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EAN : 9782246155348
238 pages
Éditeur : Grasset (06/11/2002)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 19 notes)
Résumé :

L'Escadron blanc fait revivre l'aventure exemplaire d'un bataillon de légionnaires à la poursuite d'un rezzou, en plein coeur du Sahara. On retrouvera dans ce beau roman épique, où la cruauté du désert évince les charmes de l'exotisme, l'illustration parfaite des drames coloniaux, tels qu'ils furent en vogue dans les années trente. Joseph Peyré, maître incontesté du genre, a su réunir magnifiquem... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
tiptop92
  19 juillet 2019
Joseph Peyré - L'escadron blanc - 1934 : Joseph Peyré fut parait-il le douanier Rousseau du désert. A priori il n'avait jamais vu ces régions ravagées par la sècheresse et la chaleur comme l'autre n'avait jamais connu les paysages représentées dans ses tableaux. Pourtant il écrivit dans les années 30 quelques romans sur le sujet d'une incroyable authenticité. Comme dans «Le Chef à l'étoile d'Argent» un autre grand roman saharien écrit de sa main, Joseph Peyré mettait en avant la figure de l'officier français. Mais loin des salons cossus des villes de garnison, ces hommes donnaient l'exemple de l'honneur en s'imposant dans l'exercice de leur mission les mêmes privations que leurs hommes. le Lieutenant Marcay la figure centrale de ce roman exerçait le commandement d'un poste fortifié sur la ligne de démarcation entre l'Algérie et le Maroc. Quand un groupe armé franchissait la frontière afin de rançonner les caravanes commerciales qui sillonnaient le désert, le chef rassemblait une colonne de Touaregs pour les poursuivre et les anéantir. Secondé par le lieutenant Kelmer tout juste débarqué de métropole et peu habitué à cette vie d'ascète, l'homme lançait son escouade sur la piste des ennemis. Rarement un écrivain su décrire avec autant de force le drame que vivait ces soldats et leurs supplétifs dans les longues courses à l'aveugle pour retrouver les éléments subversifs infiltrés dans ce vaste territoire inhospitalier. On avait là un roman d'hommes, les personnages féminins apparaissant dans un lointain contre-jour comme de simples instruments dédiés au repos du guerrier. Peut-être n'étaient-elles que de simples illusions ou comme les hallucinations passagères rencontrées en pleine chaleur par ces navigateurs sans mer un réconfort espéré mais jamais vraiment touché du doigt. Accablé lui-même par l'implacable soleil qui frappait les pages de cet ouvrage le lecteur ressentait les affres de la poursuite et les invraisemblables souffrances de ce voyage à dos de méharis. Pendant des jours les quatre-vingt militaires martyrisaient leur force pour atteindre la colonne maudite, insaisissable comme les futiles tourbillons de vent sec qui assoiffait les chameliers et leurs montures. À bout de force le lieutenant Kelmer rendait l'âme avec une bravoure qui forçait l'admiration des plus endurcis des berbères. Les fusils eux finissaient par parler dans ce silence accablant qui étreignait le Sahara transformé en brasier la journée et en banquise la nuit. Malgré l'épuisement l'instinct de la guerre donnait sa pleine mesure et le courage suppléant la fatigue permettait de mettre en déroute la troupe de pilleurs. Il ne faudra pas chercher dans ce roman la démonstration lyrique que beaucoup d'écrivains donnaient à certains faits d'armes car c'est dans sa sobriété et dans sa description sans fard d'un monde violent et quasiment monacale que se trouvait le plaisir du lecteur… d'une redoutable aridité
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andreas50
  16 décembre 2018
Années 20. le lieutenant Marcay commande le poste fortifié ( bordj ) d' Adghar aux confins de la frontière algéro-marocaine. Depuis la pacification de la région, la France a placé des points de surveillances disséminés le long des limites entre les pays du Maghreb et le Sahara. Ces éléments fortifiés sont le domaine des méharistes, des goumiers, des légionnaires, des bat' d'af' , chargés d'empêcher le passage des rezzous, bandes de pillards qui partent du Hamada du Draa au sud du Maroc, qui s'enfoncent dans le désert, parfois jusqu'à la frontière du Niger, à plus de 1500 km de leurs bases. Leurs proies sont les caravanes de marchands qu'elles dépouillent de leurs biens, de leurs troupeaux de chameaux, de leurs armes.
Le lieutenant Marcay dispose de deux pelotons de méharistes; soit environ 80 hommes et leurs bêtes; prêts à partir à la moindre alerte, dans les 48 heures.
Marcay , malgré sa trentaine bien entamée, est déjà un vieux briscard, qui sait mener ses hommes, des supplétifs indigènes qui ne parlent que le dialecte Tamacheq, langue des Touaregs. Pour aider Mrcay, il y a bien le lieutenant Kelmeur, fraîchement arrivé de Métropole, pas encore acclimaté au désert, plus officier de salon, plus doué pour jouer au bridge et pour sabler le champagne.
