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ISBN : 2072219388
Éditeur : Gallimard (26/05/2017)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 345 notes)
Résumé :
Trahir qui disparut, dans La disparition, ravirait au lisant subtil tout plaisir. Motus donc, sur l’inconnu noyau manquant - « un rond pas tout à fait clos finissant par un trait horizontal » -, blanc sillon damnatif où s’abîma un Anton Voyl, mais d’où surgit aussi la fiction. Disons, sans plus, qu’il a rapport à la vocalisation. L’aiguillon paraîtra à d’aucuns trop grammatical. Vain soupçon : contraint par son savant pari à moult combinaisons, allusions, substituti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Eric75
  19 juin 2012
Il lui a fallu plus d'un tour dans son sac, à GP, pour finir son ahurissant roman, gagnant ainsi son pari haut la main ! Bravo l'original ! Saluons son brio !
La Disparition, un roman parcouru sans jamais pouvoir voir un truc qui a disparu : « un rond pas tout à fait clos, fini par un trait horizontal ». Pas mal non pour un roman ? Plutôt couillu !
Pour ma part, j'avais lu son roman d'un coup, jusqu'au bout, sans souffrir, sans qu'aucun soupir n'ait pu trahir mon irritation.
Mais non, gros fanfaron… pourquoi vouloir ainsi discourir dans l'affabulation ? J'avais au bas mot lu un quart du roman, tout au plus ! Alors, basta, au final tout ça suffira pour la publication d'un post.
Il s'agit avant tout d'un roman racontant la disparition d'un quidam, Anton Voyl. Son nom, à coup sûr, fait allusion au truc disparu.
Quant à la construction du roman, on dirait du polar (plutôt noir a priori, il y a un mort, puis moult assassinats).
La conclusion, pour finir : imagination puis fiction au pouvoir ! Alors pourquoi vouloir plus ? Allons-y ! Pour plus tard, au hasard dans vos discussions, pouvoir sans rougir sortir l'affirmation choc : « J'ai lu La Disparition… jusqu'au bout ! » Plaisir garanti !
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pictura
  30 mai 2013
Il s'agit d'un roman inouï . Oui tout à fait inouï. On pourrait tout aussi grossir un listing utilisant d'adroits qualificatifs, original, ahurissant, innovant, subtil, imaginatif, savant , surtout fort, brillant, troublant aussi.
Imaginons-nous !
Savoir ainsi bâtir tout un roman sans jamais – ô grand jamais – saisir un trait si vital au patois du français, aux discours, aux allocutions, aux rapports, à la narration quoi !
G. P l'a fait ! Il l'a accompli son bijou. Un diamant parfait plutôt !
Pourtant on n'a jamais fait ainsi, un don jamais transcrit par nul distinct scribouillard. Aucun n'imita son art.
G.P fut un grand clown ravissant aux mots, un bouffon parfait pour son sport moral mais toujours amusant ; sa composition.
Pour l'individu qui n'aurait pas compris, tout un roman sans l'important truc qui surgit avant F, oui, oui ! Mais si, l'absolu signifiant machin qui nait à l'aval d'A, B, C, d'..
G. P disait : «  un rond pas tout à fait clos, fini par un trait horizontal »
Mouais, tout un bouquin sans ça ! G.P l'a produit !! Trop fort !
Il a du avoir la passion par son travail fourni, un travail colossal mais amusant, gratifiant, où il faut bannir un mot, non pas qu'un, mais à foison, car dans son corps, il a un rond pas tout à fait clos. Il s'agit d'un boulot long mais jouissif lorsqu'on a su ou pu saisir un bon nom puis un prochain garantissant un final accompagnant la loi qu'on poursuit.
Il n'a pas bâti son roman d'un coup, durant un jour ou dix. Non. Il lui a fallu pas moins d' hardis longs mois pour sa fabrication.
Moi, j'ai pris un grand plaisir à agir ainsi, brandir tout un roman ainsi j'aurais voulu (j'ignorais qu' Yoda fut parmi nous), j'aurai voulu accomplir à l'instar d'un GP son roman mais il l'a saisi avant moi.
L'imitation apparait toujours un art à abolir pour un bouquin. Puis, j'aurais construit un roman tout pourri. Garanti.

GP incorpora cinq, six, huit, ou plus champs hors français dans son polar. On y voit : anglais, maths, bio, chansons, plagiats ou imitations d'un Victor Hugo, d'un Arthur Rimbaud, maints trucs marrants plus ou moins. A l'introduction, on dit amusant, distrayant. À la fin ça parait assommant.

