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ISBN : 2072786304
Éditeur : Gallimard (05/04/2018)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 101 notes)
Résumé :
«Je ne sais rien de mon frère mort si ce n’est que je l’ai aimé. Il me manque comme personne mais je ne sais pas qui j’ai perdu. J’ai perdu le bonheur de sa compagnie, la gratuité de son affection, la sérénité de ses jugements, la complicité de son humour, la paix. J’ai perdu ce qui restait de douceur au monde. Mais qui ai-je perdu?»
Daniel Pennac.
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  05 mai 2018
Mon frère est , dès le deuxième chapitre, une surprise: on attendait un recit intimiste, et, très vite, c'est un autre texte, un autre auteur qui prend le relais: on relit et on revit Bartleby, de Melville, qui a été monté, mis en scène et joué par Daniel Pennac seize mois après la mort de Bernard, son frère préféré, de 5 ans son aîné. C'est tout plein de ce vide - si j'ose dire- que Pennac a joué ce spectacle. 'Seize mois plus tard il me manquait encore quotidiennement. Mais il s'invitait souvent. Avec tact, je dois dire. Il s'installait discrètement en moi"écrit Pennac.
Certes, c'est un spectacle que Bernard aurait aimé, lui qui chérissait ce livre - Il avait même baptisé les petits gâteaux au gingengembre des "Bartleby" ...
Bernard était un frère protecteur, aimant, aimé - le préféré de ses frères et de ses parents- très taciturne, très peu disert sur lui-même, tout en tact, en ironie douce et en distance - mais aussi tout empli d'une souffrance, d'un malheur qui le dévorait peu à peu: un grand vide sentimental et conjugal.
Daniel, bouleversé par cette mort et par son incapacité à dire vraiment qui était celui qui lui manque si fort, entreprend de le retrouver à travers un texte qu'ils aimaient tous les deux.
De rechercher la clé de son mystère dans le portrait en creux du scribe Bartleby - celui qui préférerait pas..- un personnage touchant, attachant, un peu "christique" pour le pauvre notaire qui l'emploie et dont il frappe l'existence d'absurdité, de dérision et de tragique.
Nous relisons donc les pages de la nouvelle de Melville qui "entrelardent" un récit plus intime de Daniel sur Bernard - et , par le jeu de miroirs entre les deux textes, captons un peu de cette "humanité "- la parole ultime du notaire de Bartleby- de cette humanité immense du frère disparu , et beaucoup de la tendresse profonde, du désarroi, de l'impuissance de Daniel à trouver les mots pour dire ce frère chéri.

Court mais fort.
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Annette55
  13 juin 2018
Voici un petit récit d'une grande beauté où Daniel Pennac----le prof-----( je me souviens de ses "Dix droits du lecteur " ...)rend hommage à celui qui lui a donné le goût de la lecture, ce frére Bernard, né cinq ans avant lui: "Pour silencieux qu'il fût, c'est ce frère qui m'apprit à parler.Et d'ailleurs à lire , plus tard, les romans qu'il aimait. Donc à écrire ."
Parmi ces lectures fondatrices, il y eut Bartleby de Melville, entremêlé d'une maniére fort originale et subtile au texte, en une série d'allers et retours avec de touchants fragments de souvenirs : l'histoire d'un homme étrange qui réussit à rendre fou un notaire par son attitude absurde à refuser toute tâche avec toujours les mêmes mots : "Je préférerais ne pas "...
Qui est donc ce jeune homme qui ne veut rien ?
Mystère auquel renvoie cette phrase de D.Pennac, : "Je ne sais rien de mon frére mort si ce n'est que je l'ai aimé ". "Il me manque comme personne mais je ne sais pas "Qui "j'ai aimé ..."
L'auteur évoque avec humour et tendresse l'attitude fort discrète de Bernard, son originalité blessée, sa présence attentive qui ne jugeait pas, sa retraite anticipée, son attirance vers le néant, sa tentation de l'effacement définitif ....
" Nous ne parlions qu'autour de ce qu'il y avait à dire."
"Souvent en commentant les livres que nous lisions. "
"La littérature nous servait de camp retranché ...."
Un livre parfaitement construit bouleversant et tendre, traversé autant par l'amour d'un frére que par l'amour des livres.,..
Un ouvrage mélancolique qui prolonge la vie d'un disparu, D.Pennac y parvient avec un naturel confondant !

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Kittiwake
  12 septembre 2018
La littérature est l'occasion rêvée de rendre hommage à un être cher, disparu, trop tôt. C'est un exutoire parfait pour l'auteur, qui laisse glisser la plume pour dire et alléger son chagrin, et comble le manque à coups de phrases et de souvenirs. La vertu thérapeutique de l'écrit.
Mais pour le lecteur, si la compassion peut être de mise, le deuil n'est pas le sien. L'être perdu ne l'est pas. Les mots ne soulageront pas la peine. Il faut donc que l'écrivain crée la connivence par un autre biais que la douleur partagée.
Daniel Pennac se livre ainsi à un exercice de style, qui mêle les souvenirs à la lecture publique de Bartleby le scribe, nouvelle mythique d'Hermann Melville, qui a fait et fait encore coulé beaucoup d'encre, tant le personnage énigmatique interroge , étonne, agace, surprend. Et le lien se fait naturellement, l'auteur revendique une construction « Marabout-bout de ficelle », dans une sorte d'écriture intuitive. le personnage de roman rejoint le frère perdu, pour s'y retrouver . Et Daniel Pennac prendra place du juriste de melville, déconcerté par ce qu'il ne comprend pas chez le scribe.
