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François Rosso (Traducteur)
EAN : 9782246679912
368 pages
Grasset (08/02/2006)
4.08/5   12 notes
Résumé :
Imaginez un monde lugubre et mécanique..Un monde froid et obscur..Au milieu de ce monde, il y'a une maison couverte de lierre ou vivent un auteur amoureux d'une femme, la plus belle femme du monde à ceci près qu'elle est dans sa tête, sa mère qui a tellement souffert dans sa vie en attendant pour n'avoir même pas le petit honneur de mourir avec son mari.. Et une esclave qui s'acquitte impeccablement de ses tâches et qui présente la timidité, la pureté et la serviabi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
nadejda
  01 juin 2011
Ce livre est déstabilisant par la forme du récit, une écriture où les phrases et les mots sont scandés, répétés parfois comme si le narrateur les cherchait ou voulait retrouver le refrain d'une chanson aimée qui l'a emporté et bercé mais qui fait mal en faisant revivre des souvenirs très beaux mais disparus.
Le narrateur est écrivain et par son écriture il donne vie à son amour pour une femme qui lui apparaît , vous savez, quand on ferme les yeux :
«Je fermais les yeux et voyais, voyais ce qu'on voit les yeux fermés. Je voyais le noir au-dedans de moi et les points de lumière qui le brisent, les vagues de lumière, les figures abstraites de lumière, les silhouettes de lumière, les ombres de lumière dans la lumière du noir en moi. C'est ce que nous voyons quand nous fermons les yeux et continuons de voir : la couleur noir et les petits êtres de lumière qui l'habitent. Et l'on ne parvient à fixer son regard ni sur le noir, ni sur la lumière.
......
Puis, lentement, toujours très lentement, les points de lumière formèrent des cordons de lumière : des lignes de lumière par-dessus le noir. Ensuite commença de surgir chaque contour d'un visage et d'un corps. Un à un, très lentement, très doucement, commencèrent de surgir les traits du plus beau visage que j'eusse jamais vu, et du corps le plus beau que j'eusse jamais vu. Un corps de lumière sur le noir. Une femme. Je la regardais jusqu'à l'instant où elle fut complète.»

Il redonne vie, dans le silence intérieur où se forment les phrases et où les ténèbres peuvent se dissoudre, à une femme qui est décédée mais il ne le sait pas alors qu' elle renaît à l'ombre de ses paupières closes.
Le monde extérieur sombre, vide, sans attrait va devenir un monde de cruauté et de mort avec la venue d'envahisseurs barbares.
Pour l'écrivain la souffrance endurée, la mort et la peur qui l'enserrent ne seraient rien si 
la femme aimée qui vivait en lui ne disparaissait :
«En tous les points que je sentais, le froid amassé de la peur et des nuits de peur. Sur ma peau, le froid de l'obscurité qui m'avait touché au toucher de la tombe de celle qui était partie d'en moi, disparue par un chemin d'en moi, d'en mes propres ténèbres, pour retourner peut-être à son tombeau, à l'obscurité noire de sa tombe.»
Je crois, si l'on pénètre dans le monde créé par ce jeune écrivain, que le bouleversement s'opère. Cela a été mon cas et il me reste des moments inoubliables de beauté poétique, protégés de la cruauté ambiante, qui touchent au plus profond et auxquels je repense souvent. Par contre je peux comprendre que l'on puisse aussi y rester totalement hermétique car cette lecture est vraiment déroutante.
Mais faites confiance à l'auteur quand il dit : "Ces mots étaient miens et ils étaient siens. Ces noms étaient miens, ils étaient en moi, comme aussi en elle. Nous étions deux personnes partageant un secret de mots. Deux personnes qui, au loin, avaient partagés des instants. Deux personnes, et en nous tout était pareil."
