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Critiques sur Les faibles et les forts (53)
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Ladybirdy
  29 août 2019
Les faibles et les forts c'est une histoire tirée de faits réels liée à la ségrégation et au racisme des années cinquante.

Une famille afro-américaine, en 2010 dans la Louisane, en proie aux difficultés de leurs conditions voit les policiers débarquer chez eux pour fouiller le fils, Marcus. S'en suivent des tourments et des flashs liés à l'année 1949. Les piscines sont alors majoritairement ouvertes aux américains blancs, on n'interdit pas aux noirs d'y plonger mais c'est sous des regards racistes et injustes qu'un groupe de jeunes afro-américains s'y risquent. À leurs risque et périls.
Ce jour de canicule 49, un drame survient et signera le traumatisme dans les mémoires.

Ce roman aurait pu me séduire davantage s'il n'avait pas été divisé sur deux époques, avec une confusion dans les personnages et un manque selon moi de profondeur et de pertinence dans le thème soulevé. Il m'a manqué ce petit plus en terme de clarté. Sinon, un roman qui intéressera tous ceux portés sur les thèmes du racisme, ségrégation et apartheid.
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carre
  09 octobre 2013
Tout d'abord un grand merci aux Editions Stock du regretté Jean-Marc Roberts et à Babelio pour cette masse critique.
Après le remarqué « Les chagrins » que j'avais beaucoup aimé, le nouveau roman de Judith Perrignon vient confirmer de bien belle manière son talent de romancière.
A partir d'un fait divers tragique (la noyade de 6 jeunes adolescents afro-américains), Perrignon construit un récit pour tenter d'expliquer, à travers le portrait d'une famille noire américaine, les véritables causes d'un tel drame. En remontant aux années 60, Marie-Lee la grand-mère, petite fille à l'époque découvre la bêtise, le racisme lors de la première ouverture d'une piscine municipale aux gens de couleurs. Et si cette interdiction de profiter d'un lieu public et d'y apprendre à nager étaient la cause de cet insupportable gâchis quarante plus tard ?
Avec une justesse formidable, Judith Perrignon prête sa plume à ces petites gens, portraits magnifiques d'êtres qui restent dignes et debout malgré les injustices. Puis dans une deuxième partie, elle démontre que si un grand nombre de la population afro ne sait pas nager, cela vient justement de cette insupportable ségrégation subit pendant des décennies.
Un livre bouleversant, chant funèbre et coup de gueule désespéré devant l'inimaginable. A ne pas rater.


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Ellane92
  08 mars 2016
Les faibles et les forts est un roman en trois parties bien distinctes, aussi bien dans l'écriture que dans le temps, de J. Perrignon. La première période, "chorale", se déroule en 2010 en Louisiane. Elle donne voix à toute une famille, de la grand-mère aux plus jeunes. Dans cette partie sont évoqués pêle-mêle les difficultés d'argent, le racisme, la violence, le chômage, le manque d'avenir des plus jeunes, l'éveil à la vie et à la beauté, l'amour, et cette fichue ligne qui sépare le nord du sud des Etats-Unis, toujours existante.
La seconde partie remonte le temps, dans les années 50, et décrit les évènements relatifs et consécutifs à une annonce qui a fait scandale dans le Missouri : "Légalement, rien n'empêche un noir qui veut nager d'entrer dans une piscine." Bien sur, c'est la loi. Mais dans les faits ? Pour le savoir, nous suivons une bande de jeunes noirs, dont notre vieille grand-mère de 2010 alors petite fille, bien décidés à se baigner ce jour-là. Mais c'est bien plus compliqué que ça.
Enfin, la dernière partie, qui nous permet de revenir en 2010 en Louisiane, prend la forme d'une retransmission d'une émission de radio, au cours de laquelle l'animateur fait réagir des spécialistes et des auditeurs, au sujet d'un fait divers tragique.

Les faibles et les forts, c'est aussi une sorte d'exploit au cours duquel J. Perrignon, en un peu moins de 200 pages, évoque des vies, des points de vue, des explications et tout un tas de sujets qui en découlent. le lecteur reste accroché à cette lecture dont on devine qu'elle sera tragique, ce qui ne l'empêche pas de recevoir en pleine poire la réalité des statistiques et des préjugés qui ont cours aujourd'hui encore au pays de la liberté. Et l'on se rend compte, à peine croyable, que ces disparités si énormes, si basiques, simplement liées à une couleur de peau, héritées d'un esclavage que même les bien-pensants peinent à planquer sous le tapis, sont toujours d'actualité. A peine les a-t-on légèrement maquillées...
A lire !
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ssstella
  30 juin 2015
Un livre grave sur un fait divers de 2010 à Saint Louis, Missouri... répercussion de la ségrégation ordinaire depuis des décennies.

