AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 224615572X
Éditeur : Grasset (25/01/1989)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Sang et Lumières (Prix Goncourt 1935) n'est pas seulement un roman tauromachique. Dans les plis de l'habit de lumière de Ricardo Garcia, le "Greta Garbo masculin" de la corrida, se cache un autre drame: l'intense solitude d'un dieu déchu, les préparatifs de son suicide dans les arènes.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Wendat69
  02 avril 2019
Passer de l'ombre à la lumière, c'est ce que tout Torero recherche. Se trouver face au taureau au centre de l'arène, sous le soleil brûlant, implacable témoin du drame qui se joue dans le cercle de sable, et gagner la foule, la faire vibrer et être adulé tel un nouveau dieu, de course en course, telle est la trajectoire d'étoile visée par les hommes capés.
Mais que devient l'Homme à l'habit de lumière lorsque sa gloire s'étiole, que ceux qui l'ont acclamé tendent maintenant à le moquer ? Comment garder le fil du destin entre ses mains lorsque les poignets de verre et la jambe faible vous font douter, que grandit l'inquiétude lorsque il faut de nouveau se saisir de la muleta ?
Ricardo Garcias en est à ce moment fatal qui précède le déclin ou la résurrection, et si ses amis toujours fidèles, sa garde rapprochée, donnent encore l'illusion de croire en des lendemains chantants, tous savent cependant que le chant du cygne approche, et que les taureaux contre lesquels il faudra se mesurer peuvent trouver la voie fatale, qui peut conduire au déshonneur, ou à la mort. Tous savent que les blessures passées ont laissé des traces profondes, et pas uniquement dans le corps maintenant usé du Torero.
José, narrateur de la tragédie qui se dessine, voit son ami se ruiner en illusions amoureuses, accroché comme un funambule aux sentiments illusoires d'une maîtresse, tandis que la femme aimante se meure doucement de consomption. Cette dispersion du coeur et de l'esprit n'augurent rien de bon. Il faudra cependant bien à nouveau affronter l'arène, sa foule surtout, versatile et dangereuse, comme le sont les foules à la veille des guerres civiles. Il faudra encore sacrifier au rituel de l'habillage, rassurer le picador déjà bien trop vieux pour entrer en scène, et se placer face à l'animal fabuleux, le défier alors que la foule se défie de vous. Dans cet affrontement sanglant, le taureau fulmine, rejetant sa sourde colère contre tous ces pantins colorés qui le harcèlent. Ricardo sera face à lui-même, pour le grand spectacle.
Un très beau livre, qui ne doit pas rebuter ceux qui rejettent la tauromachie, car Joseph Peyré témoigne d'un immense respect pour le taureau, sans tomber dans le travers d'une adulation sacralisée pour le jeu sanglant de l'arène.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Wendat69Wendat69   29 mars 2019
Enfin, je distinguais en face de moi les monteras et les ors des toreros massés dans le passage du défilé, la brève prison des angoisses où les hommes tournent comme des bêtes dans leur fosse, front bas, la main gauche mouillée de sueur sur les cornes de la cape serrée, palais et gorge secs à ne pas pouvoir saliver.
Commenter  J’apprécie          70
Wendat69Wendat69   28 mars 2019
Fou de liberté, de lumière, de bruit, le jeune taureau avait balayé toute l'étendue de l'arène, désarmant les banderilleros, les faisant fuir de toutes parts, s'envoler par-dessus la barrière. Il venait d'en pourchasser un jusqu'à la palissade, et, déchirant de la corne la cape rose qu'il lui avait arrachée, et qui l'aveuglait, la musculature du garrot hérissée, il faisait sauter les planches de l'obstacle. Puis il se retourna, menaçant, vers l'espace qu'il avait vidé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Wendat69Wendat69   27 mars 2019
J'avais la révélation du combat primitif dont la mise en scène et le décor de la plaza travestissent les lignes; la lente, la haletante défaite du fauve devant un homme désarmé qui, par le seul jeu intelligent du leurre, le réduit à l'épuisement et au désespoir.
Commenter  J’apprécie          80
Wendat69Wendat69   28 mars 2019
J'avais encore dans les oreilles le silence de celui que j'avais vu à Saragosse, le silence qui règne sur tous les mouvements des fauves et ajoute à leur mystère, la voix du mayoral de l'élevage qui manœuvre lui-même les condamnés "Huera, hu hu hu", et le souffle d'émotion de la bête tournant au fond de sa fosse, dans la ténèbre des volets fermés.
Commenter  J’apprécie          50
Lire un extrait
autres livres classés : romanVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
2087 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre