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EAN : 9782259278720
Éditeur : Plon (09/01/2020)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 21 notes)
Résumé :
« Tout le monde m’appelle Jo. Mon frère, ma sœur, mon oncle, ma tante.
Je déteste.
Jo, c’est un raccourci pour ne pas flâner en chemin, c’est le dernier des frères Dalton, un boxeur, une peluche, un chien, mais ce n’est pas Georgia.
Pour aller vite, ma mère aussi m’appelle Jo. Georgia c’est trop long à dire, et il y aurait tant à dire.
" Jo, mets ta chemise ! Tu es très jolie avec."
Ça aussi je déteste.
Si j’ava... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  20 janvier 2020
Il suffit d'une étincelle pour allumer un feu, d'une seule goutte pour faire déborder un vase. Pour Georgia, ce sera au décès de sa mère. L'enfance de ses huit ans lui claque en pleine figure. Georgia, on l'appelle Jo ce qui l'énerve, Jo c'est le nom d'un chien, Georgia on lui demande d'être polie, Georgia on lui parle pour dire quoi faire ou ne pas faire. Mais l'amour, les sentiments, elle ne connaît pas Georgia. A ses huit ans, un drame est survenu et sa vie a volé en éclats. Parce que Georgia, c'était une très jolie petite fille. Je ne veux pas être jolie. C'est tout ce qu'elle aimerait. Une petite fille, jolie, innocente, naïve, gentille sans protection de deux parents aimants, c'est jeter un chaton aux fauves affamés.
Fabienne Perineau dénude la politesse dans ce roman, elle balance la souffrance d'une gamine parce que les adultes ça se tait pour faire bonne figure. Parce que la famille c'est important. Tellement important que les priorités ne sont plus au bon endroit. On sourit pour faire bonne figure mais pour Georgia, c'en est trop.
Les souvenirs dégoulinent, avec eux, la honte, l'incompréhension, le désir d'être entendue. La mère est morte. Ne reste plus qu'un frère et une soeur. Mais Georgia, tu es grande, c'était il y a longtemps, n'en parlons plus.
Trop de victimes de ce type sont rabaissées au rang du silence, incomprises, non tolérées, rejetées. Ce roman a ce mérite qu'il écrit bien fort et bien haut les coulisses d'une famille bien pensante. Mais combien pesante. Dans un style autocentré sur la narratrice, non censuré, j'ai parfois frôlé l'indigestion, le ton est tantôt lourd tantôt incroyablement juste et sensible.
Un roman oui, qui sonne juste dans cette société de regards baissés et éteints.
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zabeth55
  11 juin 2020
Giorgia est une jeune femme aimante mais révoltée, à vif.
Elle aime tendrement ses deux enfants, passionnément son amoureux, énormément son travail.
Mais en elle, une grande colère est tapie.
Contre qui ?
Sa mère vient de mourir et remontent en elle les souvenirs de l'été de ses huit ans.
Que s'est-il passé ?
Elle en veut terriblement à sa mère, à sa famille.
Mais de quoi ?
J'ai beaucoup aimé Georgia, sa souffrance, sa force de vie.
Elle mène son combat seule, envers et contre tout.
C'est bien écrit
C'est bien construit.
C'est émouvant, poignant.
Les réponses à nos questions ne viennent qu'en fin de livre.
Commenter  J’apprécie          220
Valmyvoyou_lit
  08 janvier 2020
Au décès de sa mère, qui était malade, les yeux de Georgia restent secs. Jusqu'au bout, la jeune femme a espéré un geste, une écoute, une reconnaissance, mais rien n'est venu. Avec la mort de sa mère, s'éteint la possibilité de parler de ce lourd secret. Ce non-dit remonte à la mémoire de Georgia, elle laisse la place à la petite fille de huit ans. Elle la laisse enfin parler, elle que personne n'a écoutée. Elle tente de se confier à son frère et à sa soeur, mais ils ne veulent pas entendre : pourquoi le dire maintenant ? C'était il y a si longtemps. Non, non et non, Georgia rompt le silence, elle révèle le secret familial, elle brise les chaînes, elle empêche que les faits se reproduisent d'une génération à l'autre. On veut encore la faire taire, Georgia, on le sait, dans la famille, elle est toujours en train de se plaindre. Elle a des éclats, mais elle revient toujours.

