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EAN : 9782350213231
180 pages
Éditeur : Naïve (30/11/-1)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Un Parisien d’une quarantaine d’années, fasciné par les livres et l’Argentine mais n’ayant jamais écrit ni voyagé, s’embarque sur un vol pour Buenos Aires en vue d’y faire la connaissance d’un libraire. En plein milieu de l’Océan, le Boeing 747, pris dans une tempête, risque le crash. Devant l’imminence de sa fin, le narrateur se laisse enfin emporter par sa voix intérieure et invente cette Buenos Aires qu’il ne connaîtra pas, dans un hommage littéraire aux écrivai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
nilebeh
  11 février 2015
Le livre commence comme un film-catastrophe, un de ces scénarios où l'on est pris, avec les passagers, dans une zone de turbulences aériennes, personnel au sourire figé et ficelé sur son siège, passagers qui pleurent, prient ou se taisent. Et ceux qui, comme le narrateur, revoient en un clin d'oeil, leur vie, leurs déboires, leurs espoirs. L'avion va se crasher dans l'Atlantique, c'est sûr !
Notre narrateur est un homme banal, qui vit une vie banale entre amourettes et travail . Il est féru de lecture mais n'écrit pas au grand regret de sa mère.
Que fait-il dans cet avion, lui les a en horreur ?
« Si chacun suivait le précepte de Pascal et restait enfermé dans sa chambre,la sagesse règnerait sur le monde mais il n'y aurait plus de monde. »
Le voilà donc qui imagine, la chute, la mort, même son corps devenu puzzle/ « Dire qu'on ne retrouvera pas mon cadavre...[...] C'est à cela que servent les pierres tombales, à rassurer les vivants qu'ils n'ont pas été les témoins et les acteurs d'une existence illusoire ».
Méditation sur la mort, (on apprend qu'elle se dit « smrt » en russe, comme un truc qu'on recrache) sur le temps qui »passe à la vitesse d'un TGV à l'échelle de l'éternité ou au rythme d'un tortillard à celle de l'ennui. », méditation sur les écrivains argentins (Cortazar, Borges, Frozan), sur les voyages, sur ce maté qu'on boit à Paris par pose et qu'il vaut mieux découvrir à Buenos Aires, sur l'histoire de l'Argentine, etc... le narrateur, comme pour exorciser sa peur, se raconte tous les possibles qu'il n'a pas vécus au terme de ce voyage fatal, il s'invente des compagnons de voyage tel ce vieux barbu qui, ayant voulu nouer conversation avec lui et laissé pour compte, aurait chanté un vieil air hébreu ; ou ce libraire, Ignacio, personnage réel celui-là, avec qui il a correspondu par mail et lui aurait donné l'envie de faire ce voyage ; les hommes se mêlent et se confondent, une histoire sourd de cette rencontre fictive, une sorte de roman réel-imaginaire s'écrit ou plutôt se parle car notre narrateur ne se reconnaît pas le talent de l'écrivain.
Fantaisie, poésie, méditation sur l'histoire si douloureuse et contrastée de l'Argentine, évocation des écrivains de ce pays : je finis par m'ennuyer ferme malgré tout cela. L'écriture jaillit en continu, sans guère de respiration, dans un style enveloppant, je ressens la confusion mentale du voyageur et, au bout d'un long moment (113 pages quand même sur 180), je quitte l'avion, comme le vieux qui chante, et je vais jeter un rapide coup d'oeil sur les dernières pages : même pas étonnée !
Est-ce parce que le Boeing de la Malaisya Airlines s'est crashé dans la mer il y a trois semaines et qu'on ne retrouve toujours pas de traces ? Ou bien parce que je décolle pour Boston dans trois jours ? Décidément, je n'accroche pas !
