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Bernard Magné (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2012376436
Éditeur : Hachette Littératures (05/11/2008)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.47/5 (sur 77 notes)
Résumé :
"Ayant mûrement réfléchi, ayant pris votre courage à deux mains vous vous décidez à aller trouver votre chef de service pour lui demander une augmentation vous allez donc trouver votre chef de service disons pour simplifier car il faut toujours simplifier qu'il s'appelle monsieur Xavier c'est-à-dire monsieur ou plutôt Mr X donc vous allez trouver Mr X là de deux choses l'une ou bien Mr X est dans son bureau ou bien Mr X n'est pas dans son bureau."

Geo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
  25 mars 2014
Lecteurs, êtes-vous prêts pour le grand marathon ? Alors, on inspire…on expire…et on y va !
Car s'il est toujours difficile d'avoir "l'art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation", avec Georges Perec, la situation se corse d'autant plus qu'il n'y pas de ponctuation…
Sans virgule, ni point-virgule, ni point de suspension, encore moins d'exclamation, et donc sans point du tout, son récit, qui a tout d'une démonstration, est une seule et grande phrase s'alignant gentiment sur près de 80 pages.
Mais ah quelle phrase !
Une phrase qui recense toutes les possibilités qui pourraient advenir si d'aventure vous souhaitiez demander une augmentation à votre chef de service.
Est-il dans son bureau ? Ou non ? Et que faut-il faire s'il ne s'y trouve pas ? Attendre dans le couloir ? Aller voir Mlle Yolande ? «Faire le tour des différents services dont l'ensemble constitue tout ou partie de l'organisation qui vous emploie »?...
Une multitude d'éventualités, options, choix et autres alternatives que le génial Perec, avec un esprit tout mathématique doublé d'une imparable logique et d'une délicieuse fantaisie, inventorie point par point, évaluant à l'infini les divers obstacles rencontrés (et Dieu sait s'il y en a !) pour aviser ce fameux chef de service.
Répétitions, reprises, recommencements sempiternels - toutefois jamais à l'identique - offrent une lecture jubilatoire, rythmée, énergique, entraînante, vivifiante, revigorante…bref réjouissante.
Adepte des jeux littéraires, des contraintes grammaticales et des exercices de style aussi ardus que farfelus, l'auteur de la « Disparition » - véritable tour de force dans lequel la voyelle « e » n'apparait jamais - nous entraîne dans une folle équipée, une course effrénée qui nous laisse, au terme de la démonstration, certes un peu essoufflés mais avec le visage fendu jusqu'aux oreilles d'un grand sourire de reconnaissance.
Livre ludique s'il en est, « L'art et la manière… » n'en dépeint pas moins avec une ironie fine les petites aberrations d'une entreprise au fonctionnement souvent surréaliste.
Deux fois primé, en 1965 avec son premier roman « Les choses », puis en 1978 pour son chef-d'oeuvre « La vie mode d'emploi », membre de l'OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle) au côté de Raymond Queneau et d'Italo Calvino, Georges Perec (1936-1982) réalise encore une fois une remarquable épreuve littéraire, un travail synthétique, analytique, aussi olympien qu'« oulipien ».
Ecrit en 1968, ce petit ouvrage a conservé une modernité, une fraîcheur et un allant qui, pour « simplifier car il faut toujours simplifier », est un régal d'humour et d'esprit.
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folivier
  20 juillet 2012
Un petit ouvrage très drôle, absurde et d'une logique implacable. Conforme au principe de l'Oulipo : l'écriture sous contrainte, Georges Perec se donne comme objectif littéraire de décrire un organigramme décisionnel en nous narrant les différentes situation de choix que peut rencontrer un employé cherchant à rencontrer son chef de service afin de demander une augmentation de salaire. le plus incroyable c'est qu'à partir de cette simple base de départ, Georges Perec nous offre un texte qui captive, fait rire, et renvoi à des questionnement sur l'entreprise et les relations humaines. A chaque boucle effectuée dans l'organigramme décisionnel, Georges Perec modifie de manière subtil un mot, un adjectif. le texte prend petit à petit de l'ampleur, de la densité et nous entraîne dans un délire kafkaïen et absurde mais pas très éloigné d'une certaine réalité de la vie dans l'entreprise. A la fin de l'ouvrage l'organigramme décisionnel est présenté, cela permet de découvrir l'ingéniosité de Perec pour réussir à atteindre son objectif, le dépasser en nous donnant un point de vue sur les rapports humains tout en nous captivant et nous faire rire. Un vrai texte littéraire écrit sans ponctuation ce qui amplifie le sentiment de dérouler sans fin l'arbre de décision qui ne fait que tourner sur lui-même. Un texte génial à découvrir.
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Lucile
  03 mars 2012
En parcourant la liste des titres proposés et en voyant précisément celui-ci, je me suis d'abord dit "Tiens, un Perec, chouette!" (je n'avais encore jamais rien lu de ce célèbre personnage), et "Oh, en plus c'est un livre audio ; ça pourrait être l'occasion d'essayer", puis "Oulà, celui-là risque d'être fastidieux au possible...", et enfin "Ah, mais si c'est lu par Guillaume Gallienne, ça peut passer". Donc je l'ai demandé. Et reçu. Et ce fut exactement ce à quoi je m'attendais...
L'idée de départ est plutôt bonne : Perec s'amuse à envisager de manière extrêmement rigoureuse en apparence tous les cas de figures pouvant survenir lorsqu'un employé lambda souhaite demander une augmentation à son supérieur ("Appelons-le monsieur Xavier, ou, pour simplifier - car il faut toujours simplifier -, monsieur X"). Il déroule ainsi une sorte d'arbre décisionnel sur le principe de "s'il se passe ceci, faites cela ; mais s'il ne se passe pas ceci, faites plutôt telle chose". Mais pour que cela soit un minimum drôle, Perec a choisi des facteurs de choix assez improbables (le menu du repas du midi au snack de l'entreprise si on est un vendredi, par exemple ; et si on est effectivement un vendredi, le fait que le supérieur en question ait pu avaler une arête - mais seulement à condition qu'il ait pris du poisson, car s'il a pris des oeufs, la question des arêtes ne se pose pas (cependant, dans ce cas, il faudra envisager la possibilité que les oeufs que M. X a ingurgités aient été pourris, etc.)). Autres ressorts comiques : les réactions pour le moins étranges que propose Perec (qui suggère en tout premier lieu de faire les cent pas ou d'aller bavarder avec ses collègues si le chef de service n'est pas là) ou la méticulosité qu'il met à préciser des circonstances complètement anecdotiques quand il reste muet sur la bonne façon de demander une augmentation... Une bonne idée, donc. Sauf que ça ne marche pas. Pourquoi? Notamment parce que ces considérations loufoques sont toutes mises en jeu assez rapidement et que tout le reste de l'ouvrage se contente de décliner méticuleusement tous les cas de figures d'association de ces différents éléments, ce qui est passablement pénible et lassant.
Heureusement, il y a l'interprétation de Guillaume Gallienne, qui fait qu'on ne se perd pas dans ces phrases labyrinthiques et qu'on sourit (même à la toute fin) quand revient pour la énième fois l'une des nombreuses formules qui jalonnent le livre, par exemple "faire le tour des services qui constituent tout ou partie des bureaux de l'organisation qui vous emploie", "pour simplifier, car il faut toujours simplifier", "de deux choses l'une", etc. Mais franchement, combien de fois me suis-je dit : "Le pauvre! Qu'est-ce qu'il a dû s'embêter à lire ça!"...
Bon, allez, ne soyons pas trop méchants : il y a quand même des choses que j'ai bien aimées... Par exemple, la vision cynique au possible de Perec sur le monde de l'entreprise, son inertie, sa paperasse et ses protocoles. Petit à petit, d'un vocabulaire très objectif, voire administratif, on glisse vers des jugements de valeur et un franc désenchantement ("l'entreprise qui vous emploie" deviendra ainsi, entre autres, "l'entreprise qui vous exploite" puis "l'entreprise pour laquelle vous n'êtes qu'un vulgaire pion" - je cite de mémoire, évidemment). le projet de ce livre lui-même est d'ailleurs (évidemment) un pied-de-nez magistral à l'organisation sclérosée et enlisée dans ses procédures d'une administration ou d'une grosse entreprise avec x niveaux hiérarchiques : à la fin, on se retrouve avec un volumineux (du moins, je l'imagine comme tel) opus complètement inepte ne permettant en aucun cas de justifier sa pompeuse appellation... Cette vision d'une administration tentaculaire et anonyme proche de la maison qui rend fou n'a pas été sans me rappeler Belle du Seigneur et Adrien Deume, trop content de se couler dans ce moule et de chercher les mille et unes façons de ne rien faire de ses journées... Bon, il faut dire que j'ai déjà entendu Guillaume Gallienne lire un extrait du roman-pavé de Cohen qui traitait aussi de cet aspect, donc ça a sans doute facilité le rapprochement dans mon esprit...
Enfin, un petit mot pour vous rappeler, tout de même, que c'était ma première expérience de lecture "passive" (c'était mon premier livre audio, quoi!). Bilan? Je suis contente d'avoir essayé, et surtout d'avoir choisi ce livre-là pour le faire, car si j'avais dû le lire moi-même, j'aurais "diagonalisé" un tantinet, croyez-moi! (Et pourtant je déteste ça ; c'est pour ça que je suis contente que Guillaume Gallienne m'ait tout lu! ^_^ ) J'avoue avoir été un peu agacée par quelques difficultés techniques (pourtant prévisibles, mais que je n'avais pas anticipées ; on ne m'y reprendra plus!) : du fait que les fichiers soient en mp3, je ne pouvais écouter le CD que sur mon ordinateur. Après avoir essayé vainement de l'écouter dans nos deux voitures en espérant optimiser de longs trajets solitaires, puis sur notre chaîne Hi-Fi, j'ai dû me résigner à installer ma planche à repasser devant mon bureau pour avoir mon fond sonore... Evidemment, il est plus facile de "décrocher" quand on est passif par rapport à la lecture, et à 3 ou 4 occasions, j'ai dû revenir en arrière parce que je me suis rendu compte que je n'écoutais plus (mais c'était peut-être dû au texte en lui-même?). Bref, malgré tout, je me sens prête à réitérer l'expérience du livre audio, mais uniquement avec des livres dont je n'attends rien de spécial, car j'aime trop pouvoir lire à mon rythme, revenir trois ou quatre fois sur un paragraphe si ça me chante, et il me semble que dans ces cas-là, le format audio me frustrerait. Je me dirais forcément : "Il faut que je le relise moi-même, lentement", mais je me connais : je ne relis jamais un livre, ou presque (je n'ai déjà pas le temps de livre tout ce que je voudrais, alors relire...?!?), et je ne le ferais pas (et je n'aurais pas le sentiment d'avoir vraiment lu le livre). Donc, je crois que je tolérerai le livre audio uniquement dans le cas où la lecture du livre en question relèvera d'une vague curiosité. Voilà.
Pour conclure, donc, L'Art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation est à mon avis un ouvrage effectivement fastidieux et poussif malgré une bonne idée de départ ; la version livre audio est à mon sens le seul format acceptable pour prendre connaissance du contenu de cet ouvrage sans trop perdre son temps (pour ma part, j'ai fait du repassage en l'écoutant), et encore, il faut bien le talent de Guillaume Gallienne pour que ça passe bien, à mon avis... A vos risques et périls, donc, vous ne pourrez pas dire que vous n'étiez pas prévenus! ;-)
Mille mercis aux éditions Thélème et à Babelio pour m'avoir permis de découvrir Perec!
Lien : http://lameralire.blogspot.c..
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Pirouette0001
  26 mai 2017
Voici la description la plus drôle, la plus absurde et, pourtant, combien réelle des affres d'un employé qui souhaite solliciter une augmentation de salaire.
On se croirait dans le monde de Raymond Queneau. Un petit bijou de non sens. Sans un seul signe de ponctuation.
Premier livre lu chez Georges Perec et assurément pas le dernier.
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Meps
  09 juillet 2017
Ah ! Georges Perec ! Comment tirer d'une contrainte littéraire que l'on s'impose à soi-même la ressource pour réaliser de pures oeuvres d'art. le but fixé ici parait tellement rébarbatif : retranscrire par un texte écrit le plus exhaustif possible les informations contenues dans un organigramme de décision, nouvelle forme de document d'entreprise apparu à son époque. Et tant qu'à faire sans ponctuation, pour tenter d'être le plus rébarbatif possible.
Et pourtant, de toute cette platitude souhaitée, de toutes ces répétitions entêtantes, Perec ne peut s'empêcher de faire naître le génie et d'offrir au lecteur une des meilleures peintures qui soit de la vie habituelle d'une organisation de travail pyramidale. C'est drôle, c'est juste, c'est intelligent, c'est original, c'est novateur... Que demander de plus ? Une augmentation, sans doute...
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
mandarine43mandarine43   26 mars 2011
[Incipit.]

Ayant mûrement réfléchi ayant pris votre courage à deux mains vous vous décidez à aller trouver votre chef de service pour lui demander une augmentation vous allez donc trouver votre chef de service disons pour simplifier car il faut toujours simplifier qu'il s'appelle monsieur xavier c'est-à-dire monsieur ou plutôt mr x donc vous allez trouver mr x là de deux choses l'une ou bien mr x est dans son bureau ou bien mr x n'est pas dans son bureau si mr x était dans son bureau il n'y aurait apparemment pas de problème mais évidemment mr x n'est pas dans son bureau vous n'avez donc guère qu'une chose à faire guetter dans le couloir son retour ou son arrivée mais supposons non pas qu'il n'arrive pas en ce cas il finirait par n'y avoir plus qu'une seule solution retourner dans votre propre bureau et attendre l'après-midi ou le lendemain pour recommencer votre tentative mais chose qui se voit tous les jours qu'il tarde à revenir en ce cas le mieux que vous ayez à faire plutôt que de continuer à faire les cent pas dans le couloir c'est d'aller voir votre collègue mile y que pour donner plus d'humanité à notre sèche démonstration nous appellerons désormais mlle yolande mais de deux choses l'une ou bien mlle yolande est dans son bureau ou bien mlle yolande n'est pas dans son bureau si mlle yolande est dans son bureau il n'y a apparemment pas de problème mais supposons que mile yolande ne soit pas dans son bureau en ce cas étant donné que vous n'avez pas envie de continuer à faire les cent pas dans le couloir en attendant l'hypothétique retour ou l'éventuelle arrivée de mr x une seule solution s'offre à vous faire le tour des différents services dont l'ensemble constitue tout ou partie de l'organisation qui vous emploie puis retourner chez mr x en espérant que cette fois il est arrivé or de deux choses l'une ou bien mr x est dans son bureau ou bien mr x n'est pas dans son bureau.
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MepsMeps   09 juillet 2017
... donc vous allez trouver mr x de là deux choses l'une ou bien mr x est dans son bureau ou bien mr x n'est pas dans son bureau si mr x était dans son bureau il n'y aurait apparemment pas de problème mais évidemment mr x n'est pas dans son bureau vous n'avez donc guère qu'une chose à faire guetter dans le couloir son retour ou son arrivée mais supposons...
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Marti94Marti94   03 janvier 2016
Si vous ne voulez pas attraper ma rougeole mieux vaut ne pas aller demander une augmentation à votre chef de service
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crapettecrapette   09 septembre 2011
a-t-on jamais vu un chef de service s'intéresser à une idée que lui propose un de ses subordonnés au mieux il y voit pour lui-même une suggestion intéressante qu'il va s'empresser d'aller proposer à son chef à lui p. 43
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Marti94Marti94   01 janvier 2016
disons pour simplifier car il faut toujours simplifier qu'il s'appelle monsieur Xavier c'est-à-dire monsieur ou plutôt monsieur X
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