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ISBN : 1033600830
Éditeur : Artège (03/10/2016)
Résumé :
Une synthèse personnelle de l'histoire de l'Eglise à travers les siècles, cherchant à distinguer le vrai du faux, la propagande anticatholique de la réalité ecclésiastique effective. L'approche de l'auteure est la fois historique et spirituelle. Elle évoque la gloire des martyrs et des saints, ainsi que la complexité du rapport entre les pontifes et le pouvoir temporel
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
AuroraeLibriAuroraeLibri   15 novembre 2016
La femme ivre

La Rome de l’universalité et du droit n’est pas la seule Rome. À ses côtés vit une autre Rome, esclave du pouvoir, de la violence et de l’oppression.
Pierre écrit dans sa première lettre : « La communauté qui est à Babylone, élue comme vous, vous salue. » Les chrétiens s’identifient à la grande tradition romaine et parallèlement reconnaissent en Rome la Babylone de l’époque de Jésus. Les Hébreux ont été conduits en esclavage à Babylone et la cruauté de cette cité était telle qu’elle exigeait que les déportés chantent les chants de joie de Sion sur le lieu de leur déportation.
Pierre, probablement par mesure de précaution, pour ne pas signaler sa présence à Rome, parle de la communauté « qui est à Babylone ». Jean en revanche, dans l’Apocalypse, bien qu’il utilise une métaphore pour faire allusion à Rome, est tellement précis dans sa description que le doute n’est pas permis : « Les sept têtes, ce sont sept collines sur lesquelles la femme est assise. Ce sont aussi sept rois. » Quant à la femme : « La femme se saoulait du sang des saints et du sang des martyrs de Jésus. »
À l’époque de la pax romana le monde est unifié par la culture : de toute part les citoyens de l’immense Empire vivent de la même manière. Les vestiges archéologiques des villes et des maisons témoignent à profusion, dans les territoires d’Europe, d’Afrique et d’Asie, de la minutieuse présence du tissu unifiant de la culture romaine. Les Romains vivent dans des villes toutes semblables, luxueuses, modernes et splendides, aménagées selon un modèle arrêté, ils habitent des maisons construites selon les mêmes critères, leur temps libre est rythmé par les mêmes habitudes et les mêmes distractions. Ces dernières, outre les fêtes, courses, orgies et les thermes, comprennent également des spectacles dans les cirques où se déroule, sous les yeux des spectateurs, le jeu de la vie contre la mort : les Romains sont passionnés de combats de gladiateurs et se divertissent en assistant à la vaine lutte des hommes contre les fauves auxquels ils sont donnés en pâture.
La « grande prostituée », la « Grande Cité, celle qui règne sur les rois de la terre », finira dévorée par la bête sur laquelle elle est assise comme le prophétise Jean en exultant : « Elle est tombée, elle est tombée Babylone la Grande », exulte. Babylone est sûrement Rome, mais pas uniquement Rome : la prophétie vaut pour toutes les villes qui s’érigent en reines et patronnes du monde. À ces villes, Jean prophétise le triomphe de Jésus-Christ et leur destruction complète en même temps que celle des bêtes démoniaques auxquelles elles sont asservies : « Alléluia ! Salut et gloire et puissance à notre Dieu, car ses jugements sont vrais et justes : il a jugé la Prostituée fameuse qui corrompait la terre par sa prostitution, et vengé sur elle le sang de ses serviteurs ! »
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AuroraeLibriAuroraeLibri   15 novembre 2016
Rome

« Le Romain [Marc] était un homme orgueilleux, / son discours fut concis, / mais il avait les yeux d’un aigle, / qui fixe impassible le soleil (140-143). / […] N’emportez pas mon corps à la maison, / puisque le monde entier est territoire de Rome / et donc, je mourrai à Rome (149-151) » écrit Chesterton dans La ballade du cheval blanc. Le monde entier est territoire de Rome, nous dit le poète anglais du début du XXe siècle. L’intuition de Chesterton qui place Rome au cœur de la bataille entre lumière et ténèbres, ordre et chaos, vie et mort, explicite le fil conducteur qui accompagne la culture chrétienne durant les siècles.
« Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son fils » écrit Paul aux Galates. Que signifie l’expression « la plénitude du temps » ? Les Pères de l’Église ont souvent identifié Rome et son Empire avec la plénitude du temps. Essayons de comprendre pourquoi.
À la moitié du Ier siècle avant Jésus-Christ, l’historien grec Diodore de Sicile synthétise ainsi la nature de Rome : « Comme si le monde entier n’était qu’une seule cité. » Les mêmes mots sont employés trois siècles plus tard par un autre grec le rhéteur Aelius Aristide, dans En l’honneur de Rome : « Tout ici est à la disposition de tous. Personne n’est étranger nulle part » ; au début du Ve siècle, le poète latin Rutilius Namatianus chante : « Tu as construit une seule patrie pour des peuples différents, tu as fait du monde une cité. »
Le monde entier est une cité, le monde entier est Rome tout comme l’annonce chrétienne est catholique, c’est-à-dire universelle, destinée au monde entier et non cantonnée aux frontières d’une seule nation. « Il n’y a ni juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme, car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus », écrit Paul dans la lettre aux Galates et également dans la lettre aux Colossiens : « Là, il n’est plus question de Grec ou de juif, de circoncision ou d’incirconcision, de Barbare, de Scythe, d’esclave, d’homme libre : il n’y a que le Christ, qui est tout et en tout. »
L’universalité à laquelle Rome aspire est pleinement réalisée dans l’Église, comme Léon le Grand l’affirme clairement : « Parce que toi, race sainte et peuple élu, cité sacerdotale et royale, tu assures bien plus largement ta suprématie par la religion divine que par le pouvoir terrestre. » Et c’est exactement la raison de la venue de Pierre à Rome. Benoît XVI l’exprime ainsi : c’est cela « la mission permanente de Pierre : faire en sorte que l’Église ne s’identifie jamais à une seule nation, à une seule culture ou à un seul état. Qu’elle soit toujours l’Église de tous. Qu’elle réunisse l’humanité au-delà de toutes les frontières et, au milieu des divisions de ce monde, qu’elle rende présente la paix de Dieu, la force réconciliatrice de son amour. »
C’est également la raison pour laquelle les disciples du Christ ont revendiqué être romains : Tertullien définit comme ridicola dementia, une bêtise risible, de penser que les chrétiens sont les ennemis de Rome ; les ennemis de Rome sont plutôt les empereurs qui persécutent les chrétiens, selon Lactance ; Ambroise pense que les Romains qui sont restés païens sont des barbares, tandis qu’il exalte les chrétiens comme les héritiers de la virtus de Camille et de la militia de Regulus et de Scipion.
L’histoire de l’Église, de sa persécution, de ses victoires et de ses défaites, coïncide avec l’histoire de Rome.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   15 novembre 2016
La Vierge met au monde un fils

« La Vierge est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel » prophétise Isaïe au VIIIe siècle avant Jésus-Christ. 700 ans après, à Rome, Virgile, le plus grand poète du siècle d’Auguste, dans la quatrième églogue chante : « Voici la Vierge revient… Déjà la nouvelle humanité descend des hauteurs des cieux. Un fils est sur le point de naître et avec lui l’âge de fer déclinera, sur les terres s’élèvera l’âge d’or, il libérera les pays de l’étreinte de l’angoisse. Il jouira d’une vie céleste Aussitôt, pour toi, enfant sans recours humain, la terre répand ses bontés… les troupeaux ne craindront pas les lions. »
Le troupeau n’aura pas peur des lions, écrit Virgile. Isaïe avait décrit avec des expressions similaires la nouvelle création façonnée par le fils de la Vierge : « Le loup habitera avec l’agneau, la panthère se couchera avec le chevreau. Le veau, le lionceau et la bête grasse iront ensemble, conduits par un petit garçon. La vache et l’ourse paîtront, ensemble se coucheront leurs petits. Le lion comme le bœuf mangera de la paille. Le nourrisson jouera sur le repaire de l’aspic, sur le trou de la vipère le jeune enfant mettra la main. »
Ce n’est pas par hasard que Dante a choisi Virgile comme maître et guide dans son voyage à travers L’Enfer et Le Purgatoire.
