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Jean Bastaire (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070327867
352 pages
Éditeur : Gallimard (31/12/1993)
3.86/5   35 notes
Résumé :

Publié en 1910, Notre jeunesse est peut-être l'écrit politique et polémique le plus accompli de Péguy. C'est dans ce livre que se trouve sa phrase célèbre que tout commence en mystique et finit en politique. Péguy dresse, en effet, un bilan de la France, un bilan de la République, un bilan de notre pays depuis la Révolution jusqu'à l'Affaire Dreyfus.

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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  02 avril 2018
Voici un livre tombé dans un oubli profond. Pas évident comme lecture il faut dire, malgré son incroyable qualité d'écriture, et nécessitant une certaine connaissance du contexte politique des années 1900. En effet, c'est là le testament politique de Charles Péguy. Toutes ses contradictions s'y résument. Penseurs catholique, et viscéralement républicain, ennemi juré de l'Action Française. Dreyfusard de la première heure, et fidèle partisan de l'armée. Fusionnant mystique chrétienne et mystique républicaine, et se plaignant de voir cette dernière disparaitre…

Mais surtout, il y règle ses comptes du temps de l'affaire Dreyfus. Avec ses anciens ennemis, tout d'abord. Auxquels il n'en veut pas tant, au fond. « Nous voulons sacrifier un homme pour sauver l'image de l'armée. N'est-il pas écrit qu'il vaut mieux perdre un seul homme que tout un peuple ? » Lui disaient-ils. A cela il répondait non. Chacun droit dans ses bottes et voila. Ce sont à ses anciens alliés que vont ses mots les plus amères. Au premier rang duquel, son plus ancien compagnon de route, son camarade de toutes les luttes : Jaurès.

En des termes si froids et élégants qu'ils font plus mal que les pires injures, il l'accuse d'avoir utilisé l'affaire Dreyfus pour lancer sa carrière politique. D'avoir tiré les dividendes en termes de renommée du seul combat qui méritait de rester désintéressé. Et d'avoir pour cela muselé les voix trop discordantes, trop frondeuses ou tout simplement trop brillantes au sein des dreyfusards. Et en premier lieu, celle de Bernard Lazare. Et il est certain que ce grand intellectuel juif est tombé dans un oubli presque total. Qui se rappelle encore qu'il fut le premier rédacteur de « j'accuse », deux ans avant Zola ? Mort en 1903, Péguy exprime ici toute l'admiration qu'il avait pour lui.

On connait la suite. Péguy, convaincu du caractère inéluctable de la guerre, promettant de « fusiller le traître Jaurès ». L'assassinat de ce dernier, et ses plus fidèles partisans basculant dans l'union sacrée. Sa panthéisation et sa transformation en mythe, quand Péguy, tué dans les premiers jours de la guerre, rejoignait les rangs des figures tutélaires de la littérature française que plus personne ne lit ou presque.

Nous ne mènerons jamais des combats comparables à ceux qu'ils ont menés. Qui serrions-nous pour juger l'un ou l'autre de ces deux hommes, ou la relation qui les unissait ?
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POY1
  07 juin 2020
De Charles Péguy, je savais qu'il fut l'un des premiers morts de la Grande guerre. de l'auteur, je ne connaissais rien.

Dans Notre jeunesse, j'ai découvert un homme engagé, républicain, socialiste et patriote. Conscient qu'il est un héritier de l'Histoire de France, il estime que son devoir est de tout faire pour perpétuer cette histoire nationale, quitte à le payer de sa vie, ce qui fut le cas en juillet 1914.

En effet, Charles Péguy ne renie rien de cette Histoire, ni sa chrétienté, bien qu'il ne soit plus pratiquant, ni la royauté, gouvernement de l'ancien temps mais qui fut l'acteur majeur de la construction nationale durant des siècles.

Ce que défend Péguy, c'est le mysticisme de l'idée politique ou religieuse. Pour lui, chaque idée est pure et mérite le respect pour cela. La difficulté est de la conserver intacte. Or, ceux qui l'emploient, dans les partis politiques ou les organisations religieuses, font de l'idée mystique un instrument de captation du pouvoir et des masses et un moyen de justifier des actes qui sont mus par l'intérêt personnel. Pour Péguy, la mystique est au-dessus des Hommes. le simple fait de la politiser, c'est dénaturer sa valeur.

Je reconnais que cette lecture a été difficile. L'écriture de Péguy est complexe. Ses phrases sont alambiquées et usent et abusent de répétitions qui amènent à la confusion du message. Pourtant, Péguy pense qu'en matraquant son lecteur, l'idée devient plus limpide. C'est loin d'être le cas. Exemple page 255 : « […] illusion d'optique historique intellectuelle qui consiste à reporter […] le présent sur le passé, l'ultérieur incessament sur l'antérieur […], illusion d'optique, illusion de regard, illusion de recherche et de connaissance que j'essaie d'approfondir lui-même, entre toutes les illusions [...] ». Ouf !!

Ce livre est d'autant plus ardu que Péguy s'adresse à ses contemporains. Excepté Jaurès, qu'il exècre pour son pacifisme, Dreyfus, Zola et Clemenceau, les autres personnes citées et les événements me sont parfaitement inconnues.

