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EAN : 9782889278763
126 pages
Éditeur : Editions Zoé (01/01/2021)
3.59/5   17 notes
Résumé :
Un jeune homme arrive au creux de l’hiver dans une ville encerclée par la mer pour faire l’inventaire de l’œuvre d’une traductrice célèbre qui s’y est installée. Les détails du quotidien de cette femme – ses habits en tas sur son lit, un vernis à ongle dans la porte de son frigo, deviennent aussi importants que l’ « océan de feuillets manuscrits, piles de lexique et carnets de travail ».
Peu à peu le jeune homme, dans sa solitude et sa fascination pour la tr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  12 février 2021
L'humidité qui glace le narrateur s'incarne rapidement dans les premières pages, avec l'histoire de ce socle de pieux de bois, qui constituent les fragiles fondations de la ville. Nous sommes donc à Venise. le jeune homme est là pour rassembler et trier les archives d'une traductrice mise à l'honneur par la fondation qui l'emploie. S'immiscer dans l'intimité de l'absente, se nourrir des maigres indices laissés dans son logement qui garde les traces d'un abandon subit, crée entre le narrateur et cette femme une curieuse relation aussi impudique que respectueuse.

La ville est omniprésente, et rythme la vie de ses hôtes au gré des caprices de la marée. L'eau est partout et effectue son lent travail de sape, charriant la crasse, diffusant les odeurs. le street-art prend ici des teintes de rouille et de lichen.
Loin des paillettes et des décors de la fête, Venise s'offre dans sa décrépitude, comme une malade agonisante, condamnée à une submersion inévitable.
C'est avec beaucoup de poésie que l'auteur décrit une Venise très loin des clichés touristiques pour une histoire insolite et singulière, où la réalité flotte parfois entre deux eaux.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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SophieWag
  02 février 2021
Un homme débarque en plein mois de janvier dans une ville dont on ne connaît pas le nom, envoyé là par une mystérieuse fondation à la recherche du travail d'une traductrice qui semble menacé par les eaux. Sans jamais évoquer ni la langue cible ni le lieu où « l'action » se passe, Bruno Pellegrino réussit le tour de force d'écrire un roman de 126 pages dans lequel il ne se passe, reconnaissons-le, pas grand chose. Les seuls détails que j'ai pu relever sur les langues de traduction sont l'évocation d'un dictionnaire grec/allemand et l'utilisation par l'auteur d'un germanisme. Un pizzaiolo nous évoque un peu d'Italie peut-être ou un pays méditerranéen, parce qu'il y a la mer et des goélands. L'auteur semble ne pas vouloir que l'on identifie l'endroit. La ville énoncée « provisoire » a tout d'une cité lacustre, et il pleut beaucoup dans ce lieu cerné par l'eau qui semble envahir tout, même la piscine... Peu de bruit, beaucoup d'humidité, peu de gens, pas de paroles , peu de couleurs ; on suit le « héros » dont on ignore tout (à part qu'il a une mère et une grand-mère qui perd la tête, ce qui est le cas de beaucoup de monde), dans ce qui ressemble au tri que l'on réalise à la mort d'une tante dans sa maison abandonnée. Alors, oui ce roman court se laisse lire, l'écriture est plutôt fluide , telle les eaux usées qu'il décrit plutôt bien. L'image qui va me rester de ce roman est le gris verdâtre avec beaucoup de nuances mais sans le côté coquin. Est-ce que l'auteur veut copier certains grands auteurs dans leur détachement ? Mais là où Camus nous aurait bouleversé, Pellegrino finit par nous ennuyer. Et je m'interroge sur le pourquoi de ce texte puisque l'auteur ne voulait manifestement pas nous faire passer de message... Un mystère irrésolu. Un roman opaque voire abscons. A ne conseiller qu'aux amateurs du genre.
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TroubleBibliomane
  21 février 2021
Dans la ville provisoire de Bruno Pellegrino a été mon compagnon de route en cette fin de semaine et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne manque pas de vous faire boire la tasse.
En plein hiver, un jeune homme décide de tout quitter pour faire l'inventaire de l'oeuvre d'une célèbre traductrice décédée subitement. Il emménage dans sa ville totalement cerclée par les eaux et sujette à de nombreuses inondations. Recomposer les fragments de ses écrits devient une activité qu'il prend très au sérieux, composant l'herbier du moindre carnet de notes ou ticket de caisse. Mais qui est-il vraiment, lui ?
Dans la ville provisoire est un court roman qui m'a intrigué et laissée perplexe à la fois. L'écriture est très fluide, les mots sont utilisés avec justesse, le narrateur est à la dérive, mais qu'en est-il de l'intrigue ? le personnage principal se perd dans ses recherches jusqu'à se sentir autre que lui-même. Une forme intense de démence et de dépersonnalisation qui offre au texte un beau crescendo de noirceur. Et si cela donne de la profondeur à cet homme, c'est au détriment des éléments qui gravitent autour.
