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Critiques sur Ellis Island (12)
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fanfanouche24
  27 septembre 2014
Je me sens "toute, toute petite" pour écrire quoi que ce soit sur ce texte incroyable, après avoir lu, très émotionnée et admirative la chronique de PetiteBijou !!!

Je vais tenter toutefois... car je ressens le besoin et l'élan d'offrir ma reconnaissance et ma gratitude à Gaëlle Josse. Grâce à son texte « le dernier gardien d'Ellis Island », qui m'a littéralement « tourneboulée »… j'ai éprouvé l'intense besoin d'aller plus loin , dans ce « non-lieu », et passage qui a transformé, amélioré , abîmé, transformé des millions de familles, qui ont abandonné leurs racines, pour TOUT reconstruire ailleurs, dans un autre pays.


A ma grande honte, Gaëlle Josse m'a mené au texte de Georges Perec (dont je ne connaissais pas même l'existence). je viens de l'achever; c'est un autre coup de poing. Lorsque nous nous plaignons de nos quotidiens, soucis, préoccupations diverses, de grâce !... songeons à toutes ces personnes, à nos « frères » de tous les pays , ayant tout perdu , tout laissé dans l'espoir d'une autre vie meilleure, pour eux et leurs enfants, sur une terre étrangère.

Le texte de Georges Perec, est d'autant plus percutant et dérangeant, qu'il écrit les dénuements extrêmes du déracinement, sans affect… de façon distante, et étrangement, pour ma part, cela prend une dimension universelle, d'autant plus cinglante et dérangeante…

Je me permets d'établir un bref rappel des circonstances de ce texte. En 1978, L'Institut National de l'Audiovisuel confia à Georges Perec et à Robert Bober, sur une idée de celui-ci, le soin de réaliser un film sur Ellis Island. Ceux-ci allèrent sur place, à New-York, une première fois procéder aux repérages, puis y retournèrent en 1979 effectuer le tournage de ce qui devait devenir « Récits d'Ellis Island, Histoires d'errance et d'espoir », film en deux parties : « L'ile des larmes » et « Mémoires », dont la première diffusion eut lieu sur TF les 25 et 26 novembre 1980.
La présente édition présente exclusivement le texte brut de Georges Perec, sans les interviews.

Georges Perec, parle d'Ellis Island, de tous les arrachements à sa terre ; mais aussi de ses propres racines, juives...
« Etre juif, pour lui (Robert Bober), c'est avoir reçu, pour le transmettre à son tour, tout un ensemble de coutumes, de manières de manger, de danser, de chanter, des mots, des goûts, des habitudes,
Et c'est surtout avoir le sentiment de partager ces geste et ces rites avec d'autres , au-delà des frontières et des nationalités, partager ces choses devenues racines, tout en sachant qu'elles sont en même temps fragiles et essentielles, menacées par le temps et par les hommes (…) (p.60)

Georges Perec, parle aussi des descendants de ces migrants, qui viennent à Ellis Island, chercher les éléments manquants de leur histoire , rassembler le « puzzle » des chemins courageux de leurs aïeux.

Ce texte est court mais d'une densité sans comparaison !

Il est un peu déplacé ou inutile de commenter, je préfère redonner la parole à l'auteur lui-même !

« Quelles sommes d'espoirs, d'attentes, de risques,
D'enthousiasmes, d'énergies étaient ici rassemblées
Ne pas dire seulement : seize millions d'émigrants
Sont passés en trente ans par Ellis Island

Mais tenter de se représenter
Ce que furent ces seize millions d'histoires individuelles,
Ces seize millions d'histoires identiques et différentes
De ces hommes, de ces femmes et de ces enfants chassés
De leur terre natale par la famine ou la misère,
L'oppression politique, raciale ou religieuse,
Et quittant tout, leur village, leur famille, leurs
Amis, mettant des mois et des années à rassembler
L'argent nécessaire au voyage (…)

Il ne s'agit pas de s'apitoyer mais de comprendre
quatre émigrants sur cinq n'ont passé sur Ellis
Island que quelques heures
Ce n'était, tout compte fait, qu'une formalité anodine,
Le temps de transformer l'émigrant en immigrant,
Celui qui était parti en celui qui était arrivé

Mais chacun de ceux qui défilaient
Devant les docteurs et les officiers d'état civil,
Ce qui était en jeu était vital :

Ils avaient renoncé à leur passé et à leur histoire,
Ils avaient tout abandonné pour tenter de venir vivre
Ici une vie qu'on ne leur avait pas donné le droit de
vivre dans leur pays natal
Et ils étaient désormais en face de l'inexorable » (p.52-53)

On ne ressort pas indemne d'un texte comme celui-ci, comme celui, fictionnel de Gaëlle Josse . Un hommage au courage extrême, à la détermination de
ces millions de migrants. de quoi effacer à jamais de son vocabulaire, le
terme d' »étranger » !!!

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myriampele
  29 avril 2019
Court, très court, trop court texte sur cette île de passage, qui a vu tant de migrants, d'émigrants, d'immigrants avec l'espoir dans l'âme, celle de la terre promise, le rêve de devenir citoyen américain...
Un ouvrage d'actualité, avec toute cette poésie de l'énumération chère à Georges Perec, qui ne finit pas de me séduire.
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oiseaulire
  22 juin 2019
Ce court texte a l'avantage de faire connaître Ellis Island à ceux qui ne le connaitraient pas. La forme incantatoire est efficace en cela qu'elle ne peut que pénétrer le coeur et l'esprit du lecteur.
Abandon/indifférence/désespérance/accueil/solidarité : le curseur se déplace sur un objectif d'aide aux réfugiés juifs et les limites de sa réalisation. L'espoir, les privations physiques, les suicides, le désespoir, la joie de faire partie des admis de cet effroyable examen, puis les épreuves encore, à perte de vue. On saisit tout cela.
Mais il y a beaucoup de statistiques. Aucun approfondissement : ce n'était pas le propos de l'auteur, et cela m'a manqué.
Car je suis restée sur ma faim : compatir ne coûte rien aux repus et aux consciences généreuses parce que non éprouvées. J'aurais aimé trouver davantage de témoignages d'exilés, d'analyse historique. J'aurais aimé mieux cerner l'immense espoir, l'épouvantable périple de ces êtres privés de tout, dépouillés même de leur identité. J'aurais aimé rencontrer leur propre regard.
Ellis Island montre bien l'engrenage du destin, mais le malheur y est l'effet du nombre. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il est aussi individuel.
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Petitebijou
  24 avril 2013
Ellis Island… un îlot minuscule où ont transité les rêves et les espoirs de millions d'émigrants en provenance d'Europe, de 1892 à 1954, porte d'entrée pour les uns, seuil de retour à l'envoyeur pour les autres. Un tampon sur un document, noir sur blanc, pareil au jugement dernier, manichéen. Je t'octroie une nouvelle vie, noir, je te renvoie à ta vie de misère, ta non-vie, blanc. La main du jugement est celle d'un employé anonyme, fonctionnaire obéissant, kafkaïen. Tu ne pourras qu'en vouloir à ton Dieu, ou à ton destin. A ma gauche, peut-être la fortune et la gloire. A ma droite, le retour au néant, le meurtre de l'espoir, noyé dans les eaux de l'Hudson.
Comme Georges Perec, cette porte d'entrée sur New York a hanté mes pensées, dès mon adolescence. Elle fait partie de l'histoire de ma famille, la branche italienne dont ma mère est issue. Ni celle-ci, ni mon père ou mon frère, n'ont jamais à ma connaissance manifesté de curiosité pour Ellis Island. Pour moi, l'intérêt pour cette histoire et ce lieu n'ont fait que croître dès l'âge de 15 ans, l'année de mon entrée dans un internat d'un lycée à Aix-en-Provence. J'imagine que me sentir en prison avait exacerbé le besoin de trouver mes propres îlots de liberté, réels ou imaginaires. « Ellis Island » de Georges Perec, ce sont des « récits d'errance et d'espoir ». Cette union d'«Errance et espoir » pourrait sous-titrer mes années d'adolescence, et je vois dans ce raccourci un peu facile une explication possible à cette promesse que je me fis d'aller un jour à New York, rencontrer ce qui restait de ma famille, et surtout éprouver physiquement ces lieux de ma mythologie personnelle.
Voici donc l'histoire : mon arrière-grand-mère et sa soeur ont quitté la région de Venise dans les années 1910 pour Marseille, mon arrière-grand-mère avec ses quatre fils nés pour le premier (mon grand-père) en 1911 et le dernier en 1914 (son mari, resté en Italie, n'éprouvera jamais le besoin de les suivre), et sa soeur avec son mari et ses deux enfants. Ils ne possédaient rien. le beau-frère de mon arrière-grand-mère, Giovanni, eut envie, quitte à ne rien posséder, de tenter sa chance à New York. Pour quelle raison ? Je l'ignore à ce jour. Il partit donc, dans les années 20, laissant en France ses enfants encore petits et sa femme. Très vite, installé à Brooklyn, il devint cuisinier, se trouva un petit appartement. Au fil des mois, il écrivait régulièrement à sa famille, racontant sa vie en détail, tout ce qu'il achetait, ses acquisitions à crédit. de rien, il eut un peu, et d'un peu, encore un peu plus. Il joignait des photos à ses lettres enthousiastes. Il était heureux. Son fils aîné, Léon, regardant inlassablement les photos dans son lit marseillais, se mit à rêver d'Amérique, et pendant des années tanna sa mère pour qu'à leur tour ils fassent le voyage. Celle-ci refusait, voulant demeurer auprès de sa soeur. Quand Léon eut 17 ans, en 1938, il était devenu le chef de famille. Il ordonna à sa mère et sa soeur de le suivre en terre promise. le père envoya l'argent, et tous trois prirent le bateau. Les femmes, y compris mon arrière-grand-mère, pleurèrent énormément. Arrivés à Ellis Island, Léon et sa soeur obtinrent leur visa d'entrée sur le territoire américain du Bureau Fédéral d'Immigration. On découvrit à leur mère un foyer infectieux pulmonaire : elle fut refoulée. Les enfants retrouvèrent leur père, et firent leur vie d'italo-américains dignes des films de Coppola. La mère rentra à Marseille, auprès de sa soeur. Elle ne revit jamais son mari et ses enfants. Son fils considéra toute sa vie l'exil américain comme une bénédiction. Sa fille vécut la sienne dans le ressentiment envers son père et son frère et la nostalgie de son enfance italienne et française. Il y aurait là matière à roman.

Dans « Ellis Island », Georges Perec liste, collecte, catalogue, recueille, comme il l'a fait dans toute son oeuvre. Démarche rationnelle, précise, sans affect apparent. Il questionne les témoins avant que ceux-ci ne disparaissent. Il interroge l'exil, le déplacement, le déménagement des âmes et des corps. Il décrit les espaces confinés, les files d'attente, détaille les bagages, les vêtements, les objets.
Ce point dans l'eau est le point de départ de l'infini des cercles concentriques d'une mémoire démultipliée. Ces histoires ne sont pas sienne, ni celle des siens, mais, au fond, Perec explore le rêve d'un ailleurs possible, d'une nouvelle existence, l'éventualité d'un pied de nez au destin d'une identité rendue fantomatique qui reprendrait corps dans les bras accueillants de la statue de la liberté. Les listes égrenées avec une minutie maniaque rappellent les listes des déportés : ceux qui sont de retours, ceux qui ont disparu, comme pour Ellis Island ceux qui auront la chance d'un présent vierge où planter les jeunes pousses de futures racines et ceux qui seront condamnés à leur condition d'errance. Bien sûr, on peut trouver dans « Ellis Island » tous les thèmes de la judéité, de l'exil intérieur à la promesse messianique, du questionnement identitaire comme de la condition de l'être « élu ». Mais, par sa volonté de ne céder à aucun sentimentalisme, son absence de commentaire personnel, Perec, comme dans « Je suis né » ou « W ou le souvenir d'enfance » rend davantage encore l'histoire universelle. le lecteur attentif ou déjà familier de l'auteur comprendra que celui-ci habille les silences de sa prose avec les oripeaux de sa mémoire amputée. Georges Perec ne parle pas de lui mais il est partout, dans chaque lettre, chaque espace, chaque signe de ponctuation. Il est ce qu'il tait. J'imagine Lady Liberty, ancrée dans l'Hudson, se penchant maternellement pour révéler par la flamme de sa torche les mots secrets de l'enfant Georges écrits à l'encre sympathique.
Je ne connaissais pas Perec lors de mon voyage à New York en 1986. C'est un avion qui me fit traverser l'océan atlantique. J'ai rencontré la soeur de Léon en Floride, où elle avait suivi son mari ancien GI, installée dans la plus vieille ville des Etats-Unis : quelle ironie pour celle qui a toujours détesté ce pays ! Puis je remontai à New York, et rencontrai le désormais vieux et fatigué Léon. Il n'était jamais revenu en France, et fut le premier de ma famille à reconnaître dans mes traits une parenté indiscutable. Il vit l'Italienne en moi, et cela le fit pleurer. Pendant plus d'un mois il me fit visiter sa ville, les lieux de sa mémoire. Malgré notre grande différence d'âge, j'ai trouvé en lui une intuition de ce que j'étais incroyablement perspicace et affectueuse. Nous discutions, passant de l'anglais au français, sans oublier l'italien. Abandonné des siens, il s'est reconnu en moi. Un matin, nous nous rendîmes sur Liberty Island, alors en travaux. Il me raconta Ellis Island, ses rêves d'enfant puis de jeune homme, son égoïsme monstrueux envers sa mère et sa soeur. Il me parla de sa légende américaine, sa propre gloire puis sa chute. le jour de mon départ, en larmes, il me fit promettre de ne jamais renoncer à mes rêves. « Quel qu'en soit le prix, ça vaut le coup (ou le coût ?) ». Je le revois me faisant un signe d'adieu alors que je m'engouffrais dans le taxi jaune qui allait me conduire à JFK. Je ne l'ai plus jamais revu, happée à mon tour par ma vie, mes rêves, mon égoïsme.
Aujourd'hui, pensant à lui, victime collatérale du 11 septembre 2001, j'imagine l'adolescent brun exalté débarquant à Ellis Island et tenant le nouveau monde dans sa main vigoureuse.
N'ayant pas de photo, c'est dans le livre de Georges Perec que je vois les traces du visage et de la silhouette trapue de Léon. Sa soeur et sa mère s'y trouvent aussi, ainsi que Giovanni, et donc un morceau de moi.
Ma bibliothèque entière est promise à un frère de coeur. Cet ami, comme moi, entretient avec New York une relation intime et un peu secrète. Je sais qu'il aurait pu être un émigrant échoué sur Ellis Island. Je sais qu'une partie de lui est là-bas. Je sais qu'il aime à trouver ses mots pour raconter cette ville qu'il aime.
Ce n'est pas un bateau, mais le train de la poste qui a amené mon exemplaire de « Ellis Island » de Georges Perec sur le lieu catalan où il possède actuellement ses ancrages. C'était une date importante, j'ai écrit quelques mots sur la première page, moi qui ne le fais que rarement.
Par ces mots, j'ai semé quelques traces, tendu le fil invisible de Léon à mon frère, de mon frère à Georges Perec. Quand je n'aurai plus de mémoire demeureront mes rêves comme autant de voyages à faire ou de mots à écrire. L'écriture sera enfin devenue une terre d'asile pour les récits d'errance et d'espoir.

