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EAN : 9782365691901
240 pages
Éditeur : Editions Les Escales (02/06/2016)

Note moyenne : 4.43/5 (sur 43 notes)
Résumé :
C'est une petite île de sable et de volcans, aux couleurs méditerranéennes. Là, trois hommes d'une même famille, trois pêcheurs, doivent affronter le passé, les regrets, le silence.
Il y a Valente Orozco, le père, sauvage et taciturne, qui n'a jamais pu surmonter la mort de sa femme Rocio. Il y a Rafa, le grand-père, ce géant au regard d'acier, inflexible avec Valente, et qui, inexplicablement, s'est métamorphosé un beau matin pour ne plus jamais cesser de so... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
berni_29
  13 septembre 2020
Je voudrais vous partager un coup de coeur, je ne sais plus par quel enchantement ce livre est arrivé dans mes mains.
Même les pêcheurs ont le mal de mer, le titre est déjà beau comme une invitation, comme un chagrin posé sur le sable.
Je me suis alors rappelé que j'étais entré dans l'univers de son auteure, Diane Peylin, il y a un peu plus d'un an, en lisant son cinquième roman, La grande roue, qui m'avait beaucoup touché, sur le thème de la maltraitance conjugale...
Ici c'est un roman familial. Un récit choral, trois personnages masculins s'invitent, font entendre leurs voix, le grand-père Rafa, le père Valente et le fils Salvi.
Décidément, le couple, la famille, ce sont souvent de magnifiques territoires d'inspiration.
C'est un retour sur l'île, un retour vers l'enfance, à cause d'un événement.
Un bateau à quai, ce n'est rien d'autre qu'un bateau qui part ou qui arrive.
On ne saura pas le nom de cette île, on devine simplement ses rivages méditerranéens.
Chez les Orozco, on est pêcheur de père en fils depuis trois générations. Mais voilà Salvi le fils en a décidé autrement. La mer, pêcher, ça ne l'intéresse pas. Il a quitté l'île voilà quelques années. Il travaille sur le continent, dans l'informatique ; le soir, il mène une vie d'artiste. Il monte sur scène, revêt un nez rouge, il est un autre, totalement autre. Ou peut-être simplement plus vrai que celui qu'il tente de taire au fond de lui, au quotidien. Celui qu'il pense avoir laissé sur cette île là-bas il y a quelques années...
C'est aussi une famille où les pêcheurs ont le mal de mer, où les femmes ne dépassent pas la quarantaine, comme si c'était une fatalité, une malédiction presque...
J'aime ici ces personnages qui tanguent, ce n'est peut-être pas toujours à cause du mal de mer, il y a aussi le mal de vie, plus terrible, un coeur estropié qui tangue et voit le paysage chavirer autour de lui, les autres, les siens... Mais quand le paysage chavire, est-ce vraiment le paysage ? N'est-ce pas plutôt autre chose ?
Ici, les hommes de cette famille ne sourient pas, se taisent presque à jamais.
Ils se font mal à eux-mêmes, sans s'en rendre compte, et aux femmes de leurs vies aussi.
C'est une vie où les mensonges finissent par prendre beaucoup de place.
D'où vient cette destinée qui pèse sur le sang de cette lignée ?
Certes, il y a l'honneur d'une famille, mais cela ne suffit pas à expliquer, justifier l'absence de tendresse.
Ces hommes finissent par tenter de poser des mots sur leur silence et c'est l'une des originalités de ce livre. Ce sont des hommes un peu en déshérence qui s'interdisent toute émotion et transmettent cela, c'est cela le pire, ces non-dits, cette retenue, mais ils deviennent alors des enfants couverts de cicatrices lorsqu'ils se confient au lecteur, regrettant de ne pas avoir été serré au moins une fois dans les bras d'un père...
D'où vient alors cet étrange besoin de consolation ?
Ce sont des hommes qui font semblant de vivre.
Dans une écriture poétique, Diane Peylin dit avec beaucoup de sensibilité et de justesse l'invisible qui se terre dans les zones sombres de nos abîmes.