Ne les écoute pas, Georgia. Fabienne Périneau montre que c'est toi qui es courageuse, tu es une battante et tu es lumineuse. Tout ce que tu fais, tu le fais avec passion : aimer tes enfants, sauver les arbres, tomber amoureuse. Malgré ce poids que tu portes, tu as construit ta vie, tu n'as pas eu de conduites destructrices envers toi-même. Tu es une vraie maman, même si, toi, tu n'en as plus depuis le jour où elle n'a pas choisi son enfant.

J'en avais eu l'intuition en lisant la quatrième de couverture : dès les premières pages, ce texte a fait désespérément résonance en moi. Fabienne Périneau, à quelques « détails » près, raconte mon histoire avec des mots superbes que je n'aurais jamais su écrire. Plusieurs fois, il m'a fallu reprendre ma respiration et laisser refluer mes émotions. Hélas, nous serons nombreux à nous retrouver en Georgia, Fabienne Périneau parle de nous de manière poétique et magnifique, aussi, ceux qui ne se reconnaîtront pas nous entendront. Je n'ai pas pleuré en lisant Je ne veux pas être jolie, mais je le fais en écrivant ma chronique.

Conclusion

Ce roman est bouleversant et d'une grande beauté. Avec une écriture poétique et brûlante de vérité, Fabienne Périneau traite des relations fille-mère et celles entre frères et soeurs et délivre Georgia du secret. Elle fait entrer la lumière dans sa vie, car oui, ce texte est lumineux et il est, également, empli d'espoir et de tendresse.

Pour le moment, c'est mon plus gros coup de coeur de cette rentrée littéraire.

