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EAN : 9782020108997
128 pages
Éditeur : Seuil (01/09/1989)
3.79/5   31 notes
Résumé :
" Les journaux parlent de tout, sauf du journalier.

Les journaux m'ennuient, ils ne m'apprennent rien. [...] Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il ?

Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l'évident, le commun, l'ordinaire, le bruit de fond, l'habituel, comment en rendre compte, comment l'interroger, comment le décrire ?


[...] Peu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Marti94
  17 octobre 2019
George Perec a écrit de nombreux textes dans lesquels il décrit ce qu'il voit. Pour cela le chantre de l'OuLiPo (Ouvroir de littérature potentielle) a un style qui lui est propre et qui me plait beaucoup. le rythme un peu envoûtant de ses phrases est sans doute lié aux répétitions de certains mots (comme dans "Je me souviens") ou à la structure des textes. C'est comme une musique mais pas n'importe laquelle. Je dirais que Perec est un peu sorcier.
La particularité de ce recueil est qu'il regroupe des textes décrivant le quotidien dans la droite lignée de Rabelais ou de Jules Verne qui pratiquaient déjà l'art d'énumérer. Rien d'extraordinaire n'est raconté ici et pourtant ces inventaires sont peu banals car questionner ses petites cuillers comme le suggère Perec peut nous apprendre beaucoup de choses. Cela justifie son titre "L'infra-ordinaire".
Il nous raconte d'abord ce qu'il voit rue Vilin à Paris, en 1969. C'est la rue de sa petite enfance qu'il traverse à plusieurs périodes, quatre moments différents espacés d'une ou plusieurs années. Ce qui est formidable, c'est qu'il réussit à raconter les mutations d'un quartier uniquement par la force de l'énumération. Quelle matière pour les urbanistes ! On y voit des locaux en pieds d'immeuble fermées, condamnées, murées, des boutiques qui n'existent plus comme le boutonniériste, des expropriations et la construction des HLM dans le quartier de Belleville.
On trouve aussi dans ce livre des notes sur son voyage à Londres et sa promenade à Beaubourg après la construction du Centre Georges Pompidou et on voit à quel point les rues, les monuments, les demeures sont chargées d'histoire et de légende.
Il y a aussi une énumération de plus de 200 cartes postales à l'époque où il était courant d'en d'écrire. A priori, on pense que cela n'a aucun intérêt puisque on ne connaît pas le destinataire mais on se prend vite au jeu de voyages imaginaires.
Ce recueil a été publié en 1989 à titre posthume mais je regrette qu'il ne soit pas évoqué dans la prestigieuse collection La pléiade, qui a consacré deux tomes à l'oeuvre de Georges Perec en 2017, car "L'infra-ordinaire" est une véritable Bible anthropologique.
Lu en octobre 2019
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Spy_ke
  17 janvier 2020

La lecture s'annonçait aussi intéressante qu'attendu, tant le texte présentant ce livre de George Perec me parlait en plus haut point.
En effet, cet "infra-ordinaire" représente tout ce quotidien, ce banal trop souvent négligé et pris pour acquis. En le questionnant Perec tant à resituer et restituer ce qui nous entoure en regardant ce qu'on ne voit plus, ou plutôt de regarder ce qu'il se passe autour de nous sans attendre l'incident qui le fera (re)surgir. Ce dessein étant aujourd'hui a contrario de ce que nous vivons au XXIe siècle, alors même que la catastrophe, prise comme un outil médiatique éphémère, n'est questionnée que lorsqu'elle survient. Les conséquences intervenant avant les causes.
Cependant, l'ouvrage de Perec m'a surpris dans le sens où il n'est que description de ce qui l'entoure à travers quelques mots ou des paragraphes, sans porter une vision, une critique qui aurait été intéressante à lire. Toutefois, ce n'était pas le but de Perec et en réalisant ces descriptions, réside peut-être là son insurrection contre l'extraordinaire.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
HebephrenieHebephrenie   01 juillet 2012
Interroger l'habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l'interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s'il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s'il n'était porteur d'aucune information. Ce n'est même plus du conditionnement, c'est de l'anesthésie. Nous dormons notre vie d'un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie? Où est notre corps? Où est notre espace?
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duplauduplau   14 juillet 2016
Faites l’inventaire de vos poches, de votre sac. Interrogez-vous sur la provenance, l’usage et le devenir de chacun des objets que vous en retirez.
Questionnez vos petites cuillères.
Qu’y a-t-il sous votre papier peint ?
Combien de gestes faut-il pour composer un numéro de téléphone ? Pourquoi ?
Pourquoi ne trouve-t-on pas de cigarettes dans les épiceries ? Pourquoi pas ?
Il m’importe peu que ces questions soient, ici, fragmentaires, à peine indicatives d’une méthode, tout au plus d’un projet. Il m’importe beaucoup qu’elles semblent triviales et futiles : c’est précisément ce qui les rend tout aussi, sinon plus, essentielles que tant d’autres au travers desquelles nous avons vainement tenté de capter notre vérité.
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Marti94Marti94   17 octobre 2019
Au milieu de ces rues, de ces monuments, de ces demeures également chargées et surchargées d’histoire et de légende, le Centre Georges-Pompidou a un peu l’air d’un gros extraterrestre dont on ne sait pas encore très bien s’il arrivera à survivre quand il aura quitté son scaphandre et toute sa panoplie de tuyaux.
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Spy_keSpy_ke   17 janvier 2020
Interroger l'habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l'interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s'il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s'il n'était porteur d'aucune information. Ce n'est même plus du conditionnement, c'est de l'anesthésie. Nous dormons notre vie d'un sommeil sans rêves.
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Marti94Marti94   17 octobre 2019
Au 7, un immeuble démoli, avec une palissade sur laquelle La Cause du peuple est affichée. Au 6, Plomberie Sanitaire et Coiffure. Au 9, un café restaurant bar : MARCEL’S, et un magasin fermé. Au 11, un magasin fermé et VILIN-LAVERIE (au coin de la rue Julien-Lacroix) :

Pour Expropriation
Fermeture Définitive
le 24 décembre
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Videos de Georges Perec (46) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Perec
Mary Dorsan Méthode éditions P.O l': où Mary Dorsan tente de dire de quoi et comment est composé son livre "Méthode", et où il est question notamment d'une ergothérapeute et de la souffrance au travail, de la différence ou de la confusion entre narrateur, un personnage de roman et un auteur, d'un permanence syndicale et d'une manifestation du premier mai, de Méthode Sindayigaya et de Georges Perec, du furur et du conditionnel, de souffrance au travail et d'hôpital, à l'occasion de la parution de"Méthode" aux éditions P.O.L à Paris le 29 avril 2021. "Méthode est un homme humilié. Ce récit est sa revanche. Mais il ignore tout de mon travail. Il ne me reste que l'écriture. Comment supporter autrement la grande douleur et la solitude de tant d'hommes et de femmes ?"
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