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ISBN : 2021182436
Éditeur : Seuil (08/01/2015)

Note moyenne : 2.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Comprendre d’où l’on vient, n’est-ce pas la première responsabilité de l’âge adulte ? Katja Petrowskaja a grandi dans une famille juive à Kiev, en Ukraine, dans les années soixante-dix. De son enfance, lui reste un étrange sentiment de manque. Qu’est-ce qui n’était pas dit autour de la grande table familiale ? Dans quelle béance de l’Histoire ces ancêtres dont on taisait les noms avaient-ils été happés ?

Peut-être Esther est le fruit de cette quête de... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Under_The_Moon
  05 mars 2015
Je remercie Babelio et les éditions du Seuil pour leur confiance dans ce partenariat Masse critique.
Dans ce récit, Katja Petrowskaja nous décrit tout le périple qu'elle a effectué pour combler les silences sur ses origines. Sa famille, originaire de Kiev et de Pologne, avait le tort d'être juive dans un espace et un système où cette religion n'était pas bien vue. L'un des patriarches de cette famille a créé un institut pour les enfants sourds-muets et beaucoup des membres de la famille y ont travaillé entre les pogroms, les deux Guerres mondiales et le système soviétique.
Entre diaspora, perte de langues (russe, yiddish, polonais, allemand), disparitions, assassinats, migrations et changements de nom , la famille de Katja Petrowskaja devient pour ainsi dire emblématique du sort qu'on connu les communautés ashkénazes. Peut-être Esther montre comment L Histoire a frappé ces individus du sceau du tragique, ou comme le dit l'auteur de façon plus poétique : " (…) comme si nous nous trouvions dans la rose des vents des évènements, (…)"
Le sujet, sur le fond, paraissait tout à fait intéressant : tout le problème se trouve dans la forme. L'ensemble est très confus, on passe d'une branche de la famille à une autre, de la Première Guerre mondiale au temps présent, puis on reviens au système soviétique sans crier gare. Sans compter le fait que l'éditeur aurait pu faire en annexe un arbre généalogique clair de la famille car on se perd très vite dans ce récit chaotique. Malgré la construction en chapitres, il n'y a pas vraiment de développement logique entre le début et la fin : Katja Petrowskaja va dans tous les sens sans arrêt !
Pourtant, j'ai appris des choses intéressantes du point de vue historiques sur la Seconde Guerre mondiale. Et l'auteur nous amène à des questionnements pertinents sur la multiplication des monuments au mort, sur le passé, sur l'identité mais malheureusement tout cela est ternis par le manque de structure du récit. J'ai eu l'impression de lire une accumulation de notes faites sur plusieurs années rangées de façon assez aléatoire ; au lieu d'avoir un point précis à développer par chapitre.
Je finis par me dire que ce livre a été publié bien trop tôt et qu'il aurait mérité plus de travail afin que les lecteurs puissent apprécier tous les aspects intéressants pourtant soulevés par ce récit.
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YANCOU
  01 mai 2016
Alors que j'avais abandonné le livre Vaterland, d'Anne Weber, dont le ton péremptoire m'avait rendu la lecture un peu irritante (principalement le passage sur Sebald), tomber sur ce premier livre de Katja Petrowskaja, sorti lui aussi dans la collection Cadre Vert au Seuil, et de manière simultanée à Vaterland, m'a immédiatement réconciliée avec cette forme d'enquête familiale utilisant à la fois l'essai, qui consiste à tourner autour du sujet sans pour autant épuiser celui-ci, et le témoignage. L'énigme de Peut-être Esther n'est ainsi évoquée que partiellement, et se révèle au lecteur plutôt vers la fin, de manière discrète, le temps de quelques pages importantes, certes, mais diluées dans cette extraordinaire quoique tragique voyage dans la mémoire familiale que propose l'auteur, d'une plume à la fois légère et agréable, touchant parfois à l'intime, mais en gardant une distance respectueuse. C'est aussi que la famille de Katja Petrowskaja est impressionnante - et puis le vingtième siècle est passé par là, entre les soviétiques d'abord, puis l'invasion allemande, la shoah, pour finir avec la chape de silence imposée par les communistes, ces ancêtres proches ont été sans cesse déplacés, bousculés, éparpillés ; un arrière grand-oncle qui tente d'assassiner un diplomate allemand à Leningrad au début des années 30 ; une arrière grand-mère qui veut absolument se rendre à la convocation des allemands en 1941 alors que tous lui conseillent de ne pas bouger de chez elle ; un grand-père prisonnier de guerre qui ne réapparait dans sa famille, à Kiev, qu'au début des années 80, ramenant avec lui - pour le plus grand bonheur de sa petite-fille Katja - un jardin privatif (sa famille ne disposait pas d'une datcha dans ses années là, faut de moyens suffisant) ; et puis ces voisins, ces proches, qui aident Katja à recomposer le puzzle de sa famille. Beau portrait, belle enquête, sur la vie et ses doubles, la fiction et la réalité, les langues aussi. Magnifique livre avec une scène de délire assez saisissante au milieu, qui fait directement allusion à la Double vie de véronique, le film de Krzysztof Kieslowski, au milieu de l'ouvrage.
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LaBibliothequedeJune
  02 mars 2015
La lecture c'est avant tout une histoire de rencontre. Parfois le rapport est fusionnel, parfois tendre, parfois désastreux. En général lorsqu' un livre a été vraiment pénible pour moi, j'évite tout bonnement d'écrire mon article. J'aime moyennement l'idée de critiquer un travail aussi fastidieux que celui de l'auteur.
Mais voilà, les partenariats l'exigent ...
Au départ j'avais de grandes attentes , l'histoire me parlait, m'intéressait avant même d'avoir lu la première ligne. le questionnement identitaire d'une petite fille marchant à cloche pieds, habitée par le manque, l'absence et les non-dits. Puis l'urgence, après le décès de la tante Lida, peut-être la dernière dépositaire de l'histoire familiale, des vérités enfouies, tues ...
Commence alors un voyage initiatique, à la recherche de la vérité, des faits, de l'histoire dans laquelle sa famille a inscrit son destin, sa tragédie.
Sujet poignant, qui ne peut laisser indifférent.
Oui mais voilà, l'auteure choisit un style d'écriture qui me laisse sur le bord de la route avant de me perdre définitivement. J'aurais aimé l'entendre me raconter son voyage avec émotion et sagesse. Pour moi il y a beaucoup trop de remarques inutiles qui parasitent le texte, des choses que l'auteure a pensé au moment de son voyage et qui n'ont pas d'intérêt, et ce, dès les premières pages avec des élucubrations sur un panneau de gare qui durent quatre pages. Je ne dis pas qu'elle a eut tort, que le choix est mauvais, elle m'a juste laissée en dehors de l'histoire, dès le départ. Je voulais rester au coeur de ses souvenirs, au plus proche, cette foule de détails s'est placée entre nous, me distanciant.
Ce livre et moi aurait pu être une rencontre remarquable, malheureusement j'ai compté les pages qui me rapprochaient de la fin.
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Aifelle
  24 février 2015
Katja Petrowskaja a grandi dans une famille juive à Kiev, en Ukraine, dans les années 70. Enfance ordinaire dans l'Union Soviétique de l'époque, Katja sent des manques et des non-dits autour de la table familiale, sans s'en préoccuper davantage. Et c'est au moment où elle se sent prête à questionner que meurt la tante Lida, dernière détentrice de l'histoire familiale.
Katja n'a plus d'autre solution que d'aller à la recherche de sa filiation dans les archives et sur lieux mêmes où ses ascendants ont vécu, Varsovie, Berlin, Kiev, reconstituant peu à peu les éléments épars qu'elle trouve, les moments les plus forts se situant à Kiev et ce qui s'est passé au ravin de Babi Yar. C'est toute la Mitteleuropa disparue qui ressurgi, avec son cortège d'arrestations, de massacres, de camps nazis et soviétiques.

Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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Citations & extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Under_The_MoonUnder_The_Moon   04 avril 2015
Les histoires des Krzewin ne formaient pas une ligne droite, elles tournaient en rond, se rompaient comme les dentelles de Kalisz, je ne voyais pas d'ornement, juste des petits lambeaux, des enfants illégitimes, des noms inouïs, des fils perdu, des détails superflus. […]
Pendant la guerre, alors qu'il n'y avait plus de Juifs à Kalisz, on avait retiré du cimetière les matzevahs, ces pierres tombales juives, on les avait sciées en carrés et posées dans la rue, le dos tourné vers le haut, de sorte qu'on ne voie pas les lettres hébraïques quand on marchait dessus. C'était un système d'extermination à sécurité multiple.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   05 avril 2015
Kiev, la plus ancienne ville russe, où les Juifs aussi vivaient depuis mille ans, fut débarrassée de tous ses Juifs. Oui, on a l'habitude de nommer ces victimes des Juifs, mais pour beaucoup ce sont juste les autres. C'est trompeur, car ceux qui ont dû mourir à Babi Yar n'étaient pas les autres, mais les camarades de classe, les enfants de l'arrière-cour, les voisins, les grands-mères et les oncles, les vieillards bibliques et leurs petits-enfants soviétiques, qu'en ce jour du 29 septembre on a vu longer la Bolchaïa Jitomirskaïa de Kiev dans le cortège infini de leur propre enterrement.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   04 mars 2015
Lorsque l'Ukraine est devenue indépendante, il y a vingt ans, chaque groupe de victimes a peu à peu obtenu son mémorial (…). Dix monuments, mais pas de mémoire commune, la sélection se poursuit jusque dans la commémoration.
Ce qui me manque, c'est le terme "être humain". A qui appartiennent ces victimes ? Sont-elles les orphelins de notre mémoire ratée ? Ou sont-elles toutes les nôtres ?
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   26 février 2015
Nous étions heureux, et tout en moi s'opposait à la phrase que nous avait transmise Léon Tolstoï, selon laquelle toutes les familles heureuses se ressemblent tandis que chaque famille malheureuse l'est à sa façon, une phrase qui nous attirait dans un guet-apens en réveillant notre penchant pour le malheur, comme si seul le malheur méritait qu'on en parle et que le bonheur fût vide.
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YANCOUYANCOU   01 mai 2016
"Cette nuit là je n'ai pas pu dormir, j'ai rêvé du sauna, du ghetto, de corps nus, tordus dans la mort ou dans la jouissance, j'ai rêvé d'être autre, hommes et femmes mélangés, j'avais de la fièvre, j'ai raconté à katarzyna que je m'appelais comme aussi katerina, je tremblais, je pourrais aussi être polonaise, lui ai-je dit, la double vie, comme il fait froid ici, je ne suis pas obligée de jouer, je pourrais être chacune, mais il ne vaut mieux pas, je ne le ferais jamais, non, plutôt ne rien faire, je me suis aussi cachée parmi les autres, ou non, plutôt exhibée, regarde, quel show, je n'ai pas dit shoah, tu as dit shoah, toi ou moi, l'une ou l'autre, je ne sais pas si j'ai jamais été parmi les miens ni qui ils sont, les miens, toutes ces ruines autour de nous et en tous, et les changements de langue que j'effectue pour habiter les deux parties, pour éprouver à la fois moi et pas moi, quelle ambition, je suis différente, mais je ne me cache pas, chaude, et sinon je suis farouche, chaude, quel show, shoah, froide, à nouveau toute froide, mais je peux faire semblant, et moi et moi et moi, quel mot étrange ce moi, comme toi, comme toit, comme si moi j'appartenais à quelqu'un, à une famille, à une langue, mon sexe collé, en allemand la langue est féminine et en russe elle est masculine, qu'est-ce que j'ai fait de ce changement ? je peux me coller ce truc, comme toi, katarzyna, je peux monter sur la table et le montrer, regardez tous, je l'ai, en bas, ô mon allemand ! je transpire avec ma langue allemande collée sur la lange."
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