Comme une mélopée funèbre, toute une famille afro-américaine mêle leurs voix pour dire les conditions de vie difficile, et les débuts d'une journée qui augurait de bons moments mais qui se terminera en drame.
On entend surtout le chant douloureux de la grand-mère, les souvenir des émeutes, de l'injustice, de la haine qui ont déjà frappé. Avec l'expérience du passé, c'est la plus lucide sur les risques toujours présents.
Si elle ne le réalise pas totalement, nous comprenons que c'est ce racisme passé et présent, qui a encore conduit à cette affligeante tragédie.

Une lecture poignante, rythmée par la violence raciale... entrecoupée de pauses éplorées.
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trust_me
  18 novembre 2013
« Negro are pushing too far !! […] Un travail ! Une place dans le bus ! Ou au restaurant ! C'est déjà leur faire grand honneur ! Mais dans l'eau ! Dans nos vestiaires ! A poil ! Leur peau ! Leurs microbes ! Veulent pas coucher avec nos femmes pendant qu'on y est ? »

St Louis, juin 1949. Un adjoint au maire déclare : « Légalement, rien n'empêche un noir qui veut nager d'entrer dans une piscine. » le lendemain des noirs ont accès pour la première fois aux bassins municipaux. Un « événement » qui va déclencher la colère d'une partie de la population blanche et engendrer des émeutes urbaines. le maire de St Louis déclarera quelques temps plus tard que cette décision d'accepter les noirs dans les piscines était légalement juste mais inapplicable.

Louisiane, août 2010. Six adolescents se noient dans une rivière. Six adolescents noirs. Aux États-Unis, 60% des enfants afro-américains ne savent pas nager. L'héritage de l'esclavage, de la ségrégation et de la pauvreté a inconsciemment poussé les noirs à intérioriser l'idée que l'eau n'était pas faite pour eux. Ce constat sonne pour Mary Lee comme une douloureuse évidence. Elle a assisté aux émeutes de 1949 et elle est la grand-mère de trois des noyés. Présente le jour du drame au bord de la rivière, elle n'oubliera jamais : « Je suis entrée dans l'eau. Vos cris, les enfants. Vos lèvres cherchant l'air, vos mains tendues vers le ciel. J'ai avancé. J'ai marché dans l'eau, avec vous. Je ne pouvais rien, je le savais, j'allais avec vous. Il y a toujours un fleuve qui sépare les vivants des morts, c'était celui-là, la rivière rouge, le moment était venu pour moi de le traverser. »

Un texte puissant, habilement construit. La voix de chacun des protagonistes résonne avec force, et vous serre les tripes. Les temps ont changé, parait-il, mais dans l'Amérique d'Obama, certaines barrières ne sont pas prêtes de tomber. La démonstration faite par Judith Perrignon en est la preuve limpide.


Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Shan_Ze
  17 mars 2016
Beaucoup entendu parler de ce roman dans lequel un drame se déroule… J'ai eu mal à rentrer dans l'histoire, à placer chaque personne du foyer ; la première partie est chorale, la parole est laissée aux membres de la famille afro-américaine Baker qui est constamment sur ses gardes avec la police. On sent une tension mais ils semblent aussi très soudés. Dans la seconde partie, on revient quelques décennies en arrière ; en juin 1949, officiellement dans l'état du Missouri, les piscines sont ouvertes à tous. En théorie, seulement. La population d'alors est mécontente de devoir partager ses piscines avec les Noirs. Des émeutes ont eu lieu, beaucoup de vies sont gâchées… En 2010, d'autres le seront.
C'est une lecture qui m'a énormément touchée, comment un héritage d'esclavage, de ségrégation, a des conséquences sur le peuple d'aujourd'hui… Judith Perrignon m'a appris que la natation était laissée de côté par les afro-américains comme si les événements des années 40 et 50 (et ceux encore avant) avaient posé des limites dans l'esprit de ce peuple. Les piscines, les fleuves, les eaux, même soixante ans après, restent des barrières entre les forts et les faibles. Pourvu que la différence disparaisse, pourvu que les barrières s'abaissent…
Une lecture difficile mais nécessaire.
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Yaena
  29 août 2018
Lu d'une traite, Les faibles et les forts fait parti de ces livres qui laissent une trace. Seulement 187 lecteurs sur Babelio, pourtant ce roman chorale mérite d'être lu.
Basé sur des faits historiques il nous raconte à travers plusieurs personnages et donc plusieurs points de vue la ségrégation dans l'Amérique d'hier et d'aujourd'hui. On se rend vite compte que les injustices d'hier ne sont pas sans conséquences sur le présent et sur la vie des descendants des esclaves, elles provoquent d'autres drames et d'autres injustices. Avoir la peau noire conditionne le devenir de ces enfants, parce que l'on efface pas des décennies de racisme, d'injustice et de ségrégation avec quelques lois et qu'il est tellement difficile de faire évoluer les mentalités. Les stéréotypes ont la vie dure. L'égalité entre noirs et blancs est encore aujourd'hui à bien des égards une utopie . Les statistiques l'attestent comme nous le montre Judith Perrignon. Il y a de quoi se poser des questions sur les sociétés soit disant civilisées.

L'écriture est belle, soignée, empreinte d'émotion et de colère. Mamie Lee est un personnage touchant, forte et faible à la fois, le coeur de cette vielle dame est plein de sagesse mais aussi de douleur et de révolte. En peu de pages l'auteur réussi à créer de l'empathie envers les différents personnages. Il y a beaucoup de poésie en peu de lignes. Les phrases sont simples, criantes de vérités et laissent le lecteur pensif. L'auteur nous incite à la réflexion. On voudrait tout noter pour ne rien oublier.

Je ne connaissais pas «l'histoire de Shine» et «les toasts» qui sont des histoires transmises oralement de génération en génération par ces familles afro-américaines. Certaines ont été rassemblées et mises par écrit, c'est une belle découverte et une piste de lecture que je ne manquerai pas de creuser. D'ailleurs si certains lecteurs en savent plus sur le sujet je suis preneuse.

Ce récit est un mélange de fatalité et d'espoir et je ressors de ma lecture écoeurée, en colère mais ravie d'avoir découvert ce livre.
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Ancolie
  15 octobre 2013
Mary Lee, la grand-mère, parle la première : « A ton âge, Marcus, je voyais les dames serrer leurs sacs à main contre elle quand mon père montait dans le tramway de Saint Louis. Alors si ça ne tenait qu'à moi, tu resterais là, la porte fermée à double tour, on te laisserait comme un chien en laisse, avec un peu d'eau et on irait sans toi au bord de la rivière ».
Pas de mise en bouche, on entre directement dans l'intimité d'une famille, dans le ressenti des protagonistes. Nous sommes en été dans un quartier noir et défavorisé du sud des Etats-Unis. C'est intense et ivre de révolte : la police a débarqué pour Marius, fouillant la maison sans vergogne pour trouver, en vain, de quoi l'inculper.
On fera connaissance avec toute la famille. Chacun, avec ses propres soucis, se dévoile face à cette intrusion. Puis le quotidien reprend le dessus et la famille part se rafraîchir au fleuve…

Le roman aurait pu continuer comme un choeur d'orchestre où chacun intervient tour à tour. Mais non. L'auteur choisit une autre direction. Après l'incident, nous sommes projetés en 1949 dans l'adolescence de Mary Lee pour ensuite revenir à notre époque par le biais d'un débat à la radio suite à un drame où des enfants noirs sont morts noyés.
Cette construction peut sembler particulière mais elle fait mouche. Un fil conducteur relie ces évènements, une simple statistique : « 60 % des enfants afro-américains ne savent pas nager ». Comment expliquer que les noirs soient moins aptes que les blancs pour la natation ? Est-ce un héritage de l'esclavage ? de la ségrégation ? de la pauvreté ? Chacun donnera son point de vue et au lecteur de s'interroger, de faire sa propre opinion.

Les faibles et les forts est un roman qui m'a fort plu. L'histoire est prenante et poignante ; l'écriture est précise et limpide. Mais ce que j'ai le plus apprécié est l'effort de réflexion que nous propose l'auteur. Elle nous confronte, avec émotion, à des faits divers qui heurtent notre sensibilité et si l'indignation n'est pas loin, tout est nuancé et sans parti pris.
Merci à Babelio et aux éditions Stock pour m'avoir offert ce livre dans le cadre de Masse critique. C'est une très belle découverte.
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Sando
  05 septembre 2013
Pour la famille Baker, la journée n'avait pas très bien commencé. Une descente de police infructueuse, de bon matin dans leur appartement, a suffi à créer des tensions entre Marcus, l'adolescent renfermé, Dana, sa mère et Mary Lee, sa grand-mère, inquiète de voir ses petits-enfants mal tourner. Deborah, la soeur, Wes et Jonah, les frères de Marcus observent quant à eux la scène, tout en évitant de prendre part au conflit. Heureusement, l'après-midi prévu sur les bords de la rivière Rouge devrait réconcilier les uns et les autres, apaiser les tensions et faire oublier ce désagrément malheureusement fréquent pour la population afro-américaine de Louisiane… Mais la journée va virer au cauchemar lorsque Marcus, suivi par six autres enfants, se retrouve entraîné au fond de la rivière sous le regard impuissant des adultes. Lui seul sera sauvé et survivra à la noyade. On découvre alors que, comme 60% de la population afro-américaine, aucune des personnes présentes ce jour-là ne savait nager…

On fait ensuite un saut dans le temps pour revenir en 1949, où Mary Lee nous raconte un épisode marquant de sa jeunesse. A cette époque, la politique de ségrégation fait que les Noirs n'ont pas accès aux piscines où vont les Blancs. Mais la déclaration malencontreuse d'un politique va remettre en question ce droit, provoquant des émeutes et une véritable guerre civile dans la ville de Saint Louis. Mary Lee assiste, terrorisée, à ce déchaînement de haine et de violence à l'encontre des siens, qui laissera de lourdes séquelles à son frère Howard qui avait osé aller se baigner… Comment ces deux évènements, pourtant séparés par soixante années, s'avèrent être intimement liés ?

C'est ce que nous explique, avec beaucoup de pertinence, Judith Perrignon dans ce roman habilement tissé, inspiré par des faits réels. En liant ces deux époques, elle révèle la transmission d'une peur, d'un traumatisme chez l'ensemble d'une population. Elle fait remonter la peur de l'eau chez les Noirs au temps de l'esclavage, une peur transmise de génération en génération, comme un héritage et qui reste, aujourd'hui encore, profondément ancrée chez une grande partie d'entre eux. Par le récit d'un drame en particulier, l'auteur pointe du doigt une réalité désolante liée à un passé douloureux. Elle nous confronte également à l'injustice, à la discrimination et la violence dont sont victimes de nombreux afro-américains, auxquels on reproche leurs dérives, sans pour autant leur donner une chance de s'intégrer… L'écriture de Judith Perrignon et la construction de son récit sont percutants et réellement bouleversants. Difficile de ne pas céder aux larmes qui montent face au drame humain qui se joue sous nos yeux et dont on découvre qu'il est loin d'être un fait isolé. J'ai été profondément émue par la force de ce récit, par sa justesse et par les vérités effrayantes qu'il renferme. Un texte à découvrir absolument !
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isabelleisapure
  07 octobre 2013
Markus, adolescent renfermé, sera le seul survivant d'un terrible fait divers… Deborah sa soeur, Wes et Jonah ses frères et trois de leurs cousins eux ne s'en sortiront pas, un cauchemar. Pourtant ce jour-là, au bord de la rivière rouge, ce devait être jour de détente organisée par leur grand-mère Mary Lee, afin d'apaiser les tensions provoquées au sein de la famille Baker le matin même par une descente infructueuse de police dans l'appartement. Pourtant pas un événement non, plutôt un incident courant parmi la population afro-américaine en Louisiane…

Juillet 2010, Judith Perrignon vient d'apprendre la nouvelle, un fait réel : « Six enfants Noirs d'une même famille viennent de se noyer en voulant se sauver les uns les autres… « Aucun d'eux ne savait nager » pas plus que la population assistant au drame!

Retour en 1949 durant la jeunesse de Mary Lee, elle nous en livre l'explication. La ségrégation agissant, les Noirs n'avaient pas accès aux piscines fréquentées par les Blancs, lesquels apprenant qu'un politique allait remettre ce droit en question vont se déchainer sous les yeux terrorisés de Mary Lee contre les siens dont son frère, qui en gardera des traces indélébiles, il avait osé aller s'y baigner..!

Alors à la fois on apprend et on comprend pourquoi, un tel drame avait pu se produire : « 60% de la population noire ayant subi les séquelles des événements de l'époque ayant hérité d'une peur quasi viscérale de l'eau ne savait pas nager » !

L'écriture de Judith Perrignon nous attache à son ouvrage en nous mettant littéralement à sa place pour mesurer les ravages d'un passé tellement douloureux de cette haïssable ségrégation raciale.
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