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François Maspero (Traducteur)
ISBN : 2757815148
Éditeur : Points (15/10/2009)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Le 2 mai 1808, le soulèvement populaire de Madrid contre les troupes napoléoniennes marque le début d'une guerre qui va durer six ans.
Ce récit n'est ni une fiction ni un essai mais la relation minutieuse, heure par heure, des événements vécus par tous les protagonistes de cette journée historique. Soldats, artisans des quartiers de La Paloma, de Lavapiés, du Rastro, hommes, femmes et enfants armés d'escopettes, de ciseaux, de couteaux de cuisine, de haches, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
cmpf
  10 novembre 2017

Tout le monde connaît la toile de Goya El tres de Mayo, il a un pendant un peu moins connu El dos de Mayo. (Il y aurait eu en fait une série de quatre peintures dont deux auraient disparu).
C'est ce “jour de colère” du peuple de Madrid le 2 mai 1808 contre les troupes françaises que Perez Reverte raconte dans ce livre d'un peu moins de 400 pages.
Avant de me plonger dedans j'ai dû me documenter n'étant familière ni de l'épopée napoléonienne ni de l'histoire de l'Espagne. Merci Wikipédia et Entertainment Education Web TV.
L'auteur estime puisqu'il a ajouté un peu de liant qu'il s'agit d'un roman mais il faut reconnaître que pour le lecteur c'est plutôt un compte rendu. J'imagine que pour le lecteur espagnol ou d'origine espagnol dont un ancêtre a un tant soit peu participé aux actions et dont l'histoire a retenu le nom, ce livre est un vrai cadeau. Car à chaque fois qu'il le peut, Perez Reverte est très précis, âge, profession, situation familiale et parfois même tenue sont indiqués avec les actes. L'intérêt est le même pour les descendants des soldats français. Et pour tout connaisseur de la ville de Madrid il est facile de suivre les évènements. Pour les autres il faut reconnaître que cela peut paraître un peu fastidieux. Mais est ce à cause de la plume de l'auteur je n'ai pas lâché.
L'un des drames de ce jour c'est que les soldats espagnols ont été privés de munitions et cantonnés dans leurs casernes. Mais qu'à cela ne tienne pour le peuple, hommes se battent avec leurs navajas, et à défaut à coup de gourdins, de pierres, les femmes lorsqu'elles ne sont pas dans la rue à côté des hommes, lancent des projectiles depuis les fenêtres. Même des enfants participent, ravitaillant les combattants en munitions. Outre les morts dans les affrontements, il y aura beaucoup de fusillés. Murat qui commande les troupes napoléoniennes sera féroce. (Sans aucun bénéfice puisque la couronne lui passera sous le nez.)
C'est, dit l'Histoire, la première guérilla.
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Ys
  01 juillet 2012
Arturo Pérez Reverte, dont j'avais lu avec grand plaisir quelques romans à énigme, est en train de devenir un de mes auteurs favoris pour ses romans historiques. Après Cadix, ou la diagonale du fou, par quoi tout a commencé, et le Hussard, nouveau coup de coeur pour Un Jour de colère.
Celui-là est à peine un roman : plutôt une remise en forme, par la plume du romancier, de documents, d'archives et de récits divers qui retracent, heure par heure, rue par rue, le soulèvement madrilène du 2 mai 1808.
A cette époque, l'Espagne est encore plus ou moins officiellement alliée de la France, dans la guerre contre le Portugal et l'Angleterre. Mais son gouvernement n'est plus que décrépitude avancée : l'ancien roi a été détrôné par son fils Ferdinand, lui-même retenu par Napoléon à Bayonne et errant de compromis en hésitations, pendant que le représente une Junte faiblarde sans nouvelles de sa part. Depuis le mois de mars, Murat occupe Madrid et ses troupes se comportent de plus en plus comme en terrain conquis.
