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EAN : 9782259207126
324 pages
Plon (01/09/2010)
3.8/5   42 notes
Résumé :

Abandonné de tous, Alain Triboulet est un humoriste sur le déclin. Tant et si bien que le whisky est resté son seul ami : c'est grâce aux douces vapeurs d'eau-de-vie de grains, lors d'une nuit d'ivresse, qu'il donne la parole à une marionnette au costume de bouffon sortie du fond d'un placard.

Or ce bouffon, qui nous transporte dans les temps reculés du quinzième siècle, est Le Fevrial, également surnommé Triboulet.

Bossu, cla... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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marlene50
  19 juin 2021
Francis Perrin nous conte à travers le bouffon du roi, Triboulet, les secrets de cours et les secrets d'alcôves qui
n'ont pas échappés à sa perspicacité ni à ses "bouffonneries".
L'Histoire pendant le règne de Louis XII et François Ier.
(P. 251) (Triboulet) - J'agitais mes grelots :
"Donner c'est donner et reprendre c'est voler !
Mais prêter c'est prêter et ne pas rendre, c'est voler !".
François Rabelais, ancien moine qui a pratiqué la médecine ; maintenant écrivain qui dit en s'adressant au peuple et aux nobles /
"Voyant le deuil qui nous mine et nous consume, mieux vaut écrire du rire que des larmes".
François Rabelais a surnommé Triboulet, le premier "morosophe" (transcription du grec qui signifie sage-fou).
Puis il l'a affublé de deux cents épithètes, dont en voici quelques unes :
"Fol fatal, de gamme majeure, de nature, de bécarre et de bémol , céleste, jovial, joli et folichon, à pomponnettes, excentrique, héroïque, génial, original, papal, impérial, royal, loyal, seigneurial, total, triomphant, favori, redouté, transcendant, souverain, supercoquelicantieux (supercocorico!), célèbre, précieux, fantastique ...".
C'est moi tout craché ! Je suis pour lui "la fine cresme de desraison.

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ALDAMO21
  15 mai 2021
Je ne présente plus Francis Perrin, pensionnaire de la Comédie-Française, comédien de cinéma et de théâtre, scénariste et metteur en scène que j'aime beaucoup.
Avant de prendre ses admirateurs à contre-pied dans des rôles plus graves, Francis Perrin était un acteur de rôle comique, il était un divertisseur. Il l'est toujours.
L'artiste écrit en préambule dans son livre, en faisant parler son personnage « Triboulet » qu'il est beaucoup plus difficile d'amuser que de faire pleurer.

Il était pour moi d'un naturel et d'une logique de ce grand monsieur se soit intéressé au « bouffon », au « fou des rois », à « l'amuseur de galerie » et d'en écrire un excellent livre, très documenté.

Déjà dans la mythologie grecque, Momos représentait la raillerie et le sarcasme dont il était le dieu.
Dans la haute antiquité, certains individus qualifiés de fous ou de bouffons, se donnaient en spectacle et faisaient rire par leurs grimaces et leurs saillies.
Quelques historiens parlent pour la première fois de « fou du roi » avec celui qui était au service d'Attila (v. 395+453), le roi de Huns. Ce fou avait pour but de distraire les convives du roi barbare.
C'est à partir du 10e siècle sous le règne d'Hugues le Grand, qu'apparurent les bouffons attitrés au roi. Saint Louis ou encore de Philippe Auguste se sont aussi mis à en avoir un en titre.
Mais l'âge d'Or des Bouffons, commence avec celui du roi Louis XII (1498+1515). le fou de ce roi nommé « Caillette », ouvre donc la première lignée des bouffons de cour. Son successeur sera le plus célèbre d'entre eux, en la personne de Triboulet.

Les femmes n'ont pas été oubliées, avec l'exemple de Catherine dite « Cathelot ». C'était une naine très redoutable par son franc-parler et désignée la « Folle » de la reine Eléonore (v.1529), qui officia après chez Marguerite de France de Savoie. Il y eu d'autres « folles » par la suite.

Le livre de Francis Perrin est très plaisant à lire, avec beaucoup humour et contenant des proses qui seraient sorties de la bouche du fol Triboulet.
C'est avec beaucoup de fantaisie que l'auteur commence son livre. Il est un artiste en perte de vitesse qui un soir, alors qu'il rentre saoul chez lui, regarde sa collection de marionnettes. Parmi elles, il y a celle de Triboulet, qui va alors s'animer et raconter à l'homme enivré, sa vie de bouffon.

Bien sûr que Francis Perrin a brodé sur la vie de ce personnage hors du commun qu'était Triboulet, puisqu'il fut « le fou » du roi Louis XII pendant 11 ans et celui de son successeur, le roi François 1er pendant 24 ans. Cette longévité est tout à fait exceptionnelle et elle est contestée par certains historiens. Il n'en demeure pas moins que Triboulet est le bouffon le plus connu de l'histoire de France.

Nicolas Ferrial, alias « Triboulet » est né dans les faubourgs de la ville de Blois. Il n'avait pas un physique avantageux et ses déformations faisaient de lui, le bouffon-type. Il avait une bosse dans le dos, un gros nez crochu et deux énormes yeux globuleux. Mais ce personnage avait une grande vivacité d'esprit et beaucoup de répartie. Il avait aussi de grands talents de comédien perturbateur, d'un brouilleur de cartes et qui surjouait la folie. Grâce aux différents précepteurs qu'il a eu, Triboulet a acquis une belle culture générale, ce qui lui permis d'être très à l'aise à la cour de ses deux rois.
Il a surtout reçu une stricte éducation pour la fonction très importante qu'il allait prendre à la cour royale, celle de distraire et de faire rire par le langage mais aussi pas des attitudes, celle de se moquer sans risque, celle d'être constamment dans l'impertinence et l'insolence.
Mais il y avait certains codes de conduite à respecter. le bouffon pouvait se moquer et rire de tout. Tous les sarcasmes étaient permis, tous les quolibets étaient acceptés. Les rois encourageaient souvent leur bouffon à les « désacraliser. »
Le seul interdit était de faire une quelconque allusion aux maitresses et favorites du roi, les conquêtes féminines étant l'apanage des monarques et entre autres de Louis XII et de François 1er, un roi très réputé pour être un séducteur et coureur de jupons.

Le bouffon avait aussi des codes vestimentaires à respecter. Triboulet avait son propre costume lorsqu'il apparaissait à la cour des rois. Il était coiffé d'un bonnet à grelots, vêtu d'une jaquette en bandes jaune et verte et ses chausses étaient en harmonie avec le haut de son habit, une jambe jaune et l'autre verte.
Il est intéressant de s'attarder sur le pourquoi de ces deux couleurs.
Le jaune au Moyen-âge, autre que le signe de la prostitution, était la marque de la félonie, de la fausseté, du mensonge. C'est ainsi que déjà au XIIIe siècle et par ordonnances royales, les Juifs furent contraints au port d'une rouelle jaune pour les différencier des autres hommes.
Le vert quant à lui, toujours au Moyen-âge, était la marque de la flétrissure, était la couleur du diable, des fous, des sorcières et de la maladie.

La vie de « Bouffon du roi » n'avait rien d'enviable. le « fol » pouvait, pour ne plus faire rire le roi, très vite tomber en disgrâce ou pour une petite blague sur une favorite, être châtié. Il était surtout craint pour ses moqueries sur les courtisans, ceux qui faisaient partie de la cour des deux rois.
C'est pour cette raison, que des seigneurs ont attenté plusieurs fois à la vie de Triboulet et que le roi François 1er, lui avait accordé un garde du corps personnel.
Certains courtisans par craintes de railleries, achetaient les faveurs de Triboulet, même parfois son silence. Ce qui permit au Fou de se laisser corrompre et d'amasser un petit pécule.

C'est le roi François 1er qui instaura une « école de bouffon ». Elle marquera ainsi une évolution dans le rôle du « Fou », car non seulement il était utilisé pour divertir le roi et la cour, mais il sera aussi utilisé à des fins politiques, des intrigues et parfois à de l'espionnage.
Après de si longues années à côtoyer François 1er, le fou Triboulet semblait très proche du roi. Il en était même son confident et assistait aussi à tous les Grands Conseils.

Francis Perrin ne s'est pas arrêté à la vie et au parcours de Triboulet, dont on ignore tout de sa vie après avoir été le « le bouffon officiel » et de sa mort.
A mon grand plaisir, l'auteur s'est admirablement bien documenté sur l'Histoire de France pendant le règne des deux rois ; Louis XII et François 1er.
L'auteur nous conte avec ferveur, un pan de la vie des deux rois, de leurs guerres d'Italie, de la capture de François Ier par Charles Quint et des différents traités qu'ils ont signés, de ce qu'était aussi la cour au château de Blois ou d'Amboise.
Francis Perrin parle longuement du roi Louis XII, surnommé le « Père du peuple », de son premier mariage annulé et d'Anne de Bretagne sa deuxième femme. Une reine infortunée qui a fait de nombreuses fausses couches, qui a eu de nombreux enfants décédés en bas âge et qui n'a jamais pu donner un descendant mâle à son mari.
L'auteur raconte aussi le mariage arrangé dès le plus jeune âge, de sa fille Claude de France que son père Louis XII destinait à son successeur et cousin François 1er, à la grande colère d'Anne de Bretagne.
A l'histoire parfois fictive, par manque de document sur Triboulet, Francis Perrin entoura le bouffon de beaucoup de personnages, de seigneurs petits et grands qui ont réellement existé à la cour des deux rois, dont même un certain Léonard de Vinci. Une cour remplie souvent d'intrigues, de conspirations, de trahisons et de jalousies entre les favorites et les multiples maitresses qui n'avaient plus de secret pour ce bouffon et cet homme de compagnie, nommé Triboulet.

