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EAN : 9782757885611
448 pages
Éditeur : Points (11/06/2020)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 23 notes)
Résumé :
« Il est difficile de parler de Nohant sans dire quelque chose qui ait rapport à ma vie présente ou passée », écrivait George Sand. C’est par Nohant, par sa maison, que je l’ai rencontrée. À vrai dire, elle ne fut pas un modèle de ma jeunesse. Pour « la bonne dame », je n’éprouvais pas d’attirance. Ses romans, La Petite Fadette, etc., que la grand-mère de Marcel Proust tenait en si haute estime, me paraissaient bons pour les distributions de prix. Je participais à l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
SeriallectriceSV
  29 septembre 2019
« Nohant vu, voulu et vécu par Sand : tel est notre propos.
Dans ses dimensions matérielles et symbolique, affectives et politiques, réelles et idéelles, côté chambres et côté jardin.
Dans sa folle ambition de projet communautaire, d'atelier d'artiste, de lieu de création, de modèle égalitaire.
Dans sa tragédie de papillon brûlé à la lampe nocturne.
Dans sa beauté de fleur condamné au squelette de l'herbier. »
Nohant, une demeure d'artiste, témoin d'une époque, que Michelle Perrot nous raconte avec précision.
En été 2016, de passage dans le Berry, un détour par ces lieux étaient une évidence (à mes yeux !...un peu moins à ceux de mes loulous ;-)). Nous avons eu donc la chance de visiter cette grande et belle maison ainsi que son beau et apaisant jardin attenant. Un souvenir inoubliable pour ma part; au fond de ma petite mémoire, des instantanés ceux de l'immense et si fonctionnelle cuisine, du majestueux escalier de l'entrée, de la pièce de réception si chaleureuse et accueillante, et de son théâtre, le clou d'une visite riche en découvertes.
Alors c'est avec un grand plaisir que je me suis laissée happer par ces pages, pour une visite tout aussi intéressante, dense, enrichissante de ce "monde enchanté".
« Nohant est une thébaïde [...]. L'art y établit la communion des coeurs et des esprits. C'est aussi une cellule politique, inspirée un temps par le socialisme de Pierre Leroux, noyau républicain support de journaux et fervent subversif des manières de vivre et de penser. Nohant est le creuset d'une utopie,
spatialisée comme elles le sont toutes, pénétrée par l'ardent désir de changer le monde par son existence même. »
Nohant, « un refuge, un lieu stable, où s'enracinent les souvenirs et la vie, où reposer un jour dans une terre familière. »
Nohant, « une oasis, un sanctuaire. »
Nohant, « le chemin et la quête d'une vie. [la] nôtre en ce livre. »
George Sand, la passionnée, la voyageuse, une femme toujours en mouvement qui voyait dans le chemin la métaphore et la réalité de la vie. « Qu'y a-t-il de plus beau qu'un chemin [...] le chemin sans maître [...], route de l'univers ? »
En même temps qu'une femme hantée par le désir de l'éternel retour.
« Arriver pour moi, c'est toujours revenir. »
Un beau voyage dans le temps, instructif, émouvant, enrichissant, dépaysant, merci Michelle Perrot !
Merci également aux cafés littéraires et gourmands ;-) de Pontault et aux bibliothécaires qui placent en nos mains des oeuvres que nous n'aurions probablement jamais saisies.
« La vie est un voyage qui a la vie pour but. »
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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kiki23
  03 juin 2019
Quiconque s'est penché sur la vie de George Sand, quiconque s'est promené du côté de Nohant, sait que George Sand est Nohant et que Nohant est George Sand.
Cet ouvrage en est la démonstration.
George Sand est un personnage, mais Nohant en est également un.
Je suis de celle qui pense que les lieux ont une âme et mes visites à Nohant n'ont pu que me confirmer dans cette position.
Nous sommes loin de la Bonne Dame de Nohant qui a pu être décrite sans fin il y a quelques années : de l'ouvrage se dégage une personnalité complexe et multi-facettes.
Pour réactualiser les choses à la sauce XXIème siècle, j'écrirai que Nohant fut/est une résidence d'artistes.
Dans le regard de Michelle PEROT cela donne trois dimensions : les gens, les lieux et les temps… mais avant tout beaucoup de vie.
L'ouvrage est très documenté, mais pas austère… à un bémol près s'agissant des pages consacrées à la politique.
