AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Georges Perec (Autre)
EAN : 9782267032130
64 pages
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (11/06/2020)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 109 notes)
Résumé :
En octobre 1974 Georges Perec s'est installé pendant trois jours consécutifs place Saint-Sulpice à Paris.

A différents moments de la journée, il a noté ce qu'il voyait : les événements ordinaires de la rue, les gens, véhicules, animaux, nuages et le passage du temps. Des listes. Les faits insignifiants de la vie quotidienne. Rien, ou presque rien.

Mais un regard, une perception humaine, unique, vibrante, impressionniste, variable, comme... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
mh17
  01 avril 2020
Tentative méticuleuse de retenir un moment
1974. Perec s'installe à un café de la Place Saint Sulpice pendant trois jours pour y décrire " ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages".
Il inventorie des détails insignifiants : lettres de l'alphabet ( KLM, P, H ..) symboles, chiffres (bus), slogans publicitaires ( "j'aime ma femme, elle achète la Kronembourg par six"), arbres, chiens, humains, véhicules. Il classe les objets et les êtres par trajectoires, couleurs. Il classe les actions humaines par discussions, modes de locomotion, position des corps. Il énumère des êtres singuliers ( un facteur à sacoche, deux aubergines ...). Il s'amuse à remarquer que la pluie n'est pas propre au dimanche, il vérifie que les feux passent inexorablement du vert au rouge et inversement, il essaye de défier le hasard en inventant un théorème sur le sens de la marche des piétons...
Et l'intérêt pour nous, lecteurs de 2020 ? Remarquer que l'insignifiant, c'est la vie, ce qui va disparaître: êtres singuliers, traces objets d'humanité, mouvements incessants qu'il tente méticuleusement de retenir. Repérer les disparitions : où sont les aubergines toniques, les fillettes à nattes qui mangent des babas, les curés à béret, les télégraphistes à vélo ?
C'est sûr ce n'est pas un chef d'oeuvre de la création littéraire mais c'est un ouvrage singulier et original que l'on n' oublie pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
Marti94
  29 décembre 2016
J'ai connu Georges Perec sur le tard mais ce n'est que pour mieux l'apprécier. Et une fois de plus je suis sous son charme littéraire.
Moi qui adore les promenades parisiennes, je suis allée place Saint-Sulpice en prévision de cette lecture jubilatoire. Car avec « Tentative d'épuisement d'un lieu parisien », Georges Perec raconte dans un petit recueil ce qu'il voit après s'être installé pendant trois jours consécutifs dans les cafés de cette place du 6ème arrondissement. Vous savez, c'est comme quand, assis à la terrasse d'un café où l'on sirote un verre en attendant quelqu'un, on regarde les gens passer.
Nous sommes en octobre 1974 mais les évènements ordinaires de la rue, les passages de gens, d'autobus, de véhicules et autres description de l'espace ne sont pas si éloignés d'aujourd'hui. Bien sûr, les changements sont visibles mais dans ce texte, sorte de compte-rendu socio-ethnologique, il semble y avoir plus de ressemblances que de différences entre les époques, à plus de 40 ans d'intervalle.
Georges Perec remarque par exemple que la moitié des gens qui passent dans la rue ont une main occupée. C'est encore vrai à la différence près qu'en 1974 il n'y avait pas de téléphone mobile.
La place Saint-Sulpice est un lieu central de Paris avec une grande fontaine et une église. La circulation est continue avec une valse de bus : le 63, le 70 … ou encore le 84. Les lignes de bus existent toujours sauf que le terminus du 70 n'est plus l'ORTF mais Radio France. Les véritables changements concernent les véhicules : il n'y a plus de solex, ni de deux-chevaux vert pomme qui circulent. Par contre, les pigeons sont toujours là et les clochards sur les bancs aussi.
A travers son originalité, j'ai trouvé ce texte passionnant.
Lu en décembre 2016
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          81
Isa0409
  30 janvier 2021
☕️ « Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire (...) ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages. » (p.10)
☕️ Ce petit livre pourrait sembler tout à fait anodin, voire presque insignifiant. L'auteur s'est assis à plusieurs endroits, trois jours différents, et il a décrit ce qui se passait devant ses yeux. Pourtant, il saisit l'insaisissable, il dépeint la banalité, il fait le portrait du quotidien. En d'autres circonstances, peut-être aurais-je trouvé ce texte peu intéressant, inutile. Pourtant, il m'a bouleversée. La principale raison étant que ce que Perec a fait en 1974, nous ne pourrions pas le reproduire, puisque les cafés sont fermés. S'asseoir en terrasse et observer le monde qui nous entoure et qui continue de se mouvoir pendant que l'on s'accorde une pause. On ne s'assoit plus. On mange debout, on boit debout, on parle debout, on n'a plus de répit. Il nous faut marcher, marcher, marcher. Je n'en peux plus de marcher. Je voudrais juste m'asseoir, et vous regarder. Noter vos expressions, surprendre vos fous rires, imaginer partager vos peines, parler avec vous, me demander quelle langue vous parlez et ce qui vous amène ici. Si vous voyagez. On ne voyage plus.
☕️ 55 pages de vie qui m'échappent, je ne sais plus ce que c'est que de m'octroyer une parenthèse, d'échanger deux trois mots avec des inconnu(e)s, de répondre « comme d'habitude » à la serveuse de mon café-refuge, de m'effrayer des pigeons toujours plus envahissants sur les terrasses, de ne pas réussir à lire car les gens à côté parlent fort. Trop fort. Je voudrais les entendre, ces voisins sonores, ils me manquent, leurs conversations me manquent, leurs anecdotes dont je m'inspire parfois. Pour écrire.
☕️ Je voudrais m'asseoir et boire un café. Je n'en peux plus. Je veux compter les voitures, observer le vol des oiseaux, comparer les paquets des passants, ont-ils plus de baguettes ou de pâtisseries, de quelle taille sont les paquets, pourquoi le fleuriste est-il ouvert et pourquoi la cordonnerie ne l'est pas ? L'insignifiant rend l'essentiel important.
☕️ Comprenez: it was pointless, but it meant it all.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
YvPol
  06 novembre 2020
Les vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20 octobre 1974, Georges Perec s'installe place Saint-Sulpice à Paris. Il note tous les événements a priori anodins qu'il voit. Des gens, des voitures, des bus, le temps, ce qu'il mange et boit... Cette place d'une grand ville devient pour trois jours un lieu d'observation privilégié du rien ou du presque rien.
Publié en 1975 et réédité cette année par le même éditeur Christian Bourgois, ce très court livre pourrait paraître anodin voire insignifiant, oui mais c'est écrit par Georges Perec et ça change tout. Ça change tout parce que l'écrivain y imprime sa patte, son style inimitable pour parler du quotidien. Grâce à cela ce qui pouvait inspirer la crainte de l'ennui résonne comme un poème à la Prévert, une sorte de carnet d'idées et de personnages de romans. Un plan détaillé d'un futur roman. Tout cela en même temps et un vrai livre à part entière qui, dans le style Perec, joue avec les mots et leurs sons, les phrases. le premier chapitre, le premier jour, est assez long plus long que les suivants moins rythmés ouiquende oblige.
Là où n'importe qui aurait écrit une litanie, Georges Perec qui n'est pas n'importe qui et qui excelle dans l'écriture avec contrainte offre une variété de styles incroyables dans un si petit bouquin. Pour ceux qui hésitent encore à entrer dans le monde de l'écrivain, c'est une porte qui me semble toute indiquée. Et pour finir un extrait de la page 29 :
"J'ai revu des autobus, des taxis, des voitures particulières, des cars de touristes, des camions et des camionnettes, des vélos, des vélomoteurs, des vespas, des motos, un triporteur des postes, une moto-école, une auto-école, des élégantes, des vieux beaux, des vieux couples, des bandes d'enfants, des gens à sacs, à sacoches, à valises, à chiens, à pipes, à parapluies, à bedaines, des vieilles peaux, des vieux cons, des jeunes cons, des flaneurs, des livreurs, des renfrognés, des discoureurs. J'ai aussi vu Jean-Paul Aron, et le patron du restaurant "Les Trois canettes" que j'avais déjà aperçu le matin."
Excellente idée de Christian Bourgois de rééditer ce texte qui est mon Perec de l'année.
Lien : http://www.lyvres.fr/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
MarcelP
  02 février 2020
Les passants curieux qui sont passés devant la vitre du Tabac Saint-Sulpice les 18, 19 et 20 octobre 1974 ont dû ressentir, posé sur eux un infime instant, le regard vibrionnant d'un barbichu concentré, stylo-bille en main. Georges Perec tentait alors d'épuiser la place Saint-Sulpice (comme Sade de malsains supplices dans ses 120 journées).
Au-delà de l'exercice de style, plutôt amusant, l'écrivain essaie ici d'arrêter le temps mais sa main ne court pas aussi vite sur le papier que la vie ne s'écoule dans la rue. Et petit à petit, l'objectivité draconienne du scripteur s'efface pour laisser fuser des éclairs de subjectivité qui font déraper l'ambitieux projet : notations humoristiques et gratuites ("J'ai revu (...) des bandes d'enfants, des gens à sacs, à sacoches, à valises, à chiens, à pipes, à parapluies, à bedaines, des vieilles peaux, des vieux cons, des jeunes cons, des flâneurs, des livreurs, des renfrognés, des discoureurs."), rêveries, apartés...
Le temps s'arrête le temps d'une lecture qui arrête le temps mais... le temps s'est-il vraiment arrêté ?
Lien : http://lavieerrante.over-blo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50

Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
petitourspetitours   16 septembre 2010
Il y a beaucoup de choses place Saint-Sulpice, par exemple : une mairie , un hôtel des finances , un commissariat de police , trois cafés dont un fait tabac, un cinéma, une église à laquelle ont travaillé Le Vau , Gittard , Oppenord , Servandoni et Chalgrin et qui est dédiée à un aumônier de Clotaire Il qui fut évêque de Bourges de 624 à 644 et que l'on fête le 17 janvier, un éditeur , une entreprise de pompes funèbres, une agence de voyages, un arrêt d' autobus , un tailleur, un hôtel , une fontaine que décorent les statues des quatre grands orateurs chrétiens ( Bossuet , Fénelon , Fléchier et Massillon ) , un kiosque à journaux, un marchand d'objets de piété , un parking, un institut de beauté, et bien d'autres choses encore.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
VilloteauVilloteau   14 novembre 2012
Il y a beaucoup de choses place Saint-Sulpice, par exemple : une mairie, un hôtel des finances, un commissariat de police, trois cafés dont un fait tabac, un cinéma, une église à laquelle ont travaillé Le Vau, Gittard, Oppenord, Servandoni et Chalgrin et qui est dédiée à un aumônier de Clotaire II qui fut évêque de Bourges de 624 à 644 et que l'on fête le 17 janvier, un éditeur, une entreprise de pompes funèbres, une agence de voyages, un arrêt d'autobus, un tailleur, un hôtel, une fontaine que décorent les statues des quatre grands orateurs chrétiens (Bossuet, Fénelon, Fléchier et Massillon), un kiosque à journaux, un marchand d'objets de piété, un parking, un institut de beauté, et bien d'autres choses encore.
Un grand nombre, sinon la plupart, de ces choses ont été décrites, inventoriées, photographiées, racontées ou recensées. Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste : ce que l'on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n'a pas d'importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages.





+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
OrpheaOrphea   09 octobre 2010
Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste : ce que l'on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n'a pas d'importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages.
Commenter  J’apprécie          180
BazartBazart   22 juin 2020
"Il y a beaucoup de choses place Saint-Sulpice, par exemple : une mairie , un hôtel des finances , un commissariat de police , trois cafés dont un fait tabac, un cinéma, une église à laquelle ont travaillé Le Vau , Gittard , Oppenord , Servandoni et Chalgrin et qui est dédiée à un aumônier de Clotaire Il qui fut évêque de Bourges de 624 à 644 et que l’on fête le 17 janvier, un éditeur , une entreprise de pompes funèbres, une agence de voyages, un arrêt d’autobus , un tailleur, un hôtel , une fontaine que décorent les statues des quatre grands orateurs chrétiens (Bossuet, Fénelon, Fléchier et Massillon) , un kiosque à journaux, un marchand d’objets de piété , un parking, un institut de beauté, et bien d’autres choses encore."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Marti94Marti94   29 décembre 2016
De nouveau les pigeons font un tour de place. Qu’est-ce qui déclenche ce mouvement d’ensemble ; il ne semble lié ni à un stimulus extérieur (explosion, détonation, changement de lumière, pluie, etc.) ni à une motivation particulière ; cela ressemble à quelque chose de tout à fait gratuit : les oiseaux s’envolent tout à coup, font un tour de place et reviennent se poser sur une gouttière de la mairie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

Videos de Georges Perec (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Perec
À bicyclette sur scène, Sami Frey égrène les souvenirs d'après-guerre de Georges Perec. Il sublime tous ces petits riens du quotidien qui allègent et font le charme d'une époque, un baume après les traumatismes historiques qui les ont frappés de plein fouet.
Cette adaptation théâtrale culte de « Je me souviens » de Georges Perec par Sami Frey s'est tenue en 1989 au théâtre Mogador à Paris. Elle a fait l'objet d'une captation sonore exclusive, immortalisée pour La Bibliothèque des voix.
Pour fêter les 40 ans de la collection, les éditions des femmes-Antoinette Fouque rééditent cet enregistrement d'anthologie.
Musique : Gavin Bryars.
Le texte imprimé a paru en 1978 aux éditions Hachette. Il est disponible aux éditions Fayard (2010, 2013).
Mise en espace sonore : Paul Bergel.
+ Lire la suite
autres livres classés : oulipoVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère




Quiz Voir plus

Je me souviens de Georges Perec

Quel était le nom d'origine (polonaise) de Georges Perec ?

Perecki
Peretz
Peretscki
Peretzkaia

15 questions
93 lecteurs ont répondu
Thème : Georges PerecCréer un quiz sur ce livre

.. ..