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ISBN : 2290061018
Éditeur : J'ai Lu (03/04/2013)

Note moyenne : 4.41/5 (sur 190 notes)
Résumé :
Les deux frères Lancefall sont des Arserkers, des seigneurs guerriers reconnaissables à leurs yeux d'or. Vivant dans l'ombre, dans la grande ville d'Alerssen, ils excellent dans l'art de tuer. Mais tout bascule pour eux lors d'un présage et d'une rencontre insolite...
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Critiques, Analyses et Avis (84) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
  09 août 2014
"Martyrs" c’est plus de la fantasy à intrigues que de la fantasy à action, c’est plus de la low fantasy que de la high fantasy, mais "Martyrs" n’est pas le "Trône de fer" français. Fin du rêve. Mais cela reste un bon récit de fantasy qui boxe dans la catégorie juste en dessous avec les ouvrages de John Marco, de David B. Coe ou d’Anthony Ryan…
Le 1er chapitre pose tout de suite l’ambiance : nous suivons un jeune assassin, issue d’une longue lignée d’assassins, en train de terminer sa mission contractée auprès d’un paysan voulant venger sa parenté violentée par des spadassins sans foi ni loi. Dans une cité en ruine envahie par les fantômes, Oliver Péru nous présente sa Marche des Spectres, concept bien introduit dans une scène quasiment tirée du "Mirrors" du frenchie Alexandre Aja, mais pas tant exploité que cela… Et puis dommage ne pas être davantage allé vers un "Lone Wolf & Cub" fantasy. Fin du rêve x2…

La parenté avec GRR Martin se sent dans l’inversion des valeurs : vilenies et bassesses sont ici monnaies courantes chez les belles gens (comme IRL finalement ?), et les méchants qui sont l’exception dans le cape et d’épée hollywoodien sont ici la norme (comme IRL finalement ?). Fatalement, le vice devient vertu et la vertu dévient vice. Ici le roi est un monstre, son champion est un boucher, les seigneurs sont des pervers narcissiques et les preux chevaliers sont au mieux des bellâtres imbus d’eux-mêmes… Mais comme chez GRR Martin, on adore tellement les détester qu’à la fin on finit par les prendre en sympathie. ^^
Ici un POV très important est consacré à Karmalys Charvadys, Reycorax de Palerkan, c’est-à-dire le roi du monde, qui est un couard boulimique qui n’a jamais voulu être le récipiendaire de la couronne ultime. Il se réfugie dans les plaisirs de la chair pour oublier les complots sans fin qu’il met au point pour que la paix perdure dans son immense royaume. Mais non seulement il se déteste, manque d’estime de soi oblige, mais en plus il s’ennuie plus que gravement, voire est carrément dépressif... C’est avec une révolte occidentale qu’il retrouve enfin le goût de vivre. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser au Shérif de Nottingham du film "La Rose et la flèche" de Richard Lester : clairement en dépression à force d’être entouré de crétins finis, il va jusqu’à favoriser une énième révolte de Robin des Bois pour tromper son ennui, et qui sait avoir enfin un adversaire à sa mesure ?
Question bad guy, un autre POV est consacré à Opimer Coradlance, le chef des Faucons Blancs, qui est presque un antihéros à la David Gemmell. Le Père Carnage aurait pu être dans un autre livre un good guy, le paysan révolté ayant assassiné le noble crevard qui avait provoqué le déshonneur et le trépas de sa sœur bien aimée. Au lieu de cela, il est devenu l’exécuteur des basses œuvres d’un souverain à qui il voue une fidélité sans borne. Souverain qui voit en lui l’homme de devoir qu’il aurait aimé être… Grâce au maître et son serviteur le plus dévoué on découvre le reste de la cour : la sœur aînée du roi, Akinessa la Main Douce, Irtbert l’éminence grise, les généraux Allesky et Lystin…
Celui par qui le chaos arrive est le chef rebelle Huparn Cavall, qui lui aussi semble sortir tout droit d’un roman de David Gemmell, tant ses Liranders ressemblent aux Highlanders de "La Reine faucon" ou de "Rigante" (qui eux-mêmes sortaient des romans de Walter Scott qui eux-mêmes sortaient des heures belles ou sombres de l’histoire des Îles Britanniques). Ces habitants des îles du couchant ont du sang celte dans les veines, c’est clair ! Dommage que cela soit le POV le moins présent et le moins régulier, mais cet alter ego de William Wallace chef possède aussi un petit côté héros d’anime très plaisant.
Et encore une fois avec cette rébellion on est loin de l’héroïc fantasy traditionnelle : complots et intrigues certes, mais aussi chantage, torture, enlèvements, assassinats, infiltrations, exfiltrations, guerre de propagande et guerre psychologique… Cela m’étonne que personne n’ait songé auparavant à développer les thèmes du terrorisme et du contre terrorisme chers aux techno-thrillers. Car ici la stratégie de Karmalys ressemblerait presque à une "War Against Terror", les représailles répondant aux attentats et vice-versa, jusqu’à l’inévitable recours aux Armes de Destruction Massives. Par moment, j’ai un peu eu l’impression d’un "24h" au ralenti…^^
Mais finalement tout est raconté à travers les yeux de deux jeunes assassins, depuis longtemps orphelins : Helbrand et Irmine Lancefall. Dans leurs relations les frères aserkers ressemblent à Dean et à Sam de la série "Supernatural" : les frères Winchester forever !
Mystérieux borgne semblant connaître les voies du destin, orphelins abandonnés dans une profonde forêt, fin du monde annoncée, berserkers… Il n’est pas difficile de comprendre que l’auteur a pioché avec joie dans la geste des "Niebelungen" !
Ils sont engagés par Rol Guyarson, l’Intendant de la plus grande ville du monde pour être les gardes du corps de sa protégée, Kassis la Dame des Ronces dont la famille est assignée à résidence depuis la fin de la Guerre d’Unification. Très fleure bleue est la romance entre le jeune assassin de 17 ans et la jeune princesse de 16 ans. Les premiers émois retranscrits en mots, ce n’est pas mon truc, alors je n’ai pas pu m’empêcher de lever les yeux aux ciels devant les étranges émotions jamais ressenties auparavant et autres floraison de sentiments nouveaux, mais quand c’est plutôt bien fait pourquoi rager hein ? ^^
Kassis Yrasen est d’ailleurs un personnage féminin plutôt attachant et émouvant, loin des têtes à claques de la fantasy romantique dont je tairais charitablement les noms…

Niveau univers,


Niveau style,


Les 100 dernières pages tirent clairement l’œuvre vers le haut : le rythme s’accélère, les tragédies s’enchaînent et les twists redistribuent carrément toutes les cartes. Le tome 2, qui sort fin août 2014, fait d’ores et déjà très envie ! Les révélations finales, peut-être déjà vu ailleurs, sont ici presque inédites en Fantasy donc enjoy. Mais peut-être qu’un lecteur très expérimenté pourrait trop facilement déceler les moyens utilisés par l’auteur pour emmener les lecteurs là ou il veut les voir arriver. D’un autre côté difficile de tout anticiper, donc on imaginera sans peine que le tome 2 répondra au foreshadowing tissé autour de l’Aserker borgne, d’Allena, des Ecritures, ou du Roi Silence…
Et puis merde, je ne résiste pas à la tentation : ATTENTION SPOILER


Pour ne rien gâcher, le livre objet est réussi et bon marché, merci aux éditions J’ai Lu, l’auteur ayant élaboré l’illustration de couverture, les illustrations intérieures et les cartes de Palerkan et d’Alerssen, merci à Oliver Péru. En piochant dans les autres genres, dans les univers des animes et dans les univers des séries télé on apporte ici de la fraîcheur à la fantasy française parfois pas aidée par certains auteurs nombrilistes et certains prescripteurs d’opinion élitistes.
On s’est clairement posé les bonnes questions, à savoir quelle histoire raconter, comment la raconter mais surtout comment la rendre accessible au plus grand nombre. Car la qualité première de ce roman est peut-être son accessibilité. Donc on laissera les rageux habituels s’enfoncer tout seuls en parlant de clichés insupportables, de naïvetés confondantes, de prévisibilités ridicules, d’ennui profond et autres fadaises habituelles…
edit : et je me demande combien il y a des frères Péru derrière la tragédie des frères Lancefall...
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BazaR
  24 mars 2014
Je ne veux plus jamais entendre que les Français ne savent pas écrire de la fantasy. Je viens de lire un contrexemple.
Martyrs, c'est d'abord un bel objet-livre, dont la belle couverture est dessinée par l'auteur lui-même. Il parsème son livre d'illustrations qui valent mieux qu'un long discours : armoiries, cartes de tarot, etc.
Martyrs, c'est ensuite un univers-monde plutôt resserré : un seul continent dont la forme rappelle le continent eurasiatique, entouré de mers sauf au Nord qui se cogne à la limite de la carte (ça vous rappelle quelque chose ?) ; une géographie simplifiée : deux grands fleuves, quelques îles, quelques forêts, quelques plaines. Quelques villes dont la capitale Ephysar, et surtout une cité gigantesque qui possède sa propre banlieue et où vivent 10 millions d'âmes : Alerssen. Comment un tel monstre peut-il exister dans une société qui se veut médiévale ? Difficile à croire. Quoi qu'il en soit cette ville est le théâtre principal de l'action.
Martyrs, c'est aussi une société humaine mixte, même un peu patchwork. Elle est pour l'essentiel médiévale mais :
• Un seul royaume – le Reycorax - s'étend sur le continent. Les nobles possèdent des terres mais sont moins des adversaires potentiels de la dynastie régnante que des courtisans à la recherche de charges. Seule Alerssen a un statut de cité-état partiellement indépendant.
• Les seigneurs ont des chevaliers et les villes des milices, mais en parallèle le royaume entretient des légions permanentes au sommet desquelles trône une garde prétorienne impitoyable : les Fauconniers.
• Deux religions coexistent : L'officiel et traditionnel polythéisme de Ceux-qui-Tissent et le jeune culte de l'Ecriture. L'emprise religieuse sur les esprits éclairés est superficielle : nulle crainte d'un enfer, nul génocide commis en leur nom, pas de clergé tenté par le pouvoir temporel. Elles constituent un simple vernis de la civilisation.
Martyrs, c'est enfin un fantastique léger : de vieilles légendes de dragons (encore) qui courent le pays mais surtout l'existence avérée de fantômes qui hantent le monde. Ils sont très nombreux, au point que selon moi la connaissance de cette grande probabilité d'existence post-mortem devrait fortement influencer les vivants, créer des psychoses, voire désorganiser la société. Cette idée n'est pas exploitée.
Mais Martyrs, c'est avant tout l'histoire d'un certain nombre d'hommes et de femmes de ce monde. C'est Helbrand et Irmine Lacefall, deux frères issus du peuple guerrier aux yeux d'or : les Arserkers (référence aux berserkers des mythologies nordiques ?) décimé par la dynastie régnante. Orphelins, assassins de métier, ils se serrent les coudes, ne font pas de vagues mais n'en deviendront pas moins des pièces essentielles dans les complots politiques. C'est Kassis Yrasen, la dernière descendante des rois d'Alerssen, condamnée à vivre toute sa vie enfermée dans le Château des Ronces. C'est le roi Karmalys, immensément gras et laid, retors, et pourtant si fragile et dégoûté de lui-même. C'est Opimer, le chef des Fauconniers, impitoyable, l'honneur chevillé au corps et entièrement dévoué à l'Etat et au roi. C'est Hurpan Cavall, l'organisateur de la révolte des Iles du Couchant, incroyable stratège au coeur fragile. Etc. Etc. le fragile équilibre de ce monde va s'effondrer. le destin des hommes ne se jouera pas dans le manichéisme. Martyrs est une tragédie.
Martyrs, ce n'est pas de la fantasy épique. Très peu de combats et de batailles, mais un « peu » bien ouvragé. Un récit centré sur les dialogues, sur la discussion et les pensées intérieures qui applique un peu trop souvent le changement de point de vue d'un paragraphe à l'autre (je ne raffole pas de cette technique) mais offre de belles peintures de personnages. Un récit parfois lent qui ignore souvent les cliffs, ces suspenses de fin de chapitre qui vous poussent à lire la suite, mais qui vous imprègne et au final laisse une trace bien plus prégnante qu'une histoire dévorée en quelques jours.
Et un final éblouissant qui vous paie de votre voyage.
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ClaireDoc
  08 avril 2013
Jetez-vous sur ce livre ! Adepte de la fantasy ou novice, vous serez conquis par cet univers riche et passionnant. Personnellement je n'ai comme culture fantasy que le Seigneur des anneaux, l'Oeuvre originel ! Et je retrouve dans ce livre ce qui a fait le succès de Tolkien, puis de tous ses suiveurs : un monde médiéval imaginaire rendu réaliste par la profusion des détails, une galerie de personnage au caractère fouillé, une grande aventure et des batailles pour le pouvoir, mêlée aux actions des plus humbles.