Alors que Marcay vit dans une pièce obscure du poste, Kelmeur est à l'hôtel du village. Oui, il ya un hôtel dans ce lieu désertique, un hôtel construit pour les premiers et rares touristes avides d'aventure et de dépaysement.
Un matin, le lieutenant Marcay reçoit un radiogramme de la main du légionnaire qui se charge des transmissions par TSF. Un rezzou de 90 fusils, vient de passer la frontière et fonce plein sud, commandé par un fils d'Abidini, un vieil ennemi de Marcay. Cela fait trois ans que les Berabers n'avaient armé une expédition de cette force pour courir l'étendue immense du reg pierreux et de la dune.
Le temps presse. Les corsaires menacent puits et caravanes. Il faut 48 heures pour rassembler les méharis en réserve et au repos dans les pâturages d' Ilatou.
Mrcay et ses hommes ont déjà cinq jours de retard depuis l'intrusion du rezzou. Encore faut-il savoir quelle direction il a prise pour déjouer les poursuites. Dans cette immensité qu'est le Sahara, des dizaines d'itinéraires sont possibles.
Il n'y a pas de temps à perdre, d'autant que le lieutenant a un compte à régler avec Abidini, responsable de la mort du lieutenant Betini, ami de Marcay, tué lors d'un précédent accrochage.
Marcay, Kelmeur, leurs méharistes, leurs guides, leurs éclaireurs, leurs montures vont devoir poursuivre un ennemi insaisissable et affronter les éléments : un univers âpre, inhospitalier, la soif, la chaleur le jour, le froid la nuit, la fatigue, les hallucinations dues à la lumière, les blessures, les maladies qui ne pardonnent pas dans cette mer de sable, ces montagnes dénudées, ces lacs asséchés et incrustés de sel.
Joseph Peyré n'a jamais connu le désert, mais il en fait une description étonnante que ne contredirons pas les Sahariens. Ce monde sévère, hostile, cruel est le cadre idéal pour la confrontation. le récit obéit aux lois du drame, à la mythologie du héros. Marcay a tout de ce héros. Il semble grandir à chaque étape, à chaque instant de cette chasse. Kelmeur, lui, malgré son inexpérience, ira jusqu'au sacrifice suprême, avec un courage sublimé par le contact de ses compagnons d'armes, ces méharistes touaregs, véritables ascètes, avares de paroles, mais durs à la tâche, au combat.
Pour l'auteur, tous les hommes, amis ou ennemis sont animés par un idéal, un but, enfermés qu'ils sont dans un quotidien fait de fatigue, de souffrances, de solitude intérieure.
L'Escadron blanc est un roman âpre, dur; un roman d'hommes, de héros anonymes. Joseph Peyré est un auteur à découvrir, à relire. Une grande plume de la littérature française.
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majero
  28 mai 2019
C'est la fête quand l'escadron de méharas du lieutenant Marçay reçoit l'ordre d'intercepter une cohorte de pilleurs des sables.
La prose écrite en 1931 est superbe, d'incroyables détails rendent le texte visuel et crédible.
Peyré y met son amour du désert, son admiration pour les hommes qui y survivent. Que va devenir le jeune lieutenant Kermeur, fraîchement débarqué, isolé par ses hommes et après 40 jours de chasse épuisante, de mauvais coups du sort, le lieutenant Marçay arrivera-t-il à conserver l'ardeur de ses hommes pour un ultime combat?
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Wendat69
  05 janvier 2019
Comme il est bon de découvrir des écrits ensommeillés, qui raniment la flamme de l'esprit d'aventure chez le lecteur...L'Escadron blanc est un beau récit, un très bon roman, qui met en lumière le temps si particulier de l'aventure méhariste, l'épopée de la conquête et de la garde du désert. Flamboyance des burnous, teintes merveilleuses des aubes et des crépuscules du désert, odeur du cuir de selle, toutes les sonorités chantantes des habitants du désert sont inscrites dans ce texte puissant.
Joseph Peyré nous entraîne dans l'aventure ensablée d'une troupe combattante du désert, 80 hommes montés sur leur méhara, ces navires fabuleux du désert a l'apparente asymétrie, mais à la résistance farouche, au rythme de marche dansant et lancinant, qui sait si bien s'adapter aux paysages lunaires dessinés par les dunes du désert.
L'Escadron, bras armé de la France en cette terre désolée mais superbe, est conduit par deux officiers, certes différents, mais que l'épreuve fatidique du désert va rapprocher. Figure du chef par excellence, Marçay, le Légionnaire au visage et au coeur buriné, dont l'âme ne s'anime qu'avec la promesse d'une course, d'une chasse, doute tout d'abord de Kermeur, le Spahi, jeune et fringant officier, ignorant tout du désert, mais qui saura se montrer, jusqu'à ses ultimes limites, digne de ses illustres prédécesseurs.
A ces hommes qui ont choisi de servir au pays du vent, Il est donné de vivre ce pour quoi leur compagnie montée a été conçue : partir traquer et anéantir le Rezzou. Pour cela, il faut couper la route de ces derniers nomades du désert, pour livrer enfin l'ultime combat qui doit décider de leur survie.
On est transporté par ce récit flamboyant, où l'on voit le désert menacer d'ensevelir peu à peu les hommes au burnous, en même temps qu'il paraît ensevelir les derniers espoirs du chef d'exception. Mais il n'y a pas de renoncement, car il n'y a pas de retour en arrière possible.
Joseph Peyré nous entraîne dans une course contre le temps et les éléments qui prend, au fil des jours et des kilomètres avalés, une dimension tragique. Les longues et terribles journées de marche, rythmées par le battement des guerbas et les récriminations gutturales des dromadaires épuisent tous les hommes, et les plus vigoureux ne sont pas épargnés par la loi implacable du désert. le soleil assomme les hommes sous les chèches, tandis que les guides et leur chef tentent de deviner l'itinéraire du Rezzou. Pas de faiblesse chez ces hommes rudes et sauvages, disciplinés sous le drapeau français, qui restent confiants dans l'aura du chef et la promesse du raid, l'appel du sang, l'espoir de la razzia.
Joseph Peyré, qui n'a pas connu les affres de la vie du nomade du désert, a pour autant ici écrit des pages superbes, et décrit avec une authenticité rare, l'âme méhariste. Voici une lecture qui en appelle d'autres, il est bien regrettable que de si beaux écrits ne soient pas réédités.
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allard95
  05 septembre 2018
Il est heureux que les lecteurs de Babelio se souviennent de Joseph Peyré, alors que le Petit Larousse l'ignore.... C'est un conteur merveilleux, sachant décrire les lieux et les sensations humaines avec une justesse et une sensibilité extrêmes, ceci dans une langue de qualité, porteuse d'un vocabulaire riche et précis (que, là encore, nos dictionnaires modernes ignorent souvent....).
L'Escadron blanc (livre publié en 1930) nous raconte la poursuite, dans le désert du sud Algérien, d'un "rezzou" de Berabers, par un corps expéditionnaire français de 80 hommes. Nous saurons tout du désert, des difficultés terribles rencontrées par ces hommes et leurs chameaux pour progresser sous des chaleurs accablantes, les points d'eau étant espacés parfois de plus de cent kilomètres. Et ce livre est surtout celui de l'attente: on poursuit un ennemi invisible, et chaque jour, on croit l'avoir rattrapé, mais il n'est pas là. Cette attente du choc, de la confrontation (dont on sait pourtant qu'elle ne se fera pas sans pertes humaines, qui s'ajouteront à celles que le désert torride aura déjà causées) est l'élément essentiel du récit: entre impatience et inquiétude, les sentiments humains se contrarient. N'est-ce pas un peu ce que l'on a retrouvé plus tard dans le Rivage des Syrtes? La guerre est terrible; l'attente de la guerre aussi. Et les militaires ont besoin du combat, qui est la justification de leur engagement. Joseph Peyré maîtrise tout cela: le récit, de vocabulaire, le sens des formules, la description de la rude amitié entre des hommes emportés dans une aventure qui les soude mais où la mort est forcément présente. Qui périra? Qui survivra? Demain, plus tard? Ce que ressentent les hommes face à ce terrible et irréversible suspens nous est narré avec talent. Ne faisons pas comme les rédacteurs de nos dictionnaires: n'oublions pas Joseph Peyré.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
andreas50andreas50   25 décembre 2018
Depuis qu'il s'était étendu auprès du corps grelottant de Kermeur, si près que la pulsation violente de la fièvre se communiquait à son bras, il se sentait menacé par le lourd sentiment de solitude qui, depuis la mort de Bettini, l'avait si souvent accablé et qui tournait autour de lui une seconde fois.
Sentiment d'autant plus pesant qu'il se doublait d'un remords plus clair, plus explicite : n'avait-il pas manqué, par esprit de corps, à ses devoirs de chef, bien plus, à la camaraderie du désert ? Ce garçon désaxé, exilé dans le Sud, au lieu de le mépriser, n'aurait-il pas dû le soutenir, lui apprendre son métier, le faire accepter par les Chaamba ? La règle des Sahariens ordonne la confiance entre camarades.
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Wendat69Wendat69   03 janvier 2019
Escadron blanc, déjà largué comme un vaisseau, aucune voix n'en parvenait plus à la terre. A peine si, de loin en loin, le silence du soleil laissait la plainte d'une bête venir frapper les murs, éveiller un écho aussitôt éteint.
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abodiotabodiot   31 décembre 2014
Six mois... Rien... Les mots du temps et de l'espace sans mesure. Dans le silence qui coulait à pleins bords, le soir qui assombrissait le large fleuve de sable, ils prenaient une résonance d'éternité.
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