La tension monte, les haines s'exacerbent et il ne faut que quelques rumeurs – l'infante Marie Louise vient de partir pour la France, on s'apprête à enlever son jeune frère, l'infant Don Francisco de Paula, l'un des derniers représentants de la famille royale en Espagne – pour que tout explose. Au nom du roi, au nom de Dieu et, surtout, de l'honneur de l'Espagne. Des français surpris dans les rues sont traqués, tués. Les impériaux ripostent par la force, et en quelques heures tout dégénère dans une explosion de folie sanguinaire...
Un jour de colère restitue de manière très intéressante cet engrenage fatal, qui d'une tension fait une émeute, d'une émeute une insurrection et d'une insurrection un massacre - lequel débouchera ensuite sur une guerre en bonne et due forme. Mais surtout, il restitue des noms derrière ces faits historiques, et des individus derrière ces noms, les plus humbles comme les plus glorieux, ceux qui ne subsistent plus que dans des archives comme ceux à qui des monuments sont aujourd'hui dressés.
Ces noms, ces individus, il y en a beaucoup trop pour qu'on puisse s'attacher à tous, ou même s'en souvenir. Mais certains surnagent dans le flot, réapparaissent, s'imposent.
Blas Molina, serrurier fanatiquement attaché à la monarchie, par qui la foule se déchaîne.
Leandro Fernandez de Moratin, auteur de théâtre réputé, sans réelle opinion politique, ami des français, qui tout le jour tremble pour sa vie.
Le Marquis de Malpica, qui se joint au peuple et tente de donner une organisation militaire au soulèvement.
Francisco Huertas de Vallejo, jeune homme de bonne famille venu en spectateur, qui n'a pu résister à la tentation de défendre la patrie et se retrouve plongé dans l'horreur.
Luis Daoiz y Torres, capitaine d'artillerie placide et pondéré, qui ne supportera pas de voir massacrer le peuple et sera l'un des rares officiers espagnols à intervenir, risquant sa carrière et sa vie sans même y croire.
Le capitaine Pedro Velarde son ami, impulsif et naïf, qui soutient depuis toujours l'idée d'un soulèvement militaire contre la France, et qui croira presque jusqu'au bout à une possible victoire.
Rafael de Arango, lieutenant d'artillerie entraîné bien malgré lui dans le chaos pour ne pas déroger à l'honneur militaire.
Ramona Garcia Sanchez, femme du peuple à la répartie fulgurante, qui servira les canons à leurs côtés...
… et bien d'autres.
Si le fil du récit s'éclate en de multiples histoires, anecdotes et combats, son point culminant reste la défense du parc d'artillerie de Monteleon, commandée par le capitaine Daoiz. Un épisode qui porte la marque des grandes tragédies : une fatalité sinistre, et un héroïsme absolu. Là, pour l'honneur, un officier désobéit aux ordres, décide de donner des armes au peuple et organise la défense contre les français. Là, dans un bâtiment indéfendable, une poignée de militaires et quelques centaines de civils s'unissent, et parviennent à tenir en échec plusieurs attaques de la plus puissante armée d'Europe. Là, des familles entières – mari, femme, enfants – servent les canons jusqu'à la mort et refusent de plier, même lorsqu'un drapeau blanc s'élève pour mettre fin au massacre.
Là, par ces irréductibles, sera signée la condamnation d'une partie de la population madrilène, livrée ensuite à une répression aveugle et féroce, à la mesure de l'exploit.
Au résultat est un récit poignant, face auquel le lecteur se retrouve partagé entre l'évidence d'une absurdité, l'horreur stupide de la violence, et l'immense pouvoir de fascination de cette même violence qui, poussée ainsi à l'extrême, ornée de quelques grands mots trop puissants pour être vraiment vides, renvoie au néant tous les arguments de la raison et devient, à sa manière, admirable.
Un récit qui, par le travail de recherche et de mise en forme qu'il a nécessité, par l'émotion qu'il suscite, est une très belle oeuvre d'historien autant que de romancier. Ou vice versa.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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Belem
  20 février 2013
Le 2 mai 1808, le soulèvement populaire de Madrid contre les troupes napoléoniennes marque le début d'une guerre qui va durer six ans. Ce récit n'est ni une fiction ni un essai mais la relation minutieuse, heure par heure, des évènements vécus par tous les protagonistes de cette journée historique. Soldats, artisans des quartiers de la Paloma, de Lavapiés, du Rastro, hommes, femmes et enfants armés d'escopettes, de ciseaux, de couteaux de cuisine, de haches, de houes, de burins, s'insurgent contre l'occupant et affrontent sauvagement la plus puissante armée du monde.
Le véritable héros du roman est le peuple de Madrid. Arturo Pérez-Reverte ne parle pas d'une foule anonyme, mais donne le prénom et le nom de chacun des protagonistes, leur métier, éventuellement leur âge et une situation familiale.
Ce que montre aussi l'auteur, c'est l'incompréhension ou le mépris entre les classes sociales, entre le peuple madrilène et la noblesse, le clergé, les militaires, ou les élites. Et il n'y a pas : les bons d'un côté, les mauvais de l'autre. Tout n'est pas rose du côté du peuple non plus.
Pour celui-ci, la présence de cette armée étrangère, l'armée impériale napoléonienne, est inacceptable, et il faut la combattre coûte que coûte. Ceux-là, qui n'ont que leurs couteaux à opposer aux fusils français, ont des motivations xénophobes, anti-françaises, et se battent souvent aux cris de « Vive le Roi Ferdinand », le monarque espagnol que veut évincer Napoléon.
Pour autant, cela démonte la fable que l'on entend encore parfois, selon laquelle les troupes de Napoléon contribuaient à « exporter » la Révolution française et ses idéaux dans les pays d'Europe conquis.
Le peuple de Madrid ne semble pas convaincu que ces troupes, qui pillent et se comportent avec arrogance, comme en territoire conquis, leur apporte les lumières de la connaissance, de la réflexion politique, de la liberté ou de la justice sociale, ou les aide à lutter contre la corruption.
Parmi les classes sociales plus riches, il y en a beaucoup qui sont aussi remontés que le peuple contre la présence française. Mais leur patriotisme ne va pas jusqu'à descendre dans la rue pour se battre ! (A part le cas notable de deux jeunes capitaines, qui vont tenir en échec les troupes impériales pendant quelques heures). Les esprits conservateurs craignent Napoléon, mais ils craignent encore plus... le peuple en arme ! L'attitude de l'église est à ce titre édifiante.
D'autres, plus libéraux, ne voient pas d'un mauvais oeil la présence des troupes napoléoniennes. Ceux-là ont compris que la Révolution en France a surtout profité aux bourgeois, que des libertés nouvelles sont apparues, comme la liberté de faire des affaires. Les entraves féodales d'une monarchie corrompue et d'un clergé tout-puissant, sont, en Espagne, un frein au développement de l'industrie, un frein pour les entrepreneurs...
En plus de son intérêt historique – car l'auteur, après d'abondantes recherches, a respecté les événements décrits dans les archives – ce livre n'est pas inutile, car il illustre une constante : les classes dominantes savent que, pour éviter une révolution sociale, il faut empêcher que le peuple puisse prendre des armes ; ou, s'il les a déjà, que la première étape au maintien de l'ordre social est de les lui reprendre.
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Taraxacum
  15 octobre 2013
Arturo Perez-Reverte est un auteur qui s'est hissé très vite dans mes romanciers fétiches. Pour ceux là, il y a toujours un petit instant trépidant quand on découvre un autre de leurs romans, une petite question: sera-t-il à la hauteur de ce qu'on attend de lui?
Encore une fois, je dois avouer avoir été conquise, peut-être même plus que pour d'autres romans précédents. Au point à vrai dire qu'il est difficile d'être bavarde sur le sujet, qu'il me vient plutôt l'envie de simplement le coller dans les mains de tous les lecteurs que je connais pour qu'ils puissent à leur tour simplement plonger dans cette oeuvre ...