Alors passons à mon opinion. Hou là là , ça fait snob, pardon.
* Primo, il s'agit d'un bon polar, pas parfait mais sain dirons nous. Il n' y a ni sang, ni viol, ni intimidation. Un roman pourtant captivant mais ni angoissant ni bluffant, ni poignant. Ça vaut pas la glorification d'un "nous n'irons plus aux bois"  , mary higgins Clark, ou d'un Vargas,  ou d'un Chattam, d'un Thomas Harris, non ! Faudrait pas non plus qu'on trompât la nation ou nos amis d'ici.
* Puis, il y a un hic, la diction du roman paraît parfois bancal ou confus dirons-nous. Dans sa fiction, G.P …
- Un instant Pictura !
- Quoi donc ?
- T 'as fait un faux accord dans bancal ! Aussi dans confus. Oubli d'un …
- Mais abruti ! Tais-toi donc !
- T'as omis un ….
- Chut bon sang idiot !! Faut surtout pas promouvoir l'affirmation.
- Mais pourquoi donc ?
- Ahgrrr, tu fais chi.... BIPP
(On bannit ici gros mots discourtois plus tout un tas d'annotations d'un mauvais goût sur Bab )
Rattrapons nos moutons. On disait quoi ? Ah oui, la confusion du roman, l'approximation.
On dirait parfois du mauvais français, un mauvais gars qui aurait fait la traduction d'un manuscrit polonais tandis qu'il connait qu'un avoisinant picard. Profusion d'attributs, surplus vain d'ingrats noms. Pis ! Au dos du roman, la maison Gallimard saisit un bilan pas clair du tout. Trop ardu. Mal transcrit. On avilit son latin.
Mais bon, on s'y fait à la vocalisation du charmant bouffon.
On parcourt la fiction sans accroc, sans maux, du plaisir surgit, la maldiction (mot accompagnant la composition) nous saisit. Il faut voir la disparition à l'instar d'un sport, un loisir. Pour ça qu'avant, j'ai dit clown ou bouffon parlant du G.P . Chinons pas trop sur la grammaticalisation du roman, ni sur mon allocution aussi. Hum hum. Passons.
Discutons ici : suivant la loi du bouquin, pourrait-on bâtir tout distinct roman ?
A mon avis, on pourrait mais l'art parait trop dur, on bannit trop d'importants noms ou mots,  l'information mincit, puis du coup apparait un discours claudicant, branlant, maladroit. Un vrai torchon ! On a pourtant l'important droit d'avoir du bon français non ? Non au français approchant ou insignifiant. Voilà pour ma position.

Conclusion :
Un bouquin plus qu'original, hors clou, un grand roman français. J'ai un discours vantant son action, qu'il soit anobli G.P ! J'suis fort satisfait ou ravi du travail accompli par lui. Car sans faillir, il s'agit d'un grand champion, un caïd du mot, pas un plumitif (un bon dico vous dira la signification, moi j'ignorais jusqu'à un instant). Congratulations !

Post- Scriptum : Aspirant n'avoir pas fait un avis trop long, j'ai voulu fournir un tract sympa, clair (Sic !), sans ambition, souhaitant l'avis marrant, garantir un support sain dirait-on, amusant, sans saisir d'anormaux mots ou inconnus (mis à part plumitif, ca fait plaisir, lui G. P fait dans l'adoration).
Bon, Pictura, faut finir là. Saoulant à la fin. Zut alors !
A trop vouloir discourir, l'ami biblio fuit lui, sans affront, sans souci, sans tracas. Point final.
FIN
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pilpilip
  26 mars 2009
S'il fallait discourir à propos du roman La Disparition, il faudrait l'accomplir ainsi.
A sa façon, G. P. a agi pour l'innovation ou l'imagination dans la production d'albums.
Il nous a donc pondu un roman grinçant, agaçant, usant, torturant la plupart par l'omission, l'oubli d'utilisation d'«un rond pas tout à fait clos, fini par un trait horizontal», lui donnant un ton non commun.
Pour qui lit toujours un roman banal, La Disparition aura l'air d'un torchon.
Pourtant, jamais G.P. n'osa trahir un quidam connaissant son art, livrant à tout friand, un roman dur à haïr.
Pour ma part, il m'a abasourdi ; j'y ai pris grand plaisir.
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paroles
  09 octobre 2017
Passionné par les contraintes et les expérimentations littéraires, tout au long de ses écrits Georges Perec n'aura de cesse de rechercher et d'appliquer ses propres règles d'écriture. On peut même parler d'exploits, surtout ici quand on sait que ce roman de plus de 300 pages, construit comme un roman policier, est écrit sans la lettre e.
Alors vous dire que le suspense vous tient aux tripes serait mentir. Les digressions sont nombreuses et variées. Non seulement Perec écrit en français, mais quelques pages sont également écrites en anglais ou en allemand. Et tout ça bien sûr en respectant l'absence de e. Mais plus fort encore, il détourne certains poèmes comme celui si connu d'Arthur Rimbaud « Voyelles » pour le réécrire à sa façon, donc sans e et le titrer « vocalisations ».
Il use et abuse de longues descriptions pour préciser sa pensée et multiplier les synonymes.
« Amanda portait -sancta simplicitas- un pantalon bouffant d'ottoman incarnat, un ras de cou corail, un caraco purpurin, un obi colcotar, un foulard carmin, un vison nacarat ; bas rubis, gants cramoisis, bottillons minium à hauts talons zinzolin. »
Il déconstruit les mots et détourne les expressions
« Chacun gagna son local privatif, puis rapparut, un instant plus tard, mis sur son vingt-huit plus trois. »
Pour cet incroyable tour de force, je ne peux que saluer l'érudition de l'auteur. L'érudition mais aussi l'humour, on sent bien que monsieur Perec s'est amusé à écrire ce texte. Je ne sais pas s'il a « pondu » ce récit facilement, mais moi il m'a fallu recourir au dictionnaire et au défibrillateur de neurones pour mettre en place des phrases parfois alambiquées. Alors oui j'avoue, ce texte je ne l'ai pas lu entièrement (j'ai baissé pavillon à la moitié du livre) mais cependant je ne regrette absolument pas ma lecture. J'ai eu l'impression pendant quelques temps de tutoyer les anges et de m'approprier l'étendue et la diversité de cette si belle langue qu'est le français. Et je me sens infiniment humble devant tant de savoir et de talent.
« Aux frondaisons du parc, la coruscation d'un automnal purpurin, chatoyant, mordorait d'un brun chaud l'azur frissonnant sous l'influx coulis du noroît... »
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patatipatata
  18 juin 2012
La disparition est celle de la lettre -e- dans un récit de 297 pages.
A lire la critique de Mike417, il semblerait que j'en aie laissé passer 4. Damned ! Pourtant j'étais à l'affût comme un chasseur de lapins ! A moins que ces quatre -e- soient ceux contenus dans le nom de Georges Pérec sur la couverture du livre ....
Un exercice jubilatoire où l'on rit souvent en observant les détours que prend l'imagination de l'auteur pour réussir sa performance. Performance du lecteur aussi, qui doit s'accrocher au rythme endiablé de l'histoire tout en traquant le faux pas.
je me souviens .... avoir a-do-ré !
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Eric75Eric75   17 août 2012
Ottavio Ottaviani, ajustant son lorgnon, raclant son pharynx, s'adoucit la voix, prit son inspiration, puis lut, sur un ton plutôt froid :

" Ondoyons un poupon, dit Orgon, fils d'Ubu. Bouffons choux, bijoux, poux, puis du mou, du confit ; buvons, non point un grog : un punch. Il but du vin itou, du rhum, du whisky, du coco, puis il dormit sur un roc. L'infini bruit du ru couvrit son son. Nous irons sous un pont où nous pourrons promouvoir un dodo, dodo du poupon du fils d'Orgon fils d'Ubu.
Un condor prit son vol. Un lion riquiqui sortit pour voir un dingo. Un loup fuit. Un opossum court. Où vont-ils ? L'ours rompit son cou. Il souffrit. Un lis croît sur un mur : voici qu'il couvrit orillons ou goulots du cruchon ou du pot pur stuc.
Ubu pond son poids d'or. "

