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Critiques sur Chagrin d'école (214)
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cicou45
  29 décembre 2013
En fait, je sais maintenant pourquoi je n'ai pas lu ce livre plus tôt, j'ai deux parents profs et j'ai toujours été une bonne élève, de l'école primaire jusqu'à ma licence mais je crois que les années qui m'ont fait le plus souffrir sont celles que j'ai passées u collège. Si les cancres souffrent, les élèves qui ont le "malheur" d'aimer l'école ne sont guère plus heureux. Eh oui, j'ai bien écrit malheur car pour moi, les années de 6ème et 5ème furent particulièrement pénibles. Ce n'est que maintenant, alors que je vais avoir trente ans le mois prochain, que j'arrive à tirer un trait sur celles-ci.

Ici, Daniel Pennac nous raconte à la fois combien il était pénible pour lui d'être un cancre à l'école puisqu'il était le petit dernier d'une fratrie de quatre et que ses aînés avaient tous réussi brillamment leurs études. Il nous décrit comment son frère Bernard, l'aidant autant bien que mal à révises ses leçons et nous confie que seulement trois ou quatre professeurs, tous passionnés de la matière qu'ils enseignaient, l'ont amené progressivement à s'intéresser lui aussi à ces dernière. Puis, le petit Daniel a grandi et ce fut à son tour de se lancer dans la voie de l'enseignement, après avoir réussi son agrégation...Eh oui, comme quoi, les dés ne sont jamais (ô grand jamais) jetés d'avance !
Il nous entraîne alors dans un long discours sur l'école, sur ce qu'elle fût, sur ce qu'elle est devenue aujourd'hui et sur ce qu'elle deviendra peut-être demain...

Un ouvrage très bien écrit mais avec, à mon goût, parfois trop de citations d'auteurs ou de philosophes et qui nous amène parfois à perdre le fil de la narration. Un très bel ouvrage cependant qui vaut à être découvert !
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rabanne
  23 février 2017
Qui se souvient de la pub "Guy Degrenne" ?
Nombre d'anciens cancres peuplent l'univers artistique et culturel... Quand d'autres restent en marge, avec leur chagrin enfoui dans les souvenirs, leur détestation de l'école, leur mésestime de soi.
J'ai beaucoup aimé lire le témoignage de Daniel Pennac, parce que drôle, lucide, sincère et positif.
Au pays de la "cancritude", la norme est reine, le jugement implacable, l'avenir compromis, la tristesse profonde.
Pennac y oppose l'écoute, la bienveillance, la compréhension, la confiance, la persévérance, une pédagogie adaptée...
Toutes ces perches qu'il a su/pu lui-même un jour saisir, grâce à des rencontres, le soutien de sa famille et sa volonté propre, qui lui ont permis de devenir un professeur à son tour attentif à la détresse de certains de ses élèves.
L'on pourrait taxer l'auteur d'un discours facile et démagogique, puisqu'il a survécu à son "chagrin d'école", voire de donneur de leçons.
Non, c'est un ouvrage qui s'adresse à toute la société : parents comme élèves en difficulté, l'école comme institution prônant l'égalité des chances, les professeurs, enfin, dans leur rôle de transmetteurs du savoir, mais d'un savoir ouvert, universel, humain, "compréhensible" (qui ait su sens) et, surtout, ancré dans le présent !
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jeunejane
  18 septembre 2015
Daniel Pennac nous livre son expérience de cancre. Incroyable, non?
Et pourtant, ce fut un long parcours avant que Daniel ne s'éveille à la scolarité.
Il avait de sacrés blocages.
Le déclic arrive en troisième grâce à un professeur de français qui lui demande une narration et puis, il lit de plus en plus.
Bien sûr , la victoire ne viendra pas en un jour.
L'auteur nous fait part aussi de son expérience de professeur et de l'attitude positive, du respect que doivent avoir les profs envers leurs élèves.
J'ai apprécié les remarques très placides et humoristiques de son père.
Daniel Pennac est toujours agréable à lire grâce à son humour également et à la distance nécessaire envers sa personne.
Le style n'est pas forcé. Il n'en rajoute pas trop.
En deux mots, j'ai aimé "Chagrin d'école" tout comme j'avais apprécié " Journal d'un corps".

Les références littéraires, philosophiques et cinématographiques sont bonnes à prendre.
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vincentf
  04 juillet 2010
Livre de prof pour les profs, ça tombe bien, je découvre le métier. Discours cliché ? Souvent, mais cliché qui fait du bien, vision gentille et lucide, il faut sauver les cancres, nos semblables, nos frères, de la tyrannie des marques, c'est notre devoir de prof, sauver les hirondelles qui se cognent contre les vitres, leur permettre de s'envoler vers leur sud, la métaphore vaut ce qu'elle vaut, Pennac lui-même le reconnaît, mais admettons, contre tout parti pris d'originalité, que je suis convaincu que ce bouquin dit vrai, que ce que nous devons apprendre, nous les profs, c'est l'ignorance, nous préparer à "ça", au "y" du "j'y comprends rien", au choc du savoir et de l'ignorance, admettre l'impossible, à savoir que nos élèves ne savent pas déjà ce que nous leur apprenons.

Discours ? mots de pédagogue ? blabla de DAES2 ? Un peu. Trop ? Pennac raconte (c'est son boulot de romancier, après tout, d'ailleurs, ce livre, qu'est-ce que c'est, un roman ? comme un roman ?). Il se met en avant. Moi, je faisais comme ça : un texte à apprendre par coeur par semaine... oui... tant que ça... et ça marchait... "ça", "ça", "ça". Envie de faire la même chose ? il faudrait, on aimerait bien et on se dit qu'on le fera peut-être plus tard, quand on (qui, on ? ça ? y ?) sera vraiment prof, qu'on pourra faire (ô illusion dont même Pennac est conscient) ce qu'on veut.

Bref, c'est quoi un bon prof ? Ne surtout pas répondre, car on s'abaisserait à en faire une affaire de méthode, de présence physique, de compétence didactique, etc. Pennac lâche un indice : un bon prof se couche tôt, et j'écris ce texte déjà trop tard dans la soirée. Démissionnons, je ne serai jamais un couche-tôt. Il doit bien y avoir des exceptions pour que la règle soit confirmée. Un bon prof, alors, c'est quoi ? c'est qui ? C'est un type qui aime ses élèves. Aimer ? Tu dérapes mon ami... Aimer pourtant, seule solution. le savoir dont je cherche à donner le goût à mes élèves, si je le leur transmets, c'est uniquement parce que je pense qu'il est peut-être utile à leur bonheur comme il l'est au mien, et comme je les aime, mes élèves, cancres ou friandises, je fais tout mon possible pour les rendre heureux. Idéalisme cul-cul ? Naïveté ? Sortez les violons que je vous montre à quel point je suis gentil dans mon monde rose de roman à l'eau du même nom ? Oui. Faire prof sans être idéaliste, c'est comme faire curé sans croire en Dieu.
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TheWind
  27 août 2017
L'amour.
Le mot est lâché.
Lâché dans la fosse aux cancres.
Comme s'il parviendrait à tout résoudre.
Monsieur Pennac, permettez-moi d'en douter.

Mais, je suis d'accord avec vous. Il en faut de l'amour. de l'amour pour son métier, de l'empathie pour ceux que vous nommez « cancre », de la passion pour transmettre le savoir.
L'amour suffit-il seulement ? Suffit-il à consoler tous ceux qui comme vous ont eu un gros chagrin d'école ?
Vous êtes un rescapé. Mais, je ne suis pas certaine qu'on puisse, même avec tout l'amour du monde, donner cette même chance à tous nos élèves.
Vous en parlez très bien des élèves en difficulté (les « cancres », comme vous dites), vous exprimez leur douleur, celle de leurs parents. Vous parlez d'eux avec compassion, avec un ton légèrement ironique mais tellement bienveillant. C'est tout à votre honneur. Ça fait du bien de vous entendre parler d'eux avec sincérité et tendresse.
Vous nous parlez de vous-même, quand vous étiez écolier, quand vous étiez professeur. Vous nous parlez de la société moderne, des pressions que subissent les enfants, de leurs parents inquiets, de cette école ghetto... C'est bien.
Mais ça ne m'a pas suffi.
J'ai mis beaucoup de temps avant de me décider à lire votre livre. Il fut un temps où votre livre nous était même recommandé par les inspecteurs de l'Education Nationale comme lecture de vacances. Histoire de ne pas trop décrocher de nos préoccupations d'enseignant tout en prenant un peu de recul aussi.
J'attendais beaucoup de ce livre... Je l'idéalisais, je crois.
A vrai dire, je suis un peu déçue parce que je ne m'y suis pas vraiment retrouvée ou plutôt que je n'y ai pas trouvé ce que je cherchais. Il m'a manqué une réelle réflexion sur le métier de professeur. Sur la formation des maîtres, sur les méthodes utilisées, sur la façon de désamorcer les blocages de certains élèves.
Il faudrait réécrire cet ouvrage..car le « cancre » que vous décrivez a changé de visage. Il est plus souvent maintenant un enfant « dys », ou un enfant perturbé par son milieu familial, ou encore un enfant aux capacités intellectuelles limitées. Dans la plupart des cas, redonner confiance, transmettre avec passion, avoir une attitude positive sont des éléments importants mais ne sont certainement pas les seuls facteurs qui parviendront à faire progresser les enfants en question.
Mais, nous restons d'accord sur un point essentiel : cela leur permettra d'appréhender l'école plus sereinement et d'avoir un moins gros chagrin.