Au tout début du mois de mai 1808 et dans Madrid occupée par les troupes napoléoniennes, l'auteur nous invite à suivre L Histoire, à mettre nos pas dans les pas des protagonistes, français et espagnol, militaires et civils, et à retracer avec lui l'engrenage sinistre d'une révolte, d'un bain de sang tragique où l'héroïsme et la lâcheté se côtoient. le format est très particulier: foultitude de personnages, multiplications des noms, des lieux, le lecteur très vite comprend qu'on ne lui demande pas ici de tout retenir, même si certains seront plus marquants que d'autres.
C'est toujours bien plus dur quand il s'agit de l'Histoire elle-même, chaque mort que l'auteur annonce a été une vie interrompue bien réelle et l'horreur sinistre de la guerre occupe tout le volume, portée par l'excellent travail de romancier que Perez-Reverte utilise pour susciter une émotion poignante. L'Histoire est cruelle et dure et c'est fascinant à lire, dérangeant, mais en tout cas toujours extraordinaire.
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Calliope2017
  10 juillet 2018
L'idée de ce livre est très intéressante : écrire tout un roman sur une seule journée, aussi célèbre que peu connue. En effet, tout le monde connaît le 2 mai 1808 grâce aux deux tableaux de Goya, mais qui sait réellement ce qu'il s'est passé ce jour-là ?
Concernant cet aspect, le roman d'Arturo Perez-Reverte est très bien fait. L'auteur change souvent de point de vue, allant du peuple aux nobles et de l'armée espagnole à celle de Napoléon, et nous livre ainsi l'ensemble de cette journée historique. On apprend ainsi beaucoup et de nombreux préjugés sont démentis. Contrairement à ce que laissent croire les oeuvres de Goya, le 2 mai n'a pas été seulement une rébellion héroïque du peuple madrilène contre les soldats français. L'armée espagnole a aussi participé, et on a assisté à une véritable guerre urbaine, qui a fait de très nombreuses victimes, du côté français comme espagnol. En outre, la répression violente de Murat a commencé le soir même, et non seulement le fameux "Tres de Mayo"...
L'auteur s'est beaucoup documenté pour ce livre, et cela se sent... parfois un peu trop. Comme je l'ai dit, il n'y a pas de personnage principal et Perez-Reverte s'intéresse sans cesse à un héros anonyme différent, mais était-il nécessaire de préciser à chaque fois le nom complet, l'âge, le métier et la rue ou la ville où habite chacun ? Lorsque l'armée napoléonienne tue plusieurs personnes d'un coup, il y a parfois des paragraphes entiers consacrés à l'identité de toutes les victimes ! Je comprends la volonté de rendre hommage à ces héros d'un jour oubliés, mais tout de même... C'est dommage car, ces lourdeurs mises à part, la plume de l'auteur est très belle et agréable.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
CornelioCornelio   18 mai 2019
Le répit dure peu. A peine passé le gros de la nouvelle charge française, tous, Máiquez compris, ressortent dans la rue, sur le pavé glissant de sang. José Antonio López Regidor, trente ans, reçoit une balle à bout portant juste au moment où , ayant réussi à se jucher sur la croupe du cheval d'un mamelouk, il lui plantait sou poignard dans le cœur. D'autres tombent aussi, et parmi eux Andréz Fernández y Suárez, comptable à la Compagnie royale de La Havanne, âgé de soixante-deux ans, Valerio García Lázaro, vingt et un ans, Juan Antonio Pérez Bohorques, vingt ans, palefrenier aux Gardes du Corps Royales, et Antonia Fayloa Fernández, une habitante de la rue de la Abada. Le noble du Guipúzcoa José Manuel de Barrenechea y Lapaza, de passage à Madrid, qui est sorti ce matin de son auberge en entendant le tumulte avec une canne-épée, deux pistolets de duel à la ceinture et six cigares de La Havanne dans une poche de sa redingote, reçoit un coup de sabre qui lui fend la clavicule gauche jusqu'à la poitrine. A quelques pas de là, au coin de l'hôtel des Postes et de la rue Carretas, les petits José de Cerro, dix ans, qui va pieds nus, et José Cristóbal García, douze ans, résistent à coups de pierres à un dragon de la Garde impériale avant de mourir sous son sabre. Pendant ce temps, le prêtre don Ignacio Hernández, épouvanté par tout ce qu'il voit, a ouvert le couteau qu'il portait dans sa poche. Les pans de sa soutane retroussés jusqu'à la taille, il bataille de pied ferme au milieu des chevaux, avec ses paroissiens de Fuencarral.
