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EAN : 9782743622800
315 pages
Payot et Rivages (02/11/2011)
3.23/5   11 notes
Résumé :
Un bureau de poste est braqué à Stockholm. Rien d’extraordinaire, nous sommes en 1977, la délinquance est en pleine explosion. Les inspecteurs Johansson et Jarnebring, deux jeunes flics de terrain pleins d’enthousiasme, sont rapidement sur les lieux, mais le coupable parvient à s’enfuir. En dépit de quelques éléments apportés par des témoins, la police tourne en rond. Au cours des mois suivants sont commis deux meurtres. Il apparaît peu à peu que tous ces événements... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
encoredunoir
  30 janvier 2013
La mode du polar nordique persistant, les éditions Rivages sont allées chercher quelques chevaux pour leur écurie. Bien entendu, quand on a déjà Sjöwall et Wahlöö dans la boutique, il convient de trouver autre chose qu'une rossinante si l'on veut pouvoir faire bonne figure au milieu d'une offre pléthorique.
C'est donc sur Leif GW Persson que Rivages a mis la main en éditant en 2009 Comme dans un rêve, enquête autour de l'assassinat d'Olof Palme (que nous n'avons pas encore eu l'occasion de lire). Depuis l'an dernier, l'éditeur s'est lancé dans la publication des premiers romans de Persson parus entre la fin des années 1970 et le début des années 1980.
La fête du cochon (1978) est donc le premier roman de Persson. Roman étrange et par bien des côtés déstabilisant à propos d'une enquête portant sur le braquage d'un bureau de poste à Stockholm. Déstabilisant parce que, sous l'apparence d'un classique roman de procédure suivant quasiment au jour le jour une enquête, ses fausses pistes, ses impasses, sa routine, Persson cherche à peindre en creux un portrait peu amène de la société suédoise et de ses services de sécurité et, du coup, nous livre un objet étrange qui ne ressemble finalement, pour peu que l'on creuse, ni a un procedural, ni a un roman noir, et projette le lecteur dans une espèce d'entre-deux parfois inconfortable.
D'autant plus que Persson se plaît aux retours en arrière inattendus ou aux digressions dont on peine parfois à saisir immédiatement l'intérêt (qui nous sautera aux yeux quelques chapitres plus loin… ou pas) et, surtout, toujours avec cette propension à l'entre-deux, à laisser le lecteur dans l'expectative quant à la réalité de ce qu'il lit. Car Leif GW Persson est un criminologue qui sait de quoi il parle et qui n'hésite pas à citer ses propres articles et essais dans les citations qui ouvrent les chapitres.
La fête du cochon vaut cependant le détour. Qui saura passer outre cette déstabilisante construction trouvera en effet dans ce roman un portrait au vitriol d'une société souvent raciste – à l'égard des étrangers mais aussi des ruraux – où le fait d'entrer dans la norme revêt une importance peut-être plus grande qu'ailleurs, aux services de police partagés entre incompétence et corruption et où la tentation totalitaire n'est jamais bien loin. Une société perturbée par la montée de la violence et qui peine à la comprendre et à la juguler.
Par ailleurs, Persson place au milieu de ce jeu de quille un personnage qui dévie de la norme. Lars Johansson cumule en effet les tares : issu d'une famille de paysans incultes, divorcé d'une femme qui l'a quitté pour un de ses supérieurs dans la police et, qui plus est, secrètement communiste. S'il reste effacé – bien qu'à travers son regard, Persson joue d'un humour cynique particulièrement fin à l'égard de la police en particulier et de la société suédoise en général – Johansson laisse présager du fait qu'il deviendra un personnage particulièrement intéressant à voir évoluer dans les romans suivants dont l'éditeur nous dit qu'il en sera un personnage récurent.
Atypique et déroutant, pas dénué de défauts mais aussi bien pourvu en qualités, La fête du cochon est une entrée un peu ardue dans le monde de Persson mais qui se révèle convaincante sur la longueur et donne à espérer d'une suite des plus intéressantes. Reste à savoir si, justement, cette suite viendra confirmer ce constat.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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bdelhausse
  08 août 2016
Rivages, peut-être en mal de bon nouveaux auteurs, est allé nous rechercher un auteur suédois (gage de qualité, sans doute..., d'autant qu'il est criminologue et profileur) et a entrepris de traduire des romans datant de 1978, ou presque. Dès lors, le lecteur se retrouve dans la position inconfortable de lire en 2016, des pages écrites en 1978... avec tout le décalage que cela implique et le fait que le thriller, le polar, le roman noir a beaucoup évolué depuis lors.
Le sujet... un braquage banal, est le point de départ à une réflexion sur la police et sur la société suédoise, ce Welfare State que l'Europe entière enviait dans les années 70, une société qui semblait tenir le cap malgré les chocs pétroliers. Avec humour (un humour grinçant tenant davantage de l'ironie, du cynisme, voire du sarcasme, que de Starsky et Hutch), Leif Persson présente une galerie de policiers aux prises avec le système.
Car, à mes yeux, le personnage central du livre, c'est la structure, le système. Qu'il s'agisse de la police ou de la société, il y a au-dessus de ces hommes, désespérément faillibles, une sorte de chappe de plomb qui cadenasse tout. C'est noir... noir de noir, 90% de cacao... L'auteur dresse, en creux, un portrait sans concession de la société scandinave, où les choses ne sont pas ce qu'elles semblent. C'est un propos qui est connu maintenant. Mankell, Nesbo... l'ont aussi asséné. Mais en 1978, c'était déroutant, à mon avis.
Au-delà de l'intrigue (qui n'est finalement qu'un prétexte), Leif Persson joue avec le lecteur. Même s'il s'en défend en postface, il amène petit à petit des faits réels, ou réalistes, dans une intrigue qu'il positionne comme de la pure fiction.
Le policier a de la chance, c'est sa seule planche de salut... Surtout quand le criminel est dans ses propres rangs. C'est éminemment politisé comme propos. le policier doit être tenace, mordre et ne rien lâcher, mais cela ne suffit pas.
Les protagonistes finissent par trouver une piste, presque par hasard. Mais dans d'autres départements, on va considérer qu'il n'est pas bon que la vérité éclate. Il vaut mieux une police qui a une réputation d'inefficacité qu'une police dont on étalera la corruption...
Le point de vue pris par Persson est original et fait en effet référence à Sjöwall et Wahlöö dans ce souci permanent du détail procédurier. le rythme est évidemment lent (du moins pendant 2/3 du livre). Car il fauttout mettre en place.
Le procédé qui consiste à placer en dabut de chaque chapitre des extraits de rapports ou de livres (réels ou fictifs) en relation avec le propos dudit chapitre est original. Cela éclaire le propos. Cela ajoute souvent une dimension humoristique à l'ensemble (qui, au premier degré, se révèle assez noir, je le répète).
Cela a évoqué en moi plusieurs affaires qui se sont déroulées en Belgique, la plus connue étant l'affaire Dutroux. Elle a mis en lumière les errements et les erreurs de la police en tant que système (surtout via la guerre que se livraient police et gendarmerie à l'époque). La chance et une forme de persévérance dans le chef de quelques hommes a permis de sauver quelques jeunes filles, in extremis. le simulacre de commission parlementaire, dont les audiences étaient télévisées, a parachevé la débâcle de cette affaire.
Ces hommes, décrits par Leif Persson, sont aux prises avec une réalité qui les dépassent sont attachants, touchants dans leur maladresse, humains face à un bloc de béton nommé système.
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marina53
  21 mai 2012
Conseil avant toute chose: évitez de lire la quatrième de couverture. Même si en lisant ce "polar", on se rend compte que la recherche du coupable n'est pas le sujet essentiel, autant garder tout de même une part de mystère.
Je suis partagée sur ce livre, autant il est clair que Persson maîtrise son sujet (voir son cursus), autant, je pense qu'il n'a pas réussi à le vulgariser.
