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ISBN : 2246785898
Éditeur : Grasset (29/08/2012)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Livro nous offre enfin le grand roman de l'émigration portugaise en France. Ilidio est abandonné par sa mère, un soir, près de la grande fontaine du bourg. Il n'a que six ans. Il est recueilli par un maçon au grand cœur, qui l'élève dans cette campagne portugaise immobile, arriérée, sous le joug de Salazar. Vient l'heure des premières amours, puis celle de l'émigration clandestine.Pour Illidio et son ami Cosme, après une épouvantable expédition à travers la montagne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  01 septembre 2012
Epigraphe de Livro

«Un livre de plus est un livre de moins ; une approche du dernier qu'on attend comme une acmé du livre parfait.» Julio Cortazar, l'Autre Rive
«Quand j'écrivais Livro, je transportais avec moi un secret immense. Parfois, je doutais de moi-même, je craignais que les personnages n'apparaissent à mes yeux, ou que ma peau prenne la texture des pierres du bourg qui remplissaient mes pensées. Souvent, au milieu de conversations, je parlais avec la voix du galopin, de Cosme ou d'Ilídio quand il cesse de voir sa mère. A cette époque, je transportais avec moi plusieurs décennies que je n'ai pas vécues et que, pendant l'écriture de Livro, je respirais de façon pleine, absolue, totale.» 
«... je suis né l'année de la révolution, en septembre 1974, mais le dimanche, au cours de déjeuners interminables, mes parents et mes soeurs répétaient toutes les histoires d'un temps d'avant ma naissance, pendant la dictature, où ils avaient émigré en France : mon père pour travailler dans la construction civile et ma mère pour faire des ménages. Exactement comme des centaines de milliers de Portugais. le chiffre que l'on avance d'habitude est : un million et demi de Portugais. Entre 1960 et 1974, un million de Portugais ont émigré en France, environ 15 % de toute la population du pays. Telle était la taille du secret que je portais en écrivant Livro.», nous dit José Luis Peixoto sur son site.
Ce secret José Luis Peixoto nous le confie comme quelque chose de précieux, à la fois merveilleux et tragique et sait nous le faire partager. J'aime cet écrivain car il crée un monde bien à lui par la forme originale, la poésie et la puissance d'évocation de ses textes. Tout en retraçant la vie quotidienne dans un petit village de l'Alentejo et celle de ceux de ses habitants qui sont partis vers l'inconnu, vers la France, il les élève entre rêve et réalité, atteint l'universel et chacun peut se sentir concerné en le lisant.
La vie sourd de tous les mots de ce livre comme perle l'eau à la surface de ces gargoulettes en terre qui, en transpirant, gardent sa fraîcheur et permettent aux hommes et aux femmes qui interrompent un travail harassant, de se désaltérer. le lecteur s'y abreuve lui-aussi.
«C'était l'heure argentée. La fin d'après-midi traversait le vent. On entendait le bruissement des arbres au loin, mais aussi les ailes des pigeons qui hachuraient l'air, des gémissements interrompus, et encore le feu qui brûlait, les flammes qui faisaient éclater le bois, et l'eau. le frère du Galopin était nu, assis dans une grande bassine émaillée, recroquevillé sur lui-même.
(...) Des pigeons entraient avec les derniers vestiges de la lumière. Quand ils se posaient sur la table, sur les poutres ou le vaisselier, ils avaient un air étonné. C'est qu'ils avaient des nouvelles à communiquer aux autres pigeons. le Galopim posa la serviette sur le dos de son frère, le serra contre lui et le prit dans ses bras. Il le porta, dégoulinant, jusqu'à une chaise devant la cheminée. Là, il le frictionna, le frictionna longuement pour être sûr qu'il était bien propre. Sur le lit étaient posés la chemise de nuit en coton, un caleçon et une paire de chaussettes.»