Sa lecture me fut si agréable que j'ai commandé « Histoire de chambres ».
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Colchik
  27 avril 2019
Quoi de plus intéressant que de saisir une personnalité par les lieux qu'elle a investis ? C'est l'objectif que s'est fixé Michelle Perrot dans ce livre remarquable. Nohant, rien que Nohant, tout Nohant pour nous raconter en filigranes Aurore Dupin alias George Sand.
Au travers du prisme de Nohant, nous voyons se dérouler toute une vie avec ses joies, ses malheurs, ses soucis domestiques, mais aussi ses querelles familiales et amoureuses. Surtout nous découvrons l'émancipation d'une femme qui se sépare de son mari, récupère sa maison, l'organise pour en faire un lieu de travail et de repos pour ses amis, un ancrage pour son oeuvre, un laboratoire artistique et social, un toit pour ses petites-filles aimées et choyées.
Il faut toute la précision de l'historienne pour déplier sous nos yeux près d'un siècle de vie à Nohant ; cependant jamais le souci de l'exactitude ne se transforme en érudition sèche et rébarbative.
J'ai aimé les romans de George Sand mais, avec ce livre, j'ai aimé la femme qu'elle incarnait. Elle se sépare d'un époux avec qui elle ne partage plus rien, elle travaille sans relâche pour faire vivre Nohant, elle n'ignore rien de sa condition privilégiée et s'efforce d'éduquer ceux qui n'ont pas la chance d'accéder à l'instruction, elle se tient loin de la religion et de ses conventions, elle s'engage politiquement. C'est une combattante, une sportive, une amoureuse, dure au labeur et capable de surmonter bien des vicissitudes. En peu de mots, elle se veut être – autant qu'il l'est possible à cette époque – une femme libre dans ses amours comme dans ses amitiés. En décrivant le quotidien à Nohant, Michelle Perrot se garde bien de faire un portrait hagiographique de l'écrivaine : elle montre aussi sa dureté à l'égard de sa fille Solange, l'amour étouffant qu'elle porte à son fils Maurice, ses rapports compliqués avec la domesticité, tour à tour encouragée à s'émanciper mais parfois congédiée trop facilement.
Le grand talent de Michelle Perrot est dans la richesse des nuances qu'elle apporte, dans sa manière fine d'explorer l'univers sandien dans ses côtés les plus pragmatiques, l'hygiène, la médecine, les repas, les tâches et les devoirs d'une maîtresse de maison accaparée par le défilé de ses invités. Mais, sous nos yeux, se dessine aussi le tableau de la campagne berrichonne au XIXe qui est indissociable de l'oeuvre de Sand.
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Vermeer
  30 juin 2019
George Sand est à la mode, non l'écrivain, son oeuvre mais la femme. Une femme libre, moderne, complète qui voulait tout : la liberté, l'amour, l'amitié, l'indépendance financière, la vie intellectuelle, les voyages, la vie familiale, les tâches domestiques et d'exploitante agricole qui ne la rebutent pas du tout, bien au contraire à Nohant. Les confitures, les amants, les amis, les enfants, les balades dans la campagne et la vie intellectuelle.
C'est la vie de George Sand si attachée à son terroir du Berry à Nohant qu'étudie Michelle Perrot. L'écrivain en hérite de sa grand mère, elle y composera la quasi totalité de son oeuvre. Nohant : racines et refuge, lieu de réception de la fine fleur artistique de l'époque ( Chopin, Liszt, Balzac, Flaubert, Delacroix, Tourgueniev, ¨Pauline Viardot), lieu de naissance de ses enfants, drames familiaux (mort de deux de ses petits enfants enterrés au domaine), il est inséparable de George Sand qui y meurt et l'a transmis à ses enfants même si cette demeure a bien failli disparaître après la mort de l'écrivain.
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jack56
  08 janvier 2019
Plutôt que d'écrire une énième biographie Michelle Perrot a choisi une autre voie pour aller à la découverte de George Sand. Il s'agit de Nohant sa demeure dans le Berry. A partir de cette magnifique maison nous allons à la rencontre de cette femme hors du commun en suivant de multiples thèmes : la famille, le personnel, la santé, la politique, l'agriculture, le jardin, etc.
L'ouvrage de qualité est très documenté et enrichissant sur l'ensemble de ces thèmes. Après trois visites de cette demeure j'ai eu beaucoup de plaisir à m'y imprégner encore un peu plus.