Les deux premiers chapitres campent les deux principaux protagonistes que tout oppose. L'un est Irmine, un beau jeune homme de 17 ans, silencieux, rude, descendant aux yeux d'or de guerriers mythiques et qui fait métier d'assassin ; l'autre est Karmalys, le roi du Reycorax, un monstre d'obésité, fourbe et manipulateur qui préserve la paix à tout prix. D'autres personnages importants seront mis en avant progressivement comme Cavall, l'homme de l'ouest qui mène une rébellion contre la « rei ley » de Karmalis, les guerriers comme Opimer ou encore Guyarson l'intendant rusé de la cité d'Alerssen, cité-autonome convoitée par le roi. le nain de cour Jarud et ses bons mots sont "nains payables".
Les personnages féminins ne sont pas en reste (contrairement au monde du Seigneur des anneaux où les femmes ne servent pas à grand chose...) : Kassis prisonnière du château de Ronces, Abiselle bonne vieille qui semble sortie d'un conte, Akinessa « la main douce », la soeur et conseillère du Roi. J'ai été surprise et touchée par l'introduction du personnage de Kassis, l'héroïne de ce tome. le premier chapitre qui la concerne et qui s'intitule « un conte de fées » est très bien vu. L'auteur a su saisir un élément intéressant de la psychologie d'une adolescente (elle a 16 ans) : elle fait une fixation sur le premier homme qui l'approche et lui montre de l'attention. Cela m'a fait songer à Roméo, qui est d'abord l'amoureux éconduit de Rosalinde avant de rencontrer Juliette. La déception de la jeune fille sera à la hauteur de ce que son imaginaire avait pu construire. Cela nous présente une héroïne qui peut sembler faible et naïve, mais cet événement va justement permettre à la jeune fille de se réveiller de sa torpeur de « princesse de château » et de rechercher des issues à sa condition de prisonnière. Cette entrée en matière est aussi une très bonne accroche pour la passion amoureuse qui ne manque pas de se présenter ensuite. le chapitre « savoir mourir » quant à lui m'a émue au larme, car l'on s'est bien vite attaché à cette jeune fille.
Le mythe des Arserkers, les hommes aux yeux d'or, prend de la profondeur tout au long du livre. Tout d'abord représenté par Irmine et son frère Helbrand, on sait que ce sont des descendants de guerriers légendaires qui auraient vaincus les derniers dragons. Ils sont excellents comme assassins car ont des dispositions physiques et mentales extraordinaires ; par ailleurs ils voient dans le noir. Puis d'autres Arserkers interviennent : un vieillard lâche, un mystérieux borgne qui apparaît quand il veut et laisse des indices troublants, et enfin un tortionnaire, fanatique du martyr (une torture censée rendre plus fort) ; on voit se dessiner un peu mieux les contours de ce peuple aux étonnantes dispositions. Et l'on attend évidemment de voir comment vont évoluer Irmine et Helbrand.
Les points forts de ce livre du point de vue du style sont la qualité de la langue, l'équilibre des chapitres, la progression de l'intrigue, les révélations et rebondissements incessants. du point de vue de l'histoire on a à la fois de bonnes intrigues de cour, des scènes d'action bien décrites et une romance évidente, mais pas si simpliste dans laquelle on peut se laisser entraîner.
Quand à la forme du livre il y a de quoi se régaler : un format anglo-saxon qui permet au livre de se déployer sur ses (presque) 700 pages, et surtout des illustrations magnifiques. La couverture est un vrai tableau qui attire et donne immédiatement envie de plonger dans ce roman. Les illustrations intérieures, notamment celles des cartes de tarot sont superbes, et enfin la carte en couleur qui se déplie au début est parfaite.
Je recommande chaudement cette lecture enchanteresse, qui donne très envie de s'y replonger encore et encore. On a hâte de lire le tome 2 pour retrouver nos personnages favoris et ce monde si magique.

Lien : http://lireetclaire.wordpres..
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Turin
  31 octobre 2015
Bonjour à tous,
Sans grande conviction, j’ai une nouvelle fois entreprit la lecture d’un livre qui, rien qu’au niveau de la couverture et du résumé, me semblait ennuyeux…Et je ne me suis pas trompé. En effet, la couverture, réalisée par l’auteur lui-même, empeste le roman pour adolescents en mal d’aventures et de romantisme. Certains bavent devant cette couverture, pas moi. Que peut-on y voir ? Une cité, probablement Alerssen, un drapeau aux couleurs du royaume, et deux jeunes tourtereaux, des ados (encore !) serrés l’un contre l’autres. Toutefois, une question me vient à l’esprit en observant cette illustration : A quelle partie du livre renvoi-t-elle ? Apparemment aucune. Je trouve ce choix particulièrement étrange. Hormis ça, pour de belles couvertures, regardez plutôt les Tolkien. Par exemple la magnifique couverture du Silmarillion par Ted Nasmith. Ha oui ! C’est sûr, le niveau n’est pas le même…
En ce qui concerne le résumé, j’ai immédiatement comprit que ce livre me gonflerait sérieusement lorsque mes yeux se sont posés sur…sur le début : « Irmine et Helbrand, deux frères assassins ». « Assassins », voilà qui semble être à la mode depuis quelques années…
En ce qui concernent certains commentaires, je me rend compte que certains ne doutent de rien : quelques exemples : " Je ne veux plus jamais entendre que les Français ne savent pas écrire de la fantasy. Je viens de lire un contrexemple." : Peut-on vraiment classer ce livre dans la Fantasy ? Car avec une sombre histoire de dragons sur lequels on ne sait rien, des mecs aux yeux dorés, et des fantômes, c'est tout de même extrêmement pauvre pour de la "Fantasy".
-"Personnellement je n'ai comme culture fantasy que le Seigneur des anneaux, l'Oeuvre originel ! Et je retrouve dans ce livre ce qui a fait le succès de Tolkien" : Là, c'est carrément scandaleux...
-"une histoire vraiment passionnante, sombre et adulte" : adulte ? c'est une blague?
-"le royaume de Palerkan. On plonge littéralement dedans tant les descriptions sont visuelles." : le monde ? on n'en voit pas grand chose, quasiment tout le bouquin se passe à Alerssen...
Sinon :
-Kassis Yrasen, Dorien Lisbach, Irmine : encore des adolescents…
-Les insultes récurrentes : « foutrechien » et « outre à merde ».
-Pas de table des matières.
-La carte du monde : Ce n’est pas la pire que j’ai vu. En effet, le titre de « Carte la plus infâme pour un livre de fantasy » est toujours détenu par Magali Villeneuve et sa « Dernière Terre ». Cependant trois points me dérangent.
-Premièrement, le peu de noms que l’on y trouve. Une cinquantaine ? Soixante peut-être. Mais, je vous l’accorde, c’est déjà pas mal par rapport à d’autres…
-Deuxièmement, pourquoi utiliser en grande majorité des noms du genre : les Forêts Suspendues, Port d’Acier, Terre du Vent, Pâle Voile, Pâle Tour, Pâle Colline, Baie des Cent Ilots ? Les noms réellement inventés se font très rares et c’est bien triste ! Mais bon que voulez-vous, les auteurs se figent tous dans la fainéantise la plus totale…Pauvre fantasy.
-Troisièmement : L’échelle. Si je n’ai aucun problème de vue, il semblerait qu’elle soit de 3 millimètres pour 100 lieues (environ 483km). Soit plus de 330 lieues par centimètre. Je me suis alors livré à un calcul rapide, à savoir que les deux points les plus éloignés sur cette carte sont à environ 17cm l’un de l’autre. Sachant qu’une lieue vaut 4 km 828, ces deux points les plus éloignés se situent donc à environ 27000km l’un de l’autre. Pourquoi pas. Mais…pourquoi vouloir accoucher d’un monde si vaste (uniquement au niveau de l’échelle) et ne rien mettre dedans. C’est frustrant pour certains lecteurs qui attendent plus qu’un simple texte. Imaginer la personne achetant une Rolls et qui au final fait la gueule en montant à l’intérieur car il n’y a pas de boiseries et de sièges en cuir, mais de simples morceaux de plastiques et de vulgaires sièges en tissu…
-La carte d’Alerssen. Encore une fois je me demande à quoi peut concrètement servir cette « carte ». Il s’agit pourtant du plan de « la plus grande cité du monde », « abritant environ dix millions d’habitants ». La carte est d’une pauvreté affligeante…Où sont les noms de la « dizaine de petits bourgs encerclant Alerssen » ? Il semble que seul Falkaïrm bénéficie de cette chance. A l’intérieur des remparts ce n’est guère mieux : seulement 17 indications. Franchement, il vaudrait mieux ne rien faire du tout…
Place maintenant à tout un tas d’absurdités :
-Page 9 : « Histoire de fantômes » : Sérieusement, j’ai l’impression d’être au CE1 et d’ouvrir un « Tom-Tom et Nana ».
-Page 13 : « …des combattants de légende nés du sang des antiques tueurs de dragons ». Bien. Mais qui sont ces antiques tueurs de dragons ? A quelle époque tuaient-ils des dragons ? Dans quel but précis ? Pourquoi ont-ils arrêtés leur activité ? Il semblerait qu’obtenir des réponses soit trop demandé.
-Page 16 : « Il venait tout juste d’avoir dix-sept ans ». Et, en bas de page : « La fillette semblait ne pas comprendre les paroles de l’adolescent ». Encore une histoire avec un gamin…Ca n’en finira donc jamais !
-Page 18 : « avaient commencé à croire en une bible obscure ». Est-ce que « bible » à vraiment sa place dans un roman de fantasy ?
-Page 36 : « …un homme imposant. Du haut de ses six pieds et de ses deux cent livres ». Si l’on regarde bien, cet homme n’est pas si imposant : 1m83 pour 100kg. Personnellement, je fais 1m80 pour 94kg et je ne me considère pas du tout comme une montagne…
-Page 37 : l’Ours Rouge voyage pendant neuf semaines pour couvrir le trajet entre Pâle Voile et Ephysar. Si je ne me trompe pas il y a facilement plus de 7000 km entre les deux cités. Jusque là tout va bien. En revanche ce qui est dérangeant est le nombre de kilomètres (pour rester dans cette unité de mesure) que les chevaux parcourent tous les jours…plus de 110km ! Dans la réalité un cheval peut parcourir 30, voire 40km par jour. Je sais bien que nous sommes dans un roman, mais, pour le coup, n’est-ce pas « un peu » exagéré ?
-Page 52 : En ce qui concerne la cité d’Alerssen, l’auteur affirme que sa circonférence dépasse la cinquantaine de lieues et que deux jours de cheval ne sont pas suffisants pour la traverser. Pourquoi pas…Seulement…Le rempart séparant les bourgs et la « vraie » ville, mesure à peu de choses près, 35cm, soit, selon l’échelle de 5 millimètres pour 1 lieue : 70 lieues, soit près de 340km. Donc, énorme problème de cohérence entre les dires de l’auteur et sa misérable carte.
-Page 53 : « En s’enfonçant dans la Détrousseuse, une avenue de plusieurs lieues… ». Vu la taille supposée de cette avenue, on pourrait s’attendre à ce qu’elle se trouve sur la carte d’Alerssen… Malheureusement non ! Pourquoi ? Mystère…
-Page 60 : « …un démon du temps des Mille Songes » : Oui, et ? Que sont ces Milles Songes ?
-Page 66 : « …le chemin le plus court menant à Falkaïrm, vers la vieille qui savait faire parler les morts. Par la voie Attavicienne et à bonne allure, ils rallieraient le bourg en moins de quatre heures… ». Encore une fois, pourquoi pas ? Mais, évidemment il y a un mais : En se rapportant à la « carte » d’Alerssen, je ne comprends pas pourquoi Irmine et son frère doivent passer par la voie Attavicienne pour rejoindre Falkaïrm. Ils ont juste à la traverser, disons… « d’un trottoir à l’autre », et non pas dans le sens de la longueur surtout en habitant dans le quartier des lettrés. Deux solutions : Ou l’auteur se mélange les crayons dès qu’il est question d’une carte et d’un trajet, ou il y a vraiment un problème avec la carte d’Alerssen.
Et j’allais omettre de mentionner le second problème : « …en moins de quatre heures… ». A en voir la carte et son échelle, il y a entre 40 et 50 km entre la résidence des deux frères et la vieille à Falkaïrm. Tout ce trajet en quatre heures ? Vraiment ? Pauvres chevaux…
-Page 67 : « Au cœur des Forêts Suspendues, à une trentaine de lieues des Sables d’Arna ». Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, le cœur de ses forêts se situerait aux alentours du deuxième « s » de suspendues, soit à plus de 300 lieues, et non pas trente, des Sables d’Arna. D’ailleurs, même sans parler du cœur des Forêts Suspendues, la lisière la plus proche des Sables d’Arna  se trouve à bien plus de 30 lieues…
-Page 69 : « Rey Ley, la Loi du Roi ». Ha je l’attendais ! Le petit passage dans une « langue inventée », apparemment une « vieille langue noble », pour les explications on repassera…De toute façon il n’y a très certainement rien autour de cette « langue ». Quoi qu’il en soit, il semble que « Rey Ley » soit fortement inspiré de l’espagnol (et c’est n’est pas reproche)
-Page 75 : « …les arcanes de Mille Mémoires ». Pour une explication vous pouvez toujours vous gratter.
-Page 77 : « …Helbrand et Irmine mirent plus d’une heure à gagner le rempart… ». En regardant l’échelle, les deux frères parcourent au moins 15km en une heure seulement, le tout dans une ville bondée. J’ai du mal à y croire…
-Page 78 : « …sur une longue tribune de plus d’un arpent. ». Selon la définition du dictionnaire : Arpent : n.m. Ancienne mesure divisée en 100 perches et variable selon les localités (de 35 à 50 ares). ». Oui, bon… A savoir qu’un are est égal à 100m², j’ai un peu de mal à voir la taille réelle de cette tribute. Stade de France ?
-Page 78 : « …les Montagnes Gelées… ». Pourquoi le nom d’un élément aussi imposant ne figure-t-il pas sur la carte ? En effet, il semblerait que ces montagnes ne fassent pas moins de 7500km de large…
-Page 80 : « Par la voie Atavicienne, une large route de terre traversant la Couronne de pauvreté sur une trentaine de lieues… ». Avec ce que j’en vois sur la carte, j’en compte plutôt dans les 40… Je sais, je suis tatillon sur ce genre de détails, mais 10 lieues représentent plus de 48km…
De la page 119 à la page 125 : nous assistons alors à une romance complètement niaise entre Kassis Yrasen et Dorien Lisbach…tout ça pour qu’au final le pauvre (et jeune) chevalier Lisbach soit contraint de rabaisser le pavillon ce qui le force à claquer la tronche de la pucelle en question…
-Page 130 : « Liran ». Voici un autre mot inventé par l’auteur. Il signifie « Ouest ». Merci bien…Et ?
-Page 154 : « quartier des tanneurs » : pas sur la carte d’Alerssen.
-Page 164 : « …qui avait tué Typessar, le dernier dragon-esprit ». Pas d’informations supplémentaires sur ce Typessar.
-Page 165 : « …d’avoir tué Lyramoen, le plus féroce dragon des abysses ». Pas d’informations supplémentaires sur ce Lyramoen.
-Page 192 : « …les cavaliers les plus rapides ne peuvent en couvrir qu’une vingtaine… » : Encore une fois les pauvres destriers doivent parcourir plus de 95km par jour…
-Page 220 : « Haute de plus de deux cent pas,… » : Pour la hauteur d’une tour (ou de quoi que ce soit d’autre) n’est-il pas étrange de parler en « pas » et non en « pieds » ?
-Page 227 : « Les vents du nord venus de l’océan… » : Je regarde encore et encore mais je ne vois aucun océan sur la carte, seulement des mers. Et l’auteur persiste encore sur les pages 228/229…
-Page 227 : Vifbois à une semaine de bateau de Pâle Port. Vraiment ? A savoir que le trajet fait environ 1200 lieues (soit presque 5800km), les navires devraient parcourir environ 830km par jour pour couvrir cette distance en une semaine…pour une vitesse de 34km/h (ou pour ceux qui ont le pied marin, environ 19 nœuds, ce qui est absolument prodigieux).
-Page 227 : « …le temps de la grande piraterie » : Oui ? Et donc ? De quoi s’agit-il ?Page 230 : Là, nous suivons le manque de chance d’un soldat lors de l’attaque de Vifbois. Et vous l’avez sans doute constaté, cet homme est particulièrement coriace… D’abord, une flèche dans le dos. Ensuite, il reçoit deux autres flèches : une à la jambe, l’autre dans la gorge. Après, une masse d’arme s’écrase sur son visage. Et, enfin ! Un couteau s’enfonce dans son coup ! Quel homme n’est-ce pas ?
-Page 421 : l’auteur nous fait part de l’état d’Helbrand, un état de déchéance particulièrement avancé. Et juste après…C’est parti ! On va courir et tous se battre ! Je veux bien que les arserkers soient plus résistants que des humains ordinaires mais ce n’est tout même pas cohérent vu les supplices endurés…
-Page 480 : « je te demanderai bientôt une faveur »…Et page 483 on apprend que cette faveur est : « faire l’amour avec toi ». On ne la voyait pas venir ! Qu’on vienne me dire que ce n’est pas un livre pour ados…
-Page 505 : « sept petites lettre ». Pour « je t’aime »…Au secours ! Tout comme ci-dessus : «Qu’on vienne me dire que ce n’est pas un livre pour ados… »
-Page 517 : « Les autres se cachent à moins de cinquante lieues de la cité. Ils pourront arriver ici en moins de trois jours… » 49 lieues (au maximum donc) = 236km. Sur 3 jours : plus de 78km par jour. Sur deux jours…118km par jour. Une fois de plus nous avons le devoir de plaindre les chevaux, et éventuellement les mecs à pieds…
-Page 525 : « …la galère avalait au moins cent lieues par jour ». 100 lieues (au minimum) : 483km, soit une moyenne de 20km/h ou près de 11 nœuds… Pas crédible du tout…
-Page 526 : « Fils d’un riche marchand de Sparyson… » . Cette cité n’apparaît pas sur la carte. Seule « Paryson » s’y trouve. Est-ce juste une faute ?
-Pages 526/527 : « avaient, avait, étaient, était ». Avec 34 de ces abominations, monsieur Peru dépasse avec fulgurance le triste record de « 30 » sur deux pages, détenu par monsieur Pevel dans le premier tome de son « Haut Royaume ». Sincères félicitations…
-Page 528 : Ephysar/Alerssen : 1000 lieues, certes. Par contre, et comme souvent avec cet auteur, l’absurdité concernant les trajets ne tarde jamais… En effet, il faut apparemment une dizaine de jours au bateau, la Flamboyante, pour parcourir cette distance. Vérifions voulez-vous ?
-1000 lieues = 4828km. Vu qu’il s’agit d’un voyage d’une « dizaine » de jour, je vais être sympathique et accorder onze jours. 4828km divisé par 11 jours : 439km par jour. Soit, 18.30km/h, ou près de 10 nœuds. A l’extrême rigueur, je veux bien l’accepter, mais la taille et le poids du navire ne semble pourtant pas jouer en faveur des dires avancés par l’auteur.
Maintenant, encore plus fort… Toujours concernant les 1000 lieues séparant Ephysar et Alerssen : « A cheval il faut compter plus d’un mois ». Petite explication :
-1000 lieues = 4828km. Nous partirons donc sur un voyage de 35 jours, ce qui fait près de 140 km par jour. Encore une fois, pauvre chevaux…
-Page 549 : « …les Fauconniers choisis pour poursuivre la mission à bord du bateau comptaient parmi les meilleurs, ceux qui avaient tués le plus d’hommes. Rokmer, qui servait l’ordre prestigieux de la cape blanche depuis douze ans, s’efforçait de tenir un compte précis de ses victimes : dix-huit hommes, deux femmes et deux Arserkers. » Cet homme fait apparemment parti de l’élite des Fauconniers… avec 22 victimes en 12 ans ? On pourrait s’attendre à bien plus. Mais bon, incohérence quand tu nous tiens !
