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EAN : 9782081451995
704 pages
Éditeur : Flammarion (22/01/2020)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 14 notes)
Résumé :

Les femmes font aujourd'hui du bruit ? C'est en regard du silence dans lequel les a tenues la société depuis des siècles. Silence des exploits guerriers ou techniques, silence des livres et des images, silence surtout du récit historique qu'interroge justement l'historienne. Car derrière les murs des couvents ou des maisons bourgeoises, dans l'intimité de leurs journaux ou dans les confidences distraites du passé, dans l... >Voir plus
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
MegGomarMegGomar   19 juin 2014
[...] leur posture normale [des femmes] est l'écoute, l'attente, le repli des mots au fond d'elles-mêmes. Accepter, se conformer, obéir, se soumettre et se taire. Car ce silence, imposé par l'ordre symbolique, n'est pas seulement celui de la parole, mais aussi celui de l'expression, gestuelle ou scripturaire. Le corps des femmes, leur tête, leur visage parfois doivent être couverts, et même voilés. "Les femmes sont faites pour cacher leur vie" dans l'ombre du gynécée, du couvent ou de la maison. Et l'accès au livre et à l'écriture, mode de communication distanciée et serpentine, susceptible et déjouer les clôtures et de pénétrer dans l'intimité la mieux gardée, de troubler un imaginaire toujours prêt aux tentations du rêve, leur fût longtemps refusé, ou parcimonieusement accordé, comme une porte entr'ouverte vers l'infini du désir.
Car le silence était à la fois discipline du monde, des familles et des corps, règle politique, sociale, familiale -les murs de la maison étouffent les cris des femmes et des enfants battus- personnelle. Une femme convenable ne se plaint pas, ne se confie pas, excepté chez les catholiques à son confesseur, ne se livre pas. La pudeur est sa vertu, le silence, son honneur, au point de devenir une seconde nature, l'impossibilité de parler d'elles finissant par abolir son être-même, ou du moins ce qu'on peut en savoir. Telles ces vieilles femmes murées dans un mutisme d'outre-tombe, dont on ne discerne plus s'il est volonté de se taire, incapacité à communiquer ou absence d'une pensée dissoute à force de ne pouvoir s'exprimer.
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MegGomarMegGomar   19 juin 2014
Ce silence profond, les femmes n'y sont pas seules. Il enveloppe le continent perdu des vies englouties dans l'oubli où s'abolit la masse de l'humanité. Mais il pèse plus lourdement encore sur elles, en raison de l'inégalité des sexes, cette "valence différentielle" (Françoise Héritier) qui structure le passé des sociétés. Il est la donnée première où s'enracine la seconde : la déficience des traces relatives aux femmes et qui rend si difficile, quoique très différemment selon les époques, leur appréhension dans le temps. Parce qu'elles apparaissent moins dans l'espace public, objet majeur de l'observation et du récit, on parle peu d'elles, et ce, d'autant moins que le récitant est un homme qui s'accommode d'une coutumière absence, use d'un masculin universel, de stéréotypes globalisants ou de l'unicité supposée d'un genre : LA FEMME. Le manque d'informations concrètes et circonstanciées contraste avec l'abondance des discours et la profusion des images. Les femmes sont imaginées beaucoup plus que décrites ou racontées, et faire leur histoire, c'est d'abord, inévitablement, se heurter à ce bloc de représentations qui les recouvrent et qu'il faut nécessairement analyser, sans savoir comment elles-mêmes les voyaient et les vivaient, comme l'ont fait surtout, en l'occurrence, les historiens de l'Antiquité tels François Lissarague, déployant la bande dessinée des vases grecs, ou du Moyen-Age. On verra les perplexités d'un Georges Duby, scrutant les images médiévales, ou d'un Paul Veyne, disséquant les fresques de la Villa des Mystères. L'un et l'autre concluent au caractère mâle des oeuvres et du regard et s'interrogent sur le degré d'adhésion des femmes à cette figuration d'elles-mêmes.
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MegGomarMegGomar   19 juin 2014
L'irruption d'une présence et d'une parole féminines en des lieux qui leur étaient jusque-là interdits, ou peu familiers, est une innovation du dernier demi-siècle qui change l'horizon sonore. Il subsiste pourtant bien des zones muettes et, en ce qui concerne le passé, un océan de silence, lié au partage inégal des traces, de la mémoire et, plus encore, de l'Histoire, ce récit qui, si longtemps, a "oublié" les femmes, comme si, vouées à l'obscurité de la reproduction, inénarrable, elles étaient hors du temps, du moins hors événement.
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GuijojoGuijojo   17 janvier 2018
« Au commencement était le Verbe mais le Verbe était Dieu, et Homme. Le silence est l’ordinaire des femmes. » p1
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Vidéo de Michelle Perrot
En 2009, Michelle Perrot publiait "Histoire de chambres" aux éditions du Seuil. L'historienne explique que la chambre est devenue le lieu de l'intimité au fil du temps. Si elle devait rajouter un chapitre à cette histoire qui se déroulerait lors du premier trimestre 2020, elle opterait pour une enquête dans les chambres confinées. "L'espace introduit des différences fondamentales dans la manière dont nous vivons", affirme l'historienne.
Dans la catégorie : FemmesVoir plus
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