Inflexible et impitoyable avec ses ennemis, attentive à demeurer fidèle à ses serments, la civilisation romaine est fondée sur le respect de la loi, la virtus et la pietas. Rome devient Rome parce que sa volonté de puissance est soutenue par une attention constante aux vertus et aux obligations familiales et sociales. Parce que le culte des dieux et des ancêtres crée une communauté consciente de ses propres devoirs et obligations, l’identité de Rome est solidement ancrée dans l’histoire collective et familiale.
Benoît XVI souligne que la culture occidentale est la synthèse entre le droit romain et l’Évangile. Unicuique suum : « D’une part, le grand droit romain, le droit naturel, la culture naturelle de l’homme concrétisée dans la culture romaine, avec son droit et son sens de la justice ; et d’autre part l’Évangile. » Rome païenne et Rome chrétienne : comme la légende attribue aux jumeaux Romulus et Remus la fondation de Rome, ainsi l’histoire et la tradition de l’Église reconnaissent dans les deux apôtres Pierre et Paul la fondation de la Rome chrétienne : « Ils sont tes pères et tes véritables pasteurs ; ils ont jeté sur ton sein les bases éternelles d’un royaume qui ne périra jamais ; tu leur dois plus qu’aux hommes qui ont creusé les fondements de tes premières murailles, écrit Léon le Grand. »
Les chrétiens ont l’habitude d’honorer les champions de leur histoire par des jours de fête. La fête de Rome, la fête de ses patrons, les saints Pierre et Paul, est le 29 juin. Un seul jour commémore simultanément Pierre et Paul, un nouveau genre de frères, les deux colonnes sur lesquelles est construite la capitale de l’Église.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   15 novembre 2016
Jérusalem

Jérusalem ville sainte, ville du grand roi, désir du cœur, ville de la paix, espérance dans l’affliction, lieu de la manifestation de Dieu : « L’an prochain à Jérusalem », c’est ainsi que se saluent les juifs pieux. Les principaux événements du peuple hébreu ont lieu à Jérusalem : le sacrifice d’Isaac, le règne de David, la construction du temple. Jérusalem est le cœur du judaïsme qui bat le long des siècles.
Jérusalem est également la ville dans laquelle Jésus-Christ, le Messie tant attendu, accomplit les promesses faites par Dieu au peuple élu : Jésus meurt, ressuscite, monte au ciel à Jérusalem. La Pentecôte a lieu à Jérusalem. Presque tous les principaux événements de l’histoire du monde ont lieu à Jérusalem.
Nous lisons dans la lettre aux Hébreux que le Christ s’est incarné « afin de réduire à l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et d’affranchir tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort » : la résurrection de Jésus est l’événement qui change l’histoire parce qu’il libère les hommes de la terreur de la mort.
Témoins de la résurrection de Jésus, les apôtres et les disciples n’agissent pas jusqu’au moment où ils sont envahis par la force du Saint-Esprit qui les rend capables de sortir de l’enfermement du Cénacle et de faire ce que le Seigneur leur avait ordonné : « Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création. » L’histoire de l’Église est le récit des faits qui se déroulent entre la Pentecôte et la descente du ciel, d’auprès de Dieu, de la ville sainte, la Jérusalem nouvelle, « prête comme une épouse parée pour son époux ».
Bien sûr, durant le temps du pèlerinage sur la terre la foi est mise à l’épreuve chaque jour, et depuis le début l’Église apprend à affronter les divisions, les chutes, les trahisons. Cependant le but de la marche est établi : le ciel. À ce sujet Paul écrit dans la seconde lettre à Timothée : « J’ai combattu jusqu’au bout le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Et maintenant, voici qu’est préparée pour moi la couronne de justice, qu’en retour le Seigneur me donnera en ce jour-là. »
À l’époque de Jésus le monde est unifié par le droit, la culture et le pouvoir de Rome. Poussés par l’Esprit Saint, Pierre et Paul, le premier pape et l’apôtre des gentils, vont à Rome et achèvent à Rome leur pèlerinage terrestre. « Nous n’avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous recherchons celle de l’avenir » nous dit la lettre aux Hébreux : l’Église naît à Jérusalem, sur la terre elle n’a pas de véritable demeure, mais elle élit Rome comme siège du service de Pierre.
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