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CornelioCornelio   18 mai 2019
« Nous allons probablement devoir nous battre avec les Français », a-t-il-dit au peintre en parlant comme d'habitude très fort tout contre son oreille invalide, avant de repartir avec le sourire juvénile et héroïque de ses jeunes années, sans prêter attention aux objurations de Josepha Bayeu qui lui reprochait de prendre des risques sans tenir compte de l'inquiétude de sa famille.
– Tu as une mère, León.
– J'ai mon honneur, doña Josepha, et une patrie à défendre.
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CornelioCornelio   18 mai 2019
Le capitaine observe les femmes qui sont dans la cour, mêlées aux militaires et aux civils. Ce sont pour la plupart des parentes de soldats ou de civils armés : mères, épouses et filles, voisines qui sont venues pour accompagner leurs hommes. Sous la direction du caporal artilleur José Montaño, certaines, qui ont apporté des draps, des courtepointes et des nappes, les déchirent et entassent dans la cour une pile de charpie et de bandes en perspective du moment où les hommes commenceront à tomber. D'autres ouvrent des caisses de munitions, mettent des paquets de cartouches dans des cabas et des paniers d'osier, et les portent aux hommes qui prennent position dans les quartiers du parc ou dans la rue.
– Autre chose, Arango. Essayer d'évacuer ces femmes avant que les Français n'arrivent… Ce n'est point un endroit pour elles. Le lieutenant pousse un profond soupir.
– J'ai déjà essayé, mon capitaine. Elle m'ont ri au nez.
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CornelioCornelio   18 mai 2019
– Je vous dis de vous en aller, insiste Daoiz avec raideur. C'est trop dangereux de rester à découvert.
La figure salie par la fumée de la poudre, la fille se noue un foulard autour de la tête pour rassembler ses cheveux et esquisse un sourire. Daoiz observe que la sueur met des taches sombres à sa chemise et ses aisselles.
– Tant que vous resterez ici, mon général, Ramona García ne vous lâchera pas Comme dit une cousine à moi qui n'est pas mariée, un homme, ça se suit jusqu'à l'autel, et un homme courageux jusqu'à la fin du monde.
– Elle dit vraiment ça, votre cousine ?
– Juré craché, cœur de ma vie.
Et en remettant un peu d'ordre dans sa mise devant les sourires fatigués des artilleurs et des civils, Ramona García Sánchez chante à voix basse au capitaine deux ou trois mesures d'une "copla".
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GrouchoGroucho   23 septembre 2018
Quoi qu'il en soit, convaincue de son impuissance, la Junte militaire qui, nominalement, gouverne encore l'Espagne en ce matin du lundi 2 mai a pris, passant outre l'avis de ses membres les plus pusillanimes, une décision qui manifeste un certain courage et sauve pour l'Histoire quelques bribes de son honneur. En même temps qu'elle cède devant l'ultimatum du grand-duc de Berg, exigeant le transfert à Bayonne des derniers membres de la famille royale espagnole, et qu'elle donne l'ordre aux troupes de demeurer dans leurs casernes sans leur permettre de "se joindre à la population," elle institue, sur proposition du ministre de la Marine, une nouvelle Junte en dehors de Madrid, en prévision du cas, ou l'actuelle "se trouverait privée de liberté dans l'exercice de ses fonctions." Et cette Junte, composée exclusivement de militaires reçoit tous pouvoirs pour s'établir librement là où cela lui possible, en précisant toutefois que le lieu de réunion recommandé est une ville espagnole encore libre de troupes française : Saragosse.
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Vidéo de Arturo Pérez-Reverte
Bande annonce du film Cachito (1995), adaptation de la nouvelle d'Arturo Pérez-Reverte, paru en français sous le titre Une affaire d'honneur
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