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ISBN : 9782812602498
Éditeur : Editions du Rouergue (01/08/2011)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 192 notes)
Résumé :
Deux sœurs se retrouvent une fin d’été en Haute-Saône afin de vider la maison de leurs grands-parents décédés. Catherine, la benjamine, s’est tenue loin de ce village. Pourtant, chaque coin de rue ou visage croisé fait surgir en elle des souvenirs précis et douloureux…
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Critiques, Analyses et Avis (80) Voir plus Ajouter une critique
latina
  13 janvier 2015
PEPITE !
Comment vais-je arriver à rendre compte de ce roman qui m'a littéralement bouleversée, de ce roman qui saigne, qui sépare si bien le « bon côté du monde » du mauvais côté ? Comment atteindre le niveau impalpable de la conscience de la narratrice, qui « avait perdu le fil qui (la) tirait vers l'âge adulte » ?
Cette jeune fille de 16 ans passe les vacances, avec sa soeur un peu plus âgée, dans la maison de ses grands-parents située dans un petit village à la lisière des Vosges. Cet été-là est particulièrement chaud, accablant. La grande soeur, Angélique, ne pense qu'aux jeunes de la colo logeant un peu plus loin et au flirt. Mais notre Catherine, la sauvage, la décalée, n'est heureuse qu'au grenier où elle peut s'imprégner de l'esprit des choses ; et dans la nature, aussi, spontanée et irraisonnée. Toute la nature, des animaux aux plantes, de la rivière aux champs lui remplit le coeur. Et c'est au coeur de cette nature que LA rencontre s'amorce, et puis s'accomplit...
Et me voilà de nouveau confrontée à l'angoisse de ne pas bien rendre compte de l'état d'esprit de Catherine. Pourtant, je m'y suis retrouvée, je l'ai comprise, je l'ai « sentie ». Sa difficulté de s'intégrer à l'apparence de son époque (ah, les années 70 ... !), sa gaucherie et pourtant son mouvement naturel vers la vie, son amour du vrai sont décrits avec tellement d'aisance, sans artifice aucun que je me suis collée à elle. J'ai donc ressenti et sa joie et la blessure profonde qui l'a suivie peu après. Une blessure de prise de conscience. Et la honte qu'elle n'a pas bue. La honte qui est restée, qui s'est enfoncée en elle telle une écharde. « La vie est là, sous mes fenêtres, dans les prés, dans les bois. Une vie impensable, inacceptable, qui n'attend que moi, et dont je n'ai pas voulu ». Par honte. Par désir de se tourner du « bon côté » de la vie, du côté des « normaux ». « Apprendre la raison à grands coups de pied dans le coeur », on peut dire que cette phrase résume bien tout le propos du roman.
J'ai adoré ce roman sensible et pudique, touchant au plus intime de l'être, loin de ces leçons de développement personnel dont on nous abreuve dans la littérature. Rien n'est calculé, ici. C'est une belle leçon de vie, et je terminerai par une phrase d'Anne Percin, que je considère d'ores et déjà comme un très grand auteur, du même acabit que Geneviève Damas, un des mes écrivains fétiches :
« Tous les crève-coeurs de l'enfance sont des douleurs saignantes qui se referment et laissent des cicatrices. La sagesse n'est rien d'autre qu'un réseau de stigmates. »
INOUBLIABLE.
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marina53
  17 juillet 2014
Le mois d'août tire à sa fin. Sur la route qui la mène vers la maison de ses grands-parents, Catherine a un léger pincement au coeur. Elle a laissé de côté depuis quinze ans cet endroit, s'est mise à l'écart de sa famille, de sa soeur surtout. Depuis cet été-là, l'été de ses 16 ans...
Parce que leur grand-mère est décédée et qu'il faut maintenant vider la maison, Catherine et sa soeur aînée, Angélique, sont venues y passer quelques jours. Seules, le mari de cette dernière n'a pas tenu à l'accompagner. C'est dans cette maison qu'elle passait leurs vacances estivales, avec Pépé et Mémé. Maintenant qu'il faut trier, vider et jeter, ce sont tous les souvenirs pleins de poussière qui s'envolent et avec eux, cette envie de raconter à sa soeur aînée ce qui s'est passé. Lui révéler le drame qui s'est joué et dont elle n'est pas tout à fait responsable...
C'était le mois d'août, les deux soeurs avaient fait connaissance avec les jeunes de la colonie de vacances. Les sorties à la piscine, les boums organisées, les flirts rythmeront ces vacances qui seront marquées par la fin de l'adolescence et de l'innocence...
Deux soeurs adolescentes, une colonie de vacances qui a pris ses quartiers dans le village, les garçons pour qui elles se prennent d'affection et au milieu de tout ça, un drame. Catherine ne semble pas encore remise de tout ça et pourtant, comme pour se délivrer, lui enlever un poids, se convaincre qu'elle n'est sûrement pas la seule responsable, elle prend la parole dans ce roman où elle explique tout à son aînée. L'on est transporté dans cette déclaration tant on redoute ce qui s'est passé et ce qui a amené la jeune femme à couper les ponts avec ce village et sa famille. Elle ne peut s'empêcher de se comparer avec sa soeur tout au long du roman, cette soeur insouciante, frivole, tellement sûre d'elle-même et qui, à ses yeux, a réussi dans la vie. Anne Percin nous livre les émois de Catherine dans ce roman empli d'une poésie certaine et d'une grande sensibilité. L'on est plongé dans un monde d'insouciance et de fragilité pour tendre progressivement vers un monde plus acidulé et cruel. D'une écriture délicate et sensible, ce récit d'une grande justesse au ton mélancolique et doux-amer nous plonge dans les tourments de l'adolescence.
Le premier été... un dernier souvenir...
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Nastie92
  27 novembre 2016
C'est la gorge nouée que je termine cette lecture.
Il m'est difficile de parler ou d'écrire.
Que dire d'un texte bouleversant au ton si juste de bout en bout qu'il m'a souvent fait oublier que je lisais un roman et donné l'impression d'avoir sous les yeux le récit authentique d'une adolescente ?
Un récit sans artifice et terriblement troublant qui rend formidablement compte des multiples facettes de cette période difficile qu'est l'adolescence. Un monde à part, fragile et incertain.
François Truffaut a dit : "L'adolescence ne laisse un bon souvenir qu'aux adultes ayant mauvaise mémoire." Ma mémoire est excellente, et c'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles ce livre m'a tant remuée.
Le récit est léger et drôle au début, même si l'on sent qu'un malaise diffus est là, tapi sournoisement, prêt à laisser la place à quelque chose de grave. J'ai trouvé certains passages très "cinématographiques" dans leur façon d'installer le mystère sans rien dévoiler, un peu à la façon du début du film Shining qui donne des frissons d'angoisse alors que le spectateur voit une simple voiture sur une route de montagne.
Puis on entre dans le vif du sujet, jusqu'à cette fin si terrible qui vous serre le coeur.
Tout y est : cette timidité des jeunes qui se cherchent, cette ambivalence de ceux qui veulent se faire remarquer tout en ne le voulant pas, cette gaucherie qui inhibe mais peut aussi rendre si cruel, cette peur viscérale du regard des autres et de leur jugement, ce besoin impérieux d'être accepté dans le groupe.
Le groupe ! Tellement important. Primordial ! Et à l'origine de comportements que l'on n'aurait sans doute pas eu individuellement.
J'ai dévoré ce livre sensible, sincère, qui fait du bien mais qui fait mal aussi : toute l'ambiguïté de l'adolescence est là, entre vulnérabilité et cruauté.
Un livre que je n'ai pas pu lâcher avant de l'avoir terminé.
J'ai fini bouleversée, le coeur en miettes.
Chapeau bas à Anne Percin qui a su faire naître en moi autant d'émotions !
Et merci à toi Cécile, dont la critique enflammée m'avait fait mettre ce titre sur ma liste !
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rabanne
  10 juillet 2016
Une lecture marquante et bouleversante ! J'ai aimé ce récit de souvenirs de vacances narrant des moments cruciaux de l'adolescence. Un cadre bucolique, où l'innocence se mêle à la cruauté de la vie, des sentiments.
J'ai vraiment été touchée par la limpidité de l'écriture, qui nous fait plonger au coeur de nos propres souvenirs : cette période charnière où l'on se cherche, où l'exaltation rivalise avec la révolte, la sensibilité à fleur de peau, les rêves encore impalpables, le jugement implacable. Et le portrait poignant de ce jeune homme, sacrifié sur l'autel de l'intolérance... Ingénu, pur, beau et si magnifiquement libre.
(dès la 2nde)
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jeunejane
  23 septembre 2017
Catherine, la trentaine bien entamée, retourne avec sa soeur dans la maison de ses grands-parents décédés afin de la vider.
Elles y ont passé leurs vacances d'enfants et d'adolescentes en compagnie de leurs grands-parents.
