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ISBN : 2330036744
Éditeur : Actes Sud (08/10/2014)

Note moyenne : 4.43/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Isabelle Peloux développe une pédagogie qui repose sur la coopération plutôt que sur la compétition et vise à apprendre aux enfants à travailler autrement tout en respectant le programme scolaire habituel. À cette fin, elle s’inspire de trois grands courants pédagogiques
: le mouvement Freinet fondé sur l’expression libre des enfants et le tâtonnement expérimental, la gestion mentale d’Antoine de La Garanderie qui explore, décrit et étudie les gestes mentaux ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Rhl
  27 août 2015
Partant de l'idée que si l'on veut un monde en paix il est nécessaire d'éduquer les enfants à la coopération, Isabelle Peloux a créé l'école des Colibris, au sein du centre agroécologique des Amanins (centre d'accueil né de la rencontre entre Michel Valentin et Pierre Rabhi). Une école primaire qui cherche à être au plus près des besoins de l'enfant, à le mettre en confiance, à l'accompagner dans ses apprentissages en l'aidant à prendre conscience des processus en oeuvre quand on apprend, en s'exprimant et en écoutant les autres. Il est aussi beaucoup question d'apprendre à vivre ensemble, être à l'écoute de soi et des autres, apprendre à gérer ses émotions, réfléchir, écouter et s'exprimer autour de grands et petits sujets philosophiques.
J'ai trouvé ce livre passionnant ! Les réflexions d'Isabelle Peloux sur la pédagogie, l'apprentissage, le vivre ensemble et l'éducation sont très intéressantes et nous amènent à réfléchir sur le fonctionnement général de l'école ainsi que sur le rôle d'éducateur et d'enseignant. Il est de plus bien écrit, clair, agréable à lire, c'est à la fois très compréhensible et intelligent. On suit avec intérêt les cheminements de l'auteur et les exemples concrets, donnés au fur et à mesure, permettent de mieux comprendre et d'imaginer une application.
Un livre qui s'adresse en premier lieu aux enseignants du premier degré, mais qui peut également apporter à tout enseignant, éducateur et parent.
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eowin
  14 octobre 2015
Comment amener les plus récalcitrants à apprendre. Comment accepter les autres et amener chaque enfant à "oser".Comment prendre en compte la nature et le monde qui nous entoure.Un souffle d'air pur, une source d'inspiration.
Une lecture, qui m'a beaucoup apporté pour mon métier, que je garde sous le coude.
Ce livre ne donne pas de recette magique, mais donne des idées très intéressantes!
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meeva
  05 mai 2016
Avec L'école du colibri, j'ai trouvé là une petite perle.
Isabelle Peloux a créé une école dans laquelle elle propose une éducation alternative.
Dans ce livre, elle expose ses motivations et son parcours, ce qui permet de bien avoir conscience que son action résulte d'un long cheminement et non d'une lubie. Elle parle un peu des théories sur lesquelles reposent son enseignement, de manière assez brève mais toujours très claire et illustrée par des exemples concrets.
Là où ce livre a illuminé mon esprit démotivé d'une étincelle réconfortante, c'est dans l'exemple qu'il me donne d'une personne encore capable d'empathie, de bienveillance même, j'ose utiliser ce mot pourtant sali par une utilisation dévoyée.
Isabelle Peloux m'a même, par certains aspects, fait penser à Korczak, en particulier par sa façon de donner en exemples des comportements d'adulte (elle se donne souvent en exemple elle-même) pour permettre de mieux appréhender un comportement d'enfant, montrant là qu'elle tient l'enfant pour une personne dont les sentiments n'ont pas à être amoindris au prétexte que c'est un enfant.
Ce livre m'a fait beaucoup de bien dans une période où ma motivation est au fond du trou.

Lien : https://chargedame.wordpress..
