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edwood (Illustrateur)
EAN : 9782490834051
448 pages
Panseur (20/10/2020)
4.46/5   50 notes
Résumé :
C'est dans un monde figé sur minuit-pile que le voyage de Lui Beadles commence.
Né dans une Irlande unie et libre, Lui va explorer la nuit perpétuelle, rejoindre les black-blocs, poser la main sur le dernier baobab d'Afrique, sombrer dans l'obscurité lumineuse de Paris. Partout, le jeune Beadles se cognera aux mêmes murs ; partout, il prendra part à la lutte...

Sublimé par les illustrations d'edwood, Jules Pétrichor signe un premier roman pon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
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Aller chercher la lumière.

La nuit est tombée sur le monde, figé à l'heure dite. La nuit perpétuelle ne pourra se dissiper qu'en convoquant toutes les ressources secrètes ou historiques de le liberté, à commencer par celles que renferment les livres. Un joli conte métaphysique et symbolique richement illustré !
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Jules Pétrichor était il y a peu un illustre inconnu pour moi, tout comme les Editions du Panseur. Mais voilà que cet homme « like » comme moi une publication FB. Puis partage à ma suite d'autres articles (notamment « la libricyclette », notre libraire local à vélo). Puis me demande en « ami ». J'accepte puisqu'il semble être un amoureux des livres et des librairies. Je vois donc ses publications et j'apprends qu'il est auteur et qu'il promeut « Minuit sur le monde ». Une fois, deux fois, trois fois… Quand ce n'est pas pour rendre gloire à la librairie qui le propose en tête de gondole, c'est pour faire la fête à edwood (son illustratrice). Une fois, deux fois, trois fois. Pari gagné, à force de voir la couverture du bouquin, je le commande (auprès de mon libraire à vélo, donc, forcément, David Blouët !). Là, finalement, l'essentiel n'est pas que le livre m'ait plu ou pas, c'est que le défi de la com, le pari de la vente est réussi. Eh ben moi, je dis, chapeau l'artiste !

Bon, le livre maintenant. La qualité du papier est super agréable, le format aussi, et les illustrations apportent un petit plus vraiment sympathique. J'ai aimé aussi la couverture accroche l'oeil, et beaucoup moins les fautes de frappe et d'orthographe (n'exagérons rien, il n'y en a que 5 ou 6, ce n'est pas non plus une catastrophe, mais c'est le genre de truc qui m'horripile 😉 La pire étant p. 345, « tu ne t'ai pas arrêté »). J'ai apprécié deux autres choses, la partie « quelques clefs pour ouvrir quelques portes » avec laquelle l'auteur explique certaines des choses qu'on trouve dans son bouquin. La deuxième, qui peut sembler superflue, ce sont les deux dernières pages qui donnent les détails de la fabrication du livre, avec des choses aussi infimes et pourtant ô combien importantes que les mensurations de la feuille 😉
Le roman en lui-même : autant être honnête, je n'ai pas accroché. Et je crois qu'il n'y a à cela qu'une seule et simple raison : le décor est incomplet. Bien sûr que cette nuit sans fin est métaphore, bien sûr que ce minuit pile est l'écorce qu'il va falloir ouvrir pour que les vieilles luttes (de classe, de pouvoir, de religion, etc) ressurgissent et bousculent l'ordre établi. L'auteur étale ses connaissances et ses savoirs (beaucoup de citations de livres, par ailleurs intéressants ; un presque cours sur la naissance de l'alphabet, …) et en même temps, on ne comprend pas une chose élémentaire, comment se nourrissent nos personnages. Ils se déplacent (jamais aucune mention n'est faite des éclairages, des palliatifs mis en place par le gouvernement ou citoyens pour contrer la nuit éternelle), ils boivent, ils mangent (mais je ne sais pas comment pousse un légume sans soleil, ni comment une vache se nourrit), mais jamais il n'est fait mention de leur quotidien « terre à terre » si j'ose dire. Ca peut paraître étrange mais ça m'a vraiment manqué pour me représenter ce monde minuit-pile.
Quant au parcours du jeune Lui, fait de voyages et de révoltes, d'humanité surtout, et bien sûr d'amour puisqu'il était dit qu'il faudrait une Elle pour accompagner Lui, il est très… rhétorique, et poétique aussi, politique, et messianique à la fois.
Ce que j'ai préféré, c'étaient les récits offerts, histoires à l'intérieur de l'histoire, la dame qui vole ou la fiancée de Kafka, ces récits en miroir sont superbement écrits. Oui, car même si je n'ai pas franchement accroché, c'est plutôt bien écrit, avec un style très particulier, mais un sens du dialogue qui me plait beaucoup. On ne se perd pas en faux-semblant, droit au but ! C'est donc très original, mais la fin est un peu… convenue disons. Ca n'aurait pas pu se finir autrement 😉
27 octobre 2021 : Je viens de relire Minuit sur le monde. En vérité, je l'ai relu à la recherche du conte des lucioles qui aura peut-être bien un avenir prochain ;-) et puis je l'ai relu aussi pour voir à la deuxième lecture si mon avis est le même ou s'il a évolué (oui, ça parait bizarre, mais ça m'arrive régulièrement). Or je m'aperçois que ce que j'avais reproché lors de ma première critique, le fait qu'il ne soit pas fait mention des procédés d'éclairage dans ce nouveau monde, est parfaitement faux. A plusieurs reprises, l'auteur parle des soleils artificiels !!! La poésie dans le texte m'a touchée plus que la première fois (le fait que certaines phrases soient répétées comme des refrains, donnant ainsi au texte une douceur et une sensibilité particulières) et pour le reste je reste sur ma première impression : le style est vraiment chouette, le sens des dialogues direct et efficace, l'histoire d'amour n'est pas convenue ni évidente, la nécessité de la lutte m'est apparue cette fois plus clairement (dans ce qu'elle a d'humain, d'universel et de partages et d'échanges). Je n'ai toujours pas lu "L'homme qui n'aimait plus les chats" mais à la première référence du livre, p.262, j'ai très fortement pensé à "Matin brun", de Franck Pavloff ;-)
Je suis bien contente d'avoir fait cette deuxième lecture ! C'était loin d'être inutile ! ;-)
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COUP DE COEUR ❤

Par où commencer ? C'est d'abord le titre de ce livre qui m'a interpellé, puis c'est à la lecture du résumé que j'ai succombé.
Nous suivons les prises de décision, de position et de lutte de Lui Beadles, né dans une Irlande unie et libre et dans un monde où le temps s'est figé sur minuit. le Soleil ne se lève plus, le monde est plongé dans une obscurité perpétuelle. Un contexte passionnant ouvrant un champs lexical peu commun : "nuitamment", "à la nuit d'hui", le "nuital", "tout à la seconde", ...

L'univers est vraiment bien ficelé et incroyablement riche. Riche de détails, riche de valeurs, riche de références instructives et de réflexions sur le monde, sur la lutte, sur notre capacité à changer les choses grâce à nos actions.

En outre, l'auteur à un sens de l'humour, auquel j'ai été plus que réceptive, ce qui est pour moi un réel atout dans une lecture.

Je souhaite également souligner le talent d'écriture de Jules Pétrichor. Ce qui m'a frappé, outre sa plume addictive et son imagination sans limite, c'est le pouvoir des mots qu'il a choisi. C'est incroyable le nombre de fois où je me suis arrêtée sur certains mots en me disant "mais c'est le terme EXACT !".

Pour finir, les deux points forts que j'ai adorés sont les illustrations d'Eness Edwood (même la petite horloge 🕒 à chaque nouveau chapitre), ainsi que les références livresques tout au long du roman. Car Lui Beadles est un grand lecteur et traîne toujours avec un livre dans la poche arrière de son pantalon.

Habituellement, je ne relis jamais deux fois un livre (même ceux que j'ai le plus appréciés) afin de conserver l'effet coup de coeur provoqué à la première lecture, qui est une totale découverte ; mais ici, en l'occurrence, je ressens le besoin de le relire 10 fois afin d'assimiler toutes les subtilités disséminés.

En conclusion, je recommande ce livre passionnant dont on s'imprègne dès les premières pages. "Les éditions du Panseur" ont manifestement un goût certain pour les chefs d'oeuvres. Jusqu'ici je n'avais que des "auteurs favoris", peut-être vais-je désormais avoir une maison d'édition de prédilection. ♡
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"Minuit sur le monde" de Jules Pétrichor est un livre qui commence par intriguer puis conquiert progressivement le coeur. Dès le départ, le titre énigmatique et le résumé suscitent la curiosité. Nous sommes transportés dans un univers où le temps s'est arrêté au douzième coup de minuit, plongeant le monde dans une obscurité perpétuelle. L'auteur dépeint ce monde avec une richesse de détails et un vocabulaire inventif, créant ainsi un contexte unique, parsemé de termes tels que "nuital" et "à la nuit d'hui", qui ajoutent une dimension poétique et énigmatique à l'histoire. On entre dans le livre, mais on entre dans un univers parsemé de poésie. Coup de coeur littéraire !

Le protagoniste, Lui Beadles, est un personnage complexe et attachant. Né dans une Irlande unie et libre, il a grandi dans l'obscurité, en apprenant le monde extérieur à travers les livres, fenêtre ouverte sur des connaissances et des découvertes. Son amour pour la lecture, sa soif de connaissances et son désir de comprendre le monde sont des éléments qui résonnent fortement en moi, et je me suis très vite attachée à Lui. Mais il y a aussi cette part de noirceur dans le monde d'aujourd'hui, cette réalité qu'on cherche à fuir en s'engouffrant entre les pages d'un livre. Ici on ne cherche pas sans fin/faim la lumière, il s'agit d'une quête, d'un travail commun et pas solitaire à réaliser dans son coin. Lui ne souhaite pas s'enraciner dans l'obscurité, il cherche, rencontre, fait face, continue…

L'histoire de Lui le conduit dans un périple à travers le monde, où il fait l'expérience des réalités les plus diverses, des défis humanitaires en Mauritanie au dédale de l'administration parisienne, donnant quelques frissons tant cette partie est une métaphore de la vraie vie. Chaque étape de son voyage est un reflet des luttes, des espoirs et des rencontres qui définissent l'humain. le livre rend hommages aux livres, à leur pouvoir, aux idées et connaissances qu'ils contiennent, comme des phares dans l'obscurité. Une fenêtre ouverte sur des possibles.

Il y a aussi ce qui est tu : comment les gens vivent ils à l'heure de minuit ? Quel est leur quotidien lorsqu'il n'est plus régi par les heures de la journée et donc le cycle solaire/lunaire ? Malgré les quelques éléments disséminés, et même si cela m'a manqué, l'histoire n'en souffre pas, c'est ma curiosité qui est fortement titillée : l'envie de plus, d'en connaitre davantage, mais aussi de l'imaginer. Il y a cette part de l'histoire que j'apprivoise et fait doucement mienne, pour imaginer plus.

Le livre ne se contente pas de raconter une histoire, il offre une réflexion sur des thèmes tels que la résistance, la tolérance, la fraternité et le pouvoir des livres dans la formation de citoyens éclairés : l'une des richesses de ce monde est la connaissance. L'auteur mêle subtilement politique et poésie, créant un récit à la fois captivant et intellectuellement stimulant. J'ai aimé et été emportée par ce style poétique, cherchant l'harmonie par des mots, des syntaxes et des métaphores. Je ne me suis pas ennuyée, j'ai été happée par les dialogues, les situations, les personnages, et l'envie frénétique de tourner la page pour découvrir la suite.

Le style d'écriture de Jules Pétrichor est un véritable atout et j'ai aimé m'y plonger et m'y replonger encore. Il allie l'addictivité d'une narration directe et efficace à la poésie d'une prose soignée. Les mots sont choisis avec précision, et certaines phrases sont même répétées comme des refrains, ajoutant une musicalité particulière au texte : cette recherche d'harmonie, une résonance, un écho musical. Pas de lourdeur ou de répétition inutile, le tout est structuré et nous maintient dans cette ambiance.

En plus de l'écriture, le livre est agrémenté d'illustrations d'Eness Edwood, qui ajoutent une dimension visuelle à l'histoire. J'aime beaucoup ce style en noir et blanc, jeu d'ombre et de lumière, trait fin et tout en courbure. Les quelques clefs à la fin de l'ouvrage offrent également un aperçu intéressant de certains éléments historiques.

Et pourtant je suis longue, et pourtant il reste tant à dire et à découvrir sur ce livre : bienveillance, audace, attractivité, étonnement, souffle court, se projeter, continuer, tendre la main, l'attraper… Et plus encore !

Bien que le livre puisse surprendre au départ, il devient rapidement une lecture dans laquelle on apprécie se perdre et se trouver. Il invite à la réflexion sur la vie humaine, la quête de lumière et d'espoir dans un monde obscur, et la puissance de la résilience et de la connaissance. "Minuit sur le monde" est un coup de coeur, une oeuvre qui captive, stimule et laisse une empreinte durable dans l'esprit.
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Le Livre "Minuit sur le Monde", surpasse les oeuvres de London. Un chef d'oeuvre qui retrace en quelques pages l'histoire de l'humanité dans tous les domaines ! Pas de Place pour le désespoir !
Le soleil mondial arrivera et effacera les ténèbres mondial !
ça m'a rappelé tous(tes) les amis(es) que j'ai croisés, certain(es) ne sont plus de ce monde et qui m'ont transmis toute une Histoire, qui m'ont appris que le regard vers le passé, sur les simes d'aujourd'hui, est plus qu'indispensable pour mieux voir l'avenir. Aujourd'hui est le disciple d'Hier, et Demain est le disciple d'aujourd'hui. Il m'ont transmis ces vibration qu'un autre monde est possible que la lumière se rallumera un jour, mais qu'il faut de la patience, une longue lutte, lire et relire pour mieux comprendre le passé ! ces Hommes, ces Femmes ne sont pas morts(es), leurs corps sont retournés à la terre dont ils ont surgis. Un Soleil Mondial Honte le Monde des ténèbres !
Petits extraits du Livre de Jules Pétrichor, Minuits sur le monde : «(…) — Je ne comprends pas, madame. Quel cauchemar?
Miléna le regarde, mais ne répond pas. Pas directement. Pas tout de suite. Elle poursuit :
— le rêve, l'horizon, c'était l'Est, le levant, une moitié de monde où le soleil brillait de mille feux.
— Il y à eu une époque où le soleil brillait d'un côté de la Terre et pas de l'autre? Je ne savais pas.
— Ce que tu esimpatient. Attends la fin. Les rêveurs voulaient répandre cet espoir, toute leur énetgie déployée pout faire reculer l'ombre, pour que l'humanité soit unie. Comme en amour, je me jetai dans ce combat corps et âme. Alors, à mon tour, je fus dénoncée, honnie, persécutée. Ils m'ont enfermée dans un camp.
Cette fois, elle fait silence pour que Lui respire.
— Îls voulaient m'anéantir. Mais j'étais confiante. Faire face à des tortionnaires ne me faisait pas peur. Seulement, je me trompais. Ma vie s'est arrêtée dans ce camp.
Le coeur de Lui aussi ne bat plus. Un suspens. Et le coeur redémarre en même temps que la parole de Miléna :
— Si être parquée, humiliée, écrasée était note quotidien, ce qui me fit le plus mal fut de voir certaines torturées devenir persécutrices. Oh... pas n'importe qui... celles-là mêmes qui prétendaient se battre, comme moi, pour la liberté, quand en réalité elles défendaient une monstruosité.
(…) Milena lance une longue expiration, ses epaules s'affaissent, avant de se redresser et de reprendre:
Une nuit, une femme est arrivée. de l'Est. du pays du reve. de nos reves a Nous. de cette moitie de la planete ou le soleil brillait encore, chaque jour. Cette femme etait notre heraut, pour moi elle sera bien plus. « Un coup de foudre d'amitie » comme elle le disait pudiquement quand nous nous promenions main clans la main. Mais je vais trop vite, pardon... Quand elle est arrivée, nous étions la, pendues a ses levres, a attendre qu'elle raconte. Elle ne dit rien ou si peu. Je crois que c'est notre amour qui lui donna le courage de prendre la parole, lors d'un repas, devant Nous. (…)
Mon amie raconta qu'au Levant le reve s'etait transformé en cauchemar, l'Est était plongé dans les memes tenebres que l'Ouest. Toute opinion divergente était synonyme de mort. La peur rampait partout. Son mari avait disparu pour avoir osé dire «non», et nuitamment, c'etait son tour d'étre purgée du parti. Les camarades elles-memes l'avaient envoyée ici. Elle avait laché ça comme on se deleste d'un fardeau. Un silence de plomb s'est alors abattu sur Nous, sur moi aussi. La reaction se fit impitoyable. Elle fut traitée pire qu'une juive,», Jules Pétrichor, Minuits sur le monde

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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
- Les lucioles adoraient les Hommes et les suivaient partout pour les observer. Les lucioles adoraient les Hommes parce qu’ils étaient créatifs. Les Hommes adoraient les lucioles et les prenaient souvent aux creux de leurs mains pour leur causer. Les Hommes adoraient les lucioles, leurs petites lumières durant la nuit noire les rassuraient.
Long silence.
- Mais, les hommes inventèrent les armes.
Les enfants répètent : Mais les hommes…
Médusés, Camille et Luna écoutent ce chant. Ils se demandent : Pourquoi répètent-ils tous ensemble à ce moment précis? Ils se répondent : La magie peut-être.
- Les Hommes tuent. Les Hommes brûlent. Les Hommes détruisent.
Les enfants répètent : Les Hommes…
- Les Hommes se tuent. Les Hommes se brûlent. Les Hommes se détruisent.
Les enfants répètent : Les Hommes…
- Les lucioles ne brillent plus. Les lucioles pleurent. Les lucioles meurent.
Les enfants répètent : Les lucioles…
- Les lucioles meurent une à une, le spectacle offert par les Hommes leur est insupportable…Seul l’amour les fait briller et vivre. Devant les crimes, elles s’éteignent.
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- Hep toi, file moi ton sac à dos !
Un type a lâché ça sans la moindre émotion, adossé au mur, une jambe pliée, la semelle sur la façade d'Haussmann, les mains dans les poches... Il n'a pas fêté son quinzième minuiversaire. Mais en paraît le double. ...
- Aucun intérêt, il est vide. D'ailleurs, ce n'est pas en dépouillant les plus pauvres que vous ferez fortune.
- Première nouvelle. t'as du vocabulaire, mais t'es pas un malin toi. C'est comme ça qu'ça marche depuis la nuit des temps : les riches sont riches en dépouillant précisément les plus pauvres, ils appellent ça "l'exploitation". Donc j'te vole pas, j't'exploite. File ton sac, même vide.
- Vous marques un point jeune homme. On le joue le butin en trois ? Histoire de le gagner honnêtement.
Le type commence à sourire.
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- Oh merde ça le reprend, regarde.
- Tu vas nous foutre à la bourre avec tes conneries, le match commence à minuit-pile. T'as quoi encore ?
Lui ne répond pas, ses frères ont l'habitude.
- Putain Lui, t'es vraiment chiant !
Son cerveau tourne à plein régime. Tous les sens en alerte, sa conscience de l'instant est un concentré d'émotions. D'où vient ce splash ? Imperceptiblement, il commence à bouger. Puis, en un éclair, il porte la main à la poche arrière droite de son jean.
- Mon Oliver Twist !
Les frères, en chœur :
- Qui ?
- Mon bouquin !
- Quoi ?
- Bah, mon bouquin ! Il est tombé dans une flaque, tout à la seconde quand j'ai grimpé le mur. Je viens de l'entendre.
- Tu viens de quoi ?
- Je viens de l'entendre. Dans ma tête. Nuitamment. Quand il est tombé tout à la seconde. Vous êtes cons ou quoi ?
- Quoi !
Il se marrent.
- Nan, mais t'es sérieux, toi, avec ton bouquin ? Je t'en piquerai un autre à la bibliothèque, un de ces quatre minuits. Le coup d'envoi est dans mille cinq cents secondes. Alors, go !
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«(…) Mais que faire ? Seule, dans la nuit noire et perpetuelle, faite à nouveau de chair et de sang, mais toujours insomniaque. Une dame blanche, heritage de mon ancienne nature spectrale. Mi-femme, mi-fantome, j'allais de proche en proche, mais malgre la flamme qui m'habitait personne n'etait prêt a entendre OU voir... personne... Je desesperais de nouveau, peut-etre plus douloureusement encore. (...). Il a seulement demande : « Insomniaque? » Oui. « Pourquoi? » Paree que ce monde. Et d'une meme voix nous avons souffle : « Paree qu'un autre monde. » (...)
Lui pense que ce sont surtout les autres, tous les autres, qui dorment a cause de la nuit perpetuelle. Il n'a pas encore compris que la relation de cause a effet est exactement!'inverse », Jules Pétrichor, Minuits sur le monde
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«Il la voit dans l’encadrure de la porte……….. elle affiche son air le plus mutin……….. le plus coquin………... ah, ce regard……... il s’enflamme déjà……….. il s’approche lentement……........ elle rit………………...... se tourne………….. disparaît…………..Elle court dans les escaliers……..…. il l'entend rire…………. mais en haut ou en bas………... l’écho le trompe et le perd……….… elle est partout............. au bout du couloir une ombre……….... il court............ disparue……….... là, au coin………….. un pied………... nu……….. il court………... », Jules Pétrichor, Minuits SUR LE MONDE
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