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Critique de CS_Constant


CS_Constant
  04 juin 2016
Le monde a-t-il un sens ? est un ouvrage collaboratif, où Jean-Marie Pelt traite du principe d'associativité dans l'évolution, du Big Bang à nos jours, et où Pierre Rabhi évoque l'humanité et son avenir, avec la nécessité qui s'impose d'appliquer le principe d'associativité - avant qu'il ne soit trop tard - pour sauver l'humanité de son auto-extinction.

Le monde a-t-il un sens ? le titre peut sembler vague et un peu pompeux, empreint de mysticisme et de métaphysique, mais on découvre vite dans le prologue qu'il s'agit d'envisager l'évolution de la vie à la lumière du principe d'associativité ou de la coopération dans la nature, et de voir si l'on peut considérer que celle-ci a un sens - une direction - qui résulterait de cette constante de l'univers qui est de créer un élément nouveau à partir de l'association de deux éléments préexistants.

On s'éloigne ainsi d'une vision exclusivement darwiniste du monde, où seule la compétition entre les êtres, pour leur survie, susciterait l'évolution ; le postulat de J-M Pelt est de montrer que la compétition existe, mais qu'elle va de pair avec une coopération que la recherche scientifique actuelle met de plus en plus en lumière. C'est une vision beaucoup plus positive du monde, que l'on prend plaisir à découvrir et qui, par effet de rebond, nous délivre un peu de l'idée du darwinisme social pour montrer au contraire qu'il n'y a de salut pour les individus que dans l'entraide.

J'ai énormément apprécié la démonstration de J-M Pelt - paix à son âme - qui abonde dans le sens de l'associativité en mettant d'une part en avant des grandes tendances générales, que l'on retrouve dans tous les domaines du vivant et du non-vivant ( à l'échelle des atomes, des particules, des minéraux, etc.) assorties d'autre part d'exemples très détaillés. Son texte est d'une grande cohérence, très clair et très bien construit, et il atteint clairement son but, qui est de faire voir au lecteur le monde sous un jour nouveau. Il nous apprend énormément de choses, notamment sur les plantes, qui relèvent de sa spécialité, mais aussi sur des sujets aussi variés que la physique, la fusion thermonucléaire, le phénomène de la symbiose ou encore la neurobiologie.

En revanche, j'ai trouvé le texte de Pierre Rhabi beaucoup moins percutant, malgré tout le respect et l'admiration que j'ai pour l'ensemble de ses actions militantes. Placé à la fin de l'ouvrage et beaucoup plus court que celui de J-M Pelt, celui-ci prend la forme d'une conclusion, en dressant le constat du monde actuel et en l'élargissant à l'avenir. Tout ce que dit Pierre Rhabi dans ce texte est juste et vrai, mais le ton est extrêmement réprobateur, condamne lourdement les excès de l'humanité - et il a raison - mais sans trop s'attarder sur les moyens de changer le monde grâce à l'associativité et la coopération, chose qu'il pratique pourtant au quotidien depuis des dizaines d'années, notamment avec son mouvement Colibris. du coup, j'ai été assez déçue par ce texte un peu lourd, au ton essentiellement accusateur, quand son titre, "quel avenir pour l'humanité ?" annonçait autre chose qu'une dénonciation de son état présent. de fait, il ne m'a rien appris. A la fin, la seule réaction qu'il m'a laissée, c'est : "oui, et alors ?"
En plus le texte manque de construction et me donne un peu l'impression que son auteur s'est laissé emballer, emporté par sa passion, perdant de vue son sujet de départ pour se lancer dans une longue diatribe improvisée.

J'ai noté aussi à plusieurs reprises qu'il a parlé du mal fait par "l'homme contre l'humain". Je m'interroge sur cette formulation : l'homme sans majuscule, contre l'humanité. Cela ne peut être anodin. Pierre Rabhi voudrait-il donc signifier qu'il estime que c'est uniquement l'homme masculin qui a fait du mal à l'humanité entière ? Si l'on prend les choses d'un point de vue quantitatif, on peut dire qu'il a globalement raison, puisque les femmes, jusqu'à une certaine époque, n'étaient pas en capacité de faire grand-chose, et donc de faire le mal. Il n'empêche que la formule me dérange ; n'est-ce pas là une forme de sexisme "positif", qui essentialiserait la femme du côté du bien, mais aussi, du même coup, de la passivité, de l'irresponsabilité et du statut de victime ? Cela n'a rien à voir avec le contenu du livre, mais il me semblait important de le souligner. N'enlevons donc pas aux femmes la capacité de faire le mal, car malheureusement, elles le peuvent aussi bien que les hommes !

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