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EAN : 9782070284559
Éditeur : Gallimard (13/10/1978)
4.33/5   3 notes
Résumé :
«L'admiration que j'éprouve, depuis des années, pour la vie et l'œuvre de Marie-Hélène Vieira da Silva et d'Arpad Szenes m'avait, depuis longtemps déjà, donné le désir de faire entendre leurs deux voix, comme celles d'une fugue.
Vieira da Silva vit, d'une façon presque permanente, dans un état de tension qui s'exprime, sublimé, dans son œuvre. Il semble que son esprit ne soit jamais en repos. On dirait qu'elle pose au monde et à elle-même des questions dont ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
fanfanouche24
  26 juin 2019
Et en cette matinée du 20 juin 2019... ma boite aux lettres était en fête: un ami de longue date, connaissant mon grand intérêt pour cette "dame"... m'a envoyé et déniché un volume épuisé d'entretiens d'Anne Philippe , avec un couple d'artistes qu'elle admirait artistiquement et humainement : Marie-Hélène Vieira da Silva et Arpad Szenes, "L'Eclat de lumière"
(Gallimard, 1978)...que je me suis empressée de débuter !
Un volume d'entretiens d'un couple d'artistes, unis dans la vie et complices dans leur Art... Ouvrage très dynamique où ils discutent, répondent aux questions de leur amie, Anne Philipe : de leur rencontre, leur travail de peintres, leur passion commune pour la musique, leurs rencontres amicales et artistiques, leurs curiosités littéraires, etc. Vieira, artiste tourmentée et dans le doute permanent, alors que l'on sent son compagnon, Arpad Szenes plus serein... et heureux de vivre. Un tandem complice et complémentaire !
"Maria Helena Vieira da Silva :
Vous savez, c'est curieux, j'ai des couleurs d'été et des couleurs d'hiver.
Quand il fait chaud j'aime peindre du bleu, du vert, du blanc. le blanc je
peux l'employer toute l'année, du reste. Et quand il fait froid j'aime le
rouge. "La bibliothèque rouge", par exemple, je l'avais commencée à
Paris, lentement, puis je suis venue ici, à Yèvres, au mois de mai, il faisait
froid, je l'ai continuée et un beau jour il s'est mis à faire chaud et je l'ai
tournée vers le mur. Je l'ai terminée à l'automne, dès que j'ai eu envie
de chaleur."
Il est évidemment abondamment question du mystère de la création
artistique, de la naissance et genèse d'un tableau...
"Vieira.- Qu'il doit être difficile d'être un théoricien ou un historien d'Art ! comment expliquer ce qui est inexplicable ?" (p. 17)
"Vieira.- La main parfois travaille seule, c'est vrai, mais c'est rare.
Arpad.- Relativement seule. Jamais absolument seule, ça ne peut pas exister, il faut bien que le commandement vienne de quelque part.
Vieria.- Quand on commence une huile ou une gouache, il y a deux tableaux qui marchent ensemble, celui qui est sur le chevalet et celui qui est dans notre tête " (p. 54)
Ce couple d'artistes est très heureusement complice et très indépendant
dans leur appréhension respective de leurs oeuvres !.... le mystère du processus créatif reste entier... ainsi que les doutes constants pour
chacun...
Une lecture très éclairante sur le monde de la création artistique...et sur
deux parcours très riches de deux grands artistes se confiant
spontanément dans un dialogue bienveillant avec leur amie, Anne Philipe.... Découvert également un artiste surréaliste, mort trop jeune, qu'Arpad Szenes met ici à l'honneur..., Domenico Gnoli.
Encore merci à cet ami m'ayant permis la lecture de ces précieux échanges !!

******En même temps que cette lecture jubilatoire , Je me suis décidée brusquement à établir une liste comme une sorte d'hommage... à Anne Philippe, grande intellectuelle... malheureusement limitée, pour la majorité d'entre nous, à être "la Femme de ..." ; ce que je reconnais avoir fait moi-même jusqu'à la lecture du texte admirable de Pierrette Fleutiaux, "Bonjour Anne : chronique d'une amitié " (Actes Sud), qui m'a fait prendre conscience de l'envergure de cette femme-écrivain- ethnologue-éditrice....documentariste...
voir https://www.babelio.com/liste/10843/Bonjour-Anne-Philipe-
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nadejda
  09 juillet 2015
Très intéressante et touchante suite d’ entretiens entre Anne Philipe et le couple de peintres formé par Arpad Szenes et Maria Helena Vieira da Silva.
Un couple plein de douceur et de sollicitude l’un envers l’autre, on sent entre eux une grande complicité : tantôt l’un répond à la place de l’autre ou termine et complète les propos entamé par l’autre.
Il n’y a pas fusion mais respect mutuel de leur différence et aide réciproque, Chacun étant comme ils le disent si tendrement « l’ange gardien de l’autre ».
C’est émouvant et rare de découvrir deux êtres qui s’aident à grandir dans leur art, chacun gardant sa propre personnalité, son originalité. Un bel échange qui se déroule sans précipitation, permettant à chacun de trouver les mots qui nous offrent une ouverture sur leur univers et une compréhension plus approfondie de leur recherche picturale. Ils le font avec beaucoup d’humilité, sans esquiver leurs doutes, émaillant leur propos de pointes d’humour. On les sent fragiles mais aussi convaincus que chacun n’aurait pu suivre un autre chemin.