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BruitDuMoustique
  25 janvier 2017
Je m'attendais à mieux, à plus. C'est à dire à des outils plutôt qu'à un témoignage sur les écoles autrement, ailleurs, etc...on en ressort plutôt avec l'idée que l'école doit se faire autrement, certes, mais "en dehors de l'école", cela me gêne et cela peut décevoir et pourtant, on peut petit à petit changer beaucoup de choses à notre école "malade" et "vieillissante". Ce livre m'a donné envie de lire et de relire Freinet et autres bouquins pratiques et utiles pour changer des choses directement dans nos classes sans sortir du système mais en le transformant de l'intérieur...un parmi tant d'autres: Sylvain Connac " Apprendre avec les pédagogies coopératives." Mille fois plus revigorant...on lit, on tente un peu, beaucoup, on échange...et, on arrête de pleurer sur son sort ! Essayez.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
SarahcarabinSarahcarabin   23 août 2017
Aujourd'hui, j'ai un postulat de confiance : j'ai quelques élèves qui ne font pas souvent leurs devoirs mais s'ils me disent qu'ils les ont faits, je les crois. Ils ont peut-être appris leurs mots hier soir, mais les ont oubliés depuis. Je leur demande : "Comment as-tu travaillé ?" S'ils expliquent que le projet était de réciter les mots à un adulte dans les minutes qui suivent l'apprentissage, je leur montre que ce n'était pas la bonne stratégie puisque tout s'est effacé aujourd'hui. Quand l'enseignant conseille : "Si tu veux retenir tes mots, tu devrais travailler plus !", il devrait plutôt proposer de travailler autrement. Faute d'identifier cette stratégie qui n'est pas la bonne l'enfant adopte la stratégie du nul : il arrive à l'école, il s'aperçoit que les autres savent les mots appris hier soir alors que lui ne se les rappelle plus. L'enseignant le soupçonne alors de ne avoir travaillé ; l'enfant se dit qu'il est nul. Du coup, il adopte la stratégie suivante : "La prochaine fois, je n'apprendrai pas les mots. Comme ça, la maîtresse croira que je n'ai pas appris. Si elle me demande si je suis bête, je pourrai me dire : « Mais non, je ne suis pas nul, je n'ai pas travaillé ! »" Peu à peu, l'enfant ne prend plus le risque d'apprendre. Comme c'est douloureux d'être nul, à défaut de réussir, il cherche à maîtriser son échec : il ne rate pas puisqu'il n'apprend pas ! Il reste ainsi dans une forme de toute puissance. Cette attitude s'ancre très tôt à l'école. (p. 67)
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SarahcarabinSarahcarabin   23 août 2017
Plus la banque de données de l'enfant est riche, plus il pourra faire de connexions ensuite, donc assimiler de nouveaux savoirs. À l'inverse, un enfant peu stimulé, pas très curieux de nature, va se constituer une très petite banque de données et aura du mal à faire des ponts entre un nouvel apprentissage et son matériau personnel de base. […]
L'enfant petit doit vivre des expérimentations qui vont lui permettre, des années plus tard, de passer de la pensée concrète à la pensée abstraite. En voici un exemple frappant. Le petit enfant aime jouer avec de la pâte à modeler. Vers 4-6 ans, il découvre un concept essentiel sans le savoir : la conservation de la quantité. C'est un test qui est fait chez l'orthophoniste pour un enfant en difficulté mathématique. Il joue avec sa pâte à modeler. Elle est en boule ; puis on lui propose de l'étaler et d'en faire un long serpentin. Si on lui demande : "Est-ce que tu as autant de pâte à modeler que tout à l'heure ?", il peut répondre par l'affirmative. Mais certains enfants n'imaginent pas que la même quantité puisse changer de forme. Donc, il répondent : "Pas du tout, là, il y en a beaucoup plus. Tu ne vois pas comment c'est long ?" Tant que l'enfant n'a pas compris ce concept de conservation de la quantité (ou du nombre), il ne peut pas faire des conversions ; il ne peut pas concevoir que des centimètres deviennent des mètres, et qu'une même quantité puisse s'appeler de différentes façons. Arrivé à l'âge des opérations concrètes, comme dirait Jean Piaget, il bute sur des concepts qu'il ne comprend pas, parce que le "terrain" n'a pas été préparé en lui pour qu'il les intègre. (p. 74-75)