Derrière le texte, le lecteur perçoit la voix de l'auteur, imagine les intonations, ce qui donne encore plus de consistance à ce partage. le frère restera un inconnu, plus encore qu'il ne le fut pour ses proches, mais le manque aura pris corps.
Belle évocation également de ce que crée la lecture sur scène, les interactions avec le public, qui réagit à ce que l'acteur laisse entrevoir du personnage, comme si l'histoire se déroulait devant lui. Magie des mots.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Jean-Daniel
  24 juillet 2018
Avec « Mon frère », dédié à son frère ainé disparu en 2007 suite à une négligence médicale, Daniel Pennac propose un récit intime touchant. Ce n'est pas un roman, mais plutôt un livre très personnel dans lequel il rend hommage à Bernard, son frère, source d'inspiration, complice et compagnon de toute une vie. « … J'ai perdu ce qui restait de douceur au monde. Mais qui ai-je perdu ? »
Peu de temps après la mort de son frère, Daniel Pennac entreprend la lecture publique d'une célèbre nouvelle d'Herman Melville, Bartleby le Scribe. Bernard et lui partageaient la même passion pour le personnage principal Bartleby.
Dans « Mon frère », Daniel Pennac fait subtilement alterner des souvenirs ou des anecdotes sur son frère et des courtes scènes de Bartleby, dont invariablement la célèbre réplique « I would prefer not to » (je préférerais pas). Le lecteur avance ainsi régulièrement dans les deux histoires où le frère ressemble à Bartleby, avec le même flegme et la même attitude face à la vie et au vacarme du monde. La vie de Bartleby se terminera mal, comme la vie de Bernard s'est tragiquement achevée.
A la manière d'un puzzle, où chaque pièce est délicatement placée, chaque souvenir d'enfance ou de partage entre adultes réapparait. Le récit est un joli témoignage qui aborde avec une infinie tendresse la complicité entre deux frères, puis la disparition d'un être cher dont on ne guérit pas.
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Josephine2
  08 juin 2018
Il aura fallu seize mois après le décès de son frère et l'adaptation du livre de Herman Melville « Bartleby » au théâtre - dont je vous recommande la lecture au passage – pour que Daniel PENNAC puisse faire le deuil de son frère et qu'il puisse enfin en parler. Ce cher frère qui lui manque tant. Qui l'a accompagné durant toute sa vie, même s'ils ne se voyaient pas autant qu'ils l'auraient voulu, et avec qui il aura partagé durant onze années la même chambre.
Daniel PENNAC parle de son frère. Des passages de Bartleby viennent se mêler aux souvenirs de Daniel. Je n'en dirai pas plus.
Beaucoup de pudeur à travers ce livre, une très belle amitié entre deux frères. Daniel PENNAC a eu de la chance de la connaître… Qu'il la chérisse à tout jamais.
Alors, « préférerez-vous » ou « préférerez-vous pas » ? A vous de voir !
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critiques presse (2)
LeMonde   23 avril 2018
L’écrivain rend un bel hommage à celui qui lui a donné le goût de la littérature, son frère aîné Bernard, si semblable au personnage de Melville.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   13 avril 2018
L'écrivain rend hommage à son frère aîné, qui ressemblait au Bartleby de Melville. Un texte d'une grande beauté.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   13 juin 2018
"Je ne sais rien de mon frère mort si ce n'est que je l'ai aimé.
Il me manque comme personne mais je ne sais pas "Qui " j'ai perdu.
J'ai perdu la gratuité de cette affection, l'agrément de cette compagnie, la profondeur de ce silence, la distance de cet humour, la délicatesse de cette attention, la sérénité de ce jugement , cette intelligence des situations , la paix.
J'ai perdu ce qui restait de douceur au monde.Mais "Qui "ai-je perdu ? ".
+ Lire la suite
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michfredmichfred   05 mai 2018
Je ne sais pas qui j'ai perdu. J'ai perdu la gratuité de cette affection, l'agrément de cette compagnie, la profondeur de ce silence, la distance de cet humour, la délicatesse de cette attention , la sérénité de ce jugement, cette intelligence des situations. J'ai perdu ce qui restait de douceur au monde. Mais qui ai-je perdu?
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Jean-DanielJean-Daniel   24 juillet 2018
Il me manque comme personne mais je ne sais pas qui j’ai perdu. J’ai perdu le bonheur de sa compagnie, la gratuité de son affection, la sérénité de ses jugements, la complicité de son humour, la paix. J’ai perdu ce qui restait de la douceur du monde.
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gabbgabb   11 juin 2018
Et si, après tout, la mort proposait une immense tranquillité après l'effarant vacarme de la vie ? Et si, derrière cette lumière, dont il contestait l'origine surnaturelle, l'attendait un eden où il ne serait plus bombardé par les convictions des uns et des autres, où se tairait enfin la clameur assassine des certitudes et des envies ?
- C'est tentant, tu sais !
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netsukenetsuke   08 avril 2018
A la fin de sa vie il lui arrivait de faire des gâteaux secs, de ces gâteaux méridionaux, petites tranches de béton piqueté d'amandes qui, de la Provence au sud de l'Italie, changent de nom selon la région mais flattent partout l'orgueil local. On les amollit parfois dans le vin du cru. Un jour, il y mit du gingembre. Me tendant la corbeille, il proposa :
- Un Bartleby ?
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Le choix des libraires. Rencontre avec Xavier Moni, libraire parisien de la librairie « Comme un roman » dans le IIIe arrondissement de la capitale. Avec lui partagez une sélection d'ouvrages, de « Comme un roman » de Daniel Pennac à « Laëtitia » d'Ivan Jablonka en passant par « L'Univers, les dieux, les hommes » de Jean-Pierre Vernant.
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