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ISBN : 2363390008
Éditeur : Finitude (17/11/2011)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Georges Perros était poète et, comme la plupart des poètes, il se souciait fort peu de recenser ses oeuvres. Il les donnait à des revues, les envoyait à ses amis ou les offrait pour la fête des mouettes de Douarnenez... Nous avons rassemblé tous ces poèmes, oubliés ici ou là. Plusieurs sont reproduits en fac-similé.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Erik35
  15 avril 2017
Georges Perros est de ces auteurs rares - trop rares, peut-être - dont on peut jamais dire qu'il n'a jamais réellement construit une "oeuvre", tandis que, pour autant, cette oeuvre existe, vit, s'exprime réellement, et même bien après sa mort - des suites d'un cancer de la gorge - en janvier 1978. Une oeuvre d'une force pénétrante.
Bien sur, le lecteur attentif ne peut méconnaître les Papiers collés, publiés au fil du temps en trois volumes chez Gallimard. Pourtant, rien de moins fabriqués, d'anticipés que ces textes plus ou moins brefs, d'aucuns ressemblant bien plus à des aphorismes plutôt qu'à des réflexions construites, faites à dessein et pour "prouver" quelque chose.
Bien sur, il y a ce profond recueil, Une vie ordinaire, manière d'autobiographie poétique sans fioriture ni facilités stylistiques superflue ou gratuitement esthétiques, malgré l'utilisation stricte d'une versification en octosyllabes et dans un même temps, d'une immense liberté de construction interne.
On se souviendra aussi des beaux Poèmes bleus. Mais Perros fut si négligent de son oeuvre - et plus encore de cette chose si futile nommée postérité - qu'une immense part de ses textes ne furent, ne sont encore, découvert qu'après sa disparition bien trop rapide.
Ainsi en est-il de ces quelques vingt-huit poèmes proposés par l'excellente petite maison d'édition bordelaise, Finitude, dans ce volume reprenant l'entame d'un des textes retrouvés et proposés pour l'occasion "J'habite près de mon silence".
Le silence, celui de sa voix légèrement haute et très posée, très chaude en même temps, ce silence imposé par la maladie, Georges Perros en fut le compagnon sans doute malheureux, malgré L'ardoise magique. Mais ce silence, c'est aussi celui qu'il alla trouver au bout du bout du monde, en Douarnenez - Douar an enez, du breton, la terre de l'île. Presque un programme - loin, si loin des rumeurs parisiennes où il fit ses premières armes, où il prit conscience de la fin probable de l'occident, et voulu s'en éloigner.
C'est le silence de la Mer et de ses marins laborieux, des taiseux mais des hommes. C'est encore le silence envahi des mouettes et des goélands en un jeu calligraphique presque enfantin et tendrement émerveillé à la fois. C'est encore le silence complice des vieux amants, face à la vie passée, face à la mort inexorable mais sans crainte. C'est le silence impossible des mots qui disent - ou s'essayent à dire par leur trop d'excès :
On ne dit que ce qu'il faut dire
mais le mot qui reste est le pire
tout seul il fait mille petits
les psychiatres, quel appétits !
C'est le silence absolu, définitif, et qui blesse, par l'oubli, par le vide d'amour.
Une poésie tellement vitale que celle de Georges Poulot dit Georges Perros. Vitale, essentielle, d'un humanisme vrai, sans circonlocution, sans faux semblant. Abrupte même, mais le vrai chemin du coeur, le chemin vers soi ou vers l'autre ne peut se satisfaire de mensonge, ni du silence des mots.
Écoutons encore un peu cette voix si profonde, cruciale, sombre aussi. Une voix irréparable :
J'habite près de mon silence
à deux pas du puits et les mots
morts d'amour doutant que je pense
y viennent boire en gros sabots
comme fantômes de l'automne
mais toute la mèche est à vendre
il est tari le puits, tari.
+ Lire la suite
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   25 octobre 2018
PETIT COURS DE CORRESPONDANCE


Quand je termine une lettre
par « cordialement », je
rougis de honte.
Cela ne semble pas sincère.
Mais quand une lettre
m’arrive
avec cette même formule,
mon cœur se réchauffe.
Je souris. Je me dis
que cette personne est cordiale,
même si
quelques instants auparavant
je n’avais jamais entendu
parler d’elle. En fait, c’est
un gros abruti dans son
bureau à demi-éclairé, si
entreprenant qu’il en est
décoiffé, avec de grosses
souris en caoutchouc
dans le couloir.

Sincèrement,
Ron Padgett
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   25 octobre 2018
AINSI SOIT ELLE


Extrait 2

Le plaisir veut qu’on y pense
Un rien de plus qu’il ne vaut
Que la bête en nous dépense
Son crescendo.

À l’amour rendons les armes,
Il nous dérange si peu !
Sois tel un soldat. Les larmes
Ne sont rien qu’un coup de feu

Qu’à personne l’on destine
Sans savoir pourquoi, comment,
Dresse ton corps et calcine
Ton sempiternel tourment.

Laisse-toi souffrir, ma belle,
Moi je laisse aller mon cœur.
Ainsi le navire appelle
L’ancre. Ainsi l’âme sœur, ma sœur.
+ Lire la suite
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Erik35Erik35   14 avril 2017
J'habite près de mon silence
à deux pas du puits et les mots
morts d'amour doutant que je pense
y viennent boire en gros sabots
comme fantômes de l'automne
mais toute la mèche est à vendre
il est tari le puits, tari.
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Erik35Erik35   15 avril 2017
XIII

Marins nous chanterons ensemble
Pour qu'enfin
Le monde demeure
Tel que vous le voyez
Le faites
Frères humains, humaines sœurs
Le large nous réconcilie
Ainsi soit-il
En toute vie.
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coco4649coco4649   25 octobre 2018
Qui te connaît …


Qui te connaît Georges Perros
Nul au monde ni moi ni vous
Toi peut-être fille aux seins roux
Prêtresse de ce vieil Eros
Je ne sus que te caresser
Alors qu’intense amour à faire
Qu’es-tu devenue ô beauté
Dont je perçus mal le mystère
Qu’est-il devenu ton cher corps
Terreux, dansant avec les morts
L’horrible, l’éternel quadrille
Où es-tu folle jeune fille
Folle d’aimer qui ne sait pas
Être aimé autrement qu’en rêve
Non plus aimer sinon trop brève
La férocité d’un désir
Moins à vivre hélas qu’à mourir.

Si je te rencontrais demain
Tu me verrais main dans leurs mains
À ces enfants que je fis naître
Tu me dirais bonjour peut-être

Je l’ai vu quelque part mais où
Cet homme près de la vieillesse
Avec ce regard un peu flou
Mais quand mon Dieu mais où était-ce ?
+ Lire la suite
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Videos de Georges Perros (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Perros
Samedi 23 Février nous avons accueillis dans notre librairie Gérard le Gouic, venu pour nous parler de son titre "Au pays de Georges Perros" ! Voici quelques minutes de cette rencontre !
Site : https://www.librairieravy.fr/ Page Facebook : https://www.facebook.com/Librairie-RAVY-175491889157470/ Instagram : https://www.instagram.com/librairieravy/ Twitter : https://twitter.com/LibrairieRavy
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