Lien : http://parures-de-petitebijo..
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nathalie_MarketMarcel
  25 avril 2019
Un tout petit livre. En compagnie de Robert Bober, Perec visite Ellis Island et nous raconte. Il y a les chiffres : les milliers et les millions de personnes passées en ce lieu, mais il faut prendre le temps d'individualiser chacune d'entre elles, de détailler les bateaux, les nationalités, les noms. Il y a les questionnaires et les enquêtes pour accepter ou refuser le nouvel arrivant. Il y a la visite du monument, des années plus tard, quand tout est fermé. Les salles aux murs couverts de céramique, les objets abandonnés, les anecdotes mille fois ressassées. Il y a surtout les visiteurs, ces Américains qui viennent voir par où sont passés leurs ancêtres.
Pour Perec, dont les parents étaient des juifs de Pologne, c'est un lieu particulier. D'autres juifs de Pologne sont passés par Ellis Island, la peur au ventre, désireux de vivre avant tout, et de vivre le rêve américain. Ici, être juif prend tout son sens, celui de l'errance et de l'espoir.
Un tout petit texte, poétique, aux mots soigneusement pesés.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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miriam
  04 mai 2019
Quelle est donc la blogueuse qui a commis un billet sur ce livre?
Dès que j'ai terminé de le lire, j'ai commenté : IL ME LE FAUT! et je l'ai téléchargé immédiatement.D'où est venu cette urgence?
A cause du sujet, je suis sensible aux migrations, c'est encore un sujet d'actualité. A cause de Pérec que j'ai lu autrefois et beaucoup aimé, et de Bober. Ils me semblent très proches.J'ai lu ce court texte (74 pages) d'un souffle, une soirée, sans une pause.
Émotion pure
Lien : http://netsdevoyages.car.blog.
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MarcelP
  05 février 2020
En 1980, Robert Bober sollicite l'assistance de Georges Perec pour rédiger le commentaire d'un documentaire "Récits d'Ellis Island" -une enquête sur cette entrée mythique des immigrants aux États-Unis, de 1892 à 1954- puis pour le lire de sa voix caressante de matou fourré. Sans les images, sans les témoignages qu'il accompagne, qu'il souligne ou contredit, le texte tout nu vibre encore intensément.