La jeune fille assassinée serait le « symbole de l'Argentine assassinée. Elle serait à la fois la jeunesse citadine et blanche des années 1970, la population ouvrière émigrée du sud de l'Europe au début du XXième siècle,et les tribus indiennes massacrées quelques décennies plus tôt. »
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muse2805
  19 juillet 2013
Reçu par le biais de l'opération Masse Critique, quelle agréable surprise que ce roman qui sort fin août 2013. En plus de me sentir privilégiée par cette avant-première, j'ai découvert un livre de très belle facture. J'adore l'Argentine, et comme le héros je rêve d'y aller depuis toujours, je me trouvais donc dans d'idéales conditions pour déguster ce roman.
L'histoire d'un homme somme toute prudent, dans son métier, dans sa vie, et qui a appris à s'en satisfaire. Il est rewriter, histoire de ne pas prendre ses propres risques. Il aime ses parents, tendrement, ce qui lui permet de ne pas se poser de question sur ces routiniers repas dominicaux. Il a toujours refusé d'écrire, avec ses mots à lui, non pas par manque d'histoires en gestation, mais parce qu'il les vit, en pensées et les laisse s'envoler ; aucune n'a encore réussi se rendre nécessaire en mots posés. Il s'en satisfait. Vraiment ?
De toutes façons, maintenant il est trop tard, il va mourir, l'avion dans lequel il se trouve va s'écraser ; il a mis 40 ans pourtant à se décider à entreprendre le voyage de sa vie vers l'Argentine de ses rêves.
Il est dans un avion lui-même pris dans une tempête pour le voyage qu'enfin il a osé. En vue d'un crash imminent on pourrait s'attendre au roman d'un homme désespéré mais le ton est calme pourtant, sans être dans l'acceptation d'un sort irrémédiable. Dans ce temps imparti, le héros s'offre un bilan existentiel, agrémenté des pensées de ce qu'il aurait pu vivre si... comme il l'a toujours fait, il pense ce qu'il aurait pu écrire.
Les protagonistes de ce roman sont : un avion dans la tempête, un chant de vieil homme, un libraire, l'Argentine et la littérature, il ne cite pas moins d'une trentaine de livres, écrits par d'autres évidemment.
C'est un roman sur ce qui n'est pas : La vie qu'il n'a pas vécu, la ville qu'il n'a pas connu, l'avion qui n'atterrira pas, le vieux monsieur au chant qui a disparu, l'écrivain qu'il n'est pas ;c'est aussi un roman de ce qui aurait pu être.
J'ai pris le temps de lire ce roman, alors que l'intrigue se déroule en peu de temps au final -le temps d'avant le crash- plus de temps que le voyage en lui-même, à ma façon peut-être souhaitais-je que le temps aussi suspende son vol. C'est un roman subtil, protéiforme, les mises en abyme sont nombreuses, que de romans en cet ouvrage ! Comme je l'ai apprécié !
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EvlyneLeraut
  08 août 2014
Un Roman Argentin
Gilles D. Perez.
Edition Naïve Livres
Attention !!! Ne pas lire ce livre si vous devez prendre le VOL A456 d'Aerolinéas Argentinas s'envolant vers Buenos Aires !!!!!
L'histoire d'un homme, narrateur crispé sur son siège qui conte sa vie en filigrane durant tout l'envol tragique, colérique, incertain, à l'issue douteuse vers l'Argentine.
Que va-t-il se passer ? le lecteur ne le saura qu'au point final. L'introspection de cet homme, sublimée par le contexte emporte le lecteur vers la voie haute de la littérature. Superbement écrit, le style achevé et maîtrisé, nous voici passagers de son destin. Cet homme doué, intellectuel, brillant, cultivé, s'auto-analyse dans un langage de turbulences. Les auteurs cités, attachés à leur siège l'accompagnent. Les mots tourbillonnent, typhon de regrets, de compassion, de fulgurante analyse littéraire. Un récit existentialiste au possible, puissant, qui tient le lecteur en haleine à vitesse folle. Gilles D.Perez se raconte, et les liens qui le retiennent dans l'enfer de l'enferment dans le VOL A456 cèderont ou pas……
Ce livre si lit les pieds sur la terre ferme. Ne pas prendre le risque de le lire entre ciel et terre. Et surtout si vous devez prendre le VOL A456 d'Aerolinéas Argentinas !!!!!!!Vers Buenos Aires !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Même si je pense que l'auteur a écrit ce livre dans cet avion !!!! Ou bien a-t-il été victime d'incidents durant ses nombreux voyages en avion. Nous ne le saurons jamais.
Voici un récit captivant, magnifique, qui file dans le ciel entre éclairs et plénitude, entre chants littéraires, et journal intime.
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Maphil
  03 juillet 2013
Livre Masse critique. J'ai tout d'abord été séduite par l'aspect extérieur du livre, ensuite par l'exergue : une citation de Rodrigo Fresan (La Vitesse des choses) puis enfin par les touches d'humour, le style fluide et simple. Deux personnages principaux dans ce roman : un homme d'une quarantaine d'années et La Littérature.
L'homme, a décidé de réaliser son rêve et de se rendre en Argentine. Mais l'avion qui l'emmène est pris dans de fortes turbulences et risque à tous moments de sombrer dans l'océan.
La Littérature est présente dans la vie de cet homme, tout d'abord par son emploi (il est correcteur et rewriter de manuscrits), dans ses ambitions (il rêve d'écrire un roman), dans le but de son voyage (il doit rencontrer un célèbre libraire argentin), dans sa passion pour la lecture en général, pour les écrivains argentins... L'importance de la littérature est telle pour lui qu'il n'imagine pas la mort sans sa présence...
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keisha
  21 octobre 2013

Un roman argentin s'est révélé, comme espéré, inclassable.
Inclassable et à découvrir, oui, mais comme souvent dans ce cas, difficile à expliquer ce qui fait le charme dudit livre...
A quarante ans, le narrateur (auteur?) se décide à partir en vacances à Buenos Aires, laissant à paris une vie calme de lecteurs de manuscrits et rewriter et son chat Crébillon, refusant la tentation de devenir écrivain médiocre, craint-il, passant les dimanches soirs chez ses parents (blanquette ou gigot), ne laissant pas les femmes s'attarder dans sa vie. En vol l'avion est pris dans un cyclone, tous les passagers craignent le pire.
Ses pensées volent, il imagine ses parents en deuil, pense à des lectures passées, croit qu'un passager a disparu : Meurtre ordinaire dans un avion, est-ce possible? Pas moyen de se lever pour vérifier. Revenant périodiquement dans l'avion, il imagine, il voyage en Argentine, rencontre un vieil indien. A Buenos Aires il fait connaissance du libraire qu'il est venu rencontrer, nommé Ignacio Sereno Parodi (comme chez Borges et Casares), qui lui raconte son histoire, l'on en apprend sur la vie des fantômes, des idées de romans surgissent...
Finalement, si on regarde froidement les choses, le narrateur passe quelques heures dans un avion en perdition,voilà tout. Mais le tour de force est d'entraîner le lecteur de façon fluide et naturelle dans ses élucubrations, dans des voyages et des histoires auxquels l'on croit, le ramener dans l'avion, le laisser repartir. L'on croise des auteurs, des poètes, l'on suit discussions, argumentations, hypothèses.
Un roman absolument captivant, jubilatoire, parfaitement maîtrisé. N'hésitez pas à grimper dans le vol A456 d'Aerolinas Argentinas et attachez vos ceintures, risques de turbulences...
