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ISBN : 2070313301
Éditeur : Gallimard (12/02/2004)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 368 notes)
Résumé :
Sous une pluie froide de novembre, la camionnette du libraire Étienne Vollard heurte de plein fouet une petite fille en anorak rouge qui, affolée, courait droit devant elle après avoir vainement attendu sa mère, jeune femme fuyante et transparente.
Désormais, cet homme va devoir vivre avec les conséquences de l'accident. Affublé d'une paternité d'emprunt, Vollard, jusque-là introverti et solitaire, commence à réciter à l'enfant plongée dans le coma des textes... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
  03 avril 2014
Ma première rencontre avec Pierre Péju! Un livre que j'ai aimé, touchant, rempli d'émotion... Comment n'aurais-je pas accroché à cette histoire qui met en scène une petite fille et un amoureux des livres, car le protagoniste, Etienne, est bien plus qu'un libraire, il se nourrit de mots, de phrases, de textes littéraires qu'il connaît par coeur.
Un beau livre. Un texte touchant servi par une plume de qualité.
A lire aussi pour le plaisir de retrouver des citations de très grands auteurs : Goethe, Fernando Pessoa, Pierre Loti, Thomas Bernhard...
Lien : http://araucaria20six.fr/
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ladesiderienne
  30 août 2015
CHALLENGE ATOUT PRIX 2015/2016 (12/15)
Prix du Livre Inter 2003

Une magnifique histoire, triste à pleurer, qui parle de l'amour des livres et de la solitude des êtres.
En rentrant chez lui au volant de sa camionnette, un soir d'hiver, Étienne Vollard renverse, Eva, une fillette de huit ans qui traversait la rue en courant, oubliée une fois de plus à l'école par sa mère. Libraire de son métier, amoureux de la montagne où il marche des heures, ce géant solitaire ne vit qu'à travers ses lectures. Souffrant d'hypermnésie, il en retient des pans entiers. Bouleversé par l'accident, il se rend à l'hôpital pour voir Eva qui est dans le coma. Pris pour le père par le personnel qui lui conseille de parler à l'enfant pour la stimuler, Etienne, rongé par la culpabilité, va commencer à lui réciter tous les passages de ses lectures qui encombrent sa mémoire. Il y fait la connaissance de Thérèse la mère qui passe en coup de vent. Jeune et instable, cette dernière a énormément de mal à assumer son rôle de parent.
Comme j'aurai aimé que ces trois-là rompent leur isolement grâce aux livres ! Malheureusement ceux-ci n'ont pas le pouvoir de lutter contre le destin. L'ampleur du drame qui nous est conté par Pierre Péju, n'a d'égal que la beauté du texte. Des mots qui frappent, des phrases chocs pour nous raconter à travers le regard d'un témoin l'enfance de Vollard, souffre-douleur de ses camarades, mais aussi pour nous décrire la difficulté d'être mère, et surtout nous offrir un magnifique hommage à la littérature. Encore sous le coup de l'émotion, je ne peux qu'accorder un 20/20 à ce prix littéraire amplement mérité.
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moussk12
  10 mai 2018
Quel est ce cri dans la montagne ? Une nuit de novembre. Un animal peut-être.
Etienne Vollard vient d'écraser une petite fille, Eva. Un accident qui sera à l'origine de son hurlement bestial. Car Vollard est un homme très grand, très gros, très roux. Une force de la nature comme on dirait d'une personne comme lui, la quarantaine bien trempée. Pourtant, sa corpulence était déjà bien présente lorsqu'il était adolescent. Et sa tignasse, déjà bien rouge. Mais, à cet âge, peut-on dire que les enfants soient gentils entre eux ? Qui le croit ?
A sa différence physique vont s'ajouter sa passion inconsidérée pour les livres et sa mémoire prodigieuse.
Vollard, devenu libraire logiquement, verra sa vie bien rangée dans ses rayonnages, complètement écartelée par cet accident et par cette petite fille, Eva, tombée dans un coma profond. A moitié disparue.