C'est donc un ouvrage qui s'adresse à des experts.
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bibliothequeViroflay
  18 juin 2014
Disparu aux premières heures de la Grande Guerre, Charles Péguy livre ici l'un de ses textes les plus accomplis. Sur fond d'Affaire Dreyfus, il dresse un réquisitoire sans concessions contre la permanente récupération par la politique des différentes mystiques élaborées au coeur de l'Homme. Vincent.
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mguy
  13 février 2016
Il s'agit d'un essai philosophique de Péguy, auteur du début du vingtième siècle. La réflexion porte sur la mystique, la politique et leurs rapports mutuels. Est évoquée essentiellement l'affaire Dreyfus, ses conséquences en France, dans le monde juif, et sur la personne de Dreyfus lui-même. Très intéressant ! de plus, Péguy fait connaitre des figures peu connues, mais incontournables de cette période. Cependant, malgré une écriture asse simple, ce livre s'adresse à un public averti. J'en recommande toutefois la découverte !
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bfauriaux
  15 avril 2020
Un tres bel ouvrage engagé peut etre le meilleur livre de l'auteur en tout cas un tres beau livre qui nous decrit cette periode historique mouvementee en France sans fioriture ni complaisances.A ne pas manquer
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   31 mars 2018
Ce n'est point du tout le raisonnement qui manque. C'est la charité. Tous ces raisonnements, tous ces systèmes, tous ces arguments pseudoscientifiques ne seraient rien, ne pèseraient pas lourd s'il y avait une once de charité. Tous ces airs de tête ne porteraient pas loin si la chrétienté était restée ce qu'elle était, une communion, si le christianisme était resté ce qu'il était, une religion du cœur. C'est une des raisons pour lesquelles les modernes n'entendent rien au christianisme, au vrai, au réel, à l'histoire vraie, réelle du christianisme, et à ce que c'était réellement que la chrétienté. (Et combien de chrétiens y entendent encore. Combien de chrétiens, sur ce point même, sur ce point aussi, ne sont-ils pas modernes.) Ils croient, quand ils sont sincères, il y en a, ils croient que le christianisme fut toujours moderne, c'est-à-dire, exactement, qu'il fut toujours comme ils voient qu'il est dans le monde moderne, où il n'y a plus de chrétienté, au sens où il y en avait une.

Ainsi dans le monde moderne tout est moderne, quoi qu'on en ait, et c'est sans doute le plus beau coup du modernisme et du monde moderne que d'avoir en beaucoup de sens, presque en tous les sens, rendu moderne le christianisme même, l’Église et ce qu'il y avait encore de chrétienté. C'est ainsi que quand il y a une éclipse, tout le monde est à l'ombre. Tout ce qui passe dans un âge de l'humanité, par une époque, dans une période, dans une zone, tout ce qui est dans un monde, tout ce qui a été placé dans une place, dans un temps, dans un monde, tout ce qui est situé dans une certaine situation, temporelle, dans un monde, temporel, en reçoit la teinte, en porte l'ombre.

On fait beaucoup de bruit d'un certain modernisme intellectuel qui n'est pas même une hérésie, qui est une sorte de pauvreté intellectuelle moderne, un résidu, une lie, un fond de cuve, un bas de cuvée, un fond de tonneau, un appauvrissement intellectuel moderne à l'usage des modernes des anciennes grandes hérésies. Cette pauvreté n'eût exercé aucuns ravages, elle eût été purement risible si les voies ne lui avaient point été préparées, s'il n'y avait point ce grand modernisme du cœur, ce grave, cet infiniment grave modernisme de la charité. (pp. 136-137)
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POY1POY1   07 juin 2020
[...] nous avons été, une fois de plus, une armée de lions conduite par des ânes, c'est alors que nous sommes demeurés, très exactement, dans la plus grande tradition française. [p.288]
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POY1POY1   31 mai 2020
Nous sommes les derniers. [...] Aussitôt après nous commence un autre âge, un tout autre monde, le monde de ceux qui ne croient plus à rien, qui s'en font gloire et orgueil. [p.100]
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DLNDLN   15 août 2014
Tout commence en mystique, et tout finit en politique
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MacabeaMacabea   15 mars 2017
Quarante ans est un âge terrible. Car c’est l’âge où nous devenons ce que nous sommes.
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Videos de Charles Péguy (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Péguy
Le Sommet de la route et l'ombre de la croix : six poètes chrétiens du XXe siècle : Charles Péguy, Paul Claudel, Francis Jammes, Marie Noël, Patrice de la Tour du Pin, Jean Grosjean Jean-Pierre Lemaire Éditions Gallimard Collection Poésie
Une anthologie rassemblant des poèmes de Charles Peguy, de Paul Claudel, de Francis Jammes, de Marie Noël, de Patrice de la Tour du Pin et de Jean Grosjean, qui évoquent la foi chrétienne. ©Electre 2021
https://www.laprocure.com/ommet-route-ombre-croix-six-poetes-chretiens-xxe-siecle-charles-peguy-paul-claudel-francis-jammes/9782072854323.html
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