Je remercie sincèrement les Éditions Plon pour ce service presse.
Lien : https://valmyvoyoulit.com/20..
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Mesmotssurlesleurs
  18 avril 2020
Sa mère est morte. "Jo, reste, ta mère est morte." Non merci. Non, elle ne restera pas, et non, elle ne pleurera pas non plus. Parce qu'en partant, la mère lui a tout renvoyé. Ses souvenirs de petite fille, ses huit ans, sa vie, avant. Avant qu'elle ne meure un peu, beaucoup. Avant qu'un été à la mer, sans la mère, ne la fasse vieillir au-delà du dicible. Sa mère est morte et ce qui sort ce ne sont pas les larmes, c'est le passé qui remonte, c'est le sable qui s'envole et qui laisse au jour ce qu'elle avait enfoui, profond, loin, au coeur.
.
Un mois d'été chez l'oncle et la tante. Un mois, si long. Un mois qui fait prendre des années. Et puis la mère revient, et on repart, presque, pas vraiment. On y a laissé quelque chose là-bas, quelque chose qui ne se récupère pas.
.
Les mots tus, cachés, pendant si longtemps, se réveillent. Tant d'années sans pouvoir dire, mais aujourd'hui encore, on ne veut pas entendre, on n'a rien vu. Les trois singes pour protéger celui-qui et tant pis pour celle-qui. Parce que ça cache le soleil les petites filles parfois, et puis ça se noie. Alors ça gêne, ça gâche. Un été, une famille, des vies, une seule. Chut, on te dit... Dis merci, sois polie, tais-toi. Tais-toi. Terre ça. Maintenant, demain, toujours. Il y a des maux qu'on ne dit pas. Les mots, c'est comme les petites filles, il y en a qui gênent, qui cassent, qui noient. Alors oui, tant pis pour celle-qui. Oui, tais-toi. Toujours. Ne dis pas le mari. Ne dis pas tes 8 ans. Ne dis pas certaines nuits. Ne dis rien sauf merci. Sois polie.
.
Tout est toujours question de silence n'est-ce pas ? On nous l'apprend depuis toujours, il vaut cher. Peu importe ce qu'il coûte, on veut ses lingots. Mais aujourd'hui, alors qu'on enterre la mère, la parole veut s'exhumer. Sa parole à elle. Non, pas de merci cette fois-ci. Pour panser il faut parler. Oui, la parole a des elles. Elles ont la parole. On a la parole. Peu importe quand, peu importe qui, peu importe à quel prix. Peu importe ceux qu'on perdra et le mal que ça fera.
.
Vous dire que ce livre m'a bouleversée serait bien réducteur. Il a pris mon coeur, l'a serré entre ses points, tordu entre ses lignes, gonflé de ses mots. Il y a des thèmes plus difficiles que d'autres, mais plus forts aussi. Et le talent d'un.e auteur.e se révèle souvent dans ceux-là, quand il/elle arrive à nous prendre au creux de sa main, contre sa plume, et que nous n'y sommes pas protégés, mais capturés. Fabienne Périneau a réussi ça. Elle m'a emmenée dans le coeur et la tête de cette femme à petits pas. Sans savoir, je savais déjà. Et à tâtons, au fil de la parole qui naît, j'ai écouté, révoltée comme si c'était vrai. Parce que oui, ça l'est, quelque part, un jour, trop souvent. Et que ce soit à travers une histoire ou un témoignage, c'est important de le lire, de le dire. Merci Mme Périneau, pour tout ça. Et merci Valmyvoyou_lit, parce que c'est ton retour qui m'a fait découvrir ce livre.
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Fauvine
  14 mars 2020
C'est un roman qui commence tout en finesse, comme une plume qui se pose à la surface d'un lac trop calme et qui en ride légèrement la surface. Une petite ride par là, une autre par ici. La mère de la narratrice vient de mourir et celle-ci n'est pas triste, bien au contraire. Et on sent qu'un petit quelque-chose a coincé entre elle et sa mère. Ce petit quelque-chose, on comprendra que ce n'est peut-être pas juste une petite plume, ou bien une plume de plomb.
Petit à petit, souvenir par souvenir qui lui reviennent dans la tronche, on démêle, lentement, l'écheveau de ce qu'a pu être l'enfance de la narratrice. On croit d'abord comprendre que... puis non, on comprend encore autre chose, on reconstitue petit à petit. Et c'en est encore plus marquant. On comprend aussi, petit à petit, que cette mère a elle aussi souffert () bien que rien ne l'excuse pour autant.
Tout est dit d'une langue à la fois légère et tranchante, pertinente et percutante. Les réactions des membres de la famille, qui au lieu d'être un soutien, ne pensent qu'à leur propre petite vie et leur confort, sont tellement justes de réalisme, malheureusement.
C'est un roman qui émeut, qui remue en profondeur, et qui vise dans le mille en ce qui concerne les sentiments et les non-dits.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   18 janvier 2020
Je m’appelle Georgia.
Joe, c’est un raccourci pour ne pas flâner en chemin, c’est le dernier des frères Dalton, un boxeur, une peluche, un chien, mais ce n’est pas Georgia.
Pour aller vite, ma mère m’appelle Jo. Georgia, c’est trop long à dire, et il y aurait tant à dire.
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LadybirdyLadybirdy   19 janvier 2020
Un pigeon picore des miettes sur la terrasse. Sales miettes, sales restes, sales souvenirs. Tu peux tout prendre le pigeon, régale-toi, je ne veux plus de ça chez moi.
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LadybirdyLadybirdy   20 janvier 2020
Quand on ne soigne pas les blessures des hommes, il arrive qu’elles se transmettent de génération en génération.
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FauvineFauvine   14 mars 2020
— Mais pourquoi tu ne le dis que maintenant ? C’était il y a tellement longtemps. Longtemps. Toujours ce mot. Si j’y mettais un peu du mien, longtemps pourrait tout effacer. Si seulement j’y mettais du mien. Tout pourrait être vieux, usé, défraîchi, et ça ne compterait plus. Et nous n’en parlerions plus. Longtemps. Si longtemps que, trente ans après la majorité, même les lois ne veulent plus se souvenir. Pourtant, c’est neuf en moi, Marie-Ève, si neuf. Immonde encore, à m’en donner la nausée. Ça me bouffe. Ça pourrit tout ce qu’il veut y avoir de vivant en moi. Ça infeste mon cœur et mes pensées. Pourquoi je ne l’ai pas dit plus tôt ? Parce que j’ai oublié. — Oublié ? — Oui. Essayé d’oublier. Quel enfant, quel adolescent, quelle femme voudrait se réveiller le matin en pensant à ça ? Qui voudrait faire des études, rencontrer un homme, mettre des enfants au monde en pensant à ça ? Et puis un jour, ma mère meurt, et le souvenir du bureau ressurgit.
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LadybirdyLadybirdy   20 janvier 2020
Annoncer la mort d’un proche à des enfants, c’est monter l’Everest.
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