Des chapitres très courts dans lesquels sont insérés des citations de policiers, d'études policières...
Persson a surtout voulu dénoncer le système suédois (policier et judiciaire) des années 70. Or, je ne suis ni suédoise ni policière et tout juste née. Pas de chance.
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Sharon
  02 mars 2014
Leif GW Personn connaît bien son affaire, il est criminologue. Il n'hésite pas à citer des extraits de ses articles en exergue des chapitres. Alors que la criminalité monte en flèche, que les braquages de banque se multiplient, les policiers semblent tous plus incompétents les uns que les autres. Chacun a ses défauts, et leur réunion provoque gène considérablement le déroulement de l'enquête, sans qu'ils en aient conscience. Quand ils s'en aperçoivent, il est trop tard pour remédier à ses erreurs.
La fête du cochon, en référence à une activité touristique prisée par les suédois, est un constat d'échec sur la société suédoise en générale et sa justice en particulier. Il est facile de s'en tirer en toute impunité, pour peu qu'on soit suffisamment prévoyant.
Je sais qu'à sa lecture, certains lecteurs se trouveront frustrés. La justice ne triomphe pas toujours, encore faut-il qu'elle en ait les moyens.
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collectifpolar
  22 février 2021
tockholm, 1977. Un bureau de poste est braqué et les inspecteurs Johansson et Jarnebring sont dépêchés sur place. Ils ne parviennent pas à trouver le coupable et, dès qu'une piste semble se dessiner, des meurtres les emmènent vers une autre direction. Les deux inspecteurs sont obligés de s'intéresser à la Säpo, la police de sécurité suédoise.
Persson est un auteur suédois de très grande qualité, avec des intrigues qui oscillent souvent entre le policer et l'espionnage. Ses romans sont remarquablement construits et écrits et le portrait qu'il fait de la Suède est implacable. Ici, Rivages traduit (enfin !) un titre de la fin des années 1970. Persson n'a pas en France la notoriété d'un Mankell, pourtant ses livres sont du même niveau
Lien : https://collectifpolar.com/
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   20 mai 2012
L'immeuble contient des bureaux, des salles d'interrogatoire, des salles d'appel, des auditoriums, des locaux de garde à vue, une cantine et un musée de la police, entre autres installations essentielles à la lutte contre la criminalité galopante. On y trouve également des équipements sportifs extravagants: une immense piscine, un grand et un très grand gymnases, des vestiaires, un sauna, des douches et tous les aménagements nécessaires à la bonne condition physique du policier paré pour la lutte. Pas de bibliothèque, cela va sans dire.
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marina53marina53   21 mai 2012
Il y a la petite racaille et les gros voyous. Les vrais salopards appartiennent généralement à la deuxième catégorie. Exactement comme chez les gens ordinaires. On y trouve aussi quelques types bien. Et puis des minables en masse. Enfin, les ordures, bien trop nombreuses.
Kurt Nyblom
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marina53marina53   21 mai 2012
Hormis l'acte sexuel dans le sens strict du terme, la relation a surtout pour fonction de renforcer l'identité sexuelle de l'homme, et d'écarter ses doutes naissants concernant ses performances sexuelles et son pouvoir d'attraction sur le sexe opposé. C'est ainsi que les femmes plus jeunes, physiquement attirantes, jouent un rôle déterminant dans le processus de construction identitaire de cette catégorie d'hommes.
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marina53marina53   20 mai 2012
Il avait cependant fait un constat. Quand l'amour tarit entre deux êtres, quelle qu'en soit la raison, des traits de caractère considérés jusque là comme des qualités se transforment soudain en défauts.
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bdelhaussebdelhausse   09 août 2016
J'ajouterai qu'il est passablement dérangeant sur le plan judiciaire et politique que quelqu'un puisse se procurer l'équivalent de quatre ans d'un salaire d'inspecteur en trois minutes de travail. Je parle de revenu brut, messieurs. (p.11)
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