- Hum, dit Savorgnan, cachant mal son imbitation.
- Quoi ! scandalisa Aloysius, n'as-tu pas vu qu'il y avait ici un l'on sait quoi tout à fait fascinant ?
- Ma foi non, avoua Savorgnan.
- Mais voyons, Savorgnan, il n'y a pas un "a" dans tout ça !
- Nom d'un Toutou, mais tu dis vrai ! fit Savorgnan, arrachant l'adroit manuscrit à Ottaviani.
- Mirobolant, dit la Squaw.
- Fascinant, tout à fait fascinant, confirma Savorgnan.
- Par surcroît, ajouta Aloysius, il n'y a qu'un "y" : dans " Whisky" !
- Confondant ! Saisissant ! Inouï !
Ottaviani voulut ravoir la communication. Savorgnan la lui donna. Il la lut, pour lui, à mi-voix. On aurait dit qu'il n'avait pas compris quand il avait lu d'abord.
- Alors, Ottaviani, ironisa Swann, dis-nous si tu saisis ?
Ottaviani paraissait souffrir. Il s'agitait sur son pouf. Il suait. Il transpirait, ahanant.
- Dis-donc..., dit-il tout à trac.
- Quoi ? insista Aloysius Swann.
S'affaissant, Ottavio Ottaviani murmura d'un ton mourant :
- Mais il n'y a pas non plus d'
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BibaliceBibalice   13 octobre 2011
Un court instant, tout parut s'adoucir. A dix furlongs du galion, Moby Dick glissait, animal divin, paix avant l'ouragan final. Il y avait dans l'air ambiant un parfum saisissant d'absolu, d'infini. Du flot cristallin sourdait, montant, un halo lustral qui donnait à tout un air virginal. Nul bruit, nul courroux. Chacun s'immobilisait, contraignant son inspiration, saisi par la paix qui soudain rayonnait, s'irradiait, alangui par l'amour inouï qui montait du flot calmi, du jour blanchissant.
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cathcorcathcor   06 novembre 2012
CHANSON PAR UN FILS ADOPTIF DU COMMANDANT AUPICK

Sois soumis, mon chagrin, puis dans ton coin sois sourd
Tu la voulais, la nuit, la voilà, la voici
Un air tout obscurci a chu sur nos faubourgs
Ici portant la paix, là-bas donnant souci.

Tandis qu'un vil magma d'humains, oh, trop banals,
Sous l'aiguillon Plaisir, guillotin sans amour,
Va puisant son poison aux puants carnavals,
Mon chagrin, saisis-moi la main; là, pour toujours...
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AlainDAlainD   22 novembre 2015
— Or donc, voulut savoir Dupin, l’on a vingt fois soumis la maison du filou à l’inquisition ?
— Oui, admit Didot, mais l’on fit chou blanc à tous coups. L’on farfouilla pourtant partout.
— Voilà qui m’apparaît fort clair, affirma Dupin : tu fourgonnas partout, tu sondas murs ou plafonds, mais sans aucun fruit, car tu as un cristallin mais tu n’y vois pas : n’as-tu pas compris, gros ballot, qu’à coup sûr ton gars avait fait choix d’un abri plus subtil : à savoir, qu’il n’avait pas tapi son larcin, qu’il l’avait tout au plus sali ou racorni ainsi qu’on fait d’un mot banal, puis blotti dans un sous-main où tu l’as pris au moins dix fois, sans savoir, sans vouloir ni pouvoir savoir qu’il s’agissait non d’un chiffon trivial, mais du pli si primordial !
— Mais, objurgua Didot, il n’y avait aucun sous-main !
— Allons donc, ironisa Dupin.
Il mit son mackintosh, prit son riflard, sortit, affirmant :
— J’y vais. Dans un instant, tu auras ton papyrus.
Mais, quoiqu’il ait raison, du moins dans son calcul, il manqua son coup.
— Jadis, au moins, j’avais du Pot, murmura-t-il.
Puis, par consolation, il s’occupa, laissant la P.J. à son tracas, d’un orang-outang qui avait commis trois assassinats.
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mandarine43mandarine43   06 novembre 2011
Son pouls battait trop fort. Il avait chaud. Il ouvrit son vasistas, scruta la nuit. Il faisait doux. Un bruit indistinct montait du faubourg. Un carillon, plus lourd qu'un glas, plus sourd qu'un tocsin, plus profond qu'un bourdon, non loin, sonna trois coups. Du canal Saint-Martin, un clapotis plaintif signalait un chaland qui passait.
Sur l'abattant du vasistas, un animal au thorax indigo, à l'aiguillon safran, ni un cafard, ni un charançon, mais plutôt un artison, s'avançait, traînant un brin d'alfa. Il s'approcha, voulant l'aplatir d'un coup vif, mais l'animal prit son vol, disparaissant dans la nuit avant qu'il ait pu l'assaillir.
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