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EAN : 9782844204868
159 pages
Éditeur : Thierry Magnier (18/10/2006)
4.13/5   43 notes
Résumé :
Il court, Pierre, éperdument, à en perdre le souffle. On lui a dit qu'il est dangereux de courir à jeun, trop longtemps, sous le soleil.
Alors il court à jeun, longtemps, sous le soleil... pour mourir.
Mais il ne meurt pas, au contraire, son corps trop lourd s'affine, lui qui a un poids terrible à porter.
Malgré lui, la vie continue de battre comme son cœur qui refuse de lâcher pendant l'effort.
Un cœur qui fait ses choix et obéit à ses p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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marina53
  01 septembre 2014
Pierre Mouron a perdu sa moitié, son jumeau, Eric, il y a maintenant 7 ans. Un tragique accident de la route. Eric n'est plus. Et Pierre est là pour deux. Depuis sa mort, il a pris beaucoup de poids. le pédiatre a suggéré à sa maman qu'il fasse un régime. Et surtout du sport. Alors, pendant 4 ans, il a nagé, papillonné, crawlé, brassé et mangé un peu n'importe quoi. Puis, il s'est lassé de tout ça. Un jour où il regardait la télé, il est tombé par hasard sur des images du Marathon de Paris. Sous la canicule, il est évidemment suicidaire de courir. Alors, Pierre va courir. car, depuis quelque temps, il a décidé de mourir. Dans 3 ans exactement, soit 10 ans jour pour jour après la mort de son frère. Parce qu'il mène une vie terne dans ce quartier pavillonnaire strasbourgeois, parce qu'il n'a pas d'amis, pas de petite copine, que les lycéens se moquent de lui, il veut courir à en mourir. Perdre son poids, tout son poids, se débarrasser de ce corps. Mais, le coeur palpite toujours, d'autant plus qu'une rencontre hasardeuse va bouleverser sa vie...
Courir après le temps, à perdre haleine, après son ombre, au plus pressé, le monde ou tout simplement sa chance... courir comme le fait Pierre pour oublier, se vider, n'être plus rien et pourquoi pas disparaître... Anne Percin signait là son premier roman et quelle plume. On se laisse littéralement aller dans les pas de ce jeune ado, tout juste 18 ans, avec ses rêves peu communs et sa volonté définitive d'en finir. Parce qu'il n'est pas évident pour lui de vivre dans l'ombre de son frère jumeau, parce que ses parents sont inconsolables, parce qu'il veut se tuer, il ne veut presque plus rien manger mais courir, tout simplement. Il se dégage de ce journal de bord une certaine poésie, quelques rais de lumière, une sensibilité incroyable, une certaine lucidité et une grande maturité malgré cette mort omniprésente et cette noirceur. Entre Geneviève, une amie, Xavier, le copain de lycée qui cachera son homosexualité et Raphaël, le musicien, Pierre trouvera peut-être une issue autre que celle de mourir? Anne Percin nous livre un roman plein de vie, fort et vraiment touchant.
Point de côté... et reprendre mon souffle...
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Petitebijou
  01 novembre 2013
Pierre a 17 ans. Il a décidé de tenir un journal et de courir. Tenir un journal jusqu'au jour de sa mort programmée, courir pour transformer son corps trop gros.
Pierre a un frère jumeau, Eric, mort il y a sept ans dans un accident de voiture lors d'une sortie familiale. Il était monté dans la voiture de son oncle, tandis que Pierre était resté dans celle de ses parents. Dernier clin d'oeil, dernière plaisanterie de jumeaux, ils s'étaient fait passer l'un pour l'autre pour semer la confusion.
Confusion, c'est bien le mot qui résume Pierre au moment où le livre commence. Etat plutôt habituel de l'adolescence, mais pour lui surmultipliée, quand ses interrogations identitaires englobent le fantôme de son jumeau.
J'ai énormément apprécié ce livre. Il se trouve au rayon jeunesse de ma bibliothèque de quartier, s'adresse « officiellement » à des lecteurs de collège, mais je le conseille à tout lecteur, quel que soit son âge.
Sur la forme, Anne Percin a réussi à donner un langage adolescent à Pierre sans tomber dans le racolage d'une langue « jeune » : le vocabulaire est riche sans jamais sonner faux, la syntaxe soignée sans être ampoulée. le journal de Pierre est littéraire sans dénoter de la part d'un adolescent qui n'est pas surdoué, même si objectivement une telle qualité littéraire est rare, que ce soit chez un adolescent ou un adulte. La grande force du roman est d'être une chose très écrite dont la lecture nous semble aussi naturelle qu'un dialogue avec Pierre. Chapeau !
Sur le fond, « Point de côté » est très souvent poignant, sans jamais tomber dans le mélo. Les émotions sont exacerbées mais contenues dans une certaine retenue, à l'image de la froideur apparente d'un adolescent qui programme son suicide, et que cette décision tranquillise puisqu'elle signifie la certitude qu'un jour ses souffrances cesseront. Seule petite réserve, mais minime, il me semble que dans la troisième partie Anne Percin a un peu trop appuyé son propos, sans doute par volonté pédagogique. Mais cela n'entache en rien la qualité de cet excellent roman.
Pierre est à l'heure des choix : vivre ou mourir, filles ou garçons, quelle sera sa place et l'acceptera-t-il ? Au travers de rencontres (dont la philosophie et la musique), de confrontations, de combats, y compris avec lui-même, se dessine l'homme futur qu'il pourrait devenir s'il y consent.
J'ai lu ce roman très rapidement, tant Pierre est attachant, et je l'ai refermée profondément émue.
A lire quel que soit son âge.

Lien : http://parures-de-petitebijo..
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vilvirt
  16 avril 2020
Quand j'ai su qu'une histoire qui parlait de l'adolescence de mon héro préféré existait, je me suis jetée dessus. C'est comme ça. Certains bouquins vous habitent tellement que vous devenez dingue en découvrant qu'on peut se replonger dans leur univers !
Dans "Point de côté", Anne Percin évoque l'adolescence de Pierre, qu'on retrouvera en tant qu'adulte dans "Bonheur Fantôme". "Point de côté" est le début mais c'est aussi une question de fin. La fin de la vie pour Pierre, ce gamin de presque dix huit ans qui a décidé de mourir, incapable de trouver sa place, incapable de se remettre de la mort de son jumeau, incapable de supporter la tristesse de sa mère ou les changements qui s'opèrent chez ses amis. Alors il décide de courir, Pierre. Et d'arrêter de manger. Jusqu'à la mort. Parce qu'il ne se sent plus à sa place.
C'est une histoire qui peut sembler dramatique, mais c'est bien plus que ça. Tout simplement parce que l'auteur a beaucoup de talent pour exprimer le mal-être adolescent sans en faire des tonnes, sans créer de pathos ou provoquer de larmes inutiles. le récit se dévore grâce à la voix si particulière de Pierre, sa légèreté, son humour. Rien n'alourdit le récit et les pensées du jeune garçon sont à la fois touchantes et terriblement réalistes. Je me suis souvent sentie émue par ses questions sans réponse, par son chagrin, par le fantôme d'Eric. J'ai aimé le voir se tourner vers le cinéma, la littérature, tomber amoureux de la musique et s'épanouir grâce à l'écriture de son journal. J'ai même aimé Xavier qui est pourtant tout sauf sympathique ! On découvre les prémices de la relation de Pierre avec R et j'ai adoré leur rencontre. C'est chouette de le voir s'éveiller aux sentiments, s'interroger, se sentir attiré par un homme et se retrouver déstabilisé en retrouvant l'envie de vivre au travers de leur amitié naissante.
"Point de côté", c'est l'avant. L'avant Pierre et Raphaël. Avant qu'il se passe quoi que ce soit entre eux. "Bonheur fantôme" est l'après relation, une fois que tout est joué, quand tout doit être reconstruit. Entre les deux, rien n'est raconté. Tout est suggéré. On doit deviner, imaginer. J'adore ce parti pris. Si vous aimez les histoires d'amour et les beaux personnages humains, lisez ces deux livres. Vous ne le regretterez pas.
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Maliae
  27 avril 2014
J'avais super hâte de lire ce livre, et en même temps j'ai repoussé le plus longtemps possible ma lecture (oui plus j'ai envie de le lire, moins j'ai envie de le lire, c'est très bizarre). Mais finalement je l'ai lu et impossible de décrocher jusqu'à la fin. Il est court (même trop court, franchement j'en voulais plus, je voulais vraiment pas que ça s'arrête) et même s'il avait été long je crois que je l'aurais pas refermé tant que je ne l'avais pas finis. Je me suis immédiatement attaché à Pierre, à sa façon d'écrire son journal, de raconter son histoire. Il était hyper attachant ce garçon et il me rendait toute triste. Je trouve qu'on peut voir vraiment un côté de l'adolescence super difficile, et le pire c'est cette manière de voir que souvent les gens autour ont du mal à se rendre compte que quelque chose cloche. Pierre a perdu son jumeau Eric, et vraiment je ressentais son vide, son manque, il était super touchant mais on n'a pas du tout envie qu'il réussisse à mourir comme il le veut. On espère juste qu'il va réussir à combler, à trouver ce qu'il lui manque. Honnêtement c'était très facile pour moi de me mettre à sa place, parce que même si je n'ai jamais perdu de jumelle (enfin quoi que…) et bien la plupart des choses qu'il ressentait je me souviens les avoir ressentis à l'adolescence, cet envie d'être aimé, cette impression que personne ne voit rien, et surtout l'humiliation des autres… Bref, donc Pierre est génial, et puis j'ai ADORE sa relation avec Raphaël (je suis faible, si faible), c'était franchement adorable. Mais j'ai bien aimé aussi Geneviève (surtout sa façon d'adorer les livres et de se perdre dans un magasin de livres d'occasions, j'ai l'impression de me voir moi) et franchement à la fin je l'ai trouvé encore plus chouette comme fille. J'ai par contre été franchement énervé par Xavier, j'avais envie de le gifler (argh), même si dans un certains sens on peut peut-être comprendre son comportement avec du recul, j'avais vraiment envie de lui mettre un coup de pied dans le genou. Et j'ai adooooorééé la réaction de Pierre à un moment mouahaha ! Car Pierre évolue, tout doucement, j'ai eu l'impression d'assister à une sorte de réveil, c'était trop beau. Sans parler de l'écriture, poétique, j'étais à fond. Bref c'était un livre génial, et les seuls reproches que j'ai à en faire c'est : Que ça fume beaucoup trop, j'étais tellement à fond dedans que j'avais l'impression d'avoir la fumée dans la bouche (et je déteste cette impression), mais bon. Et deuxièmement : c'est beaucoup trop court (oui je l'ai déjà dit), j'avais vraiment pas envie de quitter Pierre, je voulais en apprendre plus sur sa vie, sur ce qui allait se passer et tout. Ça m'a foutu un coup d'arrive à la dernière page, surtout que j'étais en train de chouiner tellement je trouvais ça beau, et PAF, Fin, faut le laisser. Et il me manque déjà…
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Aurelalala
  19 juillet 2020
Pierre est malheureux. Il ne parvient pas à rebondir. Il sait une seule chose : il veut mourir, bientôt, pas tout de suite, mais c'est prévu.
Il n'avait pas pris en considération son destin capricieux mais ça, ça arrive bien après, alors je l'évoque mais je n'y reviendrai pas.
Pierre prépare son corps à la mort, il le maltraite. de gros, il devient maigre. Anorexique. Expression de tous les malheurs qui l'habitent. Il court et s'essouffle, cherchant un sens à la vie.
Il n'a pas d'amis, pas de vrais, il vit parce qu'il le faut mais s'interroge et cherche à comprendre cette existence qu'il mène, amputée de sa moitié. le deuil est difficile, pas vraiment fait. Difficile d'en juger sans avoir vécu un drame pareil. (Ma vie sans mon grand frère ? Inimaginable. Et ce n'est pas mon jumeau, ce ne sont pas des liens forts, tressés par une naissance et une enfance commune.) Alors, oui, Pierre va mal, Éric est mort, Pierre voudrait être seulement Pierre mais il se regarde et voit Éric.
Ce court roman est sombre et lumineux, riche en réflexions sans jamais en faire trop, de mon point de vue. Il incarne parfaitement les tourments de l'adolescence même si, cela ne s'accompagne pas de la mort d'un être cher pour tout le monde. Il est sans espoir et pourtant on sent cette attente de quelque chose qui pourrait tout changer : accélérer la mort ou la retarder. Pierre est un spectateur à défaut d'être un acteur mais un spectateur qui a la classe et la mélancolie qui sied à un garçon de dix-sept ans en crise existentielle.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   01 septembre 2014
J'ai envie d'avoir quelqu'un, ou que quelqu'un m'ait... j'ai envie d'une présence. J'ai envie d'une main sur mon épaule. J'ai envie... de quelque chose que je ne peux pas écrire, même pas ici.
J'ai envie d'aimer, j'ai envie de crever. C'est pareil, au point où j'en suis, c'est pareil.
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marina53marina53   01 septembre 2014
La mort que je m'étais préparée me berçait depuis sept ans. Je n'ai jamais rien eu à prouver, puisque j'allais crever. Pas besoin de chercher à savoir qui j'étais, pas besoin de me regarder dans le miroir. Personne à affronter, juste à se laisser faire, se laisser pousser hors du monde sans rien dire.
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marina53marina53   02 septembre 2014
Je vis sans savoir pourquoi. Les gens qui pensent que les morts vont "là-haut" pourraient me donner des raisons, mais ça ne m'intéresse pas. Je ne cherche pas une réponse, je cherche une solution. Une issue.
Il faut que je m'en sorte. Que je sorte de cette vie.
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manU17manU17   15 septembre 2016
Pour mon père, nous sommes une famille bien tranquille. Mon frère est mort, ma tante est morte, ma mère se finit au Temesta et moi je me rate au Lexomil mais, à part ça, tout baigne.
Quand il dit ça, ou plutôt quand il le laisse entendre, maman acquiesce aussitôt, comme un chien en plastique la tête montée sur un ressort. Ses yeux vides se balancent en cadence. Ses yeux crient au secours.
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PetitebijouPetitebijou   01 novembre 2013
J'aimerais aimer. Comme tout le monde, peut-être, mais plus qu'un autre. Impression d'être fait pour ça, comme mes jambes pour courir. Pour l'instant j'aime tout le monde, c'est-à-dire personne. Socialement, c'est suffisant. Ça me permet, malgré mon insondable timidité, de fréquenter des gens, d'entretenir quelques molles amitiés. Mais, pour mon désir, ça ne suffit pas. J'ai envie d'avoir quelqu'un, que quelqu'un m'ait...J'ai envie d'une présence. J'ai envie d'une main sur mon épaule. J'ai envie... de quelque chose que je ne peux pas écrire, même pas ici.
J'ai envie d'aimer, j'ai envie de crever. C'est pareil, au point où j'en suis, c'est pareil.
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Videos de Anne Percin (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anne Percin
Bande annonce du téléfilm réalisé par Yann Samuell, avec Emilie Dequenne, Lorette Nyssen et Jérôme Robart d'après le roman d'Anne Percin.
Diffusion sur France 2, mecredi 13 février 2019 à 21 h
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