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critiques presse (1)
Bibliobs   08 janvier 2019
L'historienne Michelle Perrot dresse un inventaire à la Perec à chaque étage de la maison de George Sand. Un portrait incroyablement vivant de la romancière.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
SeriallectriceSVSeriallectriceSV   29 septembre 2019
[...] Il faut nous débarrasser des théories de 93 ; elles nous ont perdus. Terreur et Saint-Barthélémy, c'est la même voix [...]. Maudissez tous ceux qui creusent des charniers. La vie n'en sort pas. C'est une erreur historique dont il faut nous dégager. Le mal engendre le mal. Apprenons à être révolutionnaires obstinés et patients, jamais terroristes. » Une manière de testament politique de celle qui est « demeurée rouge dans son coeur ».
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michelekastnermichelekastner   04 février 2019
George Sand avait rêvé de transmettre à ses descendants la maison qu'elle tenait de Marie-Aurore. Une maison qu'elle avait faite sienne, tout en l'ouvrant à tous. Son empreinte était si forte que le rêve s'est révélé irréalisable. Son absence était une intolérable présence dont il fallait se libérer. Il faut toujours "vider la maison de ses parents".
"J'avais la maison de mes souvenirs pour y abriter les futurs souvenirs de mes enfants. A-t-on bien raison de tenir tant à ces demeures pleines d'images douces et cruelles, histoire de votre propre vie, écrite sur tous les murs en caractères mystérieux et indélébiles qui, à chaque ébranlement de l'âme, vous entourent d'émotions profondes ou de puériles superstitions ?"
Non, sans doute. Les maisons sont fugitives et les souvenirs qui s'y attachent ne survivent pas à leurs habitants. Une chambre est désertée quand son occupant la quitte. Une maison se vide et devient décor de plus en plus énigmatique. Presque rien n'est transmissible. Excepté par l'écriture, seule capable d'en fixer quelque chose et de l'inscrire dans l'éternité des mots.
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Annette55Annette55   27 novembre 2018
"Les papillons ne sont que des fleurs envolées un jour de fête où la nature était en veine d'invention et de fécondité ."
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   29 septembre 2019
« Je veux vous faire travailler et gagner de l'argent malgré vous. Mais il faudra vous dégourdir, ma berrichonne ! » La Berrichonne [Eliza Tourangin] reste sourde à ces objurgations, au point que George lui écrit : « Vous pourriez faire tout ce que vous voudriez, mais voudrez-vous jamais quelque chose ? [...] Je crois qu'il y a dans l'irrésolution une cause d'apathie, et dans l'apathie un certain charme intérieur de résignation et d'abnégation qui compense les rudes et douloureuses victoires de l'âpre activité » celle que George déploie pour elle-même et sur laquelle elle s'interroge : « Quand je me suis jetée à 26 ans dans une vie de hasards et de misères, je me sentais l'ardeur de tous les combats, et j'en ai traversé de tous genres, le tout pour arriver à ne rien regretter et ne rien désirer pour moi-même. Vous êtes au départ, un peu comme je suis au but. Alors pourquoi faut-il que vous passiez par l'orage ? »
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ColchikColchik   27 avril 2019
« J’ai la haine de la propriété territoriale, écrit-elle en 1858 à son ami républicain Ernest Périgois. Je m’attache tout au plus à la maison et au jardin. Le champ, la plaine, la bruyère tout ce qui est plat m’assomme, surtout quand ce plat m’appartient, quand je me dis que c’est à moi, que je suis forcée de l’avoir, de le garder, de le faire entourer d’épines, et d’en faire sortir le troupeau du pauvre à mon tour […]. Donc je ne tiens pas à ma terre, et à mon endroit, et quand je suis sur la terre et dans l’endroit des autres je me sens plus légère et plus dans ma nature qui est d’appartenir à la nature et non au lieu. »
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Vidéo de Michelle Perrot
Figure du communisme en France, Martha Desrumaux était une ouvrière et… une femme, soit deux raisons d'être oubliée par l'Histoire. Avec le documentaire le Souffle de Martha, diffusé ce lundi 8 mars sur LCP, François Perlier répare un peu cette injustice en célébrant le destin de cette femme qui, selon l'historienne Michelle Perrot, « avait quelque chose d'exceptionnel ».
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