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ISBN : 1090724993
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture (05/02/2016)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 121 notes)
Résumé :
Dans la Maison, vous allez perdre vos repères, votre nom et votre vie d’avant. Dans la Maison, vous vous ferez des amis, vous vous ferez des ennemis. Dans la Maison, vous mènerez des combats, vous perdrez des guerres. Dans la Maison, vous connaîtrez l’amour, vous connaîtrez la peur, vous découvrirez des endroits dont vous ne soupçonniez pas l’existence, et même quand vous serez seul, ça ne sera jamais vraiment le cas. Dans la Maison, aucun mur ne peut vous arrêter, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (74) Voir plus Ajouter une critique
AgatheDumaurier
13 juillet 2016
La maison dans laquelle est une plongée dans la psyché des enfants et des adolescents, rendue extrême par l'enfermement des protagonistes dans leur pensionnat.
Il ne faut tout d'abord pas croire,impression première et contresens à mon avis, que les jeunes de cet institut sont livrés à eux-mêmes, que les adultes ne font que passer. Ils sont perpétuellement là, professeurs, éducateurs, directeur, et même, on le comprend peu à peu, parents. Ce n'est pas un orphelinat à la Dickens, c'est juste que, dans l'esprit des enfants et des jeunes adolescents, ils ne comptent pas, ils n'existent pas. Seuls importent leur monde, leurs chambres, leurs couloirs, les salles de classes, abandonnées la nuit, la salle des professeurs, tout l'espace leur appartient, la maison leur appartient, dans leur galaxie parallèle, elle est entièrement à eux.
Dans ce monde, nul adulte ne peut pénétrer, et l'irrationnel, la violence, les sentiments forts d'appartenance à un groupe, la colère,la soif de pouvoir, l'amitié indestructible, la loyauté, les allégeances éternelles, l'amour, règnent en maitre sans aucun frein.
Dans ce monde, vous perdez votre identité civile, et vous gagnez un nouveau nom, vous renaissez, pour le meilleur ou pour le pire. Vous étiez Érik Zimmerman ( le seul personnage dont on connaitra l'État civil, il me semble), vous devenez Fumeur. Il y a aussi Sphinx, l'Aveugle, Chacal Tabaqui, ex Putois, Vautour, GrosLard, Sirène, Rousse, Roux, Loup ... à la mode indienne, votre parrain ou marraine vous rebaptise pour votre existence dans ce huis-clos de plus en plus étouffant.
L'auteure nous entraine et nous enferme dans la maison à la suite de Fumeur, projection du lecteur innocent et ignorant dans ce monde étrange, régi par des lois non écrites, au passé lourd et secret.
Comme Fumeur, nous ne comprenons rien, nous découvrons, nous voudrions poser des questions, mais on ne nous répond pas, ou de façon oblique, en mode Pythie de Delphes. Il faut décrypter les messages cachés des anciens, détecter les anciens, les reconnaitre à leurs dix-huit ans par rapport aux flash-backs d'une histoire plus ancienne, où les personnages principaux ( Aveugle, Sphinx, Noiraud, Vautour, Roux, Rousse) étaient des enfants âgés de 5, 6,7 ans occupés à poser les fondements de l'histoire principale.
L'histoire principale est la marche chaotique vers la sortie, vers l'extérieur, le monde réel. C'est là que le récit prend une dimension universelle et initiatique.
Le roman demande au lecteur une immense participation. Il faut du temps pour le lire, on ne peut pas survoler. Toutes les scènes, les dialogues, sont énigmatiques, et demandent interprétation. Car, j'ai oublié de le dire, ces enfants ne sont pas " normaux", ils sont handicapés moteurs, malades, et pour certains très déséquilibrés psychologiquement...D'où cette impression de perte de contrôle par les adultes. Et cela arrive parfois...Mais il faut voir les gonz auxquels ils ont affaire...
Le secret et la folie forment les fondations de la Maison. Les adolescents vivent une Maison qui n'est pas forcément la réalité, mais une projection de leurs fantasmes, voire de leur folie pour certains ( l'aveugle, le Macédonien, Lord...) le lecteur, comme son guide le pauvre Fumeur, doit constamment démêler le vrai du faux, la réalité des contes que l'on se raconte, et la mort omniprésente, due à quoi ?
Les adolescents vivent dans un univers fantastique. À chacun d'essayer de comprendre ce qu'est un Log ( un messager ? Un attardé léger ? ...) un sauteur ( à mon avis, un capable de sauter dans un monde encore plus lointain, qui n'est ni l'extérieur ni la Maison) un tombant ( ça, j'ai pas compris, peut-être un apprenti sauteur qui n'y arrive pas) ...Mais de nombreuses énigmes demeurent.
Le texte est remarquablement bien écrit. Il est d'une pureté granitique. Tout est en focalisation interne, à quelques passages près, et au lecteur de se débrouiller. Pas une trace de mièvrerie, d'incohérence, tout se répond, sans forcément s'expliquer.
Le handicap n'est pas le sujet du livre. Il est une métaphore de nos faiblesses structurelles, et de la capacité que nous aurons ou non de nous fondre, avec notre folie, notre Maison, notre enfance, dans l'extérieur où nous ne serons plus le prince ou la princesse de notre royaume, où nos lois ne seront plus les lois, et nos vassaux et nos seigneurs des gens rangés- ou pas.
Désolée d'avoir été longue, mais c'est un livre remarquable, rare, et sur lequel je n'ai pas dit le quart de ce que j'aurais voulu.
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Ambages
30 mars 2016
« Il est des phrases que le cerveau ne peut pas entendre et contre lesquelles il se défend en se murant dans le silence. » Aussi, après avoir lu autant de critiques, je me demande quelle incidence auront ces quelques mots supplémentaires... Parce qu'au fond, moi aussi j'ai « des dizaines de questions sans réponses. » Tout comme Bossu, ou Fumeur à une époque, je n'ai rien compris -ou pas grand chose...
Et c'est d'autant plus agaçant car « je me souviens de tout... (...) peut-être que les mots cachés juste en dessous éclaircissaient l'ensemble. »
Comment un livre peut marquer un individu dont l'esprit ne capte pas le dessous des cartes ? Et pourtant cela fonctionne. le temps de la lecture j'étais avec les pensionnaires de la maison. Dès que je refermais le livre, la magie n'opérait plus. Mais lorsque le lendemain je le reprenais -et dès la première ligne lue- j'étais dans cette ambiance particulière, surréaliste. Et pourtant je confirme n'avoir pas compris grand chose.
J'en suis venue à me dire que ce livre possédait, pour ses lecteurs, les caractéristiques de la maison pour les habitants : « Dans la maison, le temps ne s'écoulait pas comme à l'Extérieur. On n'en parlait pas vraiment, car ces choses-là étaient bizarres et auraient vite fait d'attirer les foules, mais certains parvenaient à vivre plus d'une vie, tandis que d'autres n'y passaient qu'un seul mois. Plus tu tombais dans ces endroits étranges qui aspiraient le temps, plus tu existais. »
Le temps de la lecture a été plaisant, et pourtant ...comprenez moi bien, je n'ai rien compris :)
Après ces 954 pages, bien évidemment soulagée de ces 1300 grammes qui ont bien plombé mon sac à main, je me dis que ce fût une expérience plus qu'une lecture. le partage d'un autre monde que Mariam Petrosyan a eu la gentillesse de révéler avec cette publication.
Je cherchais une histoire, une intrigue, et je n'ai eu qu'une ambiance, la vision d'une terre moins terre à terre. Décontenancée, surprise, énervée, je suis passée par tous les stades du désappointement pour au final, et je ne l'aurais pas cru, être contente de cette lecture si particulière.
Donc je vous remercie, le site Babelio et les éditions Monsieur Toussaint Louverture, car sans cette masse critique qui était pour moi un challenge ''pavé'', je n'aurais pas ce sentiment de contentement et d'étonnement qui en découle, une fois la dernière page tournée. Oui je suis déconcertée, après avoir pesté pendant la lecture, d'être ce soir à me dire que ce livre est un mystère plaisant pour moi.
C'est pourquoi je reprends ci-dessous, cette citation qui exprime le mieux cette impression que je garde après ces semaines passées confinée avec des adolescents boutonneux qui avaient un langage bien supérieurs à la moyenne. Ah oui... ils étaient aussi handicapés, mais franchement, ce n'est pas pour moi le thème du livre. Non ! c'est un mystère.
« La maison exige une forme d'attachement mêlé d'inquiétude. du mystère. du respect et de la vénération. Elle accueille ou elle rejette, gratifie ou dépouille, inspire aussi bien des contes que des cauchemars, tue, fait vieillir, donne des ailes... C'est une divinité puissante et capricieuse, et s'il y a bien quelque chose qu'elle n'aime pas, c'est qu'on cherche à la simplifier avec des mots. Ce genre de comportement se paie toujours. Voilà, maintenant que vous êtes prévenus, on peut continuer à discuter. »
...ou plutôt... trêve de discussion. A chacun de se faire son idée. Pour l'originalité et le plaisir qu'il offre, ce livre est intéressant et tant pis si je n'ai pas eu d'intrigue, si je n'ai pas tout compris. Finalement j'ai rêvé d'un autre monde, d'une terre qui resterait un mystère... Je marchais les yeux fermés, je ne voyais plus mes pieds, je rêvais réalité... D'autres ont peut-être croisé l'Aveugle et les Roulants pour écrire cette chanson, non ?
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Shan_Ze
16 mars 2016
Un univers vraiment mystérieux et fascinant…
La plongée dans cette Maison peut être un peu déstabilisante avec ces enfants cabossés de la vie, handicapés. délaissés… Ils ont vécu déjà plus d'une vie. Une fois, arrivé à la Maison, tout le reste est oublié, n'existe plus. Ils sont laissés à eux-mêmes, les éducateurs ou professeurs n'y font que de brèves apparitions.
Difficile de pénétrer cette maison, de comprendre ses habitants : il existe toute une hiérarchie, des lois qui régissent ce lieu. Les jeunes ne réagissent qu'à des surnoms, les groupes sont titrés d'un nom d'animal. Ca me rappelle brièvement, la lecture remonte à loin, à La majesté des Mouches. Il y a des luttes, des trahisons, de la fidélité… Tour à tour, l'auteur suit les différents personnages : on commence avec un jeune garçon, surnommé Fumeur, au moment de son changement de groupe. Un regard extérieur, par moments, raconte le passé… Les différents liens entre les personnages qui grandissent et changent de nom, de position, de comportement..
J'ai eu parfois du mal à suivre (d'ailleurs, je n'ai vu la liste des groupes à la fin du livre que très tard dans ma lecture, ça m'aurait aidé), j'ai du revenir à arrière pour comprendre telle ou telle dialogue ou passage descriptif un peu énigmatique. Plus j'avançais dans cette Maison, plus je la trouvais inquiétante. Beaucoup de scènes m'ont interrogé, mais des bouts d'explications viennent et donnent un peu plus d'ampleur à cette oeuvre. Cependant, certaines questions sont restées : qu'est-ce qu'un Log ? un tombant ? un sauteur ? Je n'ai que des réponses approximatives…
Cette Maison est un labyrinthe et j'ai aimé m'y perdre et retrouver mon chemin. Une aura fantastique la parcourt, la réalité n'est pas où on croit. Il me faudrait une deuxième lecture (plus tard, le temps de souffler) ou des bouts de relecture pour comprendre cet endroit. Un huis-clos original sur l'adolescence, le handicap, que j'ai apprécié, même si la lecture était dense (et l'objet, lourd). Merci aux Editions Toussaint Louverture pour cette découverte atypique.
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fredho
27 février 2016
La Maison est un grand pensionnat comparé à une ruche géante aux nombreuses alvéoles. Dans chaque alvéole il y a une chambre, une chambre habitée par un enfant ou un adolescent pas très ordinaire. Des enfants que la nature n'a pas gâtés car chacun d'entre eux a une infirmité. Loin de leurs familles, sans repère, ce sont aussi des laissés-pour-compte, des cabossés de la vie qui pensent que nul n'a besoin d'eux. Dans ce lieu insolite, chaque enfant enterre son ancienne identité et adopte un surnom correspondant à sa personnalité : Sauterelle, Fumeur, Tabaqui, Vautour, Lord etc. Des groupes distincts sont également formés. La Maison a ses lois et ses règles mais les occupants peuvent s'y épanouir librement. Malheureusement l'autorité est défaillante et les éducateurs ont parfois bien du mal à encadrer tout ce petit monde.
La Maison paraît avoir une âme, elle a tout d'une grande forteresse bienveillante qui est capable de les aimer, de les protéger et de les aider à apprivoiser leur crainte de l'extérieur. Il est impossible de partir et de revenir comme on le souhaite, rien n'est fait au hasard mais à 18 ans l'adolescent doit quitter la Maison pour affronter la réalité et appréhender le monde des adultes.
Le début me paraissait prometteur mais au bout de la 500 ème page (le livre en comporte 954) je me suis essoufflée et lassée des multiples personnages évoluant dans cet univers fantasque mais confus. Bien qu'il y ait de très beaux passages poétiques et que le thème de l'adolescence soit abordé de façon très originale, je n'ai pas réussi à m'imprégner des personnages et de leurs histoires.
Ce roman initiatique au genre fantastique serait à mon avis très apprécié par de jeunes lecteurs.
Je remercie Babélio de m'avoir sélectionnée pour l'opération Masse Critique et je remercie les éditions les éditions Monsieur Toussaint Louverture pour l'envoi de ce livre.
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michfred
16 août 2017
J'y suis entrée à pas prudents, attirée par sa légende et craignant qu'elle ne déçoive mes attentes.
Sur la première de couv', ses murs -palimpseste ont d'abord capté mon regard et bientôt ses enfants étranges, comme échappés d'un film de Tim Burton, m'ont intriguée : roulants et marcheurs, tombants et sauteurs...où étais-je venue me perdre? Dans quelle contrée aux confins du réel et du rêve ? quelle sorte de Poudlard pour ados névrosés, quel huis clos nostalgique et malfaisant pour adultes en mal de leur adolescence?
Puis, très vite, le sortilège a opéré : plus moyen de faire demi-tour, les grilles de la Grise se sont refermées sur moi. J'ai été happée par son mystère, ses codes, ses groupes, ses rituels, son temps immobile, ses personnages emblématiques aux sobriquets étranges et changeants.
J'ai dévoré cette énorme brique en trois jours et attendu presque une semaine pour pouvoir tenter de vous en parler, tant l'emprise reste grande, une fois la dernière page tournée.
La Maison dans laquelle, avec son titre boîteux, est à l'image de ceux qui la peuplent: des enfants et des adolescents cabossés par la vie , à qui mère Nature non plus n'a pas fait de cadeau : "roulants" en fauteuils, "marcheurs" sans bras, rebelles sans passé, voyants sans regard, enfants sans famille, sans raison ou sans espoir, La Maison est le refuge et la somme, parfois effrayante, de toutes ces pertes.
Des groupes, des hiérarchies, des sujétions, des brimades mais aussi des amitiés, des solidarités, de folles puissances se font et se défont entre ses murs couverts de paroles énigmatiques.
Les adultes -profs, parents, directeurs, soignants, éducateurs- sont là aussi, mais à la marge: le jeu pour les "Rats", les "Chiens," les "Faisans", les "Oiseaux "et le fascinant "groupe 4 " né de la Chambre des Pestiférés- il y a 6 groupes, mais quel est donc le 5ème ? - le jeu, donc, pour tous les pensionnaires de la Grise consiste à déjouer les règles des adultes, à y substituer les leurs, à maintenir le plus longtemps possible et comme suspendu , le temps délicieux, vénéneux et violent de l'enfance.
Quitte à tuer, quitte à muter, quitte à mourir.
La lecture est addictive, mais se doit d'être attentive :dialogues à double détente, narrateurs qui changent et changent aussi de noms, totems souvent empruntés à Kipling comme dans une meute de louveteaux déviants, et revêtant des sens à décrypter.
Même si la mort guette, les corps atrophiés sont animés d'une vie sauvage: il faut conjurer le péril de l'infirmerie, appelée le Sépulcre, la fuir à toute force! Les fauteuils deviennent alors des destriers plein de fougue, les toits, des miradors ouverts sur le Danger Extérieur, les arbres, des mâts de cocagne, des colonnes pour stylites ou des fourches patibulaires.
Mais le pire danger n'est-il pas le temps égrené aux cadrans des montres et des horloges, qui fait de l'irrésistible Sauterelle un Sphinx impénétrable, et du pauvre Fumeur , auquel s'identifie le lecteur, un Candide pas toujours clairvoyant, mais de plus en plus sceptique et hésitant ?
Le temps qui mutile et aveugle chasse du paradis des laissés-pour-compte ceux qui rêvent de normalité: le temps vous rejette dans le néant ou dans la vie, sauf si vous êtes un Chacal Tabaqui -ex Putois- aussi éternellement juvénile que ses gilets colorés !
Fable métaphorique sur une Enfance très rimbaldienne, sorte d'Illumination de 900 pages, de Bildungsroman poétique, méditation philosophique sur la différence qui isole et l'instinct clanique qui unit, La Maison dans laquelle est une plongée en apnée dans un univers puissamment original et totalement envoûtant !
En suis-je vraiment sortie? Parfois j'ai l'impression de hanter encore ses couloirs labyrinthiques en clopinant derrière le Mustang de Tabaqui...
Je recommande chaudement!
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Les critiques presse (1)
Telerama03 mars 2016
Quel charme [...] distillent ces quelque mille pages enchantées et très noires, hypnotiques, où on croit reconnaître notamment les influences mêlées de Lewis Carroll, Tim Burton et William Golding.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (88) Voir plus Ajouter une citation
MoglugMoglug26 juin 2016
[incipit]
La Maison se dresse aux confins de la ville, en bordure d’un quartier appelé les « Peignes » où d’interminables immeubles sont alignés en rangs crénelés, telles des dents plus ou moins régulières. Séparées à la base par des cours de béton servant d’aires de jeux, les tours sont percées d’innombrables yeux. Là où elles n’ont pas encore poussé, s’étendent des ruines masquées par des palissades. Les enfants, d’ailleurs, s’intéressent bien plus aux décombres qui s’y cachent, refuge des rats et des chiens errants, qu’aux espaces aménagés pour eux.
C’est sur ce territoire neutre, à la frontière entre deux mondes, les immeubles et les terrains vagues, que fut bâtie la Maison. On l’appelle aussi « la grise ». Son ancienneté la rapproche des ruines, derniers vestiges des édifices de son temps. Elle est isolée – les tours gardent leurs distances – et, plus large que haute, elle ne ressemble pas du tout à une dent. Ses trois étages donnent sur une autoroute. Son toit est hérissé d’antennes et de fils, sa chaux s’effrite, ses lézardes pleurent. Elles est aussi dotée d’une cour, un long rectangle cerné de grillage. Autrefois, sa peinture était blanche. Désormais c’est le gris qui domine, sauf pour le mur à l’arrière, qui a jauni. Côté cour, s’entassent garages, appentis, bacs à ordures et niches à chiens. La façade, quant à elle, est triste et nue. Comme on pourrait s’y attendre.
Personne ne l’admettra, mais les habitants des tours ne voient pas la Maison grise d’un bon œil. Ils préféreraient ne pas l’avoir dans leur voisinage. Ils préféreraient en vérité qu’elle n’existe pas du tout.
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michfredmichfred12 août 2017
" Pour la derniere fois, je te demande d'arrêter. Ça suffit. J'en ai ras-le-bol de vivre dans l'ombre de la Maison. Je ne veux pas de ses cadeaux, pas de ses mondes, pas de ses pièges, je ne veux pas lui appartenir, je ne veux rien! Je ne veux pas de ces autres vies qui paraissent réelles jusqu'a ce que tu ne découvres que tu n'as pas vieilli, et que les autres te regardent comme si tu avais ressuscité d'entre les morts et se réjouissent de voir que tu as encore toute ta tête. Je déteste ça, ça me fait peur, je ne veux pas d'une pareille destinée, je ne la souhaite à aucun d'entre nous, pas même à toi, mais je ne cherche plus à te convaincre. .."
+ Lire la suite
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Shan_ZeShan_Ze28 février 2016
Un sourire, c'était une lumière. Pas chez tout le monde, mais chez la plupart des gens. A présent, il savait ce que ressentait Alice quand le sourire du chat de Cheshire planait au-dessus d'elle, sournois et dentu. Ainsi souriait la Forêt, avec dédain, d'une façon ineffable et moqueuse.
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zazimuthzazimuth01 mars 2016
Pour la dernière fois, je te demande d'arrêter. ça suffit. J'en ai ras-le-bol de vivre dans l'ombre de la Maison. Je ne veux pas de ses cadeaux, pas de ses mondes, pas de ses pièges, je ne veux pas lui appartenir, je ne veux rien ! Je ne veux pas de ces autres vies qui paraissent réelles jusqu'à ce que tu découvres que tu n'as pas vieilli, et que les autres te regardent comme si tu avais ressuscité d'entre les morts et se réjouissent de voir que tu as encore toute ta tête. Je déteste ça, ça me fait peur, je ne veux pas d'une pareille destinée, je ne la souhaite à aucun d'entre nous, pas même à toi, mais je ne cherche plus à te convaincre... (p.878)
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Shan_ZeShan_Ze09 mars 2016
"Et merde, grogna-t-elle en essuyant ses coudes poisseux. Vous faites comment pour vivre dans cette porcherie ?
- C'est comme ça. Mais attention, ce n'est pas toujours aussi dégueu, on fait le ménage tous les mercredis. Bon, tu tombes un peu mal parce qu'aujourd'hui, c'est mardi... le jour le plus crade.
- Te te fous de moi ? Vous avez dû louper un paquet de mercredis !"
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Video de Mariam Petrosyan (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mariam Petrosyan
Mariam Petrosyan. La maison dans laquelle.
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