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ISBN : 2369140216
Éditeur : Libretto (04/04/2013)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 61 notes)
Résumé :
"Un livre qui ne ressemble à aucun autre."
Tel fut, à la lecture de La Boîte en os (1941), le commentaire de Jean Cocteau qui considérait ce bref roman inclassable comme l'une des productions les plus inouïes de ce siècle. Avant lui, Apollinaire, Mac Orlan, Félix Fénéon avaient rendu hommage au génie troublant d'Antoinette Peské, dont l'œuvre littéraire se résume à un mince recueil de vers et à quelques récits parfaitement intranquilles - parmi lesquels cette... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
LiliGalipette
  21 mai 2012
Norbert, le narrateur, retrouve par hasard son vieil ami John Mac Corjeac. L'Écossais lui raconte l'étrange récit de son existence. John était un jeune artiste exalté. Son amour pour Margaret O'Don est exclusif et dévorant, voire dangereux pour l'objet de sa passion. « Je souffrais de ce que je ne me sentais jamais assez près de ma femme. J'avais beau la tenir dans mes bras, la serrer sur ma poitrine à l'écraser, son corps était toujours un corps à côté de mon corps, son cerveau, un cerveau à côté de mon cerveau, son coeur, un coeur à côté de mon coeur. Et cela ne laissait pas de m'étonner. Ne pas pouvoir être avec ce qu'on aime ! » (p. 90) Après avoir commis un acte odieux, John perd la raison. Des années plus tard, sorti de l'institution où il était interné, il n'a de cesse de poursuivre l'objet de son amour.
Norbert souhaite tout d'abord sauver son ami. le jeune Écossais est plein d'aspirations nobles et de considérations sublimes. « Amitié, amour, pour celui qui donne tout et qui entend tout recevoir en échange, la différence n'est pas telle. L'amitié est alors l'amour à l'état de sainteté. » (p. 73) Mais John Mac Corjeac est un personnage inquiétant dont le désir de fusionner avec ce qu'il aime est parfaitement macabre. « Y a-t-il moyen plus sûr de posséder ce qu'on aime que se l'assimiler : l'approprier à sa substance ? » (p. 27) le mythe platonicien de l'androgyne est décliné de façon lugubre, voire gothique, entre cimetière et sombres bâtisses. Les Highlands se prêtent merveilleusement aux fantasmagories angoissantes qui naissent de la folie de John et des observations de Norbert. « L'Écosse du Nord est, je crois, par excellence le lieu du rêve, de la contemplation intérieure et de l'amour. Est-ce pour cette raison qu'elle est aussi le lieu du diable ? » (p. 21)
Ce roman du 20e siècle rappelle les chefs-d'oeuvre gothiques du 19° siècle, comme ceux d'Ann Radcliffe, mais également les romans de Wilkie Collins, pleins de sombres mystères et de fatalité macabre. « J'ai vu le diable là-bas, et il m'a séduit. » (p. 21) Entre horreur et surnaturel, La boîte en os est un roman étonnant et très réussi, parfait pour se frémir dans la pénombre.
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Fantasio
  24 juin 2012
Dès les premières pages, ce qui frappe tout d'abord, c'est l'admirable écriture de ce petit roman. Une écriture presque précieuse mais qui excelle à donner à l'histoire un ton gothique et romantique qui offre une intemporalité pleine de mystères.
Cette histoire d'amour (ou plutôt ces histoires d'amour) est aussi une histoire de folie vertigineuse. L'atmosphère lugubre et l'étrangeté permanente des décors forment un écrin à la fatale psychose d'un homme qui se débat dans la toile de sa propre démence.
Et puis le lecteur perd pied. La réalité n'est plus une certitude et les hallucinations dont souffre John communique au lecteur une folie contagieuse. Car ce n'est pas une histoire d'amour mais plusieurs qui se superposent tout en jetant des passerelles entre elles. Et puis avons-nous à faire à de la nécrophilie ou à une imagination perverse ?
Le roman s'enfonce vite dans une noirceur totale tout en gardant une dimension poétique indéniable. Et si l'amour ne pouvait vraiment se développer qu'après la mort?
Ce livre est tout simplement une merveille.
Lien : http://lefantasio.fr
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Miivava
  13 avril 2011
La folie est l'essence même de ce roman, elle vit avec les personnages et meurt avec eux. Tout au long du roman, John Mac Corjeag n'a qu'un seul but : posséder complètement son aimée ce qui revient pour lui à se confronter avec Dieu lui-même afin d'accéder à ce qui à son sens ne peut-être qu'en possession de ce dernier : l'âme de Margaret. On suit donc John plonger dans la démence et on finit par comprendre ses actes et à leurs trouver une authenticité.

Le roman est très bien construit alternant les voix de différents narrateurs : John Mac Corjeag et son ami : Norbert. Malgré l'atmosphère malsaine du roman, l'écriture agréablement désuète et élégante d'Antoinette Peské nous rapporte les faits sans nous écoeurer ou nous dégouter et le thème de l'amour contre la mort y est très bien traité.

En somme une écriture et un style qui m'a charmée pour une histoire originale et tellement puissante malgré les deux cents pages vite lues que comporte ce roman. C'est une oeuvre marquante et je regrette que l'auteur n'ait écrit que deux romans. Un gros coup de coeur pour ce premier billet et un livre que je recommande fortement.
Lien : http://mivava.over-blog.com/..
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neferet59
  22 juillet 2012
Trois petites heures de lecture pour lire ce roman qi va me hanter quelques temps... La folie de la possession, la vie et la mort mêlée. Une histoire qui pourrait m'empêcher de dormir ce soir...
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
MoobMoob   30 janvier 2014
Cette "boite en os" dont elle rêve de forcer la serrure, c'est le crâne humain qui garde obstinément son secret. C'est aussi l'image de la mort qui guette derrière le visage aimé. Le roman conte l'aventure d'un homme qui tombe amoureux d'un visage, ou plutôt du mystère que révèle (et dissimule) ce visage. Et cet homme découvre que le désir, insatisfait même à l'heure de la possession, la plus frénétique, ne peut s'assouvir que dans la connaissance, désespérément inaccessible, du désir éprouvé par l'autre. Connaître au sens biblique du mot !

Antoinette Peské proclame avec un beau sens de l'excès : "L'homme ne va jamais assez loin dans ses actes et dans ses rêves".
Désirer un corps, le posséder ne suffit jamais à celui qui aime. Car le véritable objet du désir est au-delà de cette chair en laquelle l'être aimé feint de se livrer. Ce que l'amour traque partout et toujours avec fureur, avec désespoir, c'est l'imagination cachée de l'autre : le désir - comme la folie - reste seul.
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LiliGalipetteLiliGalipette   20 mai 2012
Incipit :

De passage à Londres cette année de 1893, prodigue pour moi en évènements singuliers, j'attendais une personne de ma connaissance dans un club du West-End.
Mon journal ayant cessé de m'intéresser, je m'amusais à reconnaître la nationalité des occupants de la salle où je me trouvais, à leur façon d'être assis.
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NierikaNierika   09 août 2014
Lorsque nous nous quittâmes, je me demandai de quoi est faite cette enveloppe que les êtres revêtent avec le temps et quel est son nom. Est-ce une couche de chair qui se superpose à leur chair et donne à leur visage un aspect plus dur, mais aussi plus défini, ou bien est-ce une couche d'états d'âme, d'expressions et de réflexions, ce qui permettrait de croire que les pensées ne nous quittent que pour s'enrouler autour de notre figure et à la longue y former ces plis et ces bosses qui font du masque des vieillards quelque chose de généralement très expressif.
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LiliGalipetteLiliGalipette   21 mai 2012
« Je souffrais de ce que je ne me sentais jamais assez près de ma femme. J’avais beau la tenir dans mes bras, la serrer sur ma poitrine à l’écraser, son corps était toujours un corps à côté de mon corps, son cerveau, un cerveau à côté de mon cerveau, son cœur, un cœur à côté de mon cœur. Et cela ne laissait pas de m’étonner. Ne pas pouvoir être avec ce qu’on aime ! » (p. 90)
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DuluozDuluoz   21 octobre 2016
Ces yeux, quand Margaret se taisait, pouvaient être supportables. J'avais alors l'impression de regarder de l'eau dans des cuvettes de marbre. Mais quand mon amie faisait entendre sa voix si douce, que son visage se mouvait, que les petites veines de ses tempes se gonflaient d'un sang que je devinais bien rouge, bien tiède...(ah! s'il avait pu couler sur ma main) et que son haleine sentant le chien nouveau né et l'aubépine me dilataient les narines, voir devant moi ses flaques vertes où je cherchais désespérément ce que, malgré tout, j'espérais y découvrir, constituait pour moi une épreuve qui dépassait de beaucoup mes forces.
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