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Critique de Siladola


Je produis une critique courte, à peine de dépasser le volume de l'original, trouvé, heureusement, dans une édition plus jolie que celle dont la couverture figure ici : toujours celle du Seuil, 1993, dans la collection Librairie du XXIème siècle, mais en couverture blanche gaufrée. Arrivant sur Babelio avec l'intention d'en finir rapidement, quelle n'est pas ma stupéfaction de découvrir que non moins de trois critiques s'y trouvent déjà ! Si le ramage des citations se rapporte à leur plumage, on dépassera bientôt le nombre de pages de ce phénix. Mais trêve d'ironie ! Quel prix Perec attachait-il à cette nouvelle, qui a dû être exhumée par des amateurs nécrophages à l'occasion du numéro spécial du Magazine Littéraire paru, peu après la mort de l'auteur, en 1983 ? Si on le réédita, toutefois, c'est que ce bref argument, à peine une nouvelle, est un carton, une esquisse probablement, de l'un des auteurs les plus célèbres de l'Oulipo, et qui, à l'instar des dessins de Léonard, révèle sous une forme concentrée, et comme par inadvertance, le génie universel.
Comme vous avez pu le lire ailleurs, et il est impossible de ne pas déflorer, du coup, l'oeuvre si ténue, Le voyage d'hiver est le titre d'un ouvrage de littérature prémonitoire, un roman fictif paru peu avant la grande apogée des Lettres françaises au XIXème siècle, et dans lequel non seulement les symbolistes, mais plusieurs romanciers, poètes et polémistes célèbres, de Mallarmé à Léon Bloy, auraient puisé, voire pillé leurs innovations. Ce genre de l'oeuvre fictive, occasion d'égrener l'érudition du nouvelliste, a connu sa fortune avec Borges. Sous la plume de Georges Perec, il devient le prétexte aux thuriféraires de l'Oulipo d'élaborer à leur tour des listes (voir lien). Tout cela n'est pas sans intérêt, bien sûr, et l'on lira aussi bien Levoyage d'hiver que le voyage d'hiver et ses suites, paru avec une préface de Jacques Roubaud (Le voyage d'hiver / Georges Perec [suivi de] le voyage d'hier / Jacques Roubaud ; préface Bernard Magné (Voyages divers) ; postface Julien Bouchard (Voyages d'envers) . Nantes : le Passeur, 1997). Mais la leçon littéraire essentielle que j'en tirerais, là aussi conforme d'une certaine façon aux conclusions oulipiennes, est que l'on écrit sur un ouvrage à proportion inverse de son importance, quantitative du moins. Le voyage d'hiver (parent en cela du célèbre Si par une nuit d'hiver un voyageur, de Calvino) semble, en effet, plutôt l'idée d'une oeuvre qu'une oeuvre à part entière. Qui l'écrira donc, celle-là ?
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