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Exupere
  11 décembre 2008
Jamais de toute ma vie je n'ai (et certainement plus après) senti mon âme se fondre complètement en moi en lisant un livre..Ce livre m'a tant touché que c'est resté pour moi une experience au-delà de tout...Je l'adore vraiment, et je lui voue une admiration sans borne..Je ne cesse de le lire et le relire et pourtant jamais je ne m'en lasserais ...C'est le cas pour plusieurs de mes lectures mais celui-ci, à chaque fois, je redécouvre l'émotion que je ressens en le lisant et elle n'est que plus intense avec le temps...Chaque ligne est touchante..le style de l'auteur; sa manière de décrire et de répéter..Les mots qu'ils utilisent et les réactions de ses personnages....C'est l'un des rares qui a su créer des personnages "humains" au propre sens du terme qui n'obéissent pas à la loi de "ces gens sont réalistes ou idéalistes"

Au moment ou j'écris cet article, mes émotions redébordent et je me rappelle de cette exaltation absolue que j'ai en lisant "La Maison Dans Les Ténèbres"..Le simple souvenir d'avoir lu ce livre est un bonbon sucré et éternel..
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Red06530
  24 août 2020
Magistral !
Ce roman est surement inclassable melant le réel au surnaturel mais l'ecriture est percutante...
Quelle belle decouverte que cet auteur !
Javais suivi les commentaires elogieux pour le lire et bien m'en a pris...
Le top 3 de mes livres de l'année...👍
A recommander !
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
ExupereExupere   11 décembre 2008
-"Et je pensais enfin connaître la vraie signification de l'amour. L'amour est le sang du soleil dans le soleil. L'innocence mille fois répétée dans le désir sincère de la compréhension du ciel. Des tempêtes se lèvent, fragicles et délicates, dans la respiration végétale de l'amour-telle une plante croissant de la terre. L'amour est lumière du soleil buvant la douce voix de la plante: quelque chose au tréfond d'une chose très profonde. L'amour est le sens de tous les mots impossibles. Il est traverser l'intérieur d'une montagne, courir par les heures originelles du monde. L'amour est la paix fraîche et la combustion d'un incendie; à l'intérieur du dedans des jours..En chaque moment du matin, le ciel glissant telle une rivière. L'après-midi, le ciel telle une certitude. Et l'amour est fait de clarté, et de la sève forte des rochers. L'amour est fait de mer, de vagues, au lointain de l'océan et du sable éternel. L'amour est fait de tant de choses contraires et vraies! Pour l'amour naissent des lieux neufs; et dans ces jardins éthérés, le salut est une brise tombant avec douceur sur un visage"
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nadejdanadejda   31 mai 2011
Je fermais les yeux et voyais, voyais ce qu'on voit les yeux fermés. Je voyais le noir au-dedans de moi et les points de lumière qui le brisent, les vagues de lumière, les figures abstraites de lumière, les silhouettes de lumière, les ombres de lumière dans la lumière du noir en moi. C'est ce que nous voyons quand nous fermons les yeux et continuons de voir : la couleur noir et les petits êtres de lumière qui l'habitent. Et l'on ne parvient à fixer son regard ni sur le noir, ni sur la lumière.
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nadejdanadejda   31 mai 2011
Puis, lentement, toujours très lentement, les points de lumière formèrent des cordons de lumière : des lignes de lumière par-dessus le noir. Ensuite commença de surgir chaque contour d'un visage et d'un corps. Un à un, très lentement, très doucement, commencèrent de surgir les traits du plus beau visage que j'eusse jamais vu, et du corps le plus beau que j'eusse jamais vu. Un corps de lumière sur le noir. Une femme. Je la regardais jusqu'à l'instant où elle fut complète
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nadejdanadejda   31 mai 2011
Le mystère le plus impossible est la révélation la plus claire. Des couleurs : blanc, bleu, vert, blanc, lumière, noir, bleu, ciel, blanc. Aucune couleur. L'eau. Le silence, parlant la langue de la transparence avec la voix des matins. Un son ou quelque chose comme un son, une chose vraie. Tout cela, et rien de tout cela, c'était la musique.
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nadejdanadejda   01 juin 2011
L'après-midi passa, ma peau froide était de marbre, l'après-midi passa, ma peau froide était de ténèbres, l'après-midi passa, ma peau était froide, et de marbre, et de ténèbres, et de peur.
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