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ISBN : 2081424010
Éditeur : Flammarion (09/01/2019)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 5 notes)
Résumé :
En 1975, elle mesure 2,32 mètres et entre dans le Guinness World Records Book. Sandy Allen est devenue, à vingt ans, la femme la plus grande du monde. Maigre consolation quand on est une fille ordinaire de l'Indiana pour qui rien ne va de soi. Ni jolie robe, ni patins à roulettes à sa taille, ni jeune prétendant. Qui, à part sa grand-mère, pour voir en Sandy Allen autre chose qu'un freak ? Un homme, Federico Fellini. Le Maestro, croisant son imposante silhouette au ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
palamede
  08 février 2019
L'espoir n'est pas pour elle, avec tout ces regards et pas un seul pour l'aimer.
Pour un regard indulgent, l'Américaine Sandy Allen, la plus grande femme du monde (2,32 m) peut quand même compter sur Ma, sa grand-mère qui à la place de sa fille volage a toujours veillé sur elle. Sur Fellini qui la sublimera dans son très controversé et onirique Casanova, ainsi que sur son assistant, Gérald, qui racontera quarante ans après : « Elle me serre le cœur. Une douceur si immense et si passive, que peut-elle devenir ? On aurait envie qu'elle vous prenne dans ses bras, s'y blottir indéfiniment. Elle serait une Sainte Vierge dont le manteau est un abri pour les pécheurs, chaque mortel. » Enfin Sandy peut aussi compter sur Isabelle Pestre qui de son écriture profonde a su magnifiquement lui redonner, au delà de la mort, son émouvante humanité si souvent bafouée.
Merci à Babelio et aux Éditions Flammarion pour cette belle lecture.
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MarcelineBodier
  16 janvier 2019
Sandy Allen était une américaine que le Guinness book des records a homologuée comme la femme la plus grande du monde (2 mètres 32), dans les années 1970. Elle a vécu 53 ans, ce qui lui a permis de connaître successivement deux mondes : d'abord un monde où elle a notamment gagné sa vie comme « freak » auprès de qui les visiteurs des chutes du Niagara pouvaient satisfaire leur curiosité en posant toutes leurs questions (regardez la vidéo sur youtube où on la voit expliquer tranquillement qu'on peut tout lui demander car elle a déjà tout entendu, depuis des questions sur sa vie sexuelle jusqu'à la taille de ses brosses à dents) ; puis dans notre monde actuel, où elle a perçu des allocations et récité un texte, « it's OK to be different », devant toutes sortes de publics, notamment des écoliers. Un texte respectueux, politiquement correct, émouvant ; il est reproduit dans le livre.
Au fil des pages, Isabelle Marrier illustre puis propose une lecture contre-intuitive très intéressante de ce texte, et de ce passage d'un monde à l'autre. Elle suggère que Sandy Allen trouvait sa « raison d'être » plutôt dans le premier monde. Freak, certes, mais pouvait-elle choisir autre chose que d'occuper ainsi l'espace et de fasciner celles et ceux qui croisaient son chemin ? Le texte « it's OK to be different » traduisait-il sa pensée, ou celle que nous voudrions qu'elle ait ? Qui est le freak de qui, quand on demande à quelqu'un de dire ce qu'on a envie d'entendre, si possible en nous tirant des larmes, avant de se retirer discrètement de la scène ?
Certes, it's OK to be different. Mais alors, vraiment OK, OK jusqu'au bout, quitte à déranger : OK, le droit d'exprimer sa colère d'être différent ; OK, le droit d'exprimer sa souffrance d'être différent ; OK, le droit de ne pas rester pudiquement dans son coin au prétexte qu'on ne peut pas ne pas fasciner et incommoder par sa différence ; OK, le droit de dire « je » et de ne pas seulement parler la langue de la norme…
Isabelle Marrier part de ces constats politiquement incorrects pour aller à la rencontre des ressentis intimes de Sandy Allen, qui « a toujours fait ce qu'on attendait d'elle », ne s'est jamais exprimée, a quitté la projection du film de Fellini où elle apparaissait parce qu'elle n'avait pas envie d'être exhibée, ou peut-être parce qu'elle n'avait pas envie d'être reconnue pour ce qu'elle n'était pas, ou peut-être encore parce qu'elle aurait voulu avoir le choix d'être dans la norme. Isabelle Marrier précise bien que c'est sa lecture personnelle, et qu'on peut en avoir d'autres : mais elle s'engage, et nous oblige à nous confronter à des questions dérangeantes, mais fondamentales.