Dans ce tête-à-tête avec l'écrivain, on devine sous l'apparence ordinaire d'un compte-rendu factuel et sans affects de l'histoire du célèbre lieu mémoriel, les fêlures d'un petit garçon arraché à la sienne. Sous sa plume, les épaves du monde entier parties à la quête d'un Eldorado se confondent -sous-texte émouvant- avec celles qui finissaient, après un aussi long voyage, aux portes de la mort. Revendiquant sa judéité, Georges Perec coalise deux dépossessions : celle d'une terre et celle d'une généalogie.

Un magnifique hommage aux déracinés du monde entier et une porte entr'ouverte sur l'intime perecquien.
Lien : http://lavieerrante.over-blo..
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Cricri08
  04 janvier 2019
Un tout petit livre (70 pages) mis tellement intense ! Malgré tout ce que je savais déjà sur Ellis Island et la lecture du roman le dernier Gardien d'Ellis Island de Gaëlle Josse, j'ai été surprise par l'émotion provoquée par cette lecture. le rappel des faits, chiffres, objets que l'on peut voir dans le musée … une évocation crue qui m'a bouleversée.
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claudeparis
  12 mars 2015
Je suis allée à Ellis Island, il y a vingt ans, dans un but bien précis. J'ai relaté cette visite dans la liste créée par Fanfanouche, je n'ai pas envie d'en reparler. Lorsque les immigrants ont transité par là, le bâtiment était un ancien fort militaire resté en l'état, sans électricité .... Aujourd'hui c'est un superbe "Musée de l'Immigration"... Difficile de s'imaginer ce que pouvaient ressentir ces pauvres gens en arrivant après tous les rêves qu'ils avaient en tête avant leur départ. Les trottoirs recouverts d'or !
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belaval
  13 mai 2019
lu en 15mn mais j'y penserai longtemps. Ce texte court de Perec est toujours d'actualité si le lieu a changé; le tri des migrants ne se fait plus à Ellis Island mais partout où ce que la violence et la misère font fuir. Ils croyaient à l'eldorado...aux rues pavées d'or...L'exil est toujours aussi douloureux quand il est inévitable; l'accueil est toujours inférieur à ce qu'on imaginait.
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