ces mythes. Puis l’homme a peu à peu décrédibilisé ces histoires, il les a invalidées par la science, il en a fait un jeu, un divertissement. Mais sommes-nous certains que ces mythes n’aient pas été à la base une véritable réalité, qui n’engageait non pas la croyance des hommes d’alors, mais leur certitude ?
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MayokaMayoka   11 juillet 2019
- [...] Nous accordons trop de crédit aux technologies, alors que celles-ci nous renvoient une image déformée de la réalité. Nous croyons tout connaître alors que tout nous échappe...

[...]

- L'homme pense toujours qu'il est maître de la terre, qu'elle lui appartient. Pourtant c'est précisément ce problème de la propriété des territoires qui déchire l'histoire de l'humanité et ce même dans le cadre de ses plus grands mythes.

[...]

- Les hommes s'accordent eux-mêmes ce droit de possession, et ils se l'accordent sur autrui. Mais pas plus que leur frère ils ne peuvent revendiquer la possession d'un sol. La terre ne leur appartient pas. Et c'est pareil pour nous : la terre, en aucun endroit du monde, nous appartient...

[...]

- Si l'homme pense que la terre lui appartient, il ne supportera pas qu'une partie de sa possession lui échappe et qu'il n'en ait pas la connaissance. Vouloir posséder, c'est vouloir connaître, et c'est ça qui ruine l'homme. Et inversement, vouloir connaître, c'est vouloir posséder. Il faut bien accepter l'idée que le monde nous est totalement inconnu et ce que n'est pas forcément un mal, mais un bien. Or, il y a plus de parties du monde qui nous sont inconnues que le contraire.

[...]

- L'humanité a toujours cru que c'était dans la connaissance du monde qu'elle pouvait en déceler le sens, que la signification véritable pouvait émerger de la seule connaissance, de la lumière. Or c'est bien là la plus grande erreur que nous puissions commettre. Car c'est précisément dans ce qui nous reste mystérieux et voilé que le monde, la terre, prennent leur signification. Sans mystère, pas de sens.

[...]

- ...Et l'homme ne dois pas chercher à connaître ces raisons. Il doit accepter ce fait, et laisser être ce qui est...
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TipeeTipee   29 mars 2017
Le cerf se tenait derrière les carreaux et la fixait. La moitié de sa gueule était arrachée, laissant apparaître dans les chairs à vif son œil blanc et aveugle. Debout comme un homme, il était vêtu d’une toge blanche dont la clarté lunaire faisait ressortir les plis compliqués. Sa mâchoire pendait en un angle bizarre et remuait comme s’il était en train de lui parler.
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FungiLuminiFungiLumini   25 novembre 2019
Qu’étais-je, moi, sans cet être que j’avais aimé ? À quoi bon mes pensées, mon humour dont on se félicitait, si je n’avais plus personne à faire rire ? Tout ce que j’étais était devenu inutile, vide, car la personne à qui tout cela était destiné n’était plus.
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TipeeTipee   04 avril 2017
L’un et l’autre ne firent plus qu’un et, dans un éclair de lucidité, elle comprit l’image qu’avait prise son père dans son esprit. Son père était un astre inaccessible, une comète scintillante de science qui traversait sa vie sans jamais venir auprès d’elle.
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