L'intrigue est trop légère pour stimuler la concentration et l'envie du lecteur jusqu'à la fin de l'ouvrage. Alors oui, on observe avec intérêt ce narrateur qui sombre progressivement dans les eaux réelles et métaphoriques de cette ville , qui je suppose, est Venise. Oui, on spécule longtemps sur le sens qu'a réellement le liquide au coeur de ce roman et de nombreuses analyses intéressantes pourraient naître. Mais je n'ai éprouvé aucune émotion pour ce personnage, ni pour cette ville qui, j'en suis certaine, aurait pu avoir bien plus de cachet si une intrigue plus travaillée s'était déroulée autour du narrateur. Mes émotions se déploient souvent au gré des détails qui me permettent de visualiser un cadre spatio-temporel. Je n'ai pas retrouvé cela ici et c'est dommage.
En revanche, je suis heureuse d'avoir pu découvrir la maison d'édition Zoé, dont la typographie et la texture souple mais solide des couvertures rendent l'expérience de lecture vraiment agréable !

Lien : https://troublebibliomane.fr..
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ollivier
  18 juillet 2021
On pourrait dire sans doute que l'intrigue est mince, voire inexistante. Ce n'est pas à mes yeux la question. Ce qui se passe est bien une prise de possession lente, subreptice, insidieuse du narrateur par la traductrice -laquelle a perdu la mémoire et dont il a la charge d'effectuer l'inventaire de son travail-, comme l'eau de la lagune prend le pouvoir peu à peu sur la ville de Venise. Ce qui est décrit ici, c'est cet état intermédiaire où le monde que l'on a connu ne répond plus à nos habitudes, où la nature apparaît hostile, dangereuse. le narrateur met ses pas dans ceux de la traductrice et retrouve ainsi ses angoisses, sa perte de la réalité environnante, bientôt de son identité même. le tout dans un style fluide et calme où vient le plaisir.
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BEBEANTOINE
  14 mars 2021
Quand le narrateur, tout juste sorti des études, se voit proposer par une énigmatique fondation de procéder à l'inventaire d'une traductrice célèbre dans la maison où elle vivait jusqu'il y a peu, il ne sait guère à quoi s'attendre. Cette mission aux contours flous l'entraîne dans une ville (qui, si elle n'est jamais nommée, évoque fortement Venise) dans laquelle la mer entre à fréquences régulières, comme le signalent des sirènes d'alarme. Sans avoir voulu rencontrer à l'hôpital celle dont il s'apprête à passer la vie et les écrits au tamis, il commence pourtant à se fondre dans ses gestes, à scruter le moindre ticket de caisse ou va jusqu'à appliquer sur ses doigts son vernis à ongles couleur Midnight Taupe. Comme une façon pour lui de prendre la tangente ou de dissoudre les nouvelles moroses du monde extérieur, qui ne lui arrivent que par téléphone.
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critiques presse (3)
LaTribuneDeGeneve   08 juin 2021
Le jeune Vaudois a reçu la distinction prestigieuse pour «Dans la ville provisoire», où se dessine une Sérénissime bien loin des clichés.
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
LeMonde   02 avril 2021
Notre feuilletoniste suit l’écrivain dans une Venise non nommée, un lieu mythique fantasmé, aux contours brumeux, entre ciel et eau.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaTribuneDeGeneve   12 janvier 2021
Le Vaudois Bruno Pellegrino livre le récit singulier d’une rencontre avec une absente, dans une ville archiconnue qui ne dit pas son nom. Envoûtant.
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
ReinetteduboisdoreReinetteduboisdore   11 août 2021
La mer cernait la ville, elle s'arrogeait des zones, s'étirait et s'allongeait jusqu'au coeur des places, jusqu'au pied des églises, tout le monde savait ça mais je n'en sentais rien. Pas de vent du large ni d'embruns salés, seulement cette odeur croupissante et chimique qui m'avait surpris la veille en arrivant.
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TroubleBibliomaneTroubleBibliomane   21 février 2021
Elle n’écrivait jamais rien de personnel, ne parlait pas de ses journées ni de ce qu’elle ressentait. Elle me poussait aux conjectures.
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MonsieurMMMonsieurMM   19 juillet 2021
Je venais ici pour la première fois et tout ce que je voyais me disait quelque chose
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Videos de Bruno Pellegrino (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bruno Pellegrino
Qu'est-ce qu'habiter provisoirement un lieu ? Quels secrets enfouis les maisons révèlent-elles à leurs hôtes de passage ? Quels sentiments, quelles sensations éveillent-elles chez les plus attentifs d'entre eux ? Une rencontre inédite entre deux jeunes écrivains de langue française très prometteurs : après Ça raconte Sarah (Minuit, 2018), Pauline Delabroy-Allard revient avec Maison-tanière (L'Iconoclaste), récit qui évoque deux séjours d'écriture dans des maisons propices au recueillement ; Bruno Pellegrino, romancier suisse couronné du Prix François-Mauriac 2019, livre avec Dans la ville provisoire (Zoé) un roman envoûtant sur l'absence et ses traces.
Une rencontre diffusée dans le cadre de la Foire du Livre de Bruxelles 2021.
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