-Page 550 : « Les conséquences du monstre venu de l’océan… ». Et l’auteur persiste et signe dans son délire d’ « océan » alors qu’il n’y en a aucun sur la carte : Sombre Mer, Mer du Matin, Mer du Sud, Mer de Jade, Mer de Fenryr, Mer de Glace.
-Page 550 : « Sa Majesté les avaient tous convoqués avant leur départ d’Ephysar, quatre semaines auparavant. » Là, ce qu’il faut comprendre c’est que Rokmer Polarson et ses hommes ont parcourus (en bateau) en quatre semaines la distance entre Ephysar et la Pointe du Guet. Ce trajet, selon un calcul basé sur le « vol d’oiseau » s’étend sur environ 2600 lieues, soit 12500km. Pardon, mais j’ai de plus en plus de mal à comprendre ces aberrations. Je n’ai guère envie de perdre mon temps dans d’autres calculs démontrant que j’ai raison, mais imaginez le nombre de kilomètres que ce navire à du parcourir par jour, et imaginez surtout la vitesse à laquelle il avançait…
-Page 551 : Les fauconniers conservent de la glace dans une « cabine-étanche ». C’est vraiment de pire en pire…Vu le trajet entre la grotte où ils récupèrent la glace et la destination finale de ce chargement, je peine à croire qu’ils puissent conserver de la glace aussi longtemps…
-Page 594 : « Des araignées de toutes tailles, certaines grosses comme le point, d’autres plus petites mais venimeuses, des scorpions des fourmis de feu, des centipèdes long d’un pied et des orvets… » . A quoi peuvent bien servir des orvets ? Petites bestioles totalement inoffensives…
-Page 595 : « …mais cinq hommes jaillirent dans la cour… » . Peut-on m’expliquer pourquoi cinq espèces de pouilleux en armes donnent autant de fil à retordre aux frères Lancefall, au Père Carnage, ainsi qu’à la cohorte de Fauconniers qui les accompagne ?
-Pages 617/618 : En ce qui concerne le gamin blessé qui arrive. « Il a l’air d’avoir prit un coup de couteau. » « …l’enfant glacé dont le visage épuisé était blême. » « L’entaille était longue et profonde d’un quart de pouce. » Et malgré tout cela : Miracle ! Après une grande claque dans la tronche le gamin se réveille et discute volontiers. Une chose est sûre chez Peru, les gens sont coriaces…
-Page 659 : « Les soldats à pieds pouvaient couvrir des distances incroyables. » Evidemment…Sous stéroïdes ?
-Pages 662/665 : Sur ces pages l’auteur relate que l’armée du roi approche de Tanterelle : « Posté à deux lieues (soit presque 10km) de la porte sud de la ville, Opimer avait rassemblé… ». Bien, mais évidemment les choses se dégradent… : « …mais il dut réclamer une longue-vue et passer plusieurs secondes l’œil rivé dessus avant de voir les fameux cavaliers ennemis ». Donc là, le mec voit des cavaliers (même au nombre de 300/350 à 10 km de distance, en plaine, et par temps neigeux…Belle performance. Et…comme par magie, page 665, l’ennemi est déjà là. Je vois que les chevaux sont une fois de plus mis à l’honneur (à moins que ce ne soit des Mustang Shelby GT500…)
-Page 667/670 : Pour finir en beauté, l’auteur nous démontre une fois de plus que ses personnages sont « méga-ultra-exceptionnellement coriaces » même pour des arserkers. Cette fois, c’est pour Irmine, qui, au passage, déguste sévèrement : une flèche dans le mollet, jeter à terre par son cheval, la flèche s’enfonce encore plus quand il se relève, un coup d’épée qui venait de lui ouvrir le visage en deux, il prend plusieurs coups au visage et entend sa pommette se briser à nouveau, une flèche lui traverse l’épaule, une autre l’atteint au bras droit, un nouveau projectile lui transperce le ventre, une flèche dans les reins, une pique plantée deux fois en pleine poitrine. Je crois que ça se passe de commentaires…
Voilà, et encore j’en oublie sûrement… Bref, ce livre, tout comme les deux derniers que j’ai lu, dégage une fragrance abjecte, celle du roman pour adolescents, que dis-je, il en est même l’archétype écœurant. Les deux autres livres ? Le premier tome du « Haut Royaume » de Pierre Pevel et le premier tome de « la Dernière Terre » de Magali Villeneuve. Ce sont exactement les mêmes… Franchement, avec ce genre de livres, je m’attriste de la tournure que prend la « Fantasy ». Un homme, rien qu’un seul, à passé des décennies à rendre ce genre littéraire vraiment merveilleux, celui par qui tout à découlé… Et, depuis une quinzaine d’années, des cohortes d’auteurs absolument incompétents se permettent de le transformer volontairement en une chose infâme. Tous sont motivés par le phénomène commercial que représente ce courant, et tous le trahissent et le dénaturent profondément. Les histoires d’élus, d’assassins et de vampires sont malheureusement devenue monnaies courantes et ne cessent d’envahirent, au grand désespoir des puristes, les étales des librairies...
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Soleney
  17 avril 2015
Je parlerai sans détour : ce premier tome m'a convaincue. J'ai aimé l'écriture, j'ai adoré les intrigues, j'ai craqué pour les personnages et j'ai été conquise par l'univers. Il y a du mystère, dans ces pages-là. Un monde inconnu et très étrange. Un peuple guerrier qui a attisé ma curiosité par ses caractéristiques et son histoire.
Un petit résumé pour ceux qui ne connaissent pas : voilà une bonne centaine d'années que les fantômes sont apparus dans le monde. Les vivants ont (presque) appris à vivre avec cette fatalité un peu morbide. Ils vivent finalement dans un monde assez tranquille puisque, depuis un siècle, le continent est unifié sous la bannière d'un seul royaume et de son roi : Karmalys. Obèse, manipulateur et anti charismatique, ce dernier a beau être malaimé de son peuple, il ne recherche que la paix pour son royaume. Et il y est arrivé puisqu'outre certaines rébellions dans les îles de l'Ouest, un équilibre a pu être atteint. Même les Arserkers, puissant peuple guerrier descendant des derniers chasseurs de dragons, sont presque tous éteints.
