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Mireille Robin (Traducteur)
EAN : 9782748900446
92 pages
Éditeur : Agone (01/09/2005)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 12 notes)
Résumé :
De sa main droite, Popier enregistrait les condamnations, de la gauche, il arrachait de petits morceaux de celle qu'il avait volée, les portait à sa bouche en faisant attention à ce qu'on ne le voie pas et les avalait après les avoir humectés sous sa langue. Puis sa main se glissait à nouveau sous son vêtement, à la recherche d'une autre bouchée. C'est ainsi que Jean-Louis Popier, greffier du tribunal institué par la grande Révolution française, mangea sa deuxième m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Shabanou
  17 janvier 2020
"L'homme qui mangeait la mort " de Borislav Pekic (96p)
Ed. Manufacture de prose.
Bonjour les fous de lectures...
Nous voici partis à la découverte d'un auteur monténégrin.
Voici l'histoire de Jean-Louis Popier.
Est-elle vraie ou n'est-elle que fiction ?
Rien ne prouve son existence, mais rien non plus ne prouve qu'il n'a pas existé.
Vous ne trouverez sa trace dans aucun manuel d'histoire, ni archives. Seule la transmission orale a "survécu".
Il fait partie de ces petite gens entrés dans l'oubli.
Le rôle de Borislav Pekic est de mettre en avant ce mangeur de mort .. pour autant qu'il ait existé !
Cela se passe dans les premières années de la révolution française. Jean-Louis Popier greffier du tribunal enregistre les condamnations mais, suite à un malentendu, il en choisit une et avale discrètement… d'autres suivront.
Sa volonté d'épargner les petites gens grandit mais qui épargner ? pourquoi l'un et pas l'autre ?
Est-il devenu juge en cette période sanglante ?
Où le mènera cette expérience désespérée ?
Réflexion sur la justice, l'art difficile de juger, de condamner et d'épargner.
Etrange histoire ( peut-être vraie ) mais belle découverte.
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nathalie_MarketMarcel
  07 juillet 2013
Le narrateur, Borislav Pekić, proclame à plusieurs reprises son désir de retrouver la vérité des faits sous la légende, mais il le fait de telle façon que l'on est plutôt tenter de croire qu'il a tout inventé : les archives ont disparu et seule la « tradition orale » peut être suivie. Il se moque des hagiographes contre-révolutionnaires et des historiens qui ignorent superbement les sans grades mais son écriture ironique fait porter le doute sur son récit. Il s'intéresse surtout à la tempête sous le crâne de Popier, incapable de repérer les lignes claires du bien et du mal, baignant dans la sueur et l'urine.
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LeslecturesdeNina
  28 janvier 2020
Histoire & Fiction : L'auteur nous entraîne en plein coeur des rouages de la Terreur en nous propulsant derrière l'épaule de Jean-Louis Popier, greffier au Tribunal révolutionnaire. Cette nouvelle relate l'état de tension et de peur d'une époque sombre et carnassière. On se sent étouffer sous les nombreux condamnés et prêt à se cacher pour sauver notre tête. Notre Révolution française écrite par un serbo-croate se veut cruelle et impassible face à la mort, mais aussi romanesque…
En effet, Pekić nous propose de partir de l'idée que ce héros caché de Popier – voleur et mangeur de condamnation – a existé. Il fait donc vivre à travers son personnage, une légende orale ; sans oublier de se gausser un peu des hagiographes et autres enquêteurs de l'histoire pas toujours neutres. Ainsi, ce héros de l'ombre prend vie et on entre dans cette mise en scène entre fiction, fable et vérité sans parachute et en en dévorant les pages.
Humanité & Hasard : Notre Popier est un héros de l'ombre. Spécimen d'un groupe de rebelle charitable prêt à se mettre en péril pour sauver des vies de la machine révolutionnaire qui s'emballe, il se construit sous nos yeux cet homme qui se veut être une possibilité de ces légendes de sauveurs parmi les greffiers et autres personnels du Tribunal – de la mort. Ainsi, Popier part – un jour pas fait comme un autre – avec une condamnation. Transi de peur lors de la découverte de sa faute, il décide de manger la condamnation pour s'éviter de très graves problèmes. C'est, par cette heureux hasard, que Popier va commencer sa révolte et ses sauvetages quotidiens.
