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EAN : 9782841901456
392 pages
Parangon (08/12/2005)
4.17/5   43 notes
Résumé :
"Mieux vaut plusieurs fois mourir de rire que sauter une seule fois sur une mine." (Jurij SOKOLOV).
- Hippolyte, reprit la voix, vous rappelez-vous nos meubles du salon ?
- Lesquels ? demanda Vorobianinov, avec la prévenance dont on n'use qu'avec les grands malades.
- Les meubles... recouverts de tissu anglais à fleurs...
- Ah ! dans ma maison ?
- Oui, à Stargorod...
- Je m'en souviens, mais oui, je m'en souviens parfaitemen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
4,17

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mylena
  23 janvier 2022
Un grand classique populaire russe, et même soviétique (même s'il a été interdit, tardivement, en 1949, et jusqu'en 1956). L'histoire est relativement simple, entre la chasse au trésor et une parodie d'enquête policière. Nous sommes dans la Russie des années 20, la belle-mère d'Hippolyte Matvieïévitch Vorobianinov, ancien noble, lui confie sur son lit de mort qu'elle a planqué sa fortune, sous forme de diamants et autres bijoux, dans une des douze chaises du salon. Un vieux pope a eu droit lui aussi à sa confession. Mais voilà que les chaises ont été réquisitionnées et ont été dispersées dans tous les coins de l'Union Soviétique. Et Hyppolyte, flanqué d'Ostap Bender, jeune escroc haut en couleurs, part dans un périple plein d'aventures rocambolesques avec le pope, qui n'est pas en reste, comme concurrent. le récit est joyeux, le rythme est effréné. Et surtout l'intrigue n'est que prétexte à satire, tant de l'ancien régime que du jeune pouvoir soviétique. Tout le monde en prend pour son grade : les nobles sont pitoyables et incapables de s'adapter, le pope est cupide et corrompu, la société est pleine de profiteurs, le nouveau régime est déconnecté du réel, les journalistes sont des moutons, … le public russe ne s'y est pas trompé, c'est une oeuvre populaire majeure dont on peut se demander par quel petit miracle elle n'a été interdite que 7 ans ! le livre comprend beaucoup de degrés de lecture, il n'y a pratiquement pas une phrase qui ne cite, parodie ou pastiche un autre auteur… Pour le lecteur occidental il est difficile, malgré d'abondantes notes de page, de saisir toute l'ironie liée aux références tant littéraires, que musicales ou liées à la vie quotidienne. Il ne lui reste plus que l'excellent comique de situation lié à l'intrigue, et une partie de la satire politique et sociale. C'est déjà pas mal pour ce portrait ironique de la société soviétique des années 20.
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Apoapo
  28 avril 2017
Best-seller des années 30, ce roman satirique picaresque qui peut paraître un pastiche de polar, ou bien une vraie chasse au trésor, a vu le jour dans ce moment béni de la littérature soviétique où, à l'instar de Boulgakov, l'on se croyait encore tout permis... Son écriture à quatre mains par deux jeunes journalistes d'Odessa décédés très précocement en 1937 et 1942, scella une alliance littéraire qui produisit notamment un second roman (Le Veau d'or) avec le même personnage principal : Ostap Bender « fils de sujet turc », un escroc aux ressources étonnantes ; ainsi qu'un roman-reportage sur l'Amérique et un nombre considérable de nouvelles et de récits humoristiques et satiriques.
Dans ce premier roman, Hippolyte Matvieïévitch Vorobianinov, un vieux noble déchu, plutôt poltron et dépourvu d'imagination et de capacité d'adaptation, s'associe rapidement avec le sympathique écornifleur, à la poursuite d'une chaise parmi les douze que comptait son salon avant réquisition révolutionnaire de sa demeure et dispersion de son mobilier, à l'intérieur de laquelle son acariâtre belle-mère avait occulté tous ses diamants et autres bijoux. Confession lui en est faite, à lui et à un pope menteur et vénal, à l'article de la mort de l'aïeule ; et les trois se livreront à un périple rocambolesque aux quatre coins du Pays des Soviets.
Hormis les avatars épiques de la poursuite, et après un aparté sur le passé pré-révolutionnaire de Vorobianinov, l'on découvre un pays chaotique, où règne le système d'et l'arnaque généralisée, où la nouvelle culture édictée par un pouvoir encore imparfaitement établi coexiste avec des réminiscences de l'ancien régime qui ont l'aspect de reliques ridicules, socialement veules et moralement corrompues, à l'instar du noblaillon et de l'ecclésiastique cupide.
Tout cela est représenté dans un style impeccablement satirique, dont l'humour se manifeste par l'hyperbole et l'absurdité des situations. Si l'ironie nous échappe en grande partie, malgré la pléthore des notes de bas de page d'Alain Préchac, traducteur-biographe des auteurs, relatives notamment aux références littéraires, musicales et de la vie quotidienne, qui devaient être totalement transparentes pour un lecteur russe même quelques décennies après la parution, ironie qui a sans doute contribué grandement au succès fulgurant de l'ouvrage, ce qu'il nous reste aujourd'hui, c'est en revanche l'humour lié aux situations, à la trame, et surtout la satire politique et sociale.
Dans la préface, Alain Préchac s'évertue à répéter que ce roman est apolitique : cette caractéristique ne se retrouverait même que dans cette oeuvre. Je ne comprends pas du tout ce déni. Ce n'est pas la chute qui me fera penser que les auteurs ont renoncé, de la première à la dernière page, à exercer par la satire une critique sociale et politique acérée, que je retrouve notamment dans la dérision dont ils accablent les milieux qu'ils connaissaient sans doute le mieux : le journalisme et le théâtre. Cela ne veut pas dire qu'ils n'aient pas éventuellement adhéré à la Révolution d'Octobre et au gouvernement soviétique ; mais tout ce qu'ils voyaient et décrivaient en 1927, ils n'hésitaient pas à le ridiculiser à souhait. Dans la bonne humeur, mais sans doute dans un sain espoir d'amélioration et de progrès.
Les citations que j'ai choisies voudraient aussi refléter, outre la satire, la mise en profondeur des personnages ; en particulier une tentative de compréhension de l'ancien régime représenté par Vorobianinov qui, sans être un héros positif, est loin d'être caricaturé de façon manichéenne.
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Apikrus
  09 novembre 2021
Illia Arnoldovitch Fainsilberg (1897-1937) et Pétrovitch Kataev (1903-1942) ont écrit 'Les 12 chaises' ('Двенадцать стульев') à quatre mains, sous l'appellation collective d'Ilf et Pétrov, et l'ont publié en 1928. En 1931, parut à son tour "Le Veau d'or" ("Золотой телёнок"), avec le même personnage central. Ces deux romans furent de grands succès populaires.
Ilf se suicida en 1937, à l'âge de 39 ans, et Pétrov mourut en 1942, à 38 ans, à bord d'un avion abattu.
En 1928, la Révolution et la guerre civile russes sont terminées depuis respectivement plus de 10 ans, et 5 ans. Mais la victoire de l'Armée rouge n'a pas fait disparaître les affairistes, qui restent actifs, à l'image d'Ostap Bender.
Après qu'une ancienne aristocrate a révélé, en mourant, avoir caché ses bijoux dans l'une des douze chaises du salon, Ostap Bender et quelques autres se lancent dans la chasse au trésor. La recherche s'avère compliquée puisque ces chaises ont été vendues.
Pour Ostap, sympathique escroc, cette quête est une aubaine, malgré un résultat plus qu'incertain. En effet pour lui, toutes les occasions sont bonnes pour plumer son entourage ; et il le fait avec une absence de vergogne et un talent à mentir étonnants et comiques.
Ce roman, sans être engagé politiquement - il était trop dangereux de l'être et cela le sera encore plus avec l'arrivée de Staline au pouvoir - dresse un portrait ironique de la société soviétique des années 1920. Ce livre est amusant, et agréable à lire.
Il est difficile pour un occidental lisant ce récit près d'un siècle après sa publication de comprendre toutes les références aux personnages et oeuvres littéraires de l'époque. L'édition de Gingkoe (celle que j'ai lue) est intéressante par ses notes en bas de page qui ont souvent pallié mon ignorance.
Je lirai très volontiers 'Le Veau d'or' ainsi que d'autres récits de ces auteurs.
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Thrinecis
  28 août 2021
Sur son lit de mort, la belle-mère de Vorobianinov lui confie qu'elle a caché une petite fortune en diamants dans l'une des 12 chaises de son salon, mais les 12 chaises ont été vendues, éparpillées on ne sait où, à travers la Russie ! Vorobianinov se lance à leur recherche, vite secondé et même cornaqué par Ostap Bender, un jeune escroc de 28 ans, surnommé le Grand Combinateur.
Tout au long de leur périple, les deux hommes vont escroquer, manipuler, comploter pour atteindre leur objectif, chaise après chaise, leurs chances augmentant statistiquement après chaque chaise éventrée vide, tout en affrontant la concurrence du prêtre Fiodor qui a confessé la belle-mère.
Ce grand classique humoristique de la littérature soviétique a été écrit par deux écrivains trublions du régime soviétique Ilia Ilf et Evguéni Pétrov qui ont souvent réussi à déjouer la censure malgré une écriture satirique et très subversive.
J'ai trouvé particulièrement savoureuses leur critique de l'économie soviétique et plus largement du fonctionnement du système ainsi que leur manière de tourner en dérision les vestiges féodaux de la vieille Russie en se moquant du noble Vorobianinov qui a tout perdu et du prêtre corrompu Fiodor. J'ai aussi apprécié de découvrir la vie quotidienne de l'époque.
Mais le roman comporte bien d'autres niveaux de lecture parodiques qui nécessitent une bonne connaissance de la littérature, du théâtre et des arts russes de cette période.
Difficile donc de goûter tout le sel de ce roman satirique car la plupart des références et des plaisanteries, sans doute bien comprises des contemporains d'Ilf et Pétrov, sont aujourd'hui hors de ma portée par manque de connaissances historiques ou contextuelles.
Alors oui, bon nombre de tirades ou de passages sont très drôles (tels les lettres du prêtre Fiodor à sa femme) mais je suis vraiment passée à côté de beaucoup d'autres dont je ne peux que deviner qu'ils firent sourire et même rire les lecteurs soviétiques de 1928....
Avec toutes ces références qui m'ont échappé (malgré un nombre impressionnant de notes de bas de pages qui pèchent par la sécheresse de leurs explications), j'ai fini par trouver bien longue cette chasse au trésor...
Il me reste à lire la suite des aventures d'Ostap Bender dans le veau d'or mais je ne vais pas l'attaquer avec le même enthousiasme.
Challenge multi-défis 2021
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Zebra
  24 août 2012
Sous la fiction d'une chasse au trésor, nos deux compères nous détaillent l'univers d'affairisme qui prospérait dans la société rêvée du socialisme en construction. Leur réussite a été, sous un nom de plume commun, de maîtriser l'humour, de dénoncer sans accuser ouvertement mais en utilisant un récit gai et enlevé, le tout avec un regard acéré et lucide, ce dont ils seront victimes "post mortem" en 1949, puisque leurs oeuvres ne seront re-publiées qu'en version expurgée et qu'au moment du "dégel" politique de la Russie. Un petit bijou qui n'a pas pris beaucoup de rides, d'aucuns diraient "toujours d'actualité !".
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra   24 août 2012
[...] - Mais je vous assure que c'est lui ! criait-il par habitude. Sans moustache, mais c'est bien lui ! Je le connais bien, moi ! Vorobianinov tout craché !
- Plus bas, mon Dieu, plus bas ! ... Alors, qu'en pensez-vous, pourquoi est-il ici ?
Un sourire ironique apparut sur le visage noirci du mécanicien.
- Et vous, qu'en pensez-vous ? Et, souriant avec plus d'ironie encore. En tous cas, sûrement pas pour signer des traités d'amitié avec les Bolchéviks.
- Croyez-vous qu'il coure un danger ?
Les réserves d'ironie accumulées par Polessov en dix ans de régime soviétique étaient inépuisables. Son visage refléta successivement tous les degrés du sarcasme.
- Et qui ne court pas de danger, en Russie Soviétique ... [...]
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ThrinecisThrinecis   28 août 2021
Soudain avec un craquement sec, les deux pieds de devant se cassèrent à la fois. Oubliant de se battre, les deux adversaires se mirent à éventrer le siège de noyer aux mille richesses cachées. Le tissu anglais à semis de fleurs craqua avec un triste cri de mouette. Rejeté par une main puissante, le dossier vola au loin. Les chercheurs de trésor, arrachant la doublure et ses petits boutons de cuivre, les doigts ensanglantés par des ressorts que leurs efforts faisaient chanter, plongèrent dans le rembourrage de crin. Cinq minutes plus tard, la chaise était dépouillée jusqu'à l'os. Il n'en restait qu'une carcasse. Les ressorts roulaient dans tous les azimuts. Le vent dispersait les flocons de crin pourri. Les pieds galbés gisaient dans le fossé. De diamants - point.
- Alors, vous avez trouvé ? demanda Vorobianinov essoufflé.
Le père Fiodor, tout couvert de bribes de crin, reprenait son souffle en silence.
- Vous êtes un affairiste ! cria Vorobianinov. Je vous casserai la gueule, père Fiodor !
- Essaye toujours, répondit le saint homme.
- Et où irez-vous ainsi, tout recouvert de plume ?
- Ce n'est pas votre affaire !
- Honte à vous, mon père, vous êtes un vulgaire voleur !
- Je ne vous ai rien volé.
- Et qui vous a renseigné ? Vous avez utilisé le secret de la confession pour votre profit personnel ? Joli ! Félicitations !
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dededede   14 décembre 2007
A onze heures et demie ce jour-là entrait dans Stargorod, venant du nord-ouest (...), un jeune homme d'environ vingt-huit ans. Derrière lui courait un petit va-nu-pieds:

« Tonton ! criait-il gaiement, donne-moi dix kopecks ! »

Le jeune homme sortit de sa poche une pomme toute chaude et la lui donna, mais l'enfant continua à le suivre. Alors le piéton s'arrêta et, avec un regard ironique, murmura :

« Tu veux peut-être aussi la clef de l'appartement où je garde mon argent ? »

Le petit vagabond déchaîné comprit alors le peu de crédit qu'il pouvait accorder à ses espérances et décrocha sans insister.

Le jeune homme avait menti : il n'avait ni argent, ni appartement pour le dissimuler, ni clef pour en reprendre possession. Il n'avait même pas de manteau. Il entrait dans la ville en complet vert cintré. Un petit cache-nez élimé s'enroulait plusieurs fois autour de son cou puissant ; il portait des bottines vernies recouvertes de daim orange, mais sous ses bottines il n'avait pas de chaussettes.





http://www.russievirtuelle.com/textes/ilfpetrov.htm

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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   12 mars 2021
Il y avait dans la petite ville de *** (chef-lieu de district) tant de salons de coiffure et de bureaux de pompes funèbres que les habitants ne semblaient naitre que pour se faire raser, couper les cheveux, frictionner le cuir chevelu et aussitôt mourir. En réalité, on naissait, mourait et se rasait assez rarement à ***. La vie s'y écoulait toute tranquille. Ce printemps-là les soirées étaient grisantes, la boue des rues brillait au clair de lune comme de l'anthracite et toute la jeunesse locale était si amoureuse de la secrétaire du Syndicat des services municipaux que celle-ci ne parvenait pas à recouvrer ses cotisations.

Première partie. Le lion de Stargorod, p. 19
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michelekastnermichelekastner   20 mars 2018
Pas moyen de se soustraire à la statistique : elle voit tout, sait tout, compte tout, et non seulement le nombre des dentistes, des charcutiers, des seringues, des cinéastes, des prostituées, des toits de chaume, des veuves, des cochers et des clochers, mais aussi le nombre des statistiques et des statisticiens.
Elle ignore seulement...
Elle ignore combien il y a de chaises en URSS
Et il y en a pas mal.
Le dernier recensement a évalué la population des Républiques Soviétiques à cent quarante-trois millions d'individus. Si on néglige quatre-vingt-dix millions de paysans qui préfèrent aux chaises les bancs de bois ou de terre et les poutres de soutènement des toits et - à l'est - les tapis et carpettes usés, il n'en reste pas moins de cinquante-trois millions d'hommes qui considèrent les chaises comme des objets de première nécessité. Si nous tenons compte d'éventuelles erreurs de calcul, ainsi que de l'habitude de certains citoyens de l'Union d'être assis entre deux chaises, ce qui nous amène à réduire à tout hasard ce chiffre de moitié, nous aboutissons quand même à vingt-six millions et demi. Pour davantage encore de certitude, renonçons aux six millions et demi : les vingt millions qui restent sont un chiffre minimum.
Parmi cet océan de chaises en noyer, chêne, frêne, palissandre, acajou, bouleau de Caréliz, pin ou sapin, c'est une chaise en noyer aux pieds galbés signée Gambs qui recèle en son ventre rebondi, sous un beau tissu anglais à semis de fleurettes, le trésor de Claudia Ivanovna Pétroukhova, et c'est précisément cette chaise que nos héros se doivent de trouver.
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Video de Ilf et Petrov (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ilf et Petrov
Elochka Schukina (les 12 chaises)
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