Ceci dit, votre livre n'a que dix ans...et même si vous aviez la volonté d'écrire un livre sur ce qui ne change pas à travers les bouleversements de la société, à savoir « la douleur partagée du cancre, des parents et des professeurs » eh bien, votre livre a tout de même pris un sacré coup de vieux !

Mais, ça n'enlève rien à toute la tendresse que je vous porte, Monsieur Pennac.




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greg320i
  15 octobre 2015
On connaît tous, plus ou moins, ces fameux chagrins,,,
Semblable à ces Samsonite oubliées sur le quai d'une gare ,
Les terribles grèves de métro quand on reste ignare sur le quai,
La boîte de nuit sans son disc-jockey ,
Ou toujours selon les inconnus : Roméo n'aimant plus, hum , Virginie
Voir , encore pire, l'équipe de Marseille sans Bernard Tapie..
Voilà , vous l'aurez compris , c'est une tragédie .

Mais aujourd'hui si j'écris c'est pour vous dire mon souci : une chose que je ne comprend pas qui se passe au pensionnat, parti du primaire et qui glisse jusqu'au lycée ..et pique et pique de colle en bonnet d'âne jusqu'au coin de l'école. Lieu si sacré de tant remontrance que notre enfance s'en est héberger de souvenirs déplaisant à défaut de s'en bercer ..
Car l'école parait-elle est malade, elle rumine, elle lambine, elle traine vilainement dans la boue ses petits cochons à défaut de les éveiller et de veiller à leur cocon.
Bon après tout , il y a du mal partout .

Mais chose ô combien formidable pour notre écrivain-narrateur-professeur et anciennement coincé du système , il s'en est sorti ,lui . S'en est même remis à plus haut que ses propres complexes puisqu'il s'est lui même rendu cofondateur de ce système, sorte de ministère amer qui empoisonnent et assaisonnent les zones Z. E. P . d'éducation en veut-tu en voilà, bon gré, mal gré.
A mais ,, !
Pas de Mai,, ni de Juin tiens . Non, je refuse de trainer dans la fumée de ces cigarettes là . A rendre son significatif constat que l'on puisse tous s'en sortir merveilleusement et joyeusement la tête haute; le buste bien droit et l'effroi de l'école de Staline oublié derrière nous , je n'y crois pas trop .
Trop facile à mon goût ou alors un poil trop exagéré quand l'auteur nous prête à croire qu'il été un véritable " Cancre" . Un vilain petit canard devenu belle oie blanche au pays de l'édition .
Daniel Pennac, accusez, levez-vous , je vous ordonne de nous donner le remède à plus de vingt ans de galère d'Education nationale .
Comment écrire en effet un bouquin prénommé Chagrin d'école si ce n'est au final pour n'en rendre pas tout le mal subi ? - si subi,, bien sûr.. -

Point de vue personnel : Chagrin d'école, un livre longtemps en attente de lecture, je le voyais plutôt voyou , voyez-vous . Nous dénonçant les peines et tristesses des bancs de classes, les cauchemars et autres traumatismes freudiens que peuvent ressentir un élève moyen .
et bien,, pas du tout . loin de ces théories . Je dois alors pratiquer ma propre expérience ici via cette critique sur le VRAI chagrin d'une école :

Un Chagrin d'école : C'est comme la mer sans les vagues
C'est comme les vagues sans l'écume
C'est comme l'écume sans le sel
C'est comme le sel sans le poivre...