En exergue une citation de Rodrigo Fresan tirée de la vitesse des choses (+1 pour la LAL)
"Les partisans du roman diront qu'une vie n'est rien d'autre qu'une longue narration dont le titre est le nom de son protagoniste. Des romans qui croisent d'autres romans, et dont les personnages, pour nous secondaires, sont les héros de sagas que nous ne lirons jamais. C'est possible... Mais" ...(je coupe ici)
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
MaphilMaphil   03 juillet 2013
comment un libraire n'aimerait-il pas les histoires? me demande Ignacio, avant d'ajouter : On les aime tant qu'on en est les gardiens, on les archive, on les classe, on les distribue, souvent contre notre pitance, parfois contre rien, contre rien d'autre, je veux dire, que la gratitude des lecteurs. C'est quoi une librairie? Un endroit où les histoires ont élu domicile, la poste restante de toutes les histoires, la poste restante de tous les mondes qu'elles déplient, le tombeau ouvert de toutes les imaginations, qui revivent dès lors qu'on les feuillette...
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brouillardbrouillard   25 juillet 2013
Mais je ne pourrai pas faire la connaissance de cet homme qui n'a jamais quitté la calle Corrientes depuis soixante ans. Je ne pourrai psa, contre quelques bribes de sa délicieuse érudition, lui offrir la joie d'une conversation en français. Je ne pourrai pas non plus écumer toutes les librairies de la calle Corrientes à la recherche d'enu éditon originale de Los siete locos. moi, je ne peux pas, mais le personnage de Meurtre ordinaire dans un avion, si. Pour quelque temps encore. Il m'est hélas, parfaitement contemporain. Il ne me survivra pas une minute. il n'aura aucune postérité. Ni lui, ni aucun de tous les autres que j'ai imaginés et qui vont tous se noyer avec moi. Ma disparition sera le tombeau de tous les romans que je n'ai pas écrits. Tant pis. Je ne suis pas insensible à la beauté du gaspillage. S'il en reste quelque chose, ce serait forcément moins bien. Perd-on plus à graver qu'à laisser fuir ? Ce n'est pas le moment de se poser une question aussi grave. C'est trop tard et la réponse n'a plus aucune utilité. La vraie réponse c'est la vie que j'ai menée. Une vie qui n'a rien gravé. Une vie qui s'est volontairement absentée de l'écriture. J'attendais une espèce de déclic. Un déclic sous la forme d'un manque si douloureux que suspendre encore mon désir eût été comme m'arrêter de vivre. J'attendais le moment où, sans écriture, ma vie deviendrait impossible, ou du moins insupportable. Mais le déclic n'a pas eu lieu. Le manque décisif que j'espérais ne s'est pas fait sentir. J'en suis resté au niveau de mes frustrations ordinaires.
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AliceWAliceW   30 septembre 2013
J’ai envie de croire au pouvoir des histoires. J’abandonne un instant encore le voyageur errant au seuil de la librairie, un pied l’intérieur, l’autre sur le trottoir de la calle Corrientes. Il est possible que les histoires puissent quelque chose contre les zones de turbulences. Si j’étais le héros d’un conte, ce serait bien sûr plus facile. La parole peut tenir le meurtrier à sa merci et suspendre son geste mille et une nuits durant. La mienne ne pourra rien contre le cyclone qui s’acharne sur le Boeing d’Aerolineas. Qu’importe, tant que je raconterai quelque chose, la mort sera éloignée. Elle aura le dernier mot. Mais ce n’est pas une raison pour se taire.
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muse2805muse2805   19 juillet 2013
Je préfère observer ce qui se passe autour de moi, en restant à l'écart, comme je l'ai toujours fait. Rester à l'écart -si jamais formule pouvait résumer ma manière d'être, ce serait bien celle-là. Elle a la vérité d'une épitaphe: à l'écart,comme toujours. Se tenir en retrait et observer,c'est la seule chose dont j'ai été capable avec persévérance, comme maintenant.
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MaphilMaphil   03 juillet 2013
la vie n'est pas si pleine qu'elle le paraissait quand on était gosse. La déception est d'abord confuse puis, très vite, évidente. Parfois, on ne s'y fait jamais. Heureusement, il y a les livres. C'est l'amour de la vie qui conduit aux livres.
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