Arpad : « Avec Vieira j’ai été de plus en plus heureux et cette progression n’a pas cessé. Vieira est vulnérable et mélancolique., elle a besoin d’une certaine aide morale. Elle n’a jamais cru assez à son génie, je veux dire son destin, ni à ses possibilités.
Des esprits chagrins ont dit qu’elle seule était connue et que je m’étais complètement retiré. Ce n’est pas du tout vrai au sens où ils l’entendent tout au moins. Pour moi se retirer signifie travailler, et cela m’était nécessaire. Si je n’avais pas eu cette possibilité, je ne serais rien aujourd’hui. Il est arrivé qu’on me dise : « Et vous, monsieur da Silva, quelle est votre profession ? » Et moi-même, dans un magasin par exemple, j’ai pu donner comme nom da Silva parce que c’est beaucoup plus facile à comprendre que Szenes. Mais aujourd’hui on appelle parfois Vieira, Vieira Szenes parce qu’il y a tant de « da Silva ».
p 72-73
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   26 juin 2015
Anne Philipe --- ... Arpad, tu as dit quelque part : "Plus on est abstrait, plus on est figuratif."
Arpad --- Je ne sais pas ce que j'ai dit. Je me contredis souvent parce que chaque chose est explicable à beaucoup de points de vue, et la contradiction souvent n'est qu'apparente. Dans tous les cas, quant à moi, j'ai besoin de réel parce que pour moi l'abstrait commence par une grande et personnelle simplification de la nature. Au cours de ma vie de peintre je suis parti de l'essence de la nature et je suis allé vers l'abstrait, et ensuite j'ai tant aimé l'abstrait que j'ai oublié la nature. A force d'expériences j'ai compris que régulièrement je devais revenir à la nature. J'ai besoin d'aller vers le plus vrai que le vrai, c'est-à-dire l'essentiel des choses, essentiel aussi bien comme tableau que comme pensée. Oui, quelque chose d'essentiel que je veux exprimer. Ce sont des choses très difficiles à expliquer. Chaque tableau est différent et représente une expérience nouvelle. On explore une certaine région, on s'en fatigue, on en sent les failles et l'on va explorer un autre versant. Un artiste est un explorateur permanent. p 81
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nadejdanadejda   24 juin 2015
Vieira da Silva vit, d'une façon presque permanente, dans un état de tension qui s'exprime, sublimé, dans son oeuvre. Il semble que son esprit ne soit jamais en repos. On dirait qu'elle pose au monde et à elle-même des questions dont elle ne trouve nulle part la réponse.
Le lecteur sentira, je crois, l'humour profond d'Arpad Szenes, sa sagesse, son humanité lucide et généreuse, sa façon d'être bien avec lui-même, toutes choses qui lui donnent un naturel et une liberté incomparable car elles lui suggèrent de ne pas attacher trop d'importance ni à soi, ni à l'opinion d'autrui.
L'un et l'autre possèdent au plus haut point le don d'intensité de vie. Chaque jour, je pourrais dire chaque instant, est vécu avec une force extraordinaire, d'où jaillit leur pouvoir de création et leur rayonnement.
p 8 Avant-propos d'Anne Philipe
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nadejdanadejda   25 juin 2015
Maria Helena Vieira da Silva :
Vous savez, c'est curieux, j'ai des couleurs d'été et des couleurs d'hiver. Quand il fait chaud j'aime peindre du bleu, du vert, du blanc. Le blanc je peux l'employer toute l'année, du reste. Et quand il fait froid j'aime le rouge. "La bibliothèque rouge", par exemple, je l'avais commencée à Paris, lentement, puis je suis venue ici, à Yèvres, au mois de mai, il faisait froid, je l'ai continuée et un beau jour il s'est mis à faire chaud et je l'ai tournée vers le mur. Je l'ai terminée à l'automne, dès que j'ai eu envie de chaleur.
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nadejdanadejda   26 juin 2015
Maria Helena Vieira da Silva --- Il y a des choses très mystérieuses : parfois on commence un tableau et à un moment on est arrêté, "ça ne marche plus", on le met de côté, et un jour, on ne sait pas pourquoi, on le reprend et il n'y a plus aucun blocage.
Arpad Szenes --- C'est parce qu'on était trop dedans. Il faut une certaine distance et on la trouve en abandonnant le tableau un certain temps.
M.H. Vieira da Silva --- Quelquefois un tableau est complètement mort et on l'allume, il devient vivant ; un changement impondérable, imprévu s'est fait, on ne sait comment.
Arpad Szenes --- Et c'est cela précisément l'important. Jusque-là le tableau est un projet, une idée, et au moment où il devient illuminé il EST tableau. C'est la lumière qu'il faut avant tout rechercher. Là, sont le mystère et la difficulté. p 57
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fanfanouche24fanfanouche24   23 juin 2019
Vieira.- Au fond ça ne m'intéressait pas du tout d'aller dans le monde. Je m'y sentais encore plus seule. C'était une époque triste, au Portugal; Salazar n'avait pas encore pris le pouvoir mais la liberté qui régnait était absolument anarchique. Continuellement, des révolutions éclataient, les unes de gauche, les autres provoquées par la droite. L'atmosphère était irrespirable. La ville était devenue très sale alors que sa luminosité, sa propreté, ses trottoirs de pierre blanche, calcaire, presque de marbre, font partie de sa beauté. (p; 67)
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