Si vous aimez le pouvoir des mots, la montagne en hiver, la simplicité d'une petite librairie de village.
Si vos applaudissez la vengeance écrasant de son poids la méchanceté et le harcèlement.
Si vous ne craignez pas la solitude des livres.
La petite Chartreuse est fait pour vous.
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PiertyM
  22 novembre 2014
Qu'est ce que les livres vous éloignent du monde, tout en y restant bien sûr, tout en ayant des amis mais on se sentira toujours seul...sauf s'il arrive qu'on fasse une rencontre assez particulière...telle celle d'un libraire et d'une fille qu'il heurtera avec sa voiture, malgré la gravité de la situation puisque la fille se retrouve dans le coma, Etienne va trouver là une compagne avec qui parler des livres, il y a de quoi ne plus se sentir seul...
Un livre agréable à lire!
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myriampele
  19 avril 2014
Evidemment ce n'est ni joyeux, ni optimiste mais c'est une touchante histoire de solitude, d'exclusion, de mal de vivre si tant est que l'on soit un peu différent... Coup de coeur pour ce drôle de libraire empêtré dans un corps trop grand pour lui, et tellement plongé dans la littérature. Une superbe écriture, que j'aimerais bien reprendre encore...
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Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   30 août 2015
"Le Verbe Être" était une vieille librairie. Boutique obscure, non en raison du manque de lumière mais du nombre de coins et recoins. Boutique profonde, parquets sombres, usés, et quelques alvéoles plus secrètes. Partout, les livres allongés sur les tables, ou bien debout, milliers de guetteurs silencieux sur les rayonnages de bois.
Lutte quotidienne de l'écriture et de la poussière. Au "Verbe Être", des cartons débordants, des piles de bouquins menaçant de s'écrouler. Anarchie souveraine. Grandiose anarchie. Un mélange des genres et des titres. Une alchimie joyeuse. Et c'est dans ce repaire que, pour quelques billets, l'on pouvait venir, chaque jour, se procurer de la littérature, grande ou populaire, secrète ou classique.
Un lieu que certains jeunes gens de l'avenir ne pourront pas même imaginer parce qu'il n'en existera plus de semblables, qu'on aura perdu ce mélange de l'ordre le plus minutieux et du foutoir, ce mélange d'affection pour les livres et d'entassement sauvage. Un commerce à petite échelle. Trafic discret mais essentiel. Résistance à tout le reste, par les textes, l'impression. Réservoir anodin mais explosif. Stocks de fusées éclairantes, capables d'illuminer le détail d'une vie aussi bien que des pans entiers d'existence. (...)
Au-dessus des présentoirs, quelques lampes munies d'abat-jour diffusaient une chaude lumière qui permettait aux lecteurs assoiffés de se pencher de façon intime sur la coupe débordante du texte. Champagne, élixirs du diable, vins capiteux, liqueurs, tord-boyaux et eau pure. Au fond du magasin régnait une pénombre à laquelle il fallait s'habituer, mais certains matins, près de la porte vitrée, le soleil pénétrait avec une telle générosité qu'on ne résistait pas au plaisir d'ouvrir un livre dans la clarté du jour qui tiédissait le papier dont le grain étirait ses ombres, et dont la blancheur s'étalait tel un désert de signes. Lenteur, lumière, lecture : un vrai bonheur !
