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François Maspero (Traducteur)
EAN : 9782020864817
192 pages
Éditeur : Points (20/04/2006)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 110 notes)
Résumé :
Frédéric et Michel, deux jeunes et fougueux hussards, s'apprêtent à mener leur première grande bataille. La tête pleine d'idéaux, ils rêvent de gloire et d'héroïsme. Après tout, ne se battent-ils pas aux côtés de l'Empereur Bonaparte ? Ils se voient déjà vainqueurs de ce peuple espagnol d'un autre temps, encore sous le joug de l'Église et de la royauté...
Un récit férocement romanesque, bariolé et savoureux, par l'auteur du Maître d'escrime et de La Peau du t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
  24 octobre 2016
Arturo Perez-Reverte, journaliste de guerre, écrit en 1983 son premier roman sous le patronage littéraire de Céline et de son "Voyage au bout de la nuit" : il y dénonce la guerre en général à travers le prisme particulier de la Guerre d'Espagne, ce bourbier sans nom qui sonna le glas des ambitions de Napoléon…
J'ai cru que les personnages de l'aristocrate provençal Michel de Bourmont et du roturier alsacien Frédéric Glüntz allaient reprendre les rôles de Brett Sinclair et Daniel Wilde de "The Persuaders!" / "Amicalement Vôtre"… Oui mais non, en fait tout est raconté du point de vue du jeune Frédéric qui est venu en Espagne dans le corps prestigieux des hussards pour récolter honneur et gloire. En quelques heures, toutes ses certitudes vont voler en éclats et il ne va récolter que douleur et folie avant de SPOILER… Pas mal de points communs donc avec le film "Bruc", une oeuvre de Daniel Benmayor que j'aime beaucoup qui mais semble être à la fois autant méconnue que mésestimée, où les résistants catalans et les soldats napoléoniens qui se voyaient les uns comme les autres comme des héros nationaux ne récolaient finalement que peines et douleurs dans un survival ou chacun lutte pour sauver sa peau…
L'auteur espagnol est donc très couillu d'avoir abordé un moment douloureux de son histoire nationale en racontant le destin de personnages appartenant à l'envahisseur honni. Ça rend finalement l'ensemble plus humain, voire carrément universel, en évitant les écueils du manichéisme, du nationalisme et du chauvinisme. L'histoire courte et intense, bien plus proche de la nouvelle que du roman, est un impitoyable compte à rebours et le chapitrage reflète bien cela : « la nuit », « l'aube », « la matinée », « l'escarmouche », « la bataille », « la charge », « la gloire ». Il s'agit donc d'un récit en temps réel, assez proche dans l'esprit du reportage ou du docu-fiction, qui n'est entrecoupé de quelques flashbacks que pour présenter les rêves et les espoirs de son personnage narrateur et la situation de l'Espagne sous la coupe de Napoléon.

Flandres et Italie au XVIe siècle, Espagne et Russie sous Napoléon, Verdun et Stalingrad durant les guerres mondiales, Irak et Afghanistan au début du XXIe siècle, Syrie et Libye parmi tant d'autres aujourd'hui… Plus les choses changent et plus elle reste les mêmes, et la guerre reste et restera toujours la guerre : boue, sang, merde, et rien de plus… Et ceux qui disent le contraire sont des menteurs, et rien de moins… (Saloperies de novlangue et de propagande qui ont failli nous faire croire aux mythes de « la guerre propre » et du « zéro mort » !)
Lien : http://www.portesdumultivers..
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beauscoop
  15 avril 2021
Deux hussards, liés d'une solide amitié, tout jeunes lieutenants, nous emmène à leur suite pour une bataille lors de la guerre d'Espagne en 1808. Bien que d'origine familiale très différente, l'un, Frédéric Glüntz est roturier, l'autre, Michel de Bourmont, aristocrate, ils ont construit des liens forts, les liant dans cette volonté de combattre et de sortir en héros. Au cours des avancées sur le terrain ils dialoguent et nous participons ainsi par leur entremise à l'exposé plutôt objectif de certaines positions de l'auteur sur la guerre d'Espagne et sur la guerre en général. Les descriptions des attaques générales et combats singuliers sont d'une horrible atrocité, reflétant avec réalisme pur les atrocités de la guerre. L'auteur a des expériences en la matière ayant été reporter de guerre dans plusieurs grands conflits récents. Un roman magnifiquement bien écrit, plaisant à lire.
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umezzu
  27 décembre 2018
Premier livre de Arturo Perez-Reverte, publié en français avec des années de retard, après le succès du Club Dumas et des livres suivants, le Hussard est un récit où l'auteur concilie son amour de l'histoire, période napoléonienne, et son estime pour le sursaut nationaliste espagnol qui accompagna la conquête française. Perez-Reverte utilise son expérience de reporter de guerre pour imaginer quel pouvait être le quotidien d'un simple hussard français lancé en 1808 en Andalousie dans des batailles qui le dépassent, mais qui sont aussi l'occasion de quitter son statut pour gagner le corps de officiers.
Le souffle de la Révolution souffle encore. Tout semble possible. Mais les Espagnols n'entendent pas se faire dicter sa loi par l'empereur français.
Un bon Perez-Reverte, ambitieux, mais moins alerte toutefois que les suivants.
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Apoapo
  12 février 2016

Ce premier roman de Pérez-Reverte (1983 republié en 2004) ne ressemble pas aux suivants, thrillers historiques (pour la plupart) à suspense endiablé et trame compliquée ; il se ressent probablement de l'expérience de reporter de guerre de l'auteur.
Au cours de la campagne d'Espagne napoléonienne de 1808, est narrée la métamorphose des sentiments guerriers d'un très jeune officier des Hussards alsacien, Frédéric Glüntz, dans une durée d'environ un trentaine d'heures s'écoulant entre la veille d'une bataille en Andalousie et l'aube du lendemain de celle-ci. La veille, le jeune officier rêve de gloire, viatique d'une ascension sociale pouvant le faire se rapprocher de son ami Michel de Bourmont qui rêve à son tour d'un héroïsme seul sauf-conduit valant pour faire passer son nom à particule dans ces temps troubles. Les deux se sentent aussi les ambassadeurs des idées nouvelles de la Révolution, dans ce pays asphyxié par le cléricalisme arriéré et par une monarchie dégénérée, légitimés par le génie napoléonien.
La description de la bataille, menée avec la minutie d'un chroniqueur, prend plus de la moitié du livre. La déroute du soldat, qui ignore même le résultat de celle-là, le conduit, après un véritable "voyage au bout de la nuit", à repenser la duperie militariste sous un jour complètement opposé. Non sans ironie et intelligence, le chapitre où s'opère ce revirement s'intitule "La gloire".
Ce qui est le plus remarquable dans ce roman, c'est la capacité de l'auteur de se plonger dans le quotidien matériel de l'époque et de s'identifier dans l'esprit de celui qui demeure, pour lui, Espagnol, le soldat envahisseur. (On sent bien que pour les Espagnols, encore aujourd'hui, Napoléon représente un peu l'équivalent d'Hitler pour nous. Et ont-ils tort...?) Par moments, il sait même s'amuser à jongler entre les deux représentations contradictoires des ennemis, notamment dans la belle description de l'hospitalité que le héros avait reçue du vieux noble "afrancesado", don Alvaro de Vigal, qui s'exprime ici sur l'évidence d'une victoire française :
"[...] Je crois que vous ne la gagnerez pas, messieurs, et celui qui vous dit cela est un vieil homme qui admire la France, qui n'est plus en âge de soutenir ses propos sur un champ de bataille et qui, malgré cela, sommé de choisir, dégainerait son épée trop longtemps restée au fourreau pour combattre aux côtés de ces paysans incultes et fanatiques ; pour se battre, même, contre les idées que, tout au long de sa vie, il a ardemment défendues. [...]" (p. 122).
Un bel exercice de mise en perspective de soi à travers l'autre.
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Lazare404
  31 mars 2019
Espagne, 1808. Frédéric Glüntz, dix-neuf ans est affecté comme sous-lieutenant au 4ème régiment de hussards. Il rêve de participer à une bataille, à une charge ou il pourra avec ses orgueilleux frères d'armes triompher des Espagnols, pour la France, pour l'Empereur, pour la Gloire.
Mais il va apprendre à ses dépends que la réalité est bien différente.
C'est un roman dur, qui montre la camaraderie entre les soldats mais aussi la réalité des combats avec le sang, la boue, la mort.
On suit le parcours de Frédéric dans les heures qui précédent sa première bataille et ses faits d'armes pendant le combat. Il est très attachant, jeune, naif avec ses idéaux ses idées préconçues et des rêves et des espoirs plein la tête.
Le récit est court, un peu moins de deux cents pages, mais très immersif et pendant toute la durée de l'intrigue on est plongé au sein du 4° hussards dans la tête de Frédéric qui exprime ses questionnements et ses doutes sur la guerre, discute avec Michel de Bourmont son ami et compagnon d'armes.