J'ai aimé la détresse de ce père qui écoute en boucle la chanson de Procol Harum, a whiter shade of pale, les bras tendus comme un oiseau, tournoyant sur lui-même au milieu de la musique, son fils l'observant, ahuri, au travers du rai de la porte.
À lire ce livre, on ne ressort pas forcément indemne, on prend des coups au coeur, au ventre, là où ça faisait déjà mal sournoisement, une douleur qu'on croyait éteinte depuis longtemps...
Les secrets de famille sont verrouillés comme des tombes, jusqu'au jour où ils se fissurent. Il y a toujours un moment où une brèche s'ouvre, alors ce sont des torrents d'effroi et de désolation qui jaillissent.
J'ai aimé Rafa, le grand-père, taiseux et lunatique jusqu'à la mystification...
J'ai été touché par la tante Ana Luisa, qui, elle, ne quitte pas l'île, mais c'est un peu pareil, basculant tout doucement dans une folie teintée d'ivresse sexuelle...
J'ai aimé venir à la rencontre des personnages de ce livre, effleurant leurs aspérités qui sont autant d'interstices laissant passer une lumière qu'on croyait absente, laissant venir ces voix qu'on croyait inutiles.
N'avez-vous jamais senti parfois à certaines lectures le sol se dérober sous vos pieds ? Au début, cela ressemble à des sables mouvants et brusquement au détour d'une page, le sol devient une trappe et nous glissons presque au bord d'un précipice. C'est l'effet que ce roman poignant m'a procuré...
J'ai aimé ces larmes qui se promènent parfois entre les pages et qui font taire le bruit du vent.
Ce sont des pages mouillées, emplies de chagrins d'amour...
Ce roman m'a touché. Ce n'est pas une lecture anodine, elle est capable de réveiller des choses souterraines qui pouvaient sommeiller jusqu'à présent sans faire de bruit, je n'ose pas dire : sans faire de vague...
Difficile alors de retenir ses larmes sur les dernières pages où se dénoue l'ultime secret. D'ailleurs, pourquoi les retenir ? Les digues sont faites pour s'éventrer sous les assauts de la mer...
« We skipped the light fandango
Turned cartwheels 'cross the floor
I was feeling kind of seasick
But the crowd called out for more
The room was humming harder
As the ceiling flew away
When we called out for another drink
The waiter brought a tray »
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gouelan
  01 novembre 2018
Des hommes dans la tourmente, pêcheurs de père en fils sur une île rongée de sable et de lumière.
Géants de papier avec le coeur qui tangue.
Déchirés par le sel des secrets, l'affection amère, le sable épais qui colle à la peau, les vagues de silence qui noient leur enfance, la souffrance qui déborde et donne la nausée.
Dans cette famille on se tait, par habitude, par réflexe. On raconte des histoires, on enterre les drames. Alors les hommes rament à contre-courant de leurs désirs, sans étoiles ils chavirent, entraînant avec eux leurs enfants, leur avenir. Les femmes sont soumises, elles s'évadent dans le mutisme ou la folie, elles s'enfuient, parfois jusqu'au désespoir.
C'est une histoire poignante, qui dévoile peu à peu ses secrets, ses personnages. Fabio, Rafa, Valente, et Salvi ont le mal de mer. Ils aiment surtout la poésie de la mer, de la vie, mais leur regard va au-delà des filets, plus loin sur l'horizon.
Il est temps pour Salvi de se débarrasser du sel, de l'écume et de la nausée, de faire son entrée sur scène, celle qu'il se choisit.
L'écriture de Diane Peylin laisse une belle empreinte, elle donne aux mots toute leur saveur.
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Missnefer13500
  02 août 2016
En premier lieu c'est la couverture, qui m'a tentée, lumineuse, une invitation au voyage sur une île méditerranéenne, Je ne connaissais pas l'auteure, et le résumé évoquait une histoire familiale, tout pour me plaire
Pour autant, j'avoue que malgré la magnifique plume de Diane Peylin, j'ai eu assez de mal à rentrer dans l'histoire. Puis tout a basculé et je suis tombée sous le charme de cette histoire poignante, émouvante et les personnages de Rafa et de Valente plus spécialement
Trois hommes, le fils, le père et le grand-père, Trois histoires. Chacun à son tour va nous faire partager son fardeau silencieux Nous verrons comment les secrets et les non-dits vont faire que l'histoire se répète de père fils.
Dans cette ile aride et battue par les vents ( à vrai dire , on ne saura jamais si elle existe vraiment, mais après tout ce n'est pas si important) on devient pêcheur par obligation, ( où l'on s'enfuit )les femmes quant à elles gèrent le quotidien.
De génération en génération , tout n'est que répétition
"On a beau faire, les choses se répètent, se transmettent, qu'on le veuille, ou non"
Une histoire familiale racontée par les hommes, c'est plus qu'original, nous découvrons ici leur face cachée , leur sensibilité , une part d'eux qui ne doit pas se montrer , qu'ils se doivent de garder au fond d'eux meme. Oui les hommes se taisent, cachent leurs émotions, leur amour et leur peine.
A travers ce roman l'auteure nous fait nous interroger sur l'héritage que les pères transmettent à leurs fils, sur la part de chagrin, de culpabilité et d'amour.
L'absence de mots, de gestes affectueux nous conditionnent, donnant parfois de nous même une vision erronée, car comment deviner l'amour que les pères nous portent devant des comportements , distants, froids voire glaciaux.
L'auteure nous brosse un portrait réaliste des relations humaines, et nous rappelle qu'un mot un tout petit mot, un geste ,peut tout changer. Qu'il ne faut pas attendre pour dire à ses enfants qu'on les aime et vice versa , parce qu'ensuite c'est trop tard et que les regrets nous rongeront jusqu'à notre dernier souffle
Ce roman m'a émue aux larmes. Rafa est le personnage qui m'a le plus touchée, un peu parce qu' à travers lui j'ai revu mon grand père pêcheur, un homme taciturne et silencieux pour lequel nous avions beaucoup d'affection, comme Salvi pour Rafa. Mais aussi parce que tout commence avec lui.
Un coup de coeur, pour cette histoire intense et captivante, une histoire d'hommes où la place des femmes est également prépondérante.
Oui ce roman est une pépite, la plume de l'auteure est sublime, des images magnifiques , des mots justes, un vocabulaire riche et poétique, merci aux Editions Escales et Netgalley pour m'avoir permis de découvrir cette auteure
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marlene50
  07 mars 2020
Ces pères, rudes, impassibles, aux yeux secs et silencieux aiment leur île, la pêche et leur famille mais sont des taiseux qui se veulent forts avec la peau dure.
Ils ne peuvent exprimer ni les sentiments, ni les manques, et gardent leurs cicatrices enfouies bien profondément de génération en génération.
Mais tout à une fin, et les carapaces se fissurent.
Des douleurs indicibles se font jour.
Un livre fort et vraiment poignant.
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taxidriver
  10 octobre 2016
On m'avait dit beaucoup de bien de ce roman, son titre interpelle, sa couverture aussi. Je suis un lecteur de roman noir, de thriller, j'ai choisi douze livres pour la masse critique et j'obtiens celui-ci, je me dis bon c'est pas vraiment ma came mais il pourrait être une bonne surprise ...
Mon ressenti ne va pas être très conventionnel, j'en conviens mais je ne suis moi même pas très conventionnel....
Ce roman fut pour moi comme un coup de genoux dans les roubignoles , plié en deux, en apnée... Une douleur aiguë qui remonte jusqu'à la gorge, avec les yeux remplis de larmes.... Il a réveillé en moi certaines choses que j'avais enfouis au plus profond de mes abysses.
Diane Peylin nous décris avec force les non-dits et la pudeur des sentiments, ces hommes à qui il a manqué un père, ses pères qui ont fuis leur rôle de père justement...
C'est très personnel mais si ce bouquin m'a autant touché c'est car j'ai subi ce manque de sentiments, je me suis reconnu dans tout ces hommes , Salvi, Valente, Rafa, dans cette famille...
Je me suis vu moi , avec ma mère et mon père, impossible de se dire les mots qu'il faut . Ma mère qui n'a jamais pris son rôle de mère au sérieux, il serait difficile Pour moi d'expliquer tout ça , j'ai pas les mots de Mme Peylin, mais il y a certaines choses que j'aurais voulu dire à ma mère et certaines que j'aurais voulu entendre de sa bouche, malheureusement elle est partie un peu trop tôt , on a pas eu le temps !!!!
Je ne lui jette pas la pierre, son silence me peser , son regard vide, sa souffrance intérieur je ne la voyais pas , puis un jour , lors d'une de nos trop nombreuses disputes, elle m'a tout balancé sans filtres, le fait qu'elle a jamais voulu avoir d'enfant , un choc , mais le choc fut de comprendre pourquoi, elle a subi des trucs dégeulasses, qu'un enfant ne doit jamais subir... Elle était morte psychologiquement..... Elle ne parlais jamais de ce qu'elle ressentait, moi non plus , nous ne sommes pas des vases communicants, chez nous on gardait tout à l'intérieur...
Ma mère a été emporté par un cançer en début d'année, en ses derniers instants , je n'ai pas été capable de lire dire je t'aime..... Ni l'enlacer, ni l'embrasser... Que de regrets !!! Mais il est trop tard ...
Même les pêcheurs ont le mal de mer est sublime , un livre qui m'a remué comme peu de livres l'ont fait avant.... Un livre qui restera sur ma table de chevet pour les 50 prochaines années !!!
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   31 octobre 2018
Les yeux d'un père, ce qu'ils disent, infligent, cachent, ça construit un homme. Ce sont ses fondations, ses points d'ancrage. À partir de là, c'est tout qui s'échafaude, peu importe si les piliers sont bancals et vermoulus, il faut bien que l'enfant devienne homme. il grandit, en équilibre sur ses soubassements fissurés, et se réveille un jour au bord du gouffre, conscient que, de toute façon, il était voué à s'effondrer.

p.121
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berni_29berni_29   12 septembre 2020
Je pensais être parti plus longtemps. Je croyais m'être perdu dans quelque chose d'immense, d'irréversible, bien plus qu'un labyrinthe, un abîme. J'étais terrifié à l'idée de cette inexorable perte, de cette nouvelle vie, vide de tout ce qui avait été, de cette page que j'avais tourné sans me soucier des conséquences, de cette fuite, de ces années. Mais non.
Tout est là.
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gouelangouelan   31 octobre 2018
Car Salvi croit au pouvoir des morts, il pense que ce sont des invisibles et non des absents, que même après leur départ ils continuent de jouer un rôle.
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marlene50marlene50   07 mars 2020
Je lis nuit et jour, je lis pour m'enfuir, m'évanouir, perdre la raison.
Il m'arrive de déchirer des pages, parce qu'elles me donnent la rage, d'en brûler certaines, avant qu'elles ne me brûlent, d'en manger d'autres, pour qu'elles me nourrissent.
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BabaLoeBabaLoe   07 juillet 2017
Valente court et se retrouve près de son fils, inconscient et blessé. Salvi s’est envolé mais il n’avait pas d’ailes. Valente est désemparé devant cet oiseau recroquevillé. Pas une trace de sang, pas une égratignure, pas un gémissement. Salvi est calme et immobile. Sans réaction. Ailleurs. Valente a peur. Il ne prend pas le temps de réfléchir, le recueille dans ses bras, la tête posée sur son épaule et il se relève. Il faut marcher, pas trop vite pour ne pas le brusquer, mais assez pour le sauver. Ses yeux clignent face aux bourrasques de sable et ses lèvres tremblent parce qu’elles voudraient que son fils lui parle.
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