AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : SIE91198_7612
Éditeur : Grasset (30/11/-1)

Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
"La pluie ruisselait. Un falot jaune cherchait les hommes. Avec les autres, le Chef à l'étoile d'argent se leva de la boue." J.P.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
andreas50
  29 octobre 2019
Comme tous les fanatiques du désert, il est vêtu de sa gandoura blanche, le pantalon blanc serré aux chevilles, les naïls de cuir d'antilope aux pieds. Il ne se distingue des autres méharistes que par le képi bleu de ciel qui couvre son front bossué, par ses yeux gris, par sa barbe blonde qui le fait prendre pour un Berbère. Pourtant, le maréchal des logis le Brazidec est un breton bon teint, membre de la Compagnie saharienne de Tidikelt.
Avec ses deux fidèles compagnons, le Chaambi Salem et l'Ifora Driss ; le Brazidec, le chef à l'étoile d'argent, n'a qu'une passion : les longues patrouilles de reconnaissance dans les étendues désolées, inhospitalières, le long de la frontière, ligne floue qui sépare le Sahara français de la Tripolitaine italienne. Son rôle : intercepter les trafics entre les deux territoires, surveiller les tribus toujours prêtes à entrer en dissidence. Tel un chef Hoggar, le maréchal des logis est vénéré par ses hommes. Son surnom lui vient de l'étoile d'argent qui orne le nasal de la bride de son méhari, la Gazelle. Quant à la boussole qui lui pend autour du cou lui fait comme un talisman, une amulette à l'aiguille inspirée.
Nous sommes en 1915 et la guerre fait rage en Europe. de nombreuses unités nord-africaines de spahis, de goumiers sont envoyées à l'abattoir laissant derrière elles des garnisons étiques pour occuper les bordjs, parsemés du sud tunisien au nord du Hoggar.
En Tripolitaine, des marabouts senoussistes poussent les tribus, aidées matériellement par les Empires centraux, à entrer en dissidence. La Guerre sainte menace le Sahara français.
Le ravitaillement par le sud tunisien est coupé, les postes sont isolés et il faut attendre d'hypothétiques renforts, d'incertaines colonnes de secours.
De retour à Fort Flatters, après une visite à une garnison italienne, le Brazidec se voit confier le commandement du bordj protégeant le village, reçoit l'ordre d'attendre une aide extérieure. Epuisé, amaigri par sa vie de baroudeur, le Chef à l'étoile d'argent n' a que faire d'une existence confortable, auprès de Fatoum sa très jeune épouse, qui n'a d'yeux que pour lui, l'homme qui lui a sauvé la vie.
Le Brazidec, authentique nomade, veut reprendre aux côtés de ses méharistes la longue marche à la reconquête des postes occupés ou encerclés.
Le roman de Joseph Peyré marque les étapes de cette épopée saharienne dont les héros sont liés par une camaraderie virile indéfectible face à l'âpreté de la nature et les horreurs de la guerre.
Le Brazidec semble investi d'une mission sacrée qui le conduira à la rédemption, à l'expiation de ses péchés, de ses faiblesses, même si ce rachat doit se conclure au final dans la boue de Verdun.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          340
tiptop92
  31 mai 2019
1915, profitant de la guerre qui fait rage en Europe, le Sahara se soulève et la plupart des tribus rentrent en dissidence. le chef à l'étoile d'argent est un sous-officier légendaire, un nomade comme ses hommes qui le vénèrent. Avec son escouade il va parcourir le désert, combattre et souffrir. C'est une histoire d'homme qui se déroule dans des paysages désertiques oppressants et exigeants. le lecteur ressent à chaque page l'aridité des conditions de vie de ces soldats, le sens de l'amitié et de l'honneur des indigènes. C'est un monde brutal mais noble parfaitement décrit par Joseph Peyré, écrivain oublié mais qui mériterait largement d'être réhabilité au vu de ce texte. le drame montera jusqu'à l'attaque du fort Polignac par les rebelles et la résistance désespérée des tirailleurs et autres goumiers malgré le manque de vivres et le scorbut qui frappe la garnison. Il se dénouera dans les tranchés de Verdun loin du soleil et de l'air sec de l'algérie française. Ce livre doit être lu voir relu car il est le témoignage d'une époque perdue ou l'homme passionné de grands espaces pouvait encore faire corps avec le désert et les éléments.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
Portedusoleil
  22 février 2015
Superbe...
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (4) Ajouter une citation
andreas50andreas50   22 octobre 2019
- Ne te couche pas avant d'avoir raclé le sable avec tes mains. Tu te brûlerais le ventre, conseilla Driss au jeune Algérien qui servait la seconde pièce de la section de mitrailleuses.
Mal habitué aux rigueurs sahariennes, devenu méconnaissable en quelques heures, le jeune Algérien accusait une mortelle défaillance. La sueur plaquait la gandoura à ses épaules maigres, ruisselait sur ses joues, son visage creusé par une fièvre foudroyante. Il passait le revers de sa main sur son front, dans un mouvement d'angoisse.
- Il ne tiendra pas un jour, murmura Driss.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
andreas50andreas50   18 octobre 2019
La Guerre de l'Etendart Vert, prêchée et préparée de l'autre côté de la frontière tripolitaine, devait dépasser en lenteur et en nombre la mesure d'une simple expédition de pillards. Il fallait à ses émissaires, à ses chefs, aux dissidents gagnés l'un après l'autre par les marabouts en croisade le temps de palabrer, de se décider, de s'armer, de se joindre. D'ici là, des mois pouvaient couler, dans les besognes de quartier de Fort Flatters.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
andreas50andreas50   26 octobre 2019
Les Azdjer qui s'étaient révoltés n'étaient plus ceux des dernières guerres, qui, sautant de leur méhara, attaquaient à l'arme blanche les colonnes, et se faisaient tuer sur les guidons des fusils. Les nouveaux rebelles étaient armés de Martini turcs, de carabines italiennes, de Mauser et de fusils russes débarqués sur la côte tripolitaine par les sous-marins allemands.
Commenter  J’apprécie          120
andreas50andreas50   21 octobre 2019
Pour son premier coup en terre française, à douze cent kilomètres au sud d'Ouargla, la distance de Paris à Naples, la révolte venait donc d'enlever Djanet, héroïquement défendue par le maréchal des logis Lapierre, qui avait été fait prisonnier. Djanet tombée, Fort Polignac et Fort Flatters, les deux autres bases du sud, étaient menacées. Tout notre Sahara de l'Est pouvait passer aux mains des rebelles, soutenus et ravitaillés par les Empires Centraux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90

autres livres classés : guerre sainteVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox