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Alain Préchac (Traducteur)
ISBN : 2841900711
Éditeur : Parangon (17/01/2002)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 27 notes)
Résumé :
"Mieux vaut plusieurs fois mourir de rire que sauter une seule fois sur une mine." (Jurij SOKOLOV).
- Hippolyte, reprit la voix, vous rappelez-vous nos meubles du salon ?
- Lesquels ? demanda Vorobianinov, avec la prévenance dont on n'use qu'avec les grands malades.
- Les meubles... recouverts de tissu anglais à fleurs...
- Ah ! dans ma maison ?
- Oui, à Stargorod...
- Je m'en souviens, mais oui, je m'en souviens parfaitemen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Apoapo
  28 avril 2017
Best-seller des années 30, ce roman satirique picaresque qui peut paraître un pastiche de polar, ou bien une vraie chasse au trésor, a vu le jour dans ce moment béni de la littérature soviétique où, à l'instar de Boulgakov, l'on se croyait encore tout permis... Son écriture à quatre mains par deux jeunes journalistes d'Odessa décédés très précocement en 1937 et 1942, scella une alliance littéraire qui produisit notamment un second roman (Le Veau d'or) avec le même personnage principal : Ostap Bender « fils de sujet turc », un escroc aux ressources étonnantes ; ainsi qu'un roman-reportage sur l'Amérique et un nombre considérable de nouvelles et de récits humoristiques et satiriques.
Dans ce premier roman, Hippolyte Matvieïévitch Vorobianinov, un vieux noble déchu, plutôt poltron et dépourvu d'imagination et de capacité d'adaptation, s'associe rapidement avec le sympathique écornifleur, à la poursuite d'une chaise parmi les douze que comptait son salon avant réquisition révolutionnaire de sa demeure et dispersion de son mobilier, à l'intérieur de laquelle son acariâtre belle-mère avait occulté tous ses diamants et autres bijoux. Confession lui en est faite, à lui et à un pope menteur et vénal, à l'article de la mort de l'aïeule ; et les trois se livreront à un périple rocambolesque aux quatre coins du Pays des Soviets.
Hormis les avatars épiques de la poursuite, et après un aparté sur le passé pré-révolutionnaire de Vorobianinov, l'on découvre un pays chaotique, où règne le système d'et l'arnaque généralisée, où la nouvelle culture édictée par un pouvoir encore imparfaitement établi coexiste avec des réminiscences de l'ancien régime qui ont l'aspect de reliques ridicules, socialement veules et moralement corrompues, à l'instar du noblaillon et de l'ecclésiastique cupide.
Tout cela est représenté dans un style impeccablement satirique, dont l'humour se manifeste par l'hyperbole et l'absurdité des situations. Si l'ironie nous échappe en grande partie, malgré la pléthore des notes de bas de page d'Alain Préchac, traducteur-biographe des auteurs, relatives notamment aux références littéraires, musicales et de la vie quotidienne, qui devaient être totalement transparentes pour un lecteur russe même quelques décennies après la parution, ironie qui a sans doute contribué grandement au succès fulgurant de l'ouvrage, ce qu'il nous reste aujourd'hui, c'est en revanche l'humour lié aux situations, à la trame, et surtout la satire politique et sociale.
Dans la préface, Alain Préchac s'évertue à répéter que ce roman est apolitique : cette caractéristique ne se retrouverait même que dans cette oeuvre. Je ne comprends pas du tout ce déni. Ce n'est pas la chute qui me fera penser que les auteurs ont renoncé, de la première à la dernière page, à exercer par la satire une critique sociale et politique acérée, que je retrouve notamment dans la dérision dont ils accablent les milieux qu'ils connaissaient sans doute le mieux : le journalisme et le théâtre. Cela ne veut pas dire qu'ils n'aient pas éventuellement adhéré à la Révolution d'Octobre et au gouvernement soviétique ; mais tout ce qu'ils voyaient et décrivaient en 1927, ils n'hésitaient pas à le ridiculiser à souhait. Dans la bonne humeur, mais sans doute dans un sain espoir d'amélioration et de progrès.
Les citations que j'ai choisies voudraient aussi refléter, outre la satire, la mise en profondeur des personnages ; en particulier une tentative de compréhension de l'ancien régime représenté par Vorobianinov qui, sans être un héros positif, est loin d'être caricaturé de façon manichéenne.
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Zebra
  24 août 2012
Sous la fiction d'une chasse au trésor, nos deux compères nous détaillent l'univers d'affairisme qui prospérait dans la société rêvée du socialisme en construction. Leur réussite a été, sous un nom de plume commun, de maîtriser l'humour, de dénoncer sans accuser ouvertement mais en utilisant un récit gai et enlevé, le tout avec un regard acéré et lucide, ce dont ils seront victimes "post mortem" en 1949, puisque leurs oeuvres ne seront re-publiées qu'en version expurgée et qu'au moment du "dégel" politique de la Russie. Un petit bijou qui n'a pas pris beaucoup de rides, d'aucuns diraient "toujours d'actualité !".
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5Arabella
  14 août 2016
Les héros de ce livre se lancent à la poursuite de douze chaises dont une est supposée abriter dans ses entrailles des bijoux d'une grande valeur. Ils traversent pour cela une bonne partie de l'Union soviétique ce qui permet au roman de livrer une satire de la vie quotidienne de l'époque, des absurdités et aberrations du quotidien du citoyen soviétique. le livre est paru en 1928, à un moment où la main mise de Staline sur le système n'était pas encore complète, et qu'une petite marge de liberté d'expression existait encore.
C'est par moments très drôle, même carrément hilarant. J'ai trouvé particulièrement irrésistibles les mésaventures du père Fiodor, la scène dans laquelle il parvient à racheter des chaises à un ingénieur qu'il a poursuivi à travers tout le pays est vraiment trop drôle.
Mais en même temps toute une partie du livre nous échappe, car se réfère à des pratiques ou des personnes de l'époque, et malgré les notes, la drôlerie n'est pas sensible à quelqu'un qui n'a pas connue la situation elle-même. Un peu toujours le problème des livres de ce type, une partie du contenu devient un peu hermétique avec la distance. C'est pour cela que le livre est trop long, je pense que certains chapitres, comme celui qui décrit les personnes qui travaillent au journal, pourraient sans problèmes être enlevés du roman. Qui a connu plusieurs versions, plus ou moins longues de toutes les façons.
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awei
  23 juin 2008
roman satirique et populaire qui met en scène un duo improbable à la recherche de diamants cousus dans une chaise tombée depuis dans les mains de l'union soviétique...un roman drôle sur la misère, qui finit de façon assez cruelle, mais nous donne l'occasion de rire d'un rire caustique. le roman est truffé de scènes savoureuses. Parmi celles que je préfère: un étudiant désargenté convertit sa jeune femme au végétarisme plutôt que de lui avouer qu'il n'a pas assez d'argent pour acheter de la viande. Où encore la scène dans le musée du mobilier où le peuple va regarder les objets exposés et l'hôtel dans lequel le musée a été installé en passant son temps à évaluer les prix et imaginer comment vivaient les anciens propriétaires.
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Bagherra
  23 décembre 2018
J'ai lu ce livre en plusieurs fois, le laissant tomber parfois durant plusieurs jours pour y revenir. Ce qui en général, chez moi, n'est pas un bon signe. CE roman n'a pas su me captiver. Trop fouillis ou alors, je ne suis pas sensible à l'humour particulier des auteurs. Il faut dire qu'en cette période chaotique, rien ne pouvait s'exprimer. Cette recherche frénétique d'un trésor hypothétique caché dans 12 chaises disséminés au gré des évènements ici et la. L'ingéniosité que déploie les personnages pour les réunir, les situations cocasses et les politiciens, écrivains sans talent ou gens du peuple sans vergogne sont dans l'ensemble une excellente critique de la société de l'époque. Peut être reviendrais je vers ce roman et modifierais mon impression
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra   24 août 2012
[...] - Mais je vous assure que c'est lui ! criait-il par habitude. Sans moustache, mais c'est bien lui ! Je le connais bien, moi ! Vorobianinov tout craché !
- Plus bas, mon Dieu, plus bas ! ... Alors, qu'en pensez-vous, pourquoi est-il ici ?
Un sourire ironique apparut sur le visage noirci du mécanicien.
- Et vous, qu'en pensez-vous ? Et, souriant avec plus d'ironie encore. En tous cas, sûrement pas pour signer des traités d'amitié avec les Bolchéviks.
- Croyez-vous qu'il coure un danger ?
Les réserves d'ironie accumulées par Polessov en dix ans de régime soviétique étaient inépuisables. Son visage refléta successivement tous les degrés du sarcasme.
- Et qui ne court pas de danger, en Russie Soviétique ... [...]
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dededede   14 décembre 2007
A onze heures et demie ce jour-là entrait dans Stargorod, venant du nord-ouest (...), un jeune homme d'environ vingt-huit ans. Derrière lui courait un petit va-nu-pieds:

« Tonton ! criait-il gaiement, donne-moi dix kopecks ! »

Le jeune homme sortit de sa poche une pomme toute chaude et la lui donna, mais l'enfant continua à le suivre. Alors le piéton s'arrêta et, avec un regard ironique, murmura :

« Tu veux peut-être aussi la clef de l'appartement où je garde mon argent ? »

Le petit vagabond déchaîné comprit alors le peu de crédit qu'il pouvait accorder à ses espérances et décrocha sans insister.

Le jeune homme avait menti : il n'avait ni argent, ni appartement pour le dissimuler, ni clef pour en reprendre possession. Il n'avait même pas de manteau. Il entrait dans la ville en complet vert cintré. Un petit cache-nez élimé s'enroulait plusieurs fois autour de son cou puissant ; il portait des bottines vernies recouvertes de daim orange, mais sous ses bottines il n'avait pas de chaussettes.





http://www.russievirtuelle.com/textes/ilfpetrov.htm

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michelekastnermichelekastner   20 mars 2018
Pas moyen de se soustraire à la statistique : elle voit tout, sait tout, compte tout, et non seulement le nombre des dentistes, des charcutiers, des seringues, des cinéastes, des prostituées, des toits de chaume, des veuves, des cochers et des clochers, mais aussi le nombre des statistiques et des statisticiens.
Elle ignore seulement...
Elle ignore combien il y a de chaises en URSS
Et il y en a pas mal.
Le dernier recensement a évalué la population des Républiques Soviétiques à cent quarante-trois millions d'individus. Si on néglige quatre-vingt-dix millions de paysans qui préfèrent aux chaises les bancs de bois ou de terre et les poutres de soutènement des toits et - à l'est - les tapis et carpettes usés, il n'en reste pas moins de cinquante-trois millions d'hommes qui considèrent les chaises comme des objets de première nécessité. Si nous tenons compte d'éventuelles erreurs de calcul, ainsi que de l'habitude de certains citoyens de l'Union d'être assis entre deux chaises, ce qui nous amène à réduire à tout hasard ce chiffre de moitié, nous aboutissons quand même à vingt-six millions et demi. Pour davantage encore de certitude, renonçons aux six millions et demi : les vingt millions qui restent sont un chiffre minimum.
Parmi cet océan de chaises en noyer, chêne, frêne, palissandre, acajou, bouleau de Caréliz, pin ou sapin, c'est une chaise en noyer aux pieds galbés signée Gambs qui recèle en son ventre rebondi, sous un beau tissu anglais à semis de fleurettes, le trésor de Claudia Ivanovna Pétroukhova, et c'est précisément cette chaise que nos héros se doivent de trouver.
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ApoapoApoapo   28 avril 2017
« Les compagnons ramèrent vers la chaise. Elle se balançait sur l'eau, tournait, s'enfonçait, surnageait de nouveau et s'éloignait de la barque. L'eau passait librement à travers son ventre ouvert. C'était la chaise autopsiée sur le Scriabine et qui se dirigeait maintenant tranquillement vers la Caspienne.
- Salut, amie ! s'écria Ostap. Il y a longtemps que nous ne nous étions pas vus ! Vous savez, Vorobianinov, cette chaise me fait penser à notre vie. Comme elle, le courant nous entraîne. On nous jette à l'eau, nous surnageons, quoique, à ce qu'il semble, personne ne s'en réjouisse outre mesure. Personne ne nous aime, excepté la P.J., qui d'ailleurs ne nous aime pas non plus. Personne ne se soucie de nous. » (p. 342)
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ApoapoApoapo   28 avril 2017
« À Moscou, on adore verrouiller les portes.
Des milliers d'entrées principales sont condamnées de l'intérieur au moyen de planches et des centaines de milliers de citoyens réduits à se glisser à tâtons vers leurs appartements par l'entrée de service.
[…]
Mais il arrive qu'il n'y ait pas moyen d'apposer une porte, pas de support où accrocher des gonds. On recourt alors à des portes masquées, camouflées sous les apparences les plus diverses :
1. Barrières ;
2. Chevaux de frise ;
3. Bancs renversés ;
4. Inscriptions prohibitives ;
5. Cordes.

[…]
On pourrait écrire tout un livre sur les inscriptions prohibitives, mais cela n'entre pas dans le projet des auteurs. Disons simplement que ces inscriptions sont de deux sortes : les directes et les indirectes. Les premières comprennent par exemple :
ENTREE INTERDITE
INTERDIT AUX PERSONNES ETRANGERES AU SERVICE
PAS DE PASSAGE
[…]
Les inscriptions indirectes sont les plus meurtrières. Elles n'interdisent pas formellement l'entrée, mais il faut être un vrai casse-cou pour risquer d'user de son droit. Les voici, ces honteuses inscriptions :
PRIERE DE SE FAIRE ANNONCER
ON NE REÇOIT PAS
TA VISITE DERANGE UN HOMME OCCUPE
MENAGE LE TEMPS D'AUTRUI ! » (pp. 263-265)
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Videos de Ilf et Petrov (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ilf et Petrov
Elochka Schukina (les 12 chaises)
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