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ISBN : 2266273159
Éditeur : Pocket (01/06/2017)

Note moyenne : 4.43/5 (sur 41 notes)
Résumé :
C'est une petite île de sable et de volcans, aux couleurs méditerranéennes. Là, trois hommes d'une même famille, trois pêcheurs, doivent affronter le passé, les regrets, le silence.
Il y a Valente Orozco, le père, sauvage et taciturne, qui n'a jamais pu surmonter la mort de sa femme Rocio. Il y a Rafa, le grand-père, ce géant au regard d'acier, inflexible avec Valente, et qui, inexplicablement, s'est métamorphosé un beau matin pour ne plus jamais cesser de so... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
gouelan
  01 novembre 2018
Des hommes dans la tourmente, pêcheurs de père en fils sur une île rongée de sable et de lumière.
Géants de papier avec le coeur qui tangue.
Déchirés par le sel des secrets, l'affection amère, le sable épais qui colle à la peau, les vagues de silence qui noient leur enfance, la souffrance qui déborde et donne la nausée.
Dans cette famille on se tait, par habitude, par réflexe. On raconte des histoires, on enterre les drames. Alors les hommes rament à contre-courant de leurs désirs, sans étoiles ils chavirent, entraînant avec eux leurs enfants, leur avenir. Les femmes sont soumises, elles s'évadent dans le mutisme ou la folie, elles s'enfuient, parfois jusqu'au désespoir.
C'est une histoire poignante, qui dévoile peu à peu ses secrets, ses personnages. Fabio, Rafa, Valente, et Salvi ont le mal de mer. Ils aiment surtout la poésie de la mer, de la vie, mais leur regard va au-delà des filets, plus loin sur l'horizon.
Il est temps pour Salvi de se débarrasser du sel, de l'écume et de la nausée, de faire son entrée sur scène, celle qu'il se choisit.
L'écriture de Diane Peylin laisse une belle empreinte, elle donne aux mots toute leur saveur.
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Commenter  J’apprécie          400
Missnefer13500
  02 août 2016
En premier lieu c'est la couverture, qui m'a tentée, lumineuse, une invitation au voyage sur une île méditerranéenne, Je ne connaissais pas l'auteure, et le résumé évoquait une histoire familiale, tout pour me plaire
Pour autant, j'avoue que malgré la magnifique plume de Diane Peylin, j'ai eu assez de mal à rentrer dans l'histoire. Puis tout a basculé et je suis tombée sous le charme de cette histoire poignante, émouvante et les personnages de Rafa et de Valente plus spécialement
Trois hommes, le fils, le père et le grand-père, Trois histoires. Chacun à son tour va nous faire partager son fardeau silencieux Nous verrons comment les secrets et les non-dits vont faire que l'histoire se répète de père fils.
Dans cette ile aride et battue par les vents ( à vrai dire , on ne saura jamais si elle existe vraiment, mais après tout ce n'est pas si important) on devient pêcheur par obligation, ( où l'on s'enfuit )les femmes quant à elles gèrent le quotidien.
De génération en génération , tout n'est que répétition
"On a beau faire, les choses se répètent, se transmettent, qu'on le veuille, ou non"
Une histoire familiale racontée par les hommes, c'est plus qu'original, nous découvrons ici leur face cachée , leur sensibilité , une part d'eux qui ne doit pas se montrer , qu'ils se doivent de garder au fond d'eux meme. Oui les hommes se taisent, cachent leurs émotions, leur amour et leur peine.
A travers ce roman l'auteure nous fait nous interroger sur l'héritage que les pères transmettent à leurs fils, sur la part de chagrin, de culpabilité et d'amour.
L'absence de mots, de gestes affectueux nous conditionnent, donnant parfois de nous même une vision erronée, car comment deviner l'amour que les pères nous portent devant des comportements , distants, froids voire glaciaux.
L'auteure nous brosse un portrait réaliste des relations humaines, et nous rappelle qu'un mot un tout petit mot, un geste ,peut tout changer. Qu'il ne faut pas attendre pour dire à ses enfants qu'on les aime et vice versa , parce qu'ensuite c'est trop tard et que les regrets nous rongeront jusqu'à notre dernier souffle
Ce roman m'a émue aux larmes. Rafa est le personnage qui m'a le plus touchée, un peu parce qu' à travers lui j'ai revu mon grand père pêcheur, un homme taciturne et silencieux pour lequel nous avions beaucoup d'affection, comme Salvi pour Rafa. Mais aussi parce que tout commence avec lui.
Un coup de coeur, pour cette histoire intense et captivante, une histoire d'hommes où la place des femmes est également prépondérante.
Oui ce roman est une pépite, la plume de l'auteure est sublime, des images magnifiques , des mots justes, un vocabulaire riche et poétique, merci aux Editions Escales et Netgalley pour m'avoir permis de découvrir cette auteure
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taxidriver
  10 octobre 2016
On m'avait dit beaucoup de bien de ce roman, son titre interpelle, sa couverture aussi. Je suis un lecteur de roman noir, de thriller, j'ai choisi douze livres pour la masse critique et j'obtiens celui-ci, je me dis bon c'est pas vraiment ma came mais il pourrait être une bonne surprise ...
Mon ressenti ne va pas être très conventionnel, j'en conviens mais je ne suis moi même pas très conventionnel....
Ce roman fut pour moi comme un coup de genoux dans les roubignoles , plié en deux, en apnée... Une douleur aiguë qui remonte jusqu'à la gorge, avec les yeux remplis de larmes.... Il a réveillé en moi certaines choses que j'avais enfouis au plus profond de mes abysses.
Diane Peylin nous décris avec force les non-dits et la pudeur des sentiments, ces hommes à qui il a manqué un père, ses pères qui ont fuis leur rôle de père justement...
C'est très personnel mais si ce bouquin m'a autant touché c'est car j'ai subi ce manque de sentiments, je me suis reconnu dans tout ces hommes , Salvi, Valente, Rafa, dans cette famille...
Je me suis vu moi , avec ma mère et mon père, impossible de se dire les mots qu'il faut . Ma mère qui n'a jamais pris son rôle de mère au sérieux, il serait difficile Pour moi d'expliquer tout ça , j'ai pas les mots de Mme Peylin, mais il y a certaines choses que j'aurais voulu dire à ma mère et certaines que j'aurais voulu entendre de sa bouche, malheureusement elle est partie un peu trop tôt , on a pas eu le temps !!!!
Je ne lui jette pas la pierre, son silence me peser , son regard vide, sa souffrance intérieur je ne la voyais pas , puis un jour , lors d'une de nos trop nombreuses disputes, elle m'a tout balancé sans filtres, le fait qu'elle a jamais voulu avoir d'enfant , un choc , mais le choc fut de comprendre pourquoi, elle a subi des trucs dégeulasses, qu'un enfant ne doit jamais subir... Elle était morte psychologiquement..... Elle ne parlais jamais de ce qu'elle ressentait, moi non plus , nous ne sommes pas des vases communicants, chez nous on gardait tout à l'intérieur...
Ma mère a été emporté par un cançer en début d'année, en ses derniers instants , je n'ai pas été capable de lire dire je t'aime..... Ni l'enlacer, ni l'embrasser... Que de regrets !!! Mais il est trop tard ...
Même les pêcheurs ont le mal de mer est sublime , un livre qui m'a remué comme peu de livres l'ont fait avant.... Un livre qui restera sur ma table de chevet pour les 50 prochaines années !!!
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coquinnette1974
  15 juillet 2017
Même les pêcheurs ont le mal de mer est un très joli roman, très tendre, très émouvant, qui m'a énormément plu.
Les personnages sont touchants, l'histoire est réussie et je n'ai eu aucun mal à rentrer dans ce roman.
Je ne pense pas l'oublier de sitôt car cette lecture m'a charmée :)
Mes vacances se terminent bien avec ce roman ;)
Je mets avec un immense plaisir cinq étoiles.
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ChrisAlly
  10 octobre 2016
Je crois que c'est le titre qui m'a séduite en premier dans ce roman. « Même les pécheurs ont le mal de mer », c'est un titre très original, et on ne peut pas dire qu'il renseigne beaucoup sur le contenu de l'ouvrage. Ça m'a beaucoup intrigué. Je n'ai pas lu le résumé avant de le commencer, avec l'idée de pouvoir garder le suspense jusqu'au bout et être pleinement surprise, et je dois dire que c'est réussi, je n'aurai jamais deviné le contenu. Après ma lecture, je trouve que le titre est vraiment bien choisi.
Sur une petite île isolée, on part à la rencontre de trois hommes, le grand-père, le père et le fils. Trois hommes, pécheurs de père en fils jusqu'à Salvi qui a décidé de fuir cette vie toute tracée.
Trois hommes qui ont tous en commun d'avoir manqué d'une figure paternelle aux étapes importantes de leurs vies, alors qu'ils en avaient besoin. Ce manque a façonné leur vie à tous les trois, et les a conditionnés à reproduire un certain schéma à leur tour pour leurs propres enfants. Diane Peylin aborde aussi la question des non-dits, des choses que l'on cache, qu'on dissimule et qui même avec les meilleures intentions peuvent avoir des conséquences désastreuses.
Le livre divisé en 3 parties donne la narration successivement à Salvi, Valente et Raja. Dans les trois cas, on observe le même schéma : l'alternance de chapitre à la troisième personne pour les éléments descriptifs, et de chapitres à la première personne qui immergent les lecteurs dans le coeur même de ces hommes et donne la mesure de leur mal-être.
Je crois que c'est Valente qui m'a le plus touché, c'est à ce moment que je suis pleinement entrée dans le récit et que j'ai commencé à éprouver de l'empathie pour l'ensemble des personnages.
Ce qui inclut aussi les personnages secondaires féminins qui possèdent également leur part de malheur.
À travers ce court livre (215pages), on passe par toute une palette d'émotion, en partie grâce à la belle plume de l'auteur empreinte de mélancolie, qui permet avec quelques mots de caractériser toutes ces émotions fortes.
J'ai aimé aussi que le livre se termine sur une note un peu plus optimiste que le reste de l'ouvrage.
Au final, une très bonne lecture, qui emporte le lecteur sur une petite île battue par les vents dans la vie dans la vie de ces pécheurs. J'ai beaucoup aimé ma lecture et je remercie les éditions les escales et Babelio pour cet envoi de la dernière masse critique.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   31 octobre 2018
Les yeux d'un père, ce qu'ils disent, infligent, cachent, ça construit un homme. Ce sont ses fondations, ses points d'ancrage. À partir de là, c'est tout qui s'échafaude, peu importe si les piliers sont bancals et vermoulus, il faut bien que l'enfant devienne homme. il grandit, en équilibre sur ses soubassements fissurés, et se réveille un jour au bord du gouffre, conscient que, de toute façon, il était voué à s'effondrer.

p.121
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gouelangouelan   31 octobre 2018
Car Salvi croit au pouvoir des morts, il pense que ce sont des invisibles et non des absents, que même après leur départ ils continuent de jouer un rôle.
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BabaLoeBabaLoe   07 juillet 2017
Valente court et se retrouve près de son fils, inconscient et blessé. Salvi s’est envolé mais il n’avait pas d’ailes. Valente est désemparé devant cet oiseau recroquevillé. Pas une trace de sang, pas une égratignure, pas un gémissement. Salvi est calme et immobile. Sans réaction. Ailleurs. Valente a peur. Il ne prend pas le temps de réfléchir, le recueille dans ses bras, la tête posée sur son épaule et il se relève. Il faut marcher, pas trop vite pour ne pas le brusquer, mais assez pour le sauver. Ses yeux clignent face aux bourrasques de sable et ses lèvres tremblent parce qu’elles voudraient que son fils lui parle.
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gouelangouelan   31 octobre 2018
Mon père ne m'a jamais donné de coups, pourtant, plus d'une fois, il m'a mis à terre.
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Missnefer13500Missnefer13500   02 août 2016
- Monsieur ! Hé monsieur!

Salvi se retourne et se penche

- Dis monsieur, c'est quoi ce truc accroché à ton sac ?

- C'est un leurre pour attraper les poissons

- Ah ? Tu fais la pêche ?

- Oui je suis Salvi Orozco, pêcheur de sourires
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