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EAN : 9782262014841
1116 pages
Perrin (07/04/2005)
4.37/5   72 notes
Résumé :
On n'a généralement de Louis XVI qu'une image caricaturale celle d'un homme débonnaire, certes, mais lourd, dramatiquement faible, chassant, ou limant les serrures.

Prisonnier de son éducation traditionnelle, il a été surpris et saisi par la Révolution. Il se mit alors à préparer en secret la Contre-Révolution, trahissant son propre pays et le précipitant dans la guerre...

S'appuyant sur une documentation considérable, cette biographie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Ce livre est plus et mieux qu'une biographie supplémentaire du dernier roi de France de l'Ancien Régime. Un Roi, au sens plein du terme, n'est pas une personne privée : tous ses actes, même les plus intimes, appartiennent au public auquel il est comme livré par son sacre. C'était bien ce que refusaient Louis XVI et Marie-Antoinette, qui inventa d'après l'auteur la "princesse moderne", revendiquant pour elle-même le droit d'avoir une vie privée que le système de Versailles ne lui accordait pas plus qu'à son mari. Ce système, mis au point par Louis XIV, consistait à faire miroiter à la noblesse du royaume la promesse de grâces, de pensions, de promotions, données au meilleur courtisan. Or Louis XVI et Marie-Antoinette rechignaient à se montrer à leur Cour, se retiraient trop souvent avec les mêmes amis intimes, comme des personnes privées, décourageant cette noblesse française toujours prête à se rebeller contre le pouvoir central. Dans le duel que se livraient depuis un siècle la Cour et la Ville, la Ville l'avait emporté haut la main. le récit des années qui conduisent à la révolution aristocratique et parlementaire éclaire et reprend les textes magnifiques de François Furet, dans le premier volume de son histoire. Il revenait cependant au biographe de faire pénétrer le lecteur dans l'univers mental, personnel, intellectuel et spirituel du Roi, et de lui faire voir par ses yeux, en détail, la décadence et la destruction de la monarchie qu'il incarnait. On rencontre grâce à l'auteur un Roi homme des Lumières, qui communie par bien des côtés avec ses contemporains (loin d'être le fossile absolutiste égaré dans une époque de progrès, comme on l'a cru) ; on voit aussi vivre et mourir un chrétien fervent, qui configure sa mort à celle du Christ. Cette mort, longuement préparée par cet homme profondément spirituel et religieux, donne à réfléchir sur le véritable état de la piété chrétienne au XVIII°s en France, peut-être masqué par un libertinage tapageur auquel l'histoire a pu faire trop de place. Louis XVI mourant atteint par là, semble-t-il, sa vraie grandeur, qui contraste avec la bassesse de ses ennemis politicards, précurseurs d'une engeance de massacreurs à justes causes et à bonne conscience. Ce livre donne une excellente leçon d'histoire, d'humanité, et de méditation sur les rôles respectifs des bourreaux et des victimes.
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De Louis XVI on croit tout connaître. On en a tant dit sur lui, médit surtout. du monarque placide et glouton au roi sans culture ni conscience de son rôle politique, on a tout lu. L'excellent ouvrage de Jean-Christian Petitfils n'est pas un ouvrage de plus sur ce personnage historique souvent dépeint à l'emporte-pièce, ni un document de plus sur la Révolution. Remettant les pendules à l'heure avec objectivité, Petitfils réhabilite ce roi malchanceux, sans omettre ses travers et ses erreurs de jugement, et nous relate avec précision les évènements qui ont conduit à sa chute. Démontant les raccourcis erronés et simplistes, il nous fait ainsi comprendre la genèse de la Révolution et ses conséquences.
Alors que je croyais avoir lu le summum sur le sujet avec Robert Margerit, j'ai vraiment été bluffée par cette biographie qui surpasse tout ce que j'ai pu lire jusqu'à maintenant. Savante tout en étant accessible, cette bio se lit comme un roman tant la plume de Jean-Christian Petitfils est agréable, maîtrisée et littéraire. Quand le style s'ajoute à la connaissance, cela donne du grand art ! (et comme PasContent, je m'incline !).
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Comme aurait pu l'écrire René Magritte « Ceci n'est pas une biographie. » Cet ouvrage massif (1000 pages) représente bien plus que cela : une histoire globale – ou totale, ces qualificatifs sont aujourd'hui à la mode – d'une époque charnière de notre histoire mouvementée, qui court de la naissance du jeune duc de Berry – le 23 août 1754 – à son exécution le 21 janvier 1793.

