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Critiques sur Pas facile de voler des chevaux (31)
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Missbouquin
  29 novembre 2012
En 2003, Per Petterson fait une percée littéraire grâce à « Pas facile de voler des chevaux ». Immense succès en Norvège, Allemagne et Grande-Bretagne, le livre est récompensé par deux prix littéraires prestigieux en Scandinavie.

Attirée par le titre de ce roman, j'ai enfin pu l'attaquer après l'avoir vu traîner depuis un moment dans ma PAL (c'est très souvent en ce moment, je dépoussière ! ).

A près de 70 ans, Trond Sander se retire dans une petite maison près d'un lac au nord de la Norvège. Enfin tranquille, il aspire à une vie paisible.

« Toute ma vie j'ai désiré vivre seul dans un endroit comme celui-ci. Même quand la vie était belle, et elle l'a souvent été. Ça, je peux l'affirmer. Qu'elle l'a souvent été. J'ai eu de la chance. Mais même dans ces moments-là, au milieu d'une étreinte par exemple, quand on me murmurait à l'oreille les mots que je voulais entendre, j'ai parfois ressenti un brusque désir d'être loin, dans un endroit où tout ne serait que silence. »

Jusqu'à ce qu'il rencontre son voisin Lars, qui le ramène cinquante ans en arrière, au dernier été où il a vu son père, ce même été où un horrible accident frappa la famille de Lars …

Par une alternance classique entre passé et présent, le roman est habilement construit autour des secrets des personnages, en particulier autour de la figure énigmatique du père. La plongée dans la Norvège des années 40, de la guerre à l'après-guerre m'a fait prendre conscience de la manière dont ce pays a vécu la Seconde guerre mondiale. Se superpose ainsi l'insouciance de l'été 48 entre le père et le narrateur, jeune garçon qui vole des chevaux pour faire des promenades de temps en temps; et la guerre, pendant laquelle l'expression qu'il utilise « Viens, on va voler des chevaux ! » était un mot de passe .. Nombre de questions et de mystères resteront ainsi sans réponse …

Un style simple, mais beau, une économie de moyens, et des paysages splendides. Je remarque que c'est un point commun entre les romans qui nous arrive du Nord – Islande, Norvège, Suède, Finlande : une poésie qui se dégage, une nature très présente, peu de rebondissements mais une plénitude et un art de raconter des histoires bouleversantes mais d'une grande finesse.

« Pour ne pas mourir moi aussi, il me fallait retrouver la forêt. »


Ce fut donc une lecture agréable, paisible et intéressante. Un livre à relire pendant des vacances en Norvège.
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kathel
  05 février 2013
Le narrateur, un homme dans la soixantaine, vient de s'installer dans une maison isolée au milieu des bois pour y passer l'hiver. Cet endroit lui rappelle celui où il passait son enfance, notamment l'été de ses quinze ans, en 1948, où tout devait changer, entre amitiés adolescentes, premiers émois et surtout, au centre du roman, les relations entre père et fils. En effet, pour ces quelques semaines, sa mère et sa soeur étaient restées en ville et le jeune homme se sentait plus proche de son père, s'intéressait de plus près aux événements survenus quelques années plus tôt, pendant la guerre.
La suite :
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quiliravivra
  10 mai 2014
Un titre intriguant pour un très beau récit énigmatique.
Le roman est joliment construit sous forme d'un puzzle qui peu à peu, par un subtil jeu d'aller et retour entre le présent et le passé, permet de reconstituer, sans pour autant en résoudre réellement l'énigme, un pan essentiel de le vie du héros principal.
Ce n'est pas facile de voler des chevaux ni à 15 ans ni à 66 ans.
Car les fantasmes ne sont pas faits pour se réaliser.
Un livre nimbé de mystère et de délicatesse.
Un concentré d'émotions.




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Giraud_mm
  22 mai 2018
A la fin de sa vie, Trond Sander s'installe dans une vieille maison, isolée près d'un lac, au nord de la Norvège. La hasard fait qu'il a connu son plus proche voisin, Lars, 55 ans plus tôt, lors d'un été passé avec son père à la campagne. Cette rencontre lui remet en mémoire les événements de cet été-là, qui aura transformé leur vie.
Un roman fort, sur la solitude des hommes, la difficulté, voire l'impossibilité, à communiquer, le retour sur soi, la mémoire, mais aussi la solidarité face aux petits ou grands accidents de la vie.
Une écriture forte et fluide, lente et descriptive, qui encourage à la lecture et ne lasse pas. Une narration qui passe en permanence du temps présent à l'été des 15 ans du narrateur, sans jamais embrouiller.
Un roman qui n'est pas sans rappeler "Les chaussures italiennes" de Henning Mankell ; mais je devrais plutôt écrire l'inverse.
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TheBookFetish
  22 juillet 2013
Il est difficile d'écrire une critique constructive sur ce livre, dont pour moi, les principales qualités sont aussi les principaux défauts.
L'écriture est très belle, fluide, les descriptions de la nature sont magnifiques, "vivantes": on entend le murmure de la rivière au loin, les pas crisser dans la neige, on voit l'eau miroiter dans le jour naissant.
Les descriptions des personnages sont très sensibles et touchantes.
Mais voilà, des descriptions, il y'en a beaucoup, et parfois, au détriment peut être, des événements que l'on aurait souhaité voir un peu plus développés.
On a le sentiment de constituer un puzzle.
Au fil du récit, on ajoute une pièce de l'histoire, puis une autre, et petit à petit on parvient à comprendre ce qui s'est passé.
Mais tout comme un puzzle, ce roman demande de la patience, de la persévérance, pour comprendre comment chaque pièce vient s'emboîter aux autres.
La fin nous laisse avec beaucoup de doutes, d'incompréhension, de zones d'ombres, et cela en décevra certains. Mais, on peut aussi se dire, que c'est le parti pris par l'auteur de ne nous laisser qu'entrevoir pendant 300 pages la vie de ces gens. Et comme dans la vie, on ne comprend pas toujours tout, on ne sait pas tout parce que ce serait mal poli de poser des questions.
Il me semble que c'est un roman pudique, tout comme le sont les personnages.
Les secrets de famille ne sont pas censés être étalés au grand jour, pas même dans un roman.
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Adenolia
  28 mai 2015
(lu en anglais) Trond a 15 ans. Il est heureux de passer l'été de l'année 1948 avec son père dans une cabane au fond des bois. Leur terrain est longé par une rivière qui coule en Norvège avant de repasser en Suède.
Il y a les jeux typiques de son âge avec son ami Jon, la fenaison, la coupe des arbres et la mise à l'eau des troncs, envoyés flotter sur la rivière jusqu'à son embouchure à Karlstad en Suède.

Trond est plein d'admiration pour ce père souvent absent, qu'il connaît très peu mais qui est aimé et respecté par tous ceux qui l'approchent, au point où personne n'ose le contredire lorsqu'il décide d'envoyer son bois flotter sur la rivière en plein été, quand le niveau d'eau est trop bas pour entraîner les troncs.

C'est un été de ‘coming of age' comme on dirait en anglais. Et Trond va beaucoup grandir cet été là. Dans une Scandinavie où il n'est pas de bon ton d'exprimer ses sentiments, lui aussi veut être fort, invulnérable et compétitif.

Mais les adultes ont leur vie et leurs secrets, source d'incompréhension et même d'abandon. Abandon dans des circonstances particulières sur lesquelles Trond reflète à l'âge de 67 ans, de retour dans les bois où il est venu pour finir sa vie, coupé de tout.

Il se souvient de cette phrase de son père « You decide for yourself when it will hurt » (traduit en français par : c'est toi qui décides quand ça fait mal ?) et de sa peur d'être comme cet homme dans ce tableau de Magritte La Reproduction interdite, cet homme de dos qui regarde un miroir qui ne reflète pas son visage mais son dos.

C'est un beau roman sur la désillusion.
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veroherion
  13 février 2015
"Pas facile de voler des chevaux" est un livre magnifique sur les relations entre un père et son fils, mais d'une manière plus générale, sur les relations entre les gens, les non-dits, les manques, l'incompréhension et l'absence de réponse.
Un livre qui se lit calmement, dans le silence de l'hiver, en regardant par la fenêtre de temps en temps. Il donne envie d'écouter le chant des oiseaux, allongé dans l'herbe, il donne envie de mieux comprendre les autres.
Encore un livre plein d'humanité, sans jugement. Une pointe de tristesse de temps à autre et des moments de bonheur souvent, parce qu'on le décide, parce qu'on peut décider de ne pas avoir mal.
Terrible, terrible, terrible !
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Rhodopsine
  09 février 2017
Défi ABC 2016-2017
Trond Sander vient de prendre sa retraite, dans une maison à retaper: il n'est pas vraiment bricoleur, mais qu'importe, il a le temps. Sa femme est morte trois ans auparavant, il occupe ses journées à son rythme, entre balades avec son chien, réparations, bûcheronnage... Un soir d'automne, il croise Lars, son voisin, échange poliment quelques phrases avec lui. L'hiver arrive, il faudra déneiger le chemin, bref, la vie ordinaire. Lars, ça lui rappelle bien quelque chose d'ailleurs. Et voilà les souvenirs qui reviennent. Il faisait si beau cet été-là, pendant des vacances avec son père. Avec le voisin, Jon, il volait les chevaux . Oh , rien de bien grave: emprunter les chevaux du fermier d'à côté pour faire une randonnée. Mais ce jour-là, Trond se fait désarçonner et Jon a un accès de violence inhabituel.
Peu à peu, Trond dévide sa mémoire. L'accident effroyable chez Jon, le passé de son père, la vie de sa mère. Et ce voisin qui finalement n'est pas un étranger.
Un très beau roman, qui laisse deviner plus qu'il n'expose les blessures des ses personnages, les révélations discrètes des "secrets de famille", une lecture touchante qui parle autant du temps qu'il fait que du temps qui passe.
Une nouvelle fois, merci au traducteur Terje Sinding.
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VALENTYNE
  19 juin 2013
Trond Sander, 70 ans, vit isolé dans un village de Norvège. Il raconte…. par bribes..pêle-mêle : Ce qu'il a vécu quand il avait 15 ans en 1948… ses relations avec son père… sa découverte de la réalité de la vie des adultes…. les drames de l'existence…l'immédiate après guerre en Norvège, sa vie de vieil homme dans un bourg isolé.
Avec son ami Jon, lui aussi 15 ans, leur jeu est de "voler des chevaux" à leur voisin. Voler des chevaux est un bien grand mot, il s'agit "juste" de les monter à cru dans le pré …et de se prendre pour des cow-boys…
Avec une écriture très fluide, très proche de la nature, Per Petterson nous emmène entre adolescence, âge adulte et réflexions sur la vie (et la fin de vie).
Trond Sander, est veuf, il a une fille à qui il parle peu… on sent tout la difficulté à communiquer. Ce livre est l'histoire de l'été de ses quinze ans où il est passé de l'enfance à l'âge adulte….A 70 ans, on le sent serein, il savoure ses dernières années et en profite pour se remémorer les instants heureux et malheureux de sa vie, de celle de son père, de Jon et de sa famille.
J'ai trouvé la description de ses relations avec son père très juste et très intéressante. Grâce à un voisin, Trond apprend que son père s'est engagé dans la résistance pendant la guerre et que "voler des chevaux" avait un autre sens pour lui. Son regard d'adolescent observe et ne comprend pas la vie des adultes. Il est tour à tour vif, révolté, effondré, amoureux….
La nature sauvage a une très belle part dans ce livre.
En conclusion : un livre que je recommande fortement.
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pile
  14 août 2011
A soixante-sept ans, Trond Sander s'installe dans une petite maison près d'un lac, à l'est de la Norvège, non loin de la frontière suédoise. La rencontre de Lars, un voisin, le ramène en 1948, l'été de ses quinze ans. Il avait alors passé des vacances seul avec son père dans cette région. Il se souvient de son ami Jon avec qui il « volait » des chevaux, du terrible accident survenu dans la famille de Jon, et des activités de son père pendant la Seconde guerre mondiale…

J'ai beaucoup aimé ce roman, que j'ai trouvé subtil, délicat, joliment mélancolique. L'histoire de Trond n'est dévoilée que petit à petit. Par une alternance entre passé et présent, Per Petterson fait dialoguer deux âges de la vie : l'adolescence et la vieillesse. Au fur et à mesure, on en apprend un peu plus sur l'histoire familiale de Trond, mais on referme le livre avec des questions sans réponse, plusieurs des personnages ayant gardé une part de mystère.
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