Cela commence paisiblement, raconté avec une très belle écriture douce et sereine.
Toutefois, la présence d'une croix située en bord de route et longuement décrite nous fait présager une histoire plus lourde.
Le premier été, été de l'éveil de l'adolescence, nous est longuement raconté par Catherine, restée célibataire et solitaire. Sa soeur à qui elle s'adresse tout au long du livre en la tutoyant , est mariée avec des enfants.
Un drame vécu de près par Catherine existe bien, masqué par des faits qui semblent ne pas la concerner.
Sinon, les évènements racontés sont banals : une rivière, une piscine, une colonie de jeunes, la comédie de personnages joués, endossés pour se donner une contenance vis-à-vis des autres, pour se montrer, le bal du village en compagnie des grands-parents.
Si on s'attarde à l'écriture d'Anne Percin, à l'intensité des faits vécus par Catherine et à leur retentissement sur sa vie future, le roman se révèle d'un grand intérêt.
Si on reste sur la description des scènes quotidiennes, le roman perd un peu son charme et tirerait en longueur par moments.
Une lecture toute en nuance et une auteure pas commune.
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Citations et extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   20 juillet 2014
Ce n'est pas une tombe. Pas plus que ne le sont, sur le bord des nationales, les silhouettes noires découpées dans le métal, sur les sites des accidents meurtriers. C'est vide, ça ne contient rien, ça ne protège rien. C'est juste un lieu, une borne, un espace délimité pour fixer le souvenir du drame...
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fanfanouche24fanfanouche24   01 septembre 2014
J'ai créé des dépendances, des attentes. J'ai déçu. J'ai fait des promesses non tenues, dont j'ai conçu des remords, l'hiver venu, une fois revenue en ville. J'ai pleuré sur le sort de chatons que j'avais habitués à la tendresse, au confort.
J'ai fait des dégâts considérables.
On avait pourtant tenté de m'apprendre qu'il était plus sage et plus responsable de résister à la tendresse. Mais c'est une leçon difficile pour un enfant. (Actes Sud, collection Babel, août 2014, p.24)
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miladomilado   18 décembre 2014
En vérité, je cherchais à comprendre : quelle place ça avait, ce que j'avais fait la veille ? Quel nom ça portait ? Coucher avec un type qu'on ne connaît pas, qui ne parle pas, dont on ignore jusqu'au nom ? Ni pour l'argent, ni à cause d'une menace, d'une promesse ou d'un pari. Coucher parce qu'on en a envie, parce qu'il ne demande rien. Parce qu'il est beau, qu'on dirait que son corps est fait pour ça - et le nôtre aussi, pourquoi pas ? Parce qu'il a des yeux d'ombre, une pomme d'Adam grosse comme un oeuf, une peau qui a l'odeur du foin et la couleur du feu, un sourire de chat.
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marina53marina53   17 juillet 2014
Ça simplifie tellement les choses, me suis-je dit, quand on sait exactement ce qu'il faut faire! Il n'y a pas d'impair, pas de brutalité, pas d'erreur, tout tombe juste, on fait ce qu'il faut quand il faut, les autres même peuvent regarder, c'est comme un spectacle.
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KathleeneKathleene   27 juin 2016
Je crois que ce que je ressentais, c'était de la haine. C'est difficile à expliquer, je ne saurais même pas dire contre qui elle était dirigée. C'était une haine lasse, fatiguée, impuissante. Elle affectait tout le genre humain, moi y compris. Je croyais voir tout au fond la vraie nature de l'homme. La mesquinerie, l'égoïsme, le conformisme, la peur de l'autre, le tout étalé en un mélange impur, une vase, une boue, enseveli sous un vernis de politesse qui n'est qu'une cruauté déguisée. Chacun était convaincu d'être dans son bon droit, du bon côté de la vie. Mais, je le savais désormais, il n'y avait pas de bon côté. Et je savais aussi que je n'échapperais pas à cette fatalité. Sans le savoir, j'avais déjà glissé du côté où les hommes se croient sauvés : du côté de la raison, de la morale, de la normalité.
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Vidéo de Anne Percin
?Miroirs?, la web-série : Anne Percin .13 écrivains de la nouvelle vague de la littérature pour ados et Young Adult font face à de jeunes lecteurs, âgés de 14 à 17 ans, pour des portraits chinois croisés en 13 capsules vidéo. Scénariste et réalisateur : Andrés Jarach sur une idée originale du Salon du livre et de la presse jeunesse
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