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SarahcarabinSarahcarabin   23 août 2017
Les étudiants sont nombreux à avoir l'impression de ne rien avoir retenu de leurs années d'école. Et je les trouve, en effet, assez peu dotés en matière de culture générale. Je me souviens d'une stagiaire de master 2 ; en classe, nous préparions ensemble la prochaine leçon d'histoire. La sentant mal à l'aise, je lui demande : "Tu t'en souviens quand même un peu, des Gaulois et des Romains ?" "Non, je ne me souviens de rien. J'ai l'impression de n'avoir rien appris. J'ai travaillé bêtement : j'ai ingurgité par cœur des leçons que j'ai su restituer. Mais en fait, je ne sais rien." Ce n'est pas de sa faute : le type d'apprentissage qu'on lui a demandé (le par cœur avec restitution à court terme) fait travailler une mémoire qui n'est pas efficace à long terme puisqu'elle n'oblige pas l'apprenant à faire du sens en faisant des liens avec d'autres savoirs acquis antérieurement. Donc, ne s'accrochant à rien, les connaissance s'effacent.
[…]
Le plus grave ? Ce modèle scolaire donne l'illusion aux élèves qu'ils sont bons en classe. C'est ce que remarquait la stagiaire cité plus haut : "On m'a donné l'illusion que j'étais forte mais en fait, je suis un âne, j'apprends bêtement." J'ai eu beau lui répondre qu'elle avait fait preuve d'intelligence d'avoir appris ainsi, en s'adaptant à la demande de l'école, je ne l'ai pas rassurée. Mais au fond, quelle énergie dépensée pour ne rien retenir de ces années d'école… Sans compter que cette découverte est une sacrée déception, sur le plan de l'estime de soi. (p. 48-49)
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SarahcarabinSarahcarabin   23 août 2017
Le conflit sociocognitif est particulièrement efficace car elle oblige l'élève à être acteur dans sa recherche et dans son questionnement. Obligé de mettre en parole le fil de sa pensée, il "conscientise" sa façon de procéder et de ce fait, il apprend beaucoup.
Et pourtant, cette méthode est un peu boudée par les enseignants, alors même que c'est celle qui est enseignée en formation d'enseignant et dont les professeurs reconnaissent la performance, notamment sur la mémorisation des connaissances à long terme. Les enseignants appliquent peu cette méthode pour deux raisons principales : d'abord, les élèves échangent des réponses et non leur stratégie mentale. Or, comparer les résultats n'apporte pas grand-chose aux élèves, si ce n'est que certains trouvent le même résultat et d'autres, non. De plus, le travail en petits groupes génère du bruit et des conflits. Le travail de l'enseignant consiste alors à rendre ce travail possible en l'organisant (chuchoter pour ne pas gêner les autres groupes, écrire correctement, ne pas interrompre un camarade qui explique sa stratégie mentale, etc.). Ne sachant pas gérer les conflits ou décidant qu'il y a suffisamment d'occasions de s'accrocher entre élèves pour éviter d'en rajouter, les enseignants préfèrent renoncer à cette méthode. (p. 51)
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RhlRhl   27 août 2015
(...) chacun doit apprendre à reconnaître ses émotions et ses besoins en lui-même pour se positionner ensuite de façon plus responsable face à l'autre et être en empathie avec lui. Il s'agit donc d'exprimer ses besoins à soi-même, puis de voir si c'est le moment de les prendre en compte ou non, sans vouloir les imposer aux autres.
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