Félicitations Francis Perrin pour cette superbe page d'Histoire qui a habilement mélangé l'histoire de ces deux rois et de leur bouffon et qui a su mêler le réel à l'imaginaire.

Oops ! J'ai été très long.
Merci à celles et ceux qui auront le courage de me lire jusqu'au bout.
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LydiaB
  06 février 2011
Si l'on connaît Francis Perrin en tant qu'acteur, on le connaît moins en tant qu'écrivain. Pourtant, le Bouffon des rois est son cinquième livre. Ce roman nous en apprend beaucoup sur le rôle des bouffons, êtres oubliés de l'Histoire, mais également sur la période de Louis XII, roi peu connu pour la plupart d'entre nous. En toute honnêteté, j'avais, au départ, un a priori car, pour avoir lu d'autres livres écrits par des acteurs, j'avais été souvent déçue. Cet a priori s'effaça dès la première page. L'écriture est plaisante, très agréable. le livre est un roman sur fond historique, bien travaillé, bien documenté. Francis Perrin, sans pédantisme, nous entraîne au coeur du XVI°s. Ce n'est pas un historien qui parle, mais un passionné, d'où la simplicité avec laquelle les idées se dégagent. Et je préfère souvent la passion au verbiage jargonnant de certains historiens se prenant souvent pour ce qu'ils ne sont pas.
Je ne peux que vous conseiller la lecture de ce roman dans lequel vous suivrez la folle vie du Févrial, alias Triboulet, appelant le roi "mon Cousin", estimé par Louis XII, rejeté par Anne de Bretagne. Vous suivrez également les épisodes historiques qui ont marqué des tournants dans L Histoire tels que la mésentente entre François Ier et Charles Quint, les aventures d'Henri VIII et d'Anne Boleyn etc...
Un grand merci au site Babelio et à son opération Masse critique ainsi qu'aux éditions PLON pour cette belle découverte.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Tostaky61
  25 janvier 2015
Je ne connaissais pas Francis Perrin l'écrivain, c'est donc avec ce livre que je l'ai découvert.
Il nous raconte Triboulet, personnage (bouffon des rois) ayant réellement existé.
Sa vie, ses moeurs, ses royales rencontres. Attachant.
Bien écrit.
Francis Perrin est aussi écrivain, je le confirme.
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yves_loire_france
  25 août 2015
Un livre où la dérision trouve sa place entière à côté d'un homme souvent seul pour décider : le roi.Dans la complicité amusée et burlesque du roi avec son bouffon, il y a toujours la recherche d'une vérité qui dérange.Faire rire est un art, et Francis Perrin a réussi à nouveau dans l'écriture de ce livre à trouver des drôleries par les pensées et les paroles qu'il donne à ses personnages
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   06 février 2011
Avec un ventre bien rempli dans une vie d'opulence, certains auraient eu peut-être tendance à se laisser aller à l'oisiveté, à se laisser endormir dans une douce torpeur et une inertie stérile. Pas moi ! Avec mes lourdes tares et ma situation précaire, je prenais tous ces bienfaits pour un cadeau du ciel, bien que Dieu ne fût jamais mon refuge et que je me refusasse à lui payer une quelconque indulgence. J'avais une devise que n'aurait pas reniée la religion catholique: "Plus on me donne plus je me donne".
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athena1athena1   17 janvier 2011
-(...)Je te condamne à mort mais comme tu m'as diverti durant bon nombre d'années, je te permets de choisir ta mort !
- Mon cousin, j'aimerais mourir de vieillesse."
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marlene50marlene50   19 juin 2021
Cela se terminait invariablement par de gros rires gras et force tapes dans le dos autour d'une chopine quand ce n'était pas à conter "farfemouille" à une souillon pour y tremper sa chandelle à la fin de la nuit.
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ALDAMO21ALDAMO21   09 mai 2021
Les humains ont tendance à mélanger ce qu'ils appellent la folie et les fous. Le véritable fou ne s'aperçoit pas qu'on se moque de lui. Il a de l'innocence dans la vraie folie et l'innocence, on passe aisément à la niaiserie, à la bêtise, à ce que vous nommez si justement à présent: la connerie.
Vous allez même jusqu'à organiser des dîners pour vous moquer d'un con, moi ça me couperait l'appétit.
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marlene50marlene50   19 juin 2021
(Triboulet parlant de son frère)
Je regardais ce grand nigaud avec une compassion qui n'excluait pas le dégoût. Il traînait après lui une odeur d'étable mal nettoyée ; il était si sale qu'il n'avait jamais dû se laver qu'à la pluie.
Il était pareil à ces vilains qui ne songeaient qu'à s'empiffrer de viande grasse et crue, engrossant leurs propres filles et sodomisant les truies.
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