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EAN : 9782226133861
320 pages
Éditeur : Albin Michel (21/08/2002)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Au début du XXè siècle, dans un petit village du nord de la France naît un enfant dont la mère est débile mentale : Séraphin.
Au début de la guerre 14/18, la mère de Séraphin meurt et celui-ci est alors envoyé chez un vieux maître verrier qui le recueille par pitié. Séraphin a dix ans et sait à peine parler.
Avec une patience et un courage prodigieux, le vieux verrier enseigne à l'enfant l'art de son métier. A sa mort, Séraphin a déjà produit un chef-... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  28 mars 2019
Séraphin Verre, c'est l'histoire d'un garçon pas comme les autres, ayant des parents pas comme les autres, mais aussi l'histoire d'une famille et d'un milieu rural pauvres, au début du siècle dernier.
Séraphin est un enfant venu au monde par hasard, non scolarisé. On ne lui apprend rien, on ne s'occupe pas de lui et il n'est pas un enfant aimé, apparemment, car cette partie de son enfance jusqu'à ses treize ans est quasiment passée sous silence.
On le retrouve au début de son adolescence dans les yeux d'un vieux maître-verrier chez qui la famille l'envoie comme apprentis, en pleine guerre pour s'en débarrasser.
Le garçon porte un nom prémonitoire, celui de son destin, un destin qui lui sera chanceux.....
Une histoire chargée de mélancolie, très bien construite. Un adolescent emmuré dans le silence que seul perceront la chaleur de l'affection du vieux maître-verrier et d'autres personnages secondaires hors de sa famille, et plus concrètement celle du four de verre. Mais le sel de ce récit est sans aucun doute la prose claire et très imagée de l'auteur, qui sans fioritures vous plonge dans les tréfonds de l'âme humaine qui vibre dans des conditions de vie misérables et difficiles. Une époque et un milieu, où à part le travail, et les plaisirs de base liés aux instincts primaires, il n'y a absolument rien. Amour, Bonheur.....de bien grands mots pour une vie que la guerre arrivé à l'imprévu compliquera encore plus.
Un livre délicat à l'émotion discrète, que je n'aurais probablement jamais découvert sans mon amie babeliote rabanne, que je remercie chaleureusement en passant.
Un livre que je recommande aussi chaudement.

“....il vit dans un monde qui ne m'a jamais donné l'impression d'être plus étroit que le nôtre, au contraire.”
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rabanne
  02 février 2017
Tout d'abord, un conseil : ne pas lire la 4e de couverture, qui ne rend ni hommage ni justice à ce petit bijou de roman (!)... Bien que ce soit elle qui m'ait fait m'arrêter sur ce livre.
Deuxième remarque : je suis la seconde à écrire une critique, et je ne partage pas l'analyse faite avant moi... Ce n'est pas l'histoire d'un "pathétique" (inapproprié, vraiment !) parcours, mais celui d'un être à part que quelqu'un a su regarder, patiemment apprivoiser, comprendre, révéler, et surtout infiniment respecter (avant de parler d'apprentissage ou d'affection).
Séraphin ne prend réellement corps qu'au 7e chapitre (p. 117 dans l'édition de poche).
Avant cela, les prémisses, les parents, les rapports familiaux et sociologiques, la précarité, la misère psychologique, et l'entrée brutale dans la Grande Guerre.
Et puis, un petit "roi nomade" (comme le nomme Ernest) au milieu d'un désert affectif, l'hyper-sensorialité comme seul guide (repères, instincts, angoisses, terreurs), qui recèle de multiples trésors et talents, sous cette chappe de silence et d' "ignorance", écho de son mystérieux monde intérieur...
Une plume envoûtante, toute en acuité, délicatesse et poésie. Un sujet qui aurait pu patauger dans la caricature (bêtise ou cruauté des personnages) ou le pathos (parce qu'il est question d'autisme en filigrane), mais qui a été traité avec une justesse qui m'a émue aux larmes.
Un coup de coeur que je ne suis pas prête d'oublier de sitôt !!!
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Annette55
  09 mai 2019
Ce livre conte l'histoire de Séraphin Verre né quelque part , dans une ferme aux murs couleur de suie et de rouille , semblable à un âtre de cheminée...s'étouffant dans son premier cri, au début du XX ° siècle , au sein d'une famille rurale pauvre.
Doté de parents « différents » des autres, une mère inerte , un peu bizarre : Léonce , un père :Adrien, d'une fois et demie l'âge de sa femme , aux traits fuyants , au corps de lutteur, qui ne parlait pas vraiment et se désintéressait du monde ....
Séraphin est venu au monde sans aucun lien affectif, dans une précarité familiale, psychologique, un réel désert affectif qui serre le coeur à la veille de la grande guerre....
Il vit ou survit sans attention ni amour , sans éducation, entre des parents démunis dans tous les sens du terme ...
C'est dommage qu'il faille arriver aux tiers du livre pour que l'histoire de Séraphin commence vraiment ....
L'arrivée de la grande guerre le propulse comme apprenti chez un vieux maître verrier à la place d'un oncle enrôlé sur des champs de bataille ..
Séraphin rencontrera Ernest , doux et attentif, et Ernest Bumbe qui prendront soin de lui, le chériront et le prendront pour ce qu'il est vraiment ...
Ce « Mioche »qui ne dit rien, comme l’appelle Ernest, approchera le feu et le verre avec un instinct sûr, une approche sensorielle , une hypersensibilité digne recelant des talents certains ...
«  Séraphin, cette allure d'enfant penché sur quelque chose , avait l'air de comprendre le métal, dans son univers si mystérieux, il avait compris les gestes. Il plongea la canne dans le creuset , commença à la faire tourner ...le métal couleur de cerise s'y agrippe , il la sort . Il a cueilli .. ».
Et encore : —« Ernest Bumbe pleurait , la tête dans les mains, sans retenue, devant Séraphin comme devant un ange du ciel. »
Le lecteur assistera à l'épanouissement du garçon lors des derniers chapitres .
C'est un ouvrage poétique et délicat , touchant et intéressant , une tranche du monde paysan à travers le destin d'une famille de fermiers au début du siècle dernier....
Le portrait d'un être à part, un enfant différent, exceptionnel ...
Un ouvrage découvert grâce aux amis de Babelio merci à ceux qui se reconnaîtront. ....
Il exprime la différence avec émotion et respect .
En fait la critique de cet ouvrage n'est pas aisée sinon à en trahir l'esprit ....
Je ne connais pas l'auteur.
Extrait :
«  La guerre reculait comme un grand fauve blessé , en donnant des coups de crocs féroces autour de sa fuite, en raclant la terre et en soulevant des gerbes de poussière et de sang dans sa fureur aveugle .. »
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diablotin0
  16 mars 2019
Depuis que Rabanne a parlé de Séraphin Verre, j'ai envie de le rencontrer. Voilà chose faite et c'est un vrai plaisir que de faire sa connaissance. Séraphin est différent, qui ne le serait pas après un début de vie aussi chaotique ? Quoiqu'il en soit, Séraphin est hors norme , exceptionnel et si ses débuts dans la vie ne sont pas des plus simples il va avoir la chance de rencontrer sur son chemin Ernest et Ernest Bumbe qui le prendront sous leurs ailes , le comprendront et l'aimeront pour ce qu'il est.
J'étais impatiente de connaître Séraphin et dès la première page, on accueille ce petit d'homme mais très vite il disparait pour ne réapparaitre vraiment que plus de 100 pages après. Durant tout ce temps, même si j'avais envie de le retrouver, on ne s'ennuie pas, on fait connaissance de sa famille, de leur conditions de vie et de l'arrivée de la guerre. Ce sont des pages fortes, des pages qui nous emportent et nous transportent.
Je ne comprends vraiment pas pourquoi ce livre n'a pas rencontré plus de succès. Si Rabane n'en n'avait pas parlé lors de sa présentation personnelle, je n'aurais sans doute jamais entendu parler de ce roman et cela aurait vraiment été dommage.
Il y a des tas de livres qui ont droit à des têtes de gondole ou encore qui sont lus et critiqués par un très grand nombre alors qu'ils ont pourtant peu d'intérêt et notre petit Séraphin qui lui, est tout sauf insignifiant, reste peu connu, c'est incompréhensible.
Ce livre est touchant, attachant, intéressant et sors de l'ordinaire, si vous rencontrez Séraphin sur votre chemin, n'hésitez pas, adoptez-le, amenez-le chez vous et faites plus ample connaissance avec lui, vous ne le regretterez pas.
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visages
  24 avril 2019
Séraphin Verre vient au monde au début du siècle dernier dans un milieu rural, et le moins qu'on puisse dire, est qu'il n'est pas attendu !Il survit sans amour, sans attention , sans éducation entre deux parents tellement démunis eux même qu'ils n'ont même pas réalisé qui était ce nouveau venu chez eux.L'arrivée de la Grande guerre le propulse chez un maître verrier à la place de son oncle qui était attendu pour devenir apprenti mais a été enrolé sur les champs de batailles. Pour la première fois de son existence un regard bienveillant et positif va se poser sur "le mioche". le vieux Ernest voit en lui une "petite endive" chétive qui lui provoque de la compassion mais aussi "Steppes, océans, montagnes, vastes glacis morts, peut être des jardins aussi..." car il est vrai que "le mioche" est un continent inconnu et jusqu'alors inaccessible! Une relation emprunte de douceur, de respect et d'acceptation va se créer entre eux pratiquement sans parole.Apprivoisé un peu comme le renard du petit prince par Ernest, le " mioche" va quant à lui apprivoiser le feu, le verre , pour le plus grand bonheur de son protecteur. Mais la vie ne fait pas de cadeau à Séraphin et Ernest ne sera plus là.Le magnifique trio qui avait formé une sorte de microcosme, de bulle protectrice éloignant la guerre du quotidien de ces deux là et du capitaine allemand qui les avait rejoint va s'en trouvé éclaté. J'ai beaucoup aimé cette relation et la façon dont CH. Pernath la fait vivre sous sa plume,. C'est ce qui constitue à mes yeux , le coeur et l'intérêt du roman. C'est pourquoi je regrette que cette partie ne représente qu'un tiers du récit. C'est ce regret qui rend ma note certainement trop sévére.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
rabannerabanne   02 février 2017
Au fond, on n'en sait rien : on ne peut pas vraiment savoir ce qui se passe dans sa tête... Mais il vit dans un monde qui ne m'a jamais donné l'impression d'être plus étroit que le nôtre, au contraire.
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Annette55Annette55   09 mai 2019
«  Le silence qui couvrait les jardins potagers était magnifique. Il était à la fois si calme et si radieux que le chant éraillé d’un merle y donnait presque envie de sourire . Le moindre craquement étendait une paix merveilleuse . Une branche venait de se délester d’une petite cargaison de neige dans un poudroiement d’or. »
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rabannerabanne   02 février 2017
Seulement, on dirait qu'on ne lui a jamais rien appris, même pas les mots, encore moins les enchaînements de mots, ce qui fait qu'il n'a pas du tout les mêmes logiques que nous. En fait, il a les siennes propres, ses logiques à lui, qu'il a dû se fabriquer lui-même avec des petits bouts dont on ne sait quoi, des petits morceaux de mondes dont on n'a pas idée. (...) Ses chemins très différents poursuivent peut-être des buts aussi très différents que, sait-on, ils atteignent peut-être bien mieux et plus vite qu'on ne croit. C'est quelquefois l'impression qu'il me donne.
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BookycookyBookycooky   27 mars 2019
...il jeta aussitôt un coup d’oeil inquiet en direction d’Adrien: le gars était déjà plein comme une cantine, il plastronnait les deux pouces sous les aisselles, il rigolait à n’importe quoi.
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rabannerabanne   28 janvier 2017
Il y avait assez de silence en lui pour faire un idiot de village. (...)
Mais voilà, il avait en lui quelque chose d'immense, d'impalpable, d'opaque...
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