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joedijoedi   06 juillet 2014
Au rayon des sous-vêtements, elle marche un moment dans une écume de dentelle et de Nylon, se laisse caresser par les vagues très douces de couleurs roses, blanches, crème, rouges, noires. Elle froisse délicatement un soutien-gorge, saisit un slip au hasard et le serre jusqu'à ce qu'il tienne tout entier dans le creux de sa main, comme un oiseau de soie qu'on protège ou qu'on étouffe. Une pensée rapide pour tous ces ventres réels de femmes réelles qui un jour palpiteront derrière ces étoffes encore tellement neuves. Fesses, seins, cuisses, ventres seront bientôt voilés et dévoilés par ces sous-vêtements encore endormis et vierges sur leurs présentoirs. C'est ce genre d'impressions fugaces que Thérèse note dans le cahier à spirale.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   29 novembre 2012
Classant une fois de plus mes livres, je me dis qu'après tout, moi aussi, j'aurais bien aimé devenir libraire, passer le plus clair de mon temps dans la compagnie des écrivains. Les découvrir, les faire lire, les aider à sa vendre, favoriser cette prostitution splendide, m'entremettre pour cette marchandise-là. Trafiquant de drogue littéraire. Libraire de fin de siècle.

Qui saura, dans un avenir pas très lointain, ce que représentaient, pour des gens comme moi, les libraires et les librairies ? Ce qui signifiait, dans une ville, grande ou petite, le présence de ces lieux où l'on pouvait entrer dans l'espoir d'une révélation. Qui se souviendra de la façon paisible dont on pénétrait dans ces antres à l'odeur de papier et d'encre ? De cette façon de pencher la tête pour déchiffrer un titre nouveau, puis un autre, des noms d'auteurs familiers ou inconnus, afin de glaner des indices et des signes vivant sur les couvertures claires? "Le seul vrai lecteur, c'est le lecteur pensif". Qui se souviendra de cette façon de poser l'index au sommet de l'ouvrage pour le basculer en arrière, l'attirer à soi, l'ouvrir, le parcourir. Lire la quatrième de couverture. Debout, dans le bruit des pages tournées, découvrir les quelques mots qui paraissent s'adresser précisément à soi. L'inespéré noir sur blanc.Intime universel. Musique silencieuse
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ladesiderienneladesiderienne   30 août 2015
Sur le mur, derrière Vollard, le portrait de Henry Miller en bonze égrillard, le crâne lissé par la vieillesse, des yeux plissés de chat, un rire naissant sur les lèvres épaisses, la peau burinée, lustrée par le temps, l'ascèse et la débauche, une vivacité heureuse, sexuelle et littéraire.
Il y a cette photo de Georges Bataille comme prise par surprise, lui, bouche de mangeur de viande, des yeux angéliques, si clairs, si purs, et malades, des cheveux d'un blanc éclatant avec un épi rebelle comme une antenne d'extraterrestre, et une façon d'être ailleurs, dans une tristesse angélique, entre le supplice et l'enfance, avec cette élégance dérisoire du costume et de la cravate noire : "J'écris pour qui, tombant dans mon livre, y tomberait comme dans un trou, et n'en sortirait plus." (..)
Hemingway, colosse vieilli, blanchi, ventre proéminent, tous les démons et les blessures et la tristesse retournés vers l'intérieur pour ne laisser pathétiquement paraître que cette gueule d'acteur hollywoodien, offerte au goulot des bouteilles puis au canon du fusil qui la fera éclater.
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ladesiderienneladesiderienne   29 août 2015
Ceux qui ont crié un jour : "Ne meurs pas !" à un être cher, un être humain qui n'entend plus, un être qui s'en va, qui bascule de l'autre côté, déjà si loin qu'il ne peut plus répondre, tous ceux qui ont hurlé en silence, sans qu'aucun son ne sorte de leur bouche : "Ne meurs pas ! Ne t'en va pas ! Pas encore ", ou crié désespérément : "Je t'en supplie, ouvre les yeux une dernière fois, dis-moi que tu m'entends, fais un signe, bouge un doigt, même un tout petit peu. Ne meurs pas !", ceux-là comprendront un peu ce que Vollard ressentait.
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Videos de Pierre Péju (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Péju
Pierre Péju - Reconnaissance .Pierre Péju vous présente son ouvrage "Reconnaissance" aux éditions Gallimard. Rentrée littéraire janvier 2017. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/1929025/pierre-peju-reconnaissance Note de musique : Noahs Stark by krackatoa. Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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