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Françoise Laye (Traducteur)
ISBN : 2267019450
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (18/10/2007)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 151 notes)
Résumé :
Cet ouvrage, paru en 1922 sous le nom de Pessoa, est un véritable brûlot, aussi explosif, détonant et jubilatoire aujourd'hui que lors de sa publication.
Ce texte court reste l'unique oeuvre de fiction publiée du vivant de l'auteur. Au terme du repas, un banquier démontre à ses convives que ses convictions et ses actions en matière d'anarchisme n'ont rien à envier à celles des poseurs de bombe. Il déploie ainsi les trésors d'une rhétorique insidieuse au serv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  25 avril 2018
Magique, brillantissime, machiavélique…
L'auteur nous montre de façon magistrale comment la révolte contre l'injustice et les inégalités entraine l'anarchisme, en nous expliquant la notion de fiction sociale., que constitue la société dans laquelle on vie.
« de ce que vous avez dit, je conclus que vous entendez par anarchisme (et ce serait là une bonne définition) la révolte contre toutes les conventions, toutes les formules sociales, en même temps que le désir et la volonté de les abolir totalement. » P 19
Au passage Fernando Pessoa règle ses comptes avec la notion de Dieu, religion, devoir altruisme car ce ne sont que des tentatives d'explications pour contenir les gens. Il est également féroce avec la révolution russe, toute récente, qu'il accuse de remplacer une dictature par une autre.
« Et vous verrez ce qui sortira de la révolution russe… Quelque chose qui va retarder de plusieurs dizaines d'années la naissance de la société libre… D'ailleurs que peut-on attendre d'un peuple d'analphabètes et de mystiques ? » P 27
Notre banquier explique son cheminement sur la nécessité de devenir soi-même, donc forcément égoïste pour arriver à la véritable anarchie qui ne peut être qu'individuelle, car sitôt que les hommes forment un groupe, certains veulent accaparer le pouvoir. A une tyrannie succèdera forcément une autre.
Il ne s'agit pas de détruire ce qui existe. L'anarchie ne peut donc être qu'une démarche individuelle, en tentant de changer la société, chacun dans son domaine, fût-il la bourgeoisie ou l'argent.
« Si la société anarchique, pour une raison quelconque, n'est pas réalisable, alors il faut bien qu'existe la société la plus naturelle après celle-là, c'est-à-dire la société bourgeoise. » P 48
Notre banquier s'en donne à coeur joie, étripant au passage la propagande et son inefficacité ainsi que les anarchistes qui s'en prennent aux biens matériels et vont ainsi à l'encontre de leur objectif initial, car peuvent être arrêtés, jugés…
Il n'hésite pas à être provocateur, poussant le raisonnement à l'extrême, décortiquant chaque idée, pour la pousser dans ses moindres retranchements, ne reculant devant aucune affirmation péremptoire, prenant le risque de choquer le lecteur, tout en l'entraînant dans sa logique.
Il ne faut jamais perdre de vue, au cours de cette lecture, que Fernando Pessoa a publié ce texte retouché à maintes reprises, en 1922, ce qui était sacrément culotté à l'époque ! il est brillant, manie l'ironie avec dextérité et dénonce l'hypocrisie de la société de façon magistrale.
Ce livre mérite amplement le qualificatif de brûlot explosif, détonant et jubilatoire, que lui attribue Françoise Laye dans sa préface. J'ai dévoré ce livre, alors qu'il ne me semblait pas si simple d'accès au départ car je voulais absolument savoir où il allait m'entraîner et si j'allais le suivre dans son raisonnement ; c'est un véritable uppercut, il est difficile d'enchaîner tout de suite sur un autre roman ou essai.
Bravo Mr Pessoa, vous m'avez convaincue ! jusqu'à présent, je n'avais lu que quelques-uns de poèmes, par ci par là, mais il est temps que j'explore davantage votre oeuvre avec, pour commencer, « le Livre de l'Intranquillité «
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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ninosairosse
  27 novembre 2017
♫Le blé a les dents acérées
les hyènes vont le dévorer
le môme deviendra banquier
ou le môme sera lessivé, lessivé, lessivé
Je dis, Argent trop cher
Trop grand, la vie n'a pas de prix, je dis.♫
Téléphone, 1980
Dictature révolutionnaire, propagande intense et libertaire
achetée au pieds de l'escalier qui a rendu populaire,
depuis le film l'école des sorciers et son Harry Potter
la Livraria Lello, (classée 1er librairie au monde, centre historique de Porto).
♫Tu bosses toute ta vie, pour payer ta pierre tombale♫
Action directe, tu tombes, t'as plus qu'à compter tes trous de balles
♫Antisocial,, tu perds ton sang-froid♫
Fictions sociales, tu dois lire Fernando Pessoa.

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wellibus2
  03 septembre 2014
Cet ouvrage, paru en 1922 sous le nom de Pessoa, est un véritable brûlot, aussi explosif, détonant et jubilatoire aujourd'hui que lors de sa publication. Ce texte court reste l'unique oeuvre de fiction publiée du vivant de l'auteur. Au terme du repas, un banquier démontre à ses convives que ses convictions et ses actions en matière d'anarchisme n'ont rien à envier à celles des poseurs de bombe. Il déploie ainsi les trésors d'une rhétorique insidieuse au service de sa personne et s'installe dans de provocants paradoxes. Si ce banquier anarchiste nous enchante avec ses raisonnements par l'absurde et une mauvaise foi réjouissante, il s'agit surtout d'un pamphlet incendiaire contre la « société bourgeoise » (autrement dit : la nôtre), ses hypocrisies et ses mensonges. C'est aussi une dénonciation du pouvoir de l'argent, qui mine de l'intérieur le bien le plus précieux de l'homme : la liberté. (X)
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diablotin0
  17 mars 2017
Ce petit livre est classé dans les romans mais il s'agit plus d'une réflexion menée à travers un dialogue incisif entre un banquier et son ami. Nous sommes prévenus dès la lecture du titre "le banquier anarchiste" que l'on va avoir à faire à un récit subversif.
Il est ici dénoncé l'hypocrisie bourgeoise et l'on peut aisément faire référence à ce que l'on appelle aujourd'hui la gauche caviar . Je rappelle que ce petit pamphlet a été écrit en 1922 ! La démonstration par l'absurde est impressionnante !
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ATOS
  15 octobre 2017
Liberté..ou libéralisme….Ordre naturel...ou fictions sociales..Anarchie..tyrannie. Singulier ou pluriel..Quelles réalités subissons nous , devant quoi nous révoltons nous ? La banquier anarchiste interroge, déstabilise. Dans ce texte court, Pessoa dresse un mille feuilles, construit un labyrinthe. Tout n'est pas si simple, tout a sa propre mesure. La mesure de soi tout d'abord. La mesure de l'autre, la mesure de l'ensemble. Quelle est la réalité, et que reflète-t-elle ?
Le banquier se déclare anarchiste. Véritablement anarchiste en théorie et en pratique. Sa théorie repose sur la liberté individuelle qui est, selon lui, la condition sine qua none à la liberté de tous. Chacun est maître de soi, de son destin. L'homme est par nature libre. C'est là où se trouve sa réalité. le reste n'est que fiction, fiction sociale. Les fictions sociales génèrent les pouvoirs.
Comment se libérer des fictions sociales ? En répondant à sa nature. Mais quel est la nature du banquier anarchiste ? Celle d'un homme, d'un sauvage, d'un révolté, d'un penseur, d'un bienfaiteur, d'un manipulateur ?
Et , d'après lui, celui qui restera esclave des fictions sociales ne répondra qu'à sa nature, celle d'esclave. Pour celui là l'idée de liberté devient intolérable.
Alors...par cette vision ..tant pis pour l'esclave.
Après tout ne conçoit il pas que l'idée d'une inégalité naturelle ? le fort face au faible...Loi de la nature. Est ce là pour autant la voix de la raison ?
Selon le banquier vouloir libérer l'autre, c'est exercer un pouvoir sur l'autre. L'assister , c'est exercer un pouvoir. Et donc à ce titre, puisque l'anarchiste ne veut exercer aucun pouvoir ..chacun doit se débrouiller individuellement pour se libérer. le pouvoir génère un droit...et voilà le manque d'aide, de secours, de solidarité, d'empathie, justifiés par le banquier.
N'exercer aucune nouvelle tyrannie mais se servir des tyrannies existantes, les plier, les tordre pour les instrumentaliser pour s'en servir afin de se libérer. Il n'y a pas pour le banquier de révolution à proclamer, de nouvelle théorie à développer, d'idée nouvelle à concevoir, il n'y a qu'à se servir et se libérer. le système marche, fonctionne, et même si c'est une fiction...alors faisons en sorte qu'il devienne le plus naturel possible. Forçons les choses, soyons raisonnables, faisons en sorte que la fiction soit la moins douloureuse possible en la rendant acceptable, incontournable.
Terrifiant le récit cynique de ce banquier. Concevoir un ordre social basé sur l'idée d'une égalité et d'une justice sociale pour tous, ne peut, selon lui, qu'entraîner une nouvelle tyrannie, une dictature. Et c'est bien une idée anarchiste, ou plus exactement la théorie d'un des pères de l'anarchie : l'individu avant l'intérêt général . Reprendre si il le faut les écrits de Proudhon.. S'en servir pour étayer une nouvelle fiction. Pessoa ne le cite pas, mais le banquier l'instrumentalise. Inattaquable le raisonnement de ce banquier. Imparable presque. Saisissant une théorie, une idéologie il s'en sert pour construire et justifier sa propre fiction. Car tout n'est que fiction…Les hommes ne sont ils pas des instruments entre les mains de nos fictions ?...jeu de rôle donc pour le banquier. Jeu de dupe pour l'auteur, qui on le comprend entre les lignes, refusera toujours de l'être. Terrifiante vision. Banquier anarchiste donc et totalement anti socialiste, anti communiste. Pessoa par l'intermédiaire de ce discours expose toute les oppositions politiques, idéologiques, philosophique, économiques, financières du 20e siècle. L'intérêt individuel face à l'intérêt général. Libre, libertaire, libéral..Y a t il une commune mesure à ces termes ? Peut on utiliser, instrumentaliser les hommes, les mots, les idées au nom de sa propre fiction ? Car si les hommes sont les instruments des fictions, qui don créent les fictions...Quel maître, quel dieu ?
Voilà le discours d'une méthode, celle du capitalisme. Voilà le génie de Pessoa. Il nous laisse juges. Juges du raisonnement.
Dessous les cartes, dessous les masques, dessous des choses. Un vrai plaisir de lecture qui ne vous quittera pas de si tôt. Pessoa : l'homme qui marche dans nos têtes.

Astrid Shriqui Garain
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
ninosairosseninosairosse   28 novembre 2017
Je suis matérialiste, pensais-je; je n'ai que cette vie-ci; pourquoi me mêler de questions de propagande, pourquoi m'intéresser aux inégalités sociales et à des histoires de ce genre, alors que je peux mener une existence plus agréable si je ne m'en soucie pas ? Un homme qui n'a que cette vie-ci, qui ne croit pas à la vie éternelle, qui n'admet d'autre loi que celle de la Nature, un homme qui s'oppose à l'Etat parce que l'Etat n'est pas naturel, à l'argent parce qu'il n'est pas naturel, à toutes les fictions sociales parce que celles-ci ne sont pas naturelles - pourquoi diable cet homme défendrait-il l'altruisme et l'esprit de sacrifice, alors que l'altruisme et l'esprit de sacrifice, eux non plus, ne sont pas naturels ? Oui, la même logique qui me montre qu'un homme ne naît pas pour être marié, ou pour être Portugais, ou pour être riche ou pauvre, me montre aussi qu'il ne naît pas pour être solidaire, qu'il naît seulement pour être lui-même, c'est-à-dire le contraire d'un altruiste et d'un solidaire : un parfait égoïste.
p41
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LuniverLuniver   20 septembre 2013
C’est ici, mon ami, que j’ai fait appel à toute ma lucidité. Travailler pour l’avenir, me dis-je, c’est bien ; travailler pour la liberté des autres, c’est juste. Mais… et moi, alors ? Est-ce que je ne compte pas, moi aussi ? Si j’avais été chrétien, j’aurais travaillé joyeusement au bonheur de mon prochain, car j’aurais trouvé ma récompense au ciel ; mais si j’avais été chrétien, je n’aurais pas été anarchiste, car ces fameuses inégalités sociales n’ont alors aucune importance dans notre courte vie, n’étant que des mises à l’épreuve et trouvant leur récompense dans la vie éternelle. Mais je n’étais pas chrétien, pas plus alors qu’aujourd’hui, et je me suis demandé : mais pour qui donc vais-je me sacrifier, dans tout cela ? Pire : pourquoi vais-je me sacrifier ?

J’ai connu des moments de doute ; il y avait de quoi ! Je suis matérialiste, me répétais-je, et je n’ai qu’une vie : celle-ci. A quoi bon me mêler de toutes ces histoires de propagande et d’inégalités sociales, quand je peux prendre du bon temps et jouir de la vie sans m’inquiéter de tout ce fatras ? Un homme qui n’a d’autre bien que cette vie-ci, qui ne croit pas à la vie éternelle, qui n’admet pas d’autre loi que celle de la Nature, et qui s’oppose à l’État parce qu’il n’est pas naturel, au mariage parce qu’il n’est pas naturel, à l’argent parce qu’il n’est pas naturel, à toutes les fictions, enfin, parce qu’elles ne sont pas naturelles ! – pourquoi diable irait-il défendre l’altruisme et se sacrifier pour les autres, ou pour l’humanité, alors que l’altruisme et l’esprit de sacrifice ne sont pas naturels, eux non plus ? Oui : cette même logique qui me démontre qu’on ne naît pas pour être marié, ou portugais, ou riche ou pauvre, me démontre aussi qu’on ne naît pas pour être solidaire, mais seulement pour être soi-même. Donc le contraire d’un être altruiste et solidaire, c’est-à-dire quelqu’un d’exclusivement égoïste.
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Eve-YesheEve-Yeshe   25 avril 2018
Or, qu’est-ce qu’un anarchiste ? C’est un homme révolté contre l’injustice qui rend les hommes, dès la naissance, inégaux socialement – au fond, c’est ça, tout simplement. Il en résulte, naturellement, une révolte contre les conventions sociales qui créent cette inégalité. Ce que je vous indique en ce moment, c’est le cheminement psychologique, autrement dit, la façon dont on devient anarchiste ; nous verrons plus tard l’aspect théorique. P 17
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ninosairosseninosairosse   29 novembre 2017
Détruisez tous les capitalistes du monde, sans détruire le capital. Le lendemain, le capital, déjà passé en d'autres mains, perpétuera sa tyrannie à travers ses nouveaux détenteurs. Détruisez non pas les capitalistes, mais le capital. Combien de capitalistes restera-t-il ?
p87
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ninosairosseninosairosse   30 novembre 2017
Eux ne sont anarchistes qu'en théorie, moi en théorie et en pratique; eux sont des anarchistes mystiques, moi je suis scientifique; eux sont des anarchistes qui courbent l'échine, moi je suis un anarchiste qui combat et libère...En un mot : eux sont des pseudo-anarchistes, moi je suis anarchiste.
p92
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Vidéo de Fernando Pessoa
Montesquieu, Charlotte Brontë ou Pessoa auraient peut-être eu leur mot à dire dans le débat autour de la fin de l'anonymat sur Internet.
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