Au secours Molière , au secours Verlaine, ces vers me dévorent et j'emporte fort les traces sur mon corps . Si la musique guéri les moeurs , j'accuse encore mes années d'études à mon porte plume .
,,,Je n'en suis pas devenu poète de métier, j'en prête pour témoin cette critique mi-figue mi-raisin, raison d'une saine colère envers un passé lointain qui ne me porta jamais le sourire au coin.
Des efforts faits mais défaits par les notes .Des jugements déjà établi adolescent qui en disent long sur mon envie de la quitter au plus vite précocement . Regard en coin sur mon destin, regret de n'en être pas déjà maître .
L'école et ses menottes, sa sonnerie déchirant les tympans, son portail synonyme de prison ..
L'école et moi , cela faisait , hem , heu , trois ? Et peut-être quatre avec les maths dirons nous..

Reste donc à l'étude : Comment oublier les choses dites et les zéros pointés.
Comment percevoir l'éducation positive alors que ses diapositives ne m'on jamais fasciné ? Mais comment oublier ? ?
Voilà un vrai chagrin, de celui qui vous laisse un vague à l'âme et la larme de soulagement de s'en être enfin extirpé, sauvé de ses démons !

Chagrin d'école, un titre usurpé ,au même titre qu'une chanson parodié .
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anlixelle
  27 janvier 2018
- Parce que Daniel PENNAC décrit avec finesse, que dis-je, subtilité et beaucoup beaucoup d'intelligence les parcours de ces élèves dont on ne parle jamais car leur éloignement à la culture scolaire est trop abyssal ;
- parce qu'au-delà de l'absolue véracité de ses propos en la matière, on sent qu'il a, en tant qu'ancien cancre devenu prof ayant redonné vie à de très nombreux cancres, ENORMEMENT réfléchi à la question, et SURTOUT aux moyens dont nous pouvons nous saisir pour réveiller ceux qui ne croient plus en l'école de Jules (Ferry !) ;
- parce que la langue de PENNAC est unique et que j'ai eu un coup de coeur pour son style, à la fois juste et travaillé, et pourtant frôlant parfois l'oralité pour mieux nous faire inclure dans son propos ;
- parce qu'on a tous eu des chagrins d'école, qu'on s'est tous senti un jour ou l'autre à coté de la plaque, et même que pour certains cela n'a pas annihilé notre volonté d'enseigner (au contraire) ;
- parce qu'il effectue une analyse socio-économico-pédago, etc… qui m'a convaincue, touchée, émue ;
- parce que je crois, comme l'Auteur, depuis des décennies aux nombreux pouvoirs des Hussards de la République ;
- parce que le lecteur ne peut que se prendre d'empathie pour ces jeunes, leurs profs, leurs familles, tous ceux qui cherchent à trouver un semblant d'équilibre entre leurs larmes et leurs sourires ;
- parce que ce texte, hymne à l'espoir et l'Humain avec un grand H, est aussi unique que riche, aussi drôle que subtil ;