Malgré la gravité des années qu'il nous fait traverser, pesantes comme le poids des valises des émigrés qui rejoignent la France dans la nuit à la merci des passeurs et de la garde civile puis leur vie dans le bidonville de Saint Denis et à Paris avant le retour au Portugal, «Livro» est aussi plein de beauté, lumineux, habité par des êtres très attachants pour lesquels on ne peut qu'éprouver une grande compassion, et débordant de scènes émouvantes, inoubliables ...... Faîtes connaissance avec Ilídio, Josué le maçon qui l'a recueilli, Cosme et le Galopim, la tante Lubelia qui s'est fait faire un cercueil de prix qu'elle sort de temps en temps de dessous son lit pour l'admirer et sa nièce Adélaïde dont Ilidio est amoureux, Dona Milu , Libânia etc... Et il y a un livre dans ce livre, le livre que la mère posa entre les mains de son fils Ilidio avant de s'éloigner dans la nuit, qu'il offrira à son tour à Adélaïde qu'il aime ..... Tout cela et plus encore vous attend dans Livro.
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Patience82
  14 mars 2017
Dans ce livre, j'ai eu l'impression de lire un très, très long prologue, suivi d'un long épilogue. Je ne m'attendais pas forcément à avoir beaucoup d'action mais je suis plutôt déçue. Je pense que je suis totalement passée à côté de ce livre. J'aurais aimé en savoir un peu plus sur l'histoire de Portugal et sur l'émigration. Mais on reste centré sur les personnages et leurs histoires, personnages auxquels j'ai eu des difficultés à m'attacher. le style d'écriture n'aide pas vraiment, ce sont des enchaînements de phrases très courtes, peu de discours. D'un point de vue personnel, je n'accroche pas du tout à ce type d'écriture, je ne me sens pas assez impliquée dans la vie des personnages. J'ai l'impression de ne faire que survoler l'histoire.
Je n'ai aucun doute sur le fait que ce livre puisse plaire, mai je ne suis malheureusement pas la cible de ce genre de lecture.
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letitbe
  24 juillet 2013
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple? C'est la question que je me suis posé en lisant ce livre.
Supposé évoquer une page de l'émigration portugaise, ce roman désarticulé sans véritable structure a peiné à m'intéresser.
Les partis pris stylistiques de l'auteur tiennent plus de la cogitation intellectuelle que du souci de faire partager une histoire avec le lecteur.
Ilidio, Adelaïde, José et consorts méritaient davantage d'empathie de la part de leur créateur. Dommage pour eux et pour les lecteurs.
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Baluzo
  10 décembre 2012
Quel beau livre que celui-là ,sans doute mon préféré de cet auteur avec "Le cimetière de pianos". Cela raconte la destinée de gens simples issus du Portugal rural au temps de l'emigration vers la France; La destinée des personnages tourne autour de la recherche du bonheur, jamais atteint . L'écriture est bien reconnaissable et spécifique , si poétique. J'avais attendu je crois 3 ans le nouveau roman de Peixoto....je n'ai pas été déçu....le serez vous?
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Floccus
  03 mars 2013
J'ai lu ce roman en deux fois.
La première fois, je n'ai pas vraiment ressenti d'affinités tout en reconnaissant l'originalité et l'inventivité de l'écriture. Quand je l'ai repris, deux semaines plus tard, je me suis tout de suite retrouvée immergée dedans.
Curieux.
Une écriture par petites touches impressionnistes à travers lesquelles chemine la trame narrative qui parfois s'y fond. Il n'y a plus de frontière entre les émotions, les lumières, les pensées, les bâtiments, les sens, les pigeons. Tout est dit dans l'immédiateté de l'instant. José Peixoto donne à sentir la vie comme une pelote de laine emmêlée. Cela donne au premier abord une impression de bouillie. Mais finalement ce doit être une vision assez proche de la réalité de notre perception. Les êtres semblent n'avoir que peu de poids sur ce qui leur arrive, ils sont brinquebalés par un faisceaux d'influences comme graine de pissenlit dans le vent.
Le second chapitre du livre est plus libre, plus personnel. José Peixoto s'amuse à intervertir lecteur / narrateur / auteur. C'est un carnet de notes vivant où sont jetés réflexions, questionnaires, souvenirs, et une très jolie et touchante dédicace au lecteur sur les deux dernières pages.

Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
FloccusFloccus   18 février 2013
Les livres de Constantino disposaient de nouvelles étagères. Dans ma tête, j'embrouillais la façon de les ranger. Je n'avais pas beaucoup de goût pour l'ordre alphabétique. J'ai toujours aimé chercher les livres, je n'ai pas envie de savoir où ils sont, il me suffit de savoir qu'ils existent. (265)
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