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EAN : 9782253241485
384 pages
Le Livre de Poche (25/03/2020)
4.28/5   1430 notes
Résumé :
Six heures du matin, Berthe, cent deux ans, canarde l’escouade de flics qui a pris d’assaut sa chaumière auvergnate. Huit heures, l’inspecteur Ventura entame la garde à vue la plus ahurissante de sa carrière. La grand-mère au Luger passe aux aveux et le récit de sa vie est un feu d’artifice. Il y est question de meurtriers en cavale, de veuve noire et de nazi enterré dans sa cave. Alors aveux, confession ou règlement de comptes ? Ventura ne sait pas à quel jeu de du... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (388) Voir plus Ajouter une critique
4,28

sur 1430 notes

Kirzy
  11 avril 2020
Quoi, tu n'connais pas Mamie Luger ? Tsss ... permets moi de t'dire que tu râtes quelque chose. Laisse-moi te présenter l'animal.
Prénom : Berthe
Surnom : Mamie Luger , elle en a un en sa possession, volé à un Nazi ...
Âge : 102 ans, pas toutes ses dents mais pas d'Alzheimer en vue
Raison de sa garde-à-vue : a défouraillé son voisin et canardé des flics, avec son Luger, donc
Signes particuliers : franc-parler fracassant, humour gouailleux
Hobby : serial-killeuse à l'insu de son plein gré ( ou pas ), aime enterrer des choses dans sa cave et explorer toutes les possibilités d'une pelle …
Tout se passe dans un commissariat avec la garde-à-vue de Mamie Luger, mais le cadre du huis-clos est très rapidement explosé avec les confessions de ladite mamie qui raconte des épisodes marquants de sa vie explosive, dans l'ordre qui lui sied, histoire de balader un peu beaucoup l'inspecteur qui mène l'interrogatoire. S'en suit une sarabande de révélations surprenantes, de dialogues truculents à mi-chemin entre Dard, Blier et Audiard ( pas pour rien que l'inspecteur se nomme Ventura, hein ), portés par la verve et la verdeur de la centenaire.
On s'amuse beaucoup mais à mi-parcours, j'avoue avoir été un peu lassée par la répétition du « protocole » criminel de Mamie. Et c'est là que le changement de braquet de l'auteur arrive à point nommé, insufflant émotion et profondeur. Car derrière la farce, se révèle le portrait d'une femme, libre, anticonformiste, indignée par le patriarcat et la domination masculine qu'il implique. Berthe est une féministe avant l'heure. Et si elle déroule crimes et aveux, elle dévoile aussi les épisodes douloureux de son intimité, notamment une très belle histoire d'amour, inattendue étant donné le profil de la Dame. Mamie Luger a été marquée par les hommes, prédateurs ou lâches, et malgré tout, sa force de vie ahurissante explose à la face du lecteur. Aucune loi ne peut la sauver, mais la morale est avec elle, et le lecteur aussi.
Un roman féministe léger mais pas que, souvent drôle, complètement dans l'air du temps. Très divertissant !
Lu dans le cadre du Prix des lecteurs Livre de Poche 2020, catégorie polar
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palamede
  02 mai 2019
Durant sa longue vie, Mamie Luger a flingué à tout va. De préférence les hommes qu'elle a épousé et qui ont eu la mauvaise idée de lui manquer de respect, mais pas seulement. C'est ce qu'elle va confesser longuement au lieutenant de police, André Ventura, avant de tirer sa révérence à sa manière.
Visiblement très inspiré par San Antonio et Audiard (et ses Tontons flingueurs), Benoit Philippon nous convie à une comédie désopilante. Mