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ISBN : 2267019590
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (17/01/2008)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 90 notes)
Résumé :
En octobre 1974 Georges Perec s'est installé pendant trois jours consécutifs place Saint-Sulpice à Paris.

A différents moments de la journée, il a noté ce qu'il voyait : les événements ordinaires de la rue, les gens, véhicules, animaux, nuages et le passage du temps. Des listes. Les faits insignifiants de la vie quotidienne. Rien, ou presque rien.

Mais un regard, une perception humaine, unique, vibrante, impressionniste, variable, comme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
mh17
  01 avril 2020
Tentative méticuleuse de retenir un moment
1974. Perec s'installe à un café de la Place Saint Sulpice pendant trois jours pour y décrire " ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages".
Il inventorie des détails insignifiants : lettres de l'alphabet ( KLM, P, H ..) symboles, chiffres (bus), slogans publicitaires ( "j'aime ma femme, elle achète la Kronembourg par six"), arbres, chiens, humains, véhicules. Il classe les objets et les êtres par trajectoires, couleurs. Il classe les actions humaines par discussions, modes de locomotion, position des corps. Il énumère des êtres singuliers ( un facteur à sacoche, deux aubergines ...). Il s'amuse à remarquer que la pluie n'est pas propre au dimanche, il vérifie que les feux passent inexorablement du vert au rouge et inversement, il essaye de défier le hasard en inventant un théorème sur le sens de la marche des piétons...
Et l'intérêt pour nous lecteurs de 2020 ? Remarquer que l'insignifiant, c'est la vie, ce qui va disparaître: êtres singuliers, traces objets d'humanité, mouvements incessants qu'il tente méticuleusement de retenir. Repérer les disparitions : où sont les aubergines toniques, les fillettes à nattes qui mangent des babas, les curés à béret, les télégraphistes à vélo ?
C'est sûr ce n'est pas un chef d'oeuvre de la création littéraire mais c'est un ouvrage singulier et original que l'on n' oublie pas.
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Marti94
  29 décembre 2016
J'ai connu Georges Perec sur le tard mais ce n'est que pour mieux l'apprécier. Et une fois de plus je suis sous son charme littéraire.
Moi qui adore les promenades parisiennes, je suis allée place Saint-Sulpice en prévision de cette lecture jubilatoire. Car avec « Tentative d'épuisement d'un lieu parisien », Georges Perec raconte dans un petit recueil ce qu'il voit après s'être installé pendant trois jours consécutifs dans les cafés de cette place du 6ème arrondissement. Vous savez, c'est comme quand, assis à la terrasse d'un café où l'on sirote un verre en attendant quelqu'un, on regarde les gens passer.
Nous sommes en octobre 1974 mais les évènements ordinaires de la rue, les passages de gens, d'autobus, de véhicules et autres description de l'espace ne sont pas si éloignés d'aujourd'hui. Bien sûr, les changements sont visibles mais dans ce texte, sorte de compte-rendu socio-ethnologique, il semble y avoir plus de ressemblances que de différences entre les époques, à plus de 40 ans d'intervalle.
Georges Perec remarque par exemple que la moitié des gens qui passent dans la rue ont une main occupée. C'est encore vrai à la différence près qu'en 1974 il n'y avait pas de téléphone mobile.
La place Saint-Sulpice est un lieu central de Paris avec une grande fontaine et une église. La circulation est continue avec une valse de bus : le 63, le 70 … ou encore le 84. Les lignes de bus existent toujours sauf que le terminus du 70 n'est plus l'ORTF mais Radio France. Les véritables changements concernent les véhicules : il n'y a plus de solex, ni de deux-chevaux vert pomme qui circulent. Par contre, les pigeons sont toujours là et les clochards sur les bancs aussi.
A travers son originalité, j'ai trouvé ce texte passionnant.
Lu en décembre 2016
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MarcelP
  02 février 2020
Les passants curieux qui sont passés devant la vitre du Tabac Saint-Sulpice les 18, 19 et 20 octobre 1974 ont dû ressentir, posé sur eux un infime instant, le regard vibrionnant d'un barbichu concentré, stylo-bille en main. Georges Perec tentait alors d'épuiser la place Saint-Sulpice (comme Sade de malsains supplices dans ses 120 journées).
Au-delà de l'exercice de style, plutôt amusant, l'écrivain essaie ici d'arrêter le temps mais sa main ne court pas aussi vite sur le papier que la vie ne s'écoule dans la rue. Et petit à petit, l'objectivité draconienne du scripteur s'efface pour laisser fuser des éclairs de subjectivité qui font déraper l'ambitieux projet : notations humoristiques et gratuites ("J'ai revu (...) des bandes d'enfants, des gens à sacs, à sacoches, à valises, à chiens, à pipes, à parapluies, à bedaines, des vieilles peaux, des vieux cons, des jeunes cons, des flâneurs, des livreurs, des renfrognés, des discoureurs."), rêveries, apartés...
Le temps s'arrête le temps d'une lecture qui arrête le temps mais... le temps s'est-il vraiment arrêté ?
Lien : http://lavieerrante.over-blo..
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gielair
  27 octobre 2018
Perec aimait les listes, il était passé maître dans ce type de description. Il faut lire (et relire) La vie mode d'emploi et on ne peut qu'en être convaincu. Cette Tentative d'épuisement d'un lieu parisien était l'un de ses projets d'écriture lié à la revue de « critique radicale » Cause commune. Perec participa de 1972 à 1974 à cette aventure qui visait « une anthropologie de l'homme contemporain » et qui se vouait à « une investigation de la vie quotidienne à tous ses niveaux ». C'est dans cette recherche de l'ordinaire et même de l'infra-ordinaire qu'il se plie à cet exercice d'écriture en s'installant à un café de la Place Saint-Sulpice pendant trois jours pour y décrire « ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages ». le résultat est particulier et appartient à une catégorie d'ouvrages de Perec où la liste est traitée pour elle-même. Telles les 81 fiches-cuisine à l'usage des débutants ou la Tentative d'inventaire des aliments liquides et solides que j'ai ingurgités au cours de l'année mil neuf cent soixante-quatorze, ces listes constituent des exercices qui nourriront par la suite d'autres ouvrages qui s'en inspireront et les sublimeront. Je pense à Un cabinet d'amateur, La boutique obscure ou encore et toujours La vie mode d'emploi.