Le héros fait donc preuve d'une humanité dangereuse pour lui-même et dirigée par le hasard. Non seulement, il découvre le pouvoir entre ses mains par hasard, mais ensuite sauvera des condamnés par hasard… Vous le devinez : des cas de conscience – que je vous laisse découvrir – se présenteront à notre bon Popier ! Cette légende est d'une beauté attendrissante par sa simplicité et son envie de bien faire. J'ai été chamboulé par la bonté de cette âme qui se questionne encore malgré son action en oeuvre et se torture de ne pas pouvoir faire mieux, ou plus.
En une phrase… Cette nouvelle très courte – à peine 70 pages – fait du lecteur un dévoreur de livre sans remords ; à l'instar de notre Popier narré, dévoreur de condamnation sans regrets.
Lien : https://leslecturesdeninablo..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   07 juillet 2013
Il était, semble-t-il, de taille moyene, ni grand ni petit au point d’attirer sur lui d’attention ; il devait être plutôt maigre que gros, sans doute pas davantage que les gens autour de lui en ces temps de disette. Il était certainement pâle aussi, mais c’était le teint habituel en cette période de terreur, et sans doute taciturne, mais qui se montrait alors volubile, hormis les puissants et les naïfs ?
Ne cherchons pas chez lui de signes particuliers. S’il en avait eu, il aurait été sur la paille de la Conciergerie et non assis derrière un bureau du greffe du Tribunal révolutionnaire.
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enkidu_enkidu_   29 mars 2018
En ce temps-là, il était à la mode, à Paris, de collectionner des objets ayant trait aux exécutions. La vie s’insurgeait contre la mort et l’échafaud en les présentant comme des amusements anodins. Dans les bureaux du tribunal, parmi les greffiers qui avaient le privilège de pouvoir approcher le bourreau Samson et les autres servants de la guillotine, on s’échangeait des pièces rares. Son voisin, l’archiviste Chaudet, possédait une mèche provenant de la perruque de Louis XVI et, tandis que Popier mâchait lentement son déjeuner, il était justement en train de négocier avec le greffier Vernet l’échange de quelques cheveux du roi contre une bouclette de la fille Corday. Plus tard, on se disputerait les morceaux de la dernière chemise de Danton, le pansement ensanglanté que Robespierre avait porté sur sa mâchoire blessée et autres raretés, parmi lesquelles d’habiles contrefaçons. Un scandale éclaterait quand on découvrirait, rien que dans le greffe, trois balles prétendument tirées sur l’Incorruptible, alors qu’une seule pouvait être authentique.

Popier n’avait jamais pris part à ce commerce, ni parié un seul sou au jeu consistant à deviner combien de personnes seraient tel jour exécutées. Sa réserve, en ces temps où la Raison dévorait jusqu’à soixante vies par jour et où les Parisiens étaient devenus totalement indifférents à la mort, ne peut signifier qu’une chose : que lui y pensait, et qu’il compatissait avec ceux qui mouraient. (pp. 29-30)
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aimeryjoesselaimeryjoessel   16 avril 2019
Il vivait enfermé dans le palais de justice comme dans une morgue, inscrivant des noms morts dans un registre sans vie, et il s'imaginait que tout Paris était aussi mort que lui, que dans ses rues on n'entendait que le grincement des roues des charrettes transportant les condamnés, le roulement des tambours de la garde nationale et le sifflement du couperet.
Mais Paris vivait ! Paris s'amusait ! Paris riait !
Il éprouva de l'amertume et un certain agacement en voyant tous ces gens qui le laissaient, lui, Jean-Louis Popier, se soucier de la guillotine alors qu'eux-mêmes vivaient comme si elle n'existait pas et qu'ils avaient l'éternité devant eux.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   07 juillet 2013
Il est des gens dont la vie n’est qu’un rond dans l’eau.
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