C'est un roman intense également ou se succedent tout une palette d'émotion qui vont de la fierté à la terreur en passant par la haine, un roman puissant dans sa conclusion qui exprime une véritable pensée antimilitariste et qui relate une guerre sale ou les deux camps commettent des atrocités et ou la victoire, l'honneur et la gloire ne sont que des mots.

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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
beauscoopbeauscoop   15 avril 2021
un noble espagnol Don Alvaro: "Bien qu’appartenant lui-même à la vieille noblesse, il n’avait manifesté aucune réticence à admettre que les maisons royales européennes, y compris celle d’Espagne, étaient dans un tel état de décadence que seule l’influence des idées nouvelles dont la France était le champion pouvait revitaliser le tronc pourri des nations."
Commenter  J’apprécie          90
beauscoopbeauscoop   14 avril 2021
"Michel de Bourmont, l'aristo, s'adressant au roturier Frédéric" :
- Tout hussard qui se respecte doit savoir reconnaître immédiatement un bon cheval, un bon vin, un bon cigare et une jolie femme.
— Dans cet ordre-là ?
— Dans cet ordre-là. Ce genre de subtilités dans l’appréciation est ce qui différencie un officier de cavalerie d’un de ces tristes soldats qui vont à pied, de la gadoue plein les bottes, et se battent au ras du sol, comme des paysans.
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AlfaricAlfaric   10 novembre 2016
Frédéric savait que depuis des temps immémoriaux l’homme s’était battu contre ses semblables pour des raisons souvent matérielles et immédiates : la nourriture, les femmes, la haine, l’amour, la richesse, le pouvoir… Ou même simplement parce qu’on le lui commandait, et, fait étrange, la peur des punitions se superposait fréquemment à la peur de la mort qui pouvait le guetter dans la guerre. À maintes reprises, il s’était demandé pourquoi des soldats aux sentiments grossiers, peu enclins aux motivations d’ordre spirituel, ne désertaient pas en plus grand nombre ou ne refusaient pas de faire leur service quand ils étaient appelés. Pour un paysan qui ne voyait pas plus loin que sa petite terre, sa chaumière ou la nourriture indispensable à la survie de sa famille, partir pour des pays lointains défendre des monarques tout aussi lointains devait représenter une entreprise stérile, absurde, dans laquelle il n’avait rien à gagner et beaucoup à perdre, y compris son bien le plus précieux : la vie.
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AlfaricAlfaric   01 novembre 2016
Frédéric tenta de se mettre à la place de ces hommes qui parcouraient l’Europe à pied, dans la boue jusqu’aux chevilles ou sous le soleil impitoyable d’Espagne : une infanterie aux semelles trouées et aux mollets durcis par les marches harassantes et interminables. Pour eux, l’officier de hussards qui n’abîmait pas ses bottes et se déplaçait sur le dos d’un beau cheval, vêtu de l’élégant uniforme d’un prestigieux régiment, constituait à coup sûr un contraste irritant avec leur triste condition de chair à canon informe et anonyme, mal habillée et plus mal nourrie encore, constamment houspillée par les aboiements de sergents hargneux. Et c’étaient eux, les fantassins du 8e léger, qui devaient faire le plus dur, pour qu’ensuite, le gros du travail terminé, les brillants hussards arrivent sur leurs chevaux et distribuent çà et là quelques coups de sabre en poursuivant l’ennemi que d’autres avaient mis en fuite et en se réservant la plus grande part de gloire. Le monde était mal fait, et l’armée française plus mal faite encore.
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AlfaricAlfaric   09 novembre 2016
J’ai découvert que la guerre, c’est un peu d’action et beaucoup, beaucoup trop d’attente. On te fait lever avant le jour, on te promène en long et en large, on te conduit sur un champ de bataille sans que tu puisses comprendre qui est en train de gagner ou de perdre… Il y a des escarmouches, tu t’ennuies, tu es fatigué. Mais personne ne peut te garantir que, quand tout aura été terminé, ta contribution au résultat final aura eu quelque valeur. Il y a même des tas de soldats qui assistent à une bataille sans tirer un seul coup de feu, sans donner un seul coup de sabre.
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Ce mois-ci, on s'est intéressés aux couvertures de livres, et surtout, à ce qui fait qu'un livre peut d'abord nous attirer à travers sa couverture. En début de vidéo, Pierre et Nicolas reviennent sur une étude Babelio sur le livre en tant qu'objet, et vous proposent quelques exemples de livres dont ils ont particulièrement apprécié les couvertures dernièrement. le reportage suit cette idée, avec le témoignage d'un libraire et de trois lectrices, qui nous expliquent leur rapport aux couvertures des livres qu'elles lisent et achètent.
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