Lien : http://rivesderives.blogspot..
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zazimuth
  20 juin 2015
J'ai trouvé cette lecture intéressante. Certes il n'y a pas d'intrigue mais cet inventaire rythmé par les répétitions, les variations et les ruptures est finalement poétique. L'expérience est originale et amène une ou deux réflexions à l'auteur sur les facteurs qui en font varier les constantes.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
petitourspetitours   16 septembre 2010
Il y a beaucoup de choses place Saint-Sulpice, par exemple : une mairie , un hôtel des finances , un commissariat de police , trois cafés dont un fait tabac, un cinéma, une église à laquelle ont travaillé Le Vau , Gittard , Oppenord , Servandoni et Chalgrin et qui est dédiée à un aumônier de Clotaire Il qui fut évêque de Bourges de 624 à 644 et que l'on fête le 17 janvier, un éditeur , une entreprise de pompes funèbres, une agence de voyages, un arrêt d' autobus , un tailleur, un hôtel , une fontaine que décorent les statues des quatre grands orateurs chrétiens ( Bossuet , Fénelon , Fléchier et Massillon ) , un kiosque à journaux, un marchand d'objets de piété , un parking, un institut de beauté, et bien d'autres choses encore.
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VilloteauVilloteau   14 novembre 2012
Il y a beaucoup de choses place Saint-Sulpice, par exemple : une mairie, un hôtel des finances, un commissariat de police, trois cafés dont un fait tabac, un cinéma, une église à laquelle ont travaillé Le Vau, Gittard, Oppenord, Servandoni et Chalgrin et qui est dédiée à un aumônier de Clotaire II qui fut évêque de Bourges de 624 à 644 et que l'on fête le 17 janvier, un éditeur, une entreprise de pompes funèbres, une agence de voyages, un arrêt d'autobus, un tailleur, un hôtel, une fontaine que décorent les statues des quatre grands orateurs chrétiens (Bossuet, Fénelon, Fléchier et Massillon), un kiosque à journaux, un marchand d'objets de piété, un parking, un institut de beauté, et bien d'autres choses encore.
Un grand nombre, sinon la plupart, de ces choses ont été décrites, inventoriées, photographiées, racontées ou recensées. Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste : ce que l'on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n'a pas d'importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages.





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OrpheaOrphea   09 octobre 2010
Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste : ce que l'on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n'a pas d'importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages.
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Marti94Marti94   29 décembre 2016
De nouveau les pigeons font un tour de place. Qu’est-ce qui déclenche ce mouvement d’ensemble ; il ne semble lié ni à un stimulus extérieur (explosion, détonation, changement de lumière, pluie, etc.) ni à une motivation particulière ; cela ressemble à quelque chose de tout à fait gratuit : les oiseaux s’envolent tout à coup, font un tour de place et reviennent se poser sur une gouttière de la mairie.
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Marti94Marti94   29 décembre 2016
La date : 18 octobre 1974
L’heure : 12h. 40
Le lieu : Café de la Mairie

Plusieurs dizaines, plusieurs centaines d’actions simultanées, de micro-événements dont chacun implique des postures, des actes moteurs, des dépenses d’énergie spécifiques :
Discussions à deux, discussions à trois, discussions à plusieurs : le mouvement des lèvres, les gestes, les mimiques expressives
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