Un enfant trop tôt orphelin, qui n'était nullement destiné à devenir monarque, un garçon maladroit, qui devînt un roi atypique et déroutant, soumis au jeu de massacre des coteries et des clans, à l'influence hasardeuse de sa femme, à la désunion constante de son Conseil, à l'instabilité ministérielle grandissante, tout particulièrement au Contrôle général des Finances alors que la banqueroute menace à chaque instant, subissant la multiplication des tentatives de réformes arrêtées à cause de la résistance des privilégiés mais aussi à cause de son caractère versatile, irrésolu, et à son refus de prendre un Premier ministre qui l'aurait dominé … Sans compter la sape permanente de ses frères et de son cousin Orléans…

Jean-Christian Petitfils ne cache pas sa tendresse pour ce roi renfermé en lui-même mais foncièrement bon, refusant à maintes reprises que l'on fit couler le sang de ses sujets, prêt à faire alliance avec le Tiers état, ouvert aux idées nouvelles mais complètement dépassé par les événements. Son ouvrage nous montre toutes les occasions ratées de choisir un autre chemin qui, peut-être, lui aurait évité le sort funeste qui lui fut réservé.

Je me suis particulièrement intéressée à deux personnages éminents : Calonne et Necker … sans oublier la présence délétère de Choiseul.

Calonne, qui fut le seul contrôleur général du règne à conduire une politique économique efficace, mieux que Turgot et Necker. La France connut sous son administration une expansion économique notable, seule issue pour combler le déficit de l'Etat. Necker, lui, a financé les dépenses - comme l'aide aux insurgents américains - par des prêts et non par l'impôt.

Cependant, malgré le soutien de Louis XVI, les vastes projets de réforme de l'Etat sont taillés en pièces par l'Assemblée des notables et son projet de taxe territoriale abandonné.

Le refus des ordres privilégiés de participer à l'effort fiscal plonge Louis XVI dans la dépression, il grossit, pleure, subit plus fortement l'influence de Marie-Antoinette, elle-même sous influence et pas très maline. L'échec de l'assemblée des Notables conduit à la convocation des Etats Généraux. On connaît la suite.

Deux remarques pour les temps présents : l'opposition systématique des parlements, et le fort taux d'abstention, même après que ne soit plus requis un niveau de cens pour être électeur – à l'élection de la Convention en 1792, on comptait 80% d'abstentions.

La description des derniers jours du monarque humilié est terrifiante.
On aura découvert entre ces pages un jeune homme à la démarche dandinante, un colosse passionné de chasse mais cultivé, parlant parfaitement l'anglais et lisant la presse britannique avec assiduité, obsédé toute sa vie par le destin de Charles Ier, féru de sciences et en particulier de géographie et spécialiste de la marine, très attaché à sa famille, animé d'une foi ardente … Mais en politique, la bonté désarmée mène à la catastrophe.

Quelles qu'aient été les qualités de Louis XVI, il ne parvînt pas à parler, ni à séduire, ni à saisir les mouvements de l'opinion.

En tous cas, l'auteur n'est pas tendre ni pour La Fayette et Philippe-Egalité ni pour le futur Louis XVIII … L'histoire continuera avec la Restauration.
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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Magistral !!! Ce livre est, à mon sens, un pur chef d'oeuvre de la littérature historique. le talent d'écrivain de Jean-Christian Petitfils n'est plus à démontrer. le style est clair et très accessible. le livre (plus de mille pages) est basé sur une documentation solide, parfois inédite.
On y rencontre un roi profondément attachant (sans que l'on soit obligé d'être royaliste), humain, intelligent. le problème de Louis XVI est d'une part son éducation, le rejet de Louis XV son grand-père (puisque Louis XVI n'était pas destiné à régner) qui ne lui a pas appris son futur métier de roi, une éducation trop traditionnelle (mais compensée pas une très grande curiosité), et d'autre part son mauvais entourage. le roi a aussi péché par son manque de détermination, son caractère dépressif. Louis XVI n'avait pas le caractère d'un roi, même si, une fois monté sur le trône, il a pris sa fonction très à coeur, essayant d'oeuvrer le plus possible au bien-être de ses sujets.
Les relations avec Marie-Antoinette sont bien décrites et on aborde le couple sous un angle nouveau. En sortant de la lecture de ce livre, je ne pense pas qu'il n'y ai jamais eu d'amour entre les deux. le couple est parti d'un manque d'amour (mariage arrangé) mais, au fil du temps la tendresse s'est immiscée entre le roi et la reine, notamment sur la fin.
Enfin, le livre dresse un « portrait » de la France de la fin de l'Ancien Régime brillant, présente les causes qui ont mené à la Révolution.
Louis XVI devait-il mourir sous la lame de la guillotine ? Mon avis est non. Certes des erreurs ont été commises par le roi qui n'a pas su imposer ses volontés réformatrices pour transformer un régime (qui était de toute manière appelé à mourir), mais Louis a tenté de s'insérer dans le mouvement révolutionnaire, car il savait que les choses devaient changer.
Un livre édifiant qui remet les choses à leur juste place. A lire pour tous les amateurs d'histoire…
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L'ouvrage de Jean-Christian Petitfils sur « Louis XVI » est une référence pour qui souhaite se plonger dans l'histoire mouvementée du règne de ce roi au portrait complexe et troublant tant il semble y avoir de couches successives à ôter pour tenter d'approcher de la vérité historique de cet homme secret s'il en était. Car que connaît-on finalement du souverain sinon les poncifs étalés dans les pseudos manuels d'histoire nous vantant une révolution se limitant au 14 Juillet, à la nuit du 4 août et peut-être, si tant est qu'on y parle en classe, de la journée du 10 Octobre 1789. L'auteur s'appuie sur des sources nombreuses et rigoureusement mises en exergue afin d'en finir avec les stéréotypes dont on affuble ce roi et l'Ancien régime qui meurt de façon définitive avec lui en ce 21 Janvier 1793, de sinistre mémoire. Passionnante plongée au coeur de la guerre d'indépendance américaine, de l'émergence de l'opinion publique, de la crise économique et financière, des événements de la révolution française, du procès du roi, des journées à la tour du Temple, du régicide enfin et de la postérité laissée par Louis XVI. En parallèle on y apprend aussi beaucoup de choses sur Marie Antoinette et la famille royale dans son ensemble. Si vous êtes féru de cette période de l'histoire, je ne peux que vous conseiller ce livre brillant par son style et par la rigueur des mécanismes intellectuels soulevés, basées sur les derniers travaux des historiens les plus pointus sur le sujet. A dévorer sans modération aucune !
Lien : https://thedude524.com/2013/..
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Le roi fut exécuté non pas tant pour ses actes que pour ce qu’il représentait, non pas tant pour ce qu’il avait fait que pour ce qu’il était. On a tué en lui un principe, celui de l’autorité héréditaire et sacrée. Y avait-il nécessité de le faire pour fonder une République libre ? On pourrait en débattre. Cette tragédie cruelle était-elle le seul processus de légitimation ? Non, sans doute. L’expérience historique le montre a contrario : si les bolcheviks ont massacré Nicolas II et sa famille, les communistes chinois n’ont-ils pas laissé en vie l’empereur Puyl, détrôné en 1945 et exerçant la simple fonction de jardinier ? En novembre 1919, les Allemands ont établi la République sans chercher noise à Guillaume II qui avait abdiqué dans un pays en plein chaos, et les Japonais, après l’effondrement du vieil empire après 1945, ont modernisé leurs institutions sans éliminer leur empereur qui pourtant portait une grande responsabilité dans les malheurs du pays. Après tout, Louis XVI , à quelques voix près, aurait pu sauver sa vie, et la République s’en serait accommodée.
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Le 2 octobre 1789, l'Assemblée soumit à la sanction royale la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et les dix-neuf premiers articles de la nouvelle Constitution. Louis, monarque empirique, peu sensible aux grands principes philosophiques ou métaphysiques, jugea la Déclaration oeuvre abstraite et vaine : "Je ne m'explique point sur votre Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Elle contient de très bonnes maximes propres à guider vos travaux, mais des principes susceptibles d'explications et même d'interprétations différentes ne peuvent être justement appréciés et n'ont besoin de l'être qu'au moment où leur véritable sens est fixé par les lois auxquelles ils doivent servir de base".
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Le 19 septembre 1783, à Versailles, dans l'arrière-cour du château, la famille royale au complet et les courtisans contemplèrent l'envol d'un magnifique aérostat haut comme une maison de six étages, le Martial, en toile bleu et jaune, décorée de fleurs de lys et du chiffre royal. Il avait été conçu avec le concours du fabricant de papiers peints Réveillon et équipé d'une nacelle d'osier contenant un mouton, un canard et un coq. L'expérience réussit : le ballon monta à près de 500 m, avant de retomber dans la forêt de Vaucresson à trois km de son lieu de départ. Les premiers passagers aériens de l'Histoire survercurent sans traumatisme, mis à part une patte cassée au canard ou au coq. On retrouva après l'atterrissage le mouton en train de paître tranquillement ! L'opinion était émerveillée, Montgolfier reçut une gratification de 6 000 livres, et le mammifère eut l'insigne honneur d'être admis à la ménagerie de Versailles...
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Benjamin Franklin, pittoresque vieillard de soixante-dix ans, au crâne volumineux couvert d'une toque de trappeur, avec son menton proéminent et son air bonnasse, reçut un accueil enthousiaste de la population. Chacun était étonné de la rusticité de son allure dont il jouait avec un art consommé. Son habit de drap brun, ses cheveux plats sans poudre ni perruque, ses bésicles sur le nez, ses gros souliers, son bâton blanc contrastaient avec les habits d'or et les coiffures sophistiquées des gens de cour (...) Il était devenu une mode, un mythe vivant et la coqueluche des salons (...) On fit à son effigie des médailles, des gravures, des boîtes à priser (...)
Louis XVI, toujours un peu jaloux de la popularité d'autrui et qui n'aimait pas du tout l'emphase, trouvait cette frankliomania parfaitement ridicule. La comtesse Diane de Polignac en avait la tête tournée. Avec son goût de la plaisanterie un peu lourde, conte Mme Campan, il fit exécuter pour elle à la manufacture de Sèvres un vase de nuit "au fond duquel était placé le médaillon de Franklin et l'envoya en présent d'étrennes à la comtesse Diane"...
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Le théâtre servait bien entendu de tribune à l'esprit nouveau de contestation sociale (...).
Le meilleur exemple de cette fronde intellectuelle est naturellement ce génial touche-à-tout de Beaumarchais. Après le triomphe du Barbier de Séville à la Comédie Française le 25 juin 1775 (...), il avait mis sept ans à écrire son Mariage de Figaro dans lequel l'ordre social, les institutions, les privilèges étaient vigoureusement pris à partie. Le fameux monologue du cinquième acte, stigmatisant l'anachronisme des privilèges nobiliaires, faisait grand remous : "Qu'avez-vous fait pour tant de bien ? Vous vous êtes donné à naître et rien de plus...". La censure, pour une fois, mis le holà, interdisant la représentation de la pièce. La princesse de Lamballe et Mme de Polignac plaidèrent la cause de l'incomparable écrivain auprès du roi. Lassé de leur insistance, celui-ci se fit lire la pièce, en compagnie de la reine, par Mme de Campan. Là où les courtisans frivoles ne voyaient que merveilleuse impertinence et innocent libertinage, lui en perçut tout de suite l'aspect révolutionnaire. A la tirade contre les prisons d'Etat, il s'exclama : "C'est détestable, cela ne sera jamais joué (...) Cet homme se joue de tout ce qu'il faut respecter dans un gouvernement - On ne la jouera donc point ? demanda Marie-Antoinette. - Non, certainement, répondit Louis XVI, vous pouvez en être sûre ".
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Videos de Jean-Christian Petitfils (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Christian Petitfils
https://www.laprocure.com/product/1412535/petitfils-jean-christian-jesus
Jésus Jean-Christian Petitfils, Vincent Ravalec (illustrateur) Éditions Fayard
« J'en ai profité pour actualiser le livre [Jésus, 2011] avec les derniers travaux, notamment dans tout ce qui a été fait à Nazareth par l'archéologue Ken Dark – on a retrouvé, on en est à peu près certains, la maison de Marie et Joseph, là où Jésus a vécu, donc à Nazareth – et puis, donc, de l'ouvrir à un public différent, peut-être plus vaste, par ces illustrations. Alors ces illustrations, en effet, elles sont nombreuses. Elles accompagnent le texte et elles ont pour but d'immerger le lecteur dans le texte, et ça a été conçu de cette façon-là par Vincent Ravalec [Illustrateur] et son équipe, qui travaille avec une équipe et qui a utilisé les mécanismes de l'intelligence artificielle. Mais je dirais que c'est une intelligence artificielle contrôlée, très contrôlée… »
©Jean-Christian Petitfils, pour la librairie La Procure Animation, Guillaume Vanier, libraire à La Procure
+ Lire la suite
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Politiciens, économistes, juristes, enseignants (844)
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