.... Chagrin d'école est, pour moi, un grand coup de coeur.
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Patience82
  04 mars 2017
En général, les essais et les biographies ne m'attirent pas vraiment. Je les vois toujours comme des lectures compliquées, peut-être à tort. Dans le cas de ce livre, j'étais vraiment loin du compte. L'auteur parle de sa vie, ses souvenirs, et parle de pédagogie. Il aborde les périodes de sa vie, quand il était lève en difficulté, puis quand il est passé de l'autre côté du bureau. le récit n'est pas vraiment chronologique mais le style maîtrisé permet de ne pas se perdre.
Ce petit livre confirme mon point de vue sur certaines choses : un seul professeur peut faire une grosse différence, et les élèves qui ont eu des difficultés et les ont surmontées font les meilleurs pédagogues.
Merci Monsieur Pennacchioni d'avoir partagé vos souvenirs, vos connaissances et votre persévérance. Ca donne de l'espoir pour beaucoup d'élèves égarés.
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olivberne
  11 octobre 2012
Ce livre devrait être donné en lecture obligatoire à toute personne prétendant devenir enseignat. C'est un hymne à ce métier, un hymne aux élèves et surtout aux cancres que Pennac représente et revalorise. Tout au long de la lecture, je me suis extasié, inquiété, surpris et ému de cette expérience d'élève puis de professeur. Je me suis vu tous les jours devant mes élèves, en me demandant si moi aussi je pourrais oser ce qu'il tente. Pennac est un prof comme il y en a peu dans l'éducation nationale, de ces profs qui aiment leur métier, qui aiment leurs élèves et qui ont envie d'avancer. Quand j'entends des inepties à chaque conseil de classe, je me demande si c'est encore utile de le faire lire à certains. Mais heureusement lui aussi a connu des échecs, des ratés, des déceptions et cela rassure, cela remotive car il montre comment les dépasser (quand on peut).
Le livre se lit très rapidement, il se dévore quand on accroche. Une pensée pénnachienne par jour, une page à lire et ça repart.
C'est l'un de mes bonheurs de lecture de ces dernières années, pas seulement pour toutes ces raisons. C'est une autobiographie de qualité, magré les défauts possibles (Pennac ne serait-il pas autosuffisant?)
Lisez et faites lire chagrin d'école, vous ne le regretterez pas!
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Caro29
  16 octobre 2014
C'est vrai que Chagrin d'école est un livre essentiellement pour les profs puisqu'il leur permet de mieux comprendre le cancre, cet élève dont on dit aujourd'hui qu'il est en « décrochage scolaire ». C'est vrai aussi que si le milieu éducatif ne m'intéressait pas, je n'aurais peut-être pas lu ce livre. Mais il s'agit là d'une autobiographie, celle d'un ancien cancre : Daniel Pennac. On a du mal à y croire, sa plume est belle et ses oeuvres sont nombreuses, et pourtant… L'auteur y raconte ses souffrances, car un cancre n'est pas nécessairement indifférent à ses difficultés d'apprentissage, il n'est pas forcément heureux de « décrocher », généralement, il se retrouve face à lui-même et à ses échecs à un moment donné et s'ensuivent les conséquences de ce décrochage : violences, repli sur soi, etc. C'est en tout cas ce que dit Pennac.

Au final, c'est bien le propos de cet ouvrage autobiographique, que j'ai du mal à qualifier (roman, essai ?), qui m'a plu. Les anecdotes que raconte Pennac sont intéressantes, qu'il s'agisse de choses qu'il a vécues ou d'histoires collectées dans des établissements scolaires de quatre coins de la France, le tout dans les six chapitres que compte Chagrin d'école. Et de sa vie de cancre, l'auteur raconte ensuite comment il est « devenu » grâce à des profs qui ne l'ont jamais « lâché » et grâce à l'amour aussi. Puis il donne des cours de grammaire à ses lecteurs, toujours pour étayer ses propos (quelles sont les nature et fonction du « y » dans « je n'y arriverai jamais » et du « le » dans « tu le fais exprès » ?). Il évoque ensuite le « cancre » actuel, cet élève (de banlieue, de cité souvent) qui est pris pour cible par « Grand-mère Marketing », parle des objets en les citant par leur marque, oubliant presque leur nom… Et au final, on en revient à l'amour, qui a sauvé Pennac lui-même et qui reste au coeur de tout, et notamment de la vocation des (bons) profs.

J'ai toujours beaucoup aimé Daniel Pennac et je ne regrette pas d'avoir lu ce livre qui m'a ouvert les yeux sur pas mal de choses et m'a renvoyé quelques années en arrière, quand j'étais moi-même collégienne puis lycéenne. Je me suis souvenue de tout ce que j'inventais quand je n'avais pas fait un exercice ou appris une leçon, je me suis souvenue de mes difficultés en maths (une discipline qui reste du chinois pour moi) et de l'admiration que j'avais devant les élèves qui ne bossaient pas (c'est en tout cas ce qu'ils disaient) et décrochaient les meilleures notes, quand j'avais travaillé pendant des heures et avais des trous de mémoire devant ma copie, etc, etc. Puis je me suis rappelée ma prof de français de seconde, celle qui m'a « sauvée », même si je suis persuadée que ce n'était pas volontaire de sa part… Belle expérience donc que ce « Chagrin d'école » et chouette premier livre (roman, essai ?) pour ce challenge ABC 2014-2015.
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