Mais…
Vous allez me dire : « Oui, ben, une intrigue plutôt classique, quoi. », et je vous répondrai : « Que nenni, mes amis ! » Car Oliver Peru a réussi à mettre sa patte dans un scénario comme celui-là. Comment ? Pour commencer, la simple idée des fantômes dans un monde fantastique est très intéressante. Ces spectres ressemblent beaucoup à des zombies, la consistance et le cannibalisme en moins… Ensuite, il a créé des personnages construits et attachants, et mis en place une multitude de sous-intrigues et de retournements de situation tout simplement croustillants. Par ailleurs, la magie est quasiment absente de ce monde, elle ne subsiste que dans le sang des rares Arserkers encore en vie, et certaines de leurs capacités sont originales – mais vous en saurez plus en lisant.
Par rapport aux protagonistes, je n'ai pas de préféré, je les aime tous et c'est la première fois que ça m'arrive. Helbrand et Irmine font face à des situations vraiment merdiques, mais ne cèdent pas à la panique ou au désespoir. Toutes leurs capacités mentales sont tournées vers le moyen de s'en sortir, et c'est peut-être justement pour ça qu'ils arrivent à survivre. Ce qu'ils vivent nous les rend proches, car l'auteur n'a pas été tendre envers eux.
Avec Kassis, on revisite les contes de fées : c'est la princesse mythique, enfermée dans son donjon par un terrible dragon (qui n'est autre que la Rey Ley, la loi du roi). Sauf que, contrairement à ces contes, Oliver Peru détaille la souffrance que cela peut être, d'être enfermé dans un château pour une probable éternité. Étant petite, je n'avais jamais pensé à ça. À la limite, je pouvais me dire que la belle devait s'ennuyer de temps en temps, mais jamais j'aurais imaginé que ça pouvait être aussi déprimant. Alors que, quand j'y réfléchis maintenant, ça me paraît logique.
Kassis a soif du monde. Elle est jeune, elle est belle, elle est riche, mais elle n'a pas le droit de vivre entièrement, de profiter de tous les avantages que lui a accordé la nature. Elle rage et désespère et je l'ai totalement comprise. À cet âge, on se demande tous à un moment ou un autre si on n'est pas en train de passer à côté de sa vie, et c'est donc facile de s'identifier à elle.
En revanche, je n'ai pas aimé la romance qu'elle entretient avec Irmine. Ça va très (trop) vite entre eux, et ça les change très (trop) profondément. Mais bon, j'ai réalisé après coup que c'était nécessaire à la suite de l'histoire… Enfin, si ç'avait pu être moins fleur bleue, ça m'aurait très bien convenu aussi !
Dernier « défaut » : Kassis n'est rien de moins que la plus belle femme d'Alerssen – peut-être même de tout le Reycorax –, et tous les hommes tombent à genoux devant son teint éclatant, ses beaux cheveux bruns, sa taille fine, ses formes bien proportionnées… J'ai soupiré, mais je ne me suis pas attardée sur ce détail. Après tout, je ne suis plus à une héroïne parfaite près…
En revanche, aucun personnage n'est manichéen. Tous ont leurs parts d'ombre et de lumière. Intriguant et stratège, mais faible et lâche, le roi du monde, Karmalys, est un gros tas de graisse haï de son peuple – et surtout de lui-même. C'est un des protagonistes que j'ai trouvé les plus intéressants. Il a tout, le monde est à ses pieds, mais il ne désirait pas le pouvoir, et le poids de la couronne le rend malade. Pourtant, il faut bien assumer le trône, et il s'oblige à prendre des décisions très dures qui le font culpabiliser. La nourriture devient son refuge, sa consolation, et il transforme son besoin affectif en besoin alimentaire.
Opimer, qu'on surnomme Père Carnage, est plus profond qu'on voudrait bien le croire, et Akinessa, la soeur du roi (que tout le monde appelle la Main Douce), nous promet d'incroyables rebondissements. J'ai été profondément touchée par le double combat de Cavall, par son histoire pesante et sa volonté de fer. J'ai envie qu'il vive, j'ai envie qu'il gagne ! Mais je n'ai pas envie que Karmalys perde… Je soutiens tous les partis parce que tous se valent, à mes yeux. La volonté d'un empire uni est compréhensible, mais le désir de liberté l'est tout autant.
Et les autres points forts ?
Simple ! Déjà, il y a les illustrations. La couverture est magnifique, et puis la carte est non seulement est travaillée, mais en plus est en couleur. J'accorde beaucoup d'intérêt aux cartes. Pour moi, c'est un critère de sélection coefficient 3, et je remercie/félicite intérieurement l'auteur quand il en fait une et qu'il s'applique. Mais ce n'est pas tout : à peu près une fois toutes les cents pages, inopinément, une illustration se glisse dans le texte pour mettre en image un détail abordé par l'auteur (le plus souvent, une carte de tarot). C'est tout simplement délicieux, et très amusant !
Et puis, Martyrs, c'est quand même un livre plus réfléchi qu'on pourrait le croire. À travers son univers fantastique, l'auteur aborde des thématiques profondes telles que la politique (le « mieux à la place du bien », le sacrifice d'une minorité pour la paix d'une majorité est-il excusable ?), les complots et intrigues de cour (donc la soif de pouvoir propre, justement, aux hommes de pouvoir), et la religion. Ce dernier point m'a particulièrement séduite, car deux croyances se côtoient : une « vieille » polythéiste qui célèbre Ceux-qui-tissent, et une « neuve », apparu il y a cent ans, qui sert l'Écriture, texte visionnaire qui a pu prédire la plupart des catastrophes de ce siècle, et annonce la venue du Roi Silence, dont on ne sait presque rien. Ça a un goût de naissance de christianisme dans un empire romain, et ça m'a beaucoup surprise, dans un livre de fantasy. En revanche, l'apparition d'une religion entraine, selon moi, beaucoup plus de bains de sang que ça. Dans Martyrs, il n'y a (et n'y a eu) aucun génocide, aucune guerre sainte au nom de la Vérité – ce qui est un peu paradoxal au vu du titre.
Dommage, car c'était un filon exploitable.
Qu'est-ce que je peux reprocher à ce livre ?
Il n'y a pas beaucoup d'action et beaucoup de descriptions. Par conséquent, j'ai été un peu moins intéressée par certains passages du début. Je pense que quelques chapitres auraient gagné à être écourtés. Mais comme c'est bien écrit et qu'on découvre un univers fantastique très travaillé, j'ai pris plaisir à lire et je suis passée bien vite au-dessus de ce léger désagrément !
Sinon, Oliver Peru emploie très souvent l'expression « yeux d'or ». Pourquoi ne pas varier ? Pourquoi ne pas dire jaune, fauve, ambre, feu ou même miel à la place d'or ? (Bon, OK… Des « yeux couleur de miel », ça fait un peu fillette…)
Et si vraiment je veux creuser, je pourrais dire aussi que l'auteur aurait pu remplacer certaines virgules par des parenthèses ou des tirets pour véritablement séparer certains passages de la narration. Mais j'ai promis à Maurice de ne pas pousser le bouchon trop loin donc je vais me taire.
La fin fut un final absolument époustouflant. le rythme s'accélère, les révélations dégringolent, et le dernier chapitre était tellement… Inattendu et sans pitié que je me suis bénie d'avoir le deuxième tome sous la main. de nombreux éléments sont expliqués, et les moins curieux pourraient presque même se contenter du premier livre… Mais ce n'est pas possible de finir comme ça. Pas avec un des personnages principaux dans une telle situation ! Car le moins que l'on puisse dire, c'est que le titre de cette série est mérité !
Ma conclusion tiendra en trois mots : livre chaudement recommandé ! (En plus, c'est français !)
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critiques presse (2)
Elbakin.net   11 avril 2013
Oliver Peru nous offre un univers dans lequel on entre rapidement, car doté de nombreux points de repère. Mais très vite là encore, il se distingue également par quelques trouvailles qui lui sont propres (la nature des Arsekers, les fantômes qui hantent ce monde…), lui donnant une personnalité distincte, qui s’affine peu à peu.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Elbakin.net   03 avril 2013
Martyrs constitue donc un premier tome convaincant, même si l’on espère voir certains personnages s’affirmer par la suite, en partant du principe que celle-ci reprendra pied au plancher pour nous entraîner toujours plus loin dans les méandres de cet univers qui ne manque pas de coffre.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
BlackWolfBlackWolf   28 mars 2013
Il prit alors conscience que c'était cela, aimer. Connaître le bonheur et son prix, savoir ce que l'on perd et regretter de n'avoir pu le garder. Il comprenait maintenant certaines rimes dévastées de chagrin du vieux Huerin. L'ivrogne avait lui aussi aimé et perdu une femme. Il l'avait aimée de tout son être et chacun de ses poèmes, du plus profond au plus malicieux, était encore habité par elle. Le plus terrible avec l'amour, c'était qu'on en mourait pas. On en souffrait à jamais.
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AlfaricAlfaric   14 août 2014
Pourtant, l’irréalisable se produisit. Le gueux accéléra soudain et se présenta presque de profil à son adversaire. Il évita sa lance qui glissa sur son flanc puis d’un coup de talon, il fit bondir sa monture. Il profita de cette soudaine vitesse pour asséner au baron un coup interdit par les codes de la chevalerie. Mais le gueux n’était pas chevalier et il écrasa le bout de sa courte lance sur le heaume de son adversaire. Le bois plia le fer, du sang et un affreux cri de douleur jaillirent des ouvertures du casque. Le baron s’effondra et roula au sol… comme mort.
[…] Beaucoup crurent qu’il allait l’achever, et déjà des chevaliers et des Rougeauds accouraient pour l’empêcher de porter un autre coup malhonnête, mais le jeune homme se contenta d’enlever son casque et de cracher sur son ennemi vaincu. Il ne dit que quelques mots : « Fils de pute, la prochaine fois que toi et tes hommes et toi voudrez violer une petite paysanne, veille à ce qu’elle n’ait pas un frère comme moi. »
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AlfaricAlfaric   13 août 2014
La douleur, quoique peu profonde, irradiait de façon inégale et faisait danser mille petites piques glacées dans les plaies creusées par le couteau. Helbrand gardait les yeux fermés ; retranché en lui-même, il essayait d’envoyer son esprit ailleurs pour ignorer la souffrance, mais les paroles échangées avec Eorten ne cessaient de le ramener à la torture. Le Grand Arserker voulait lui infliger le Martyre, briser son esprit, faire de lui en chien obéissant. Helbrand de devait pas plier. Il devait se rappeler que l’ennemi n’était pas la douleur, mais main qui maniait le couteau.
Pourtant, après quelques minutes sans nouvelle taillade, Helbrand ouvrit les yeux, et quand il vit Eorten essuyer sa lame, puis le remettre au fourreau qu’il portait à la ceinture, il l’en remercia intérieurement. C’était le pire dans ce que lui infligeait Eorten. On finissait par être reconnaissant à son tortionnaire pour ce qu’il ne faisait pas.
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BazaRBazaR   05 mars 2014
[Relax67: Alerssen, une ville qui me fait profondément penser à Paris, le mur d'enceinte jouant le rôle du Périph]
Une dizaine de petits bourgs encerclaient Alerssen, chacun avait autrefois des limites distinctes, mais depuis un peu moins d'un siècle, ils s'étaient étendus et liés les uns aux autres afin d'accueillir les gens venus vivre près de la Marchande (surnom d'Alerssen). Alerssen pouvait se vanter d'être deux villes, celle hors des remparts et celle bâtie derrière eux.
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BazaRBazaR   08 mars 2014
A quelques pas d'Huparn, un soldat rampait vers une charrette, en quête d'un refuge pour échapper à la curée. Il était lacéré de belles entailles et se vidait de son sang, mais il ne gémissait pas. Un brave. D'un geste de la main, Huparn ordonna qu'on l'achève. Il ne respectait la bravoure que lorsqu'elle servait son camp.
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Vidéo de Olivier Peru
Nouvelle série dans la collection Soleil Celtic ! 7 histoires liées au petit peuple au sein de la mythique forêt de Broceliande.
Brocéliande T.1 - La Fontaine de Barenton
Scénariste : Olivier Peru Illustrateur : Bertrand Benoit
Résumé : Des Korrigans ont enfin trouvé le moyen d?obliger Orignace à leur écrire une histoire. Ils veulent que le Teuz invente un conte dans lequel eux auraient un beau rôle, mais Orignace est en panne d?inspiration. Et alors qu?il cherche des idées dans la forêt de Brocéliande, il assiste aux débuts de la passion entre Merlin et Viviane. L?enchanteur fait tout ce qui est en son pouvoir pour séduire la future dame du Lac et n?hésite pas à user de ses sorts les plus puissants... Rien ne l?arrête. Cela fait bien les affaires du Teuz, lui qui cherchait de l?inspiration va être servi ! Seul problème, les Korrigans ne sont habituellement pas friands d?histoires d?amour.
En savoir plus : http://www.soleilprod.com/serie/broceliande-01-la-fontaine-de-barenton.html
Achetez la Bande Dessinée numérique directement via l'application Delcourt - Soleil : https://itunes.apple.com/fr/app/delcourt-soleil-bd-comics/id840127039
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