Merci au Cercle littéraire de la Fnac, qui m'a fait découvrir ce livre.
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cecilit
  09 février 2019
Bien après la mort de Sandy Allen, Isabelle Marrier l'a croisée un jour, sur l'écran d'un cinéma (magie du 7ème art !) et l'amplitude de cette femme sur la pellicule de Fellini l'a fascinée.
De la fascination, malsaine, Sandy Allen en a provoqué, bien involontairement. Atteinte d'une tumeur de l'hypophyse générant la libération d'hormones de croissance incontrôlables, cette jeune fille, élevée par une grand-mère bienveillante au fin fond des États-Unis, serait restée anonyme, aurait épousé au mieux un bon gars et fait un ou plusieurs enfants si cette maladie n'avait pas bouleversé sa destinée.
Isabelle Marrier, à son tour fascinée mais sans voyeurisme, avec empathie et douceur, en a fait l'héroïne de son roman. Grâce à la plume bienveillante et sensible de l'auteur, Sandy Allen, ni belle, ni brillante, regagne normalité, profondeur et féminité, elle qui n'a jamais pu connaître l'amour ; quel homme aurait pu serrer dans ses bras cette géante ?.
Merci à la Masse Critique de Babelio et aux Éditions Flammarion de m'avoir permis de découvrir ce roman et cette auteur.
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critiques presse (1)
LeFigaro   14 février 2019
Isabelle Marrier revient sur le destin hors norme de la femme la plus grande du monde, qui fut la muse de Fellini.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
palamedepalamede   09 février 2019
Le cœur serré, je comprends que le nom véritable est inutile. Norma Jean absorbée en Marilyn Monroe. Sandy Allen, La Plus Grande Femme du Monde. Pseudonyme et périphrase. Du pareil au même ! La vierge monstre, la playmate sexy. Idem.
Ces deux petites filles de pères inconnus, de mères absentes ou folles sont devenues de la chair dont on fait les rêves ... Saisies dans leur corps, sa perfection ou sa difformité, prisonnières de leur peau.
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palamedepalamede   08 février 2019
Un borgne à l’oeil de verre, un obèse boiteux participent autant à la magnificence du monde. Non par principe, posture ou compassion, mais en vérité par le juste exercice du regard. Il reste à l’apprendre en voyageant à la recherche de soi. On a si peu de temps pour apprendre à voir avant de fermer les yeux !
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cecilitcecilit   07 février 2019
Elle grandit. Ça ne s'arrête pas. Est-ce que ça va s'arrêter ? Qui a déjà entendu une histoire pareille ? A la fin du livre Alice se réveille, Sandy n'habite pas dans un livre. Personne ne peut l'aider. Ni dans sa peur de mourir bientôt ni dans l'angoisse de cette vie à gagner, seule de son engeance.
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cecilitcecilit   08 février 2019
On a si peu de temps pour apprendre à voir avant de fermer les yeux.
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palamedepalamede   07 février 2019
Sans amour, on est invisible à soi-même.
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Video de Isabelle Pestre (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Isabelle Pestre
Isabelle Marrier - "Le silence de Sandy Allen"
En 1975, elle mesure 2,32 mètres et entre dans le Guinness World Records Book. Sandy Allen, à vingt ans, est la femme la plus grande du monde. Qui, à part sa grand-mère, pour voir en elle autre chose qu?un freak ? Federico Fellini, qui va lui composer un rôle sur mesure dans son Casanova. Mais comment Sandy pourrait-elle, elle qui aimerait tant passer inaperçue, s?emparer de cette unique occasion d?être superbement exposée ? de son écriture incarnée, Isabelle Marrier érige Sandy en miroir d?une société que la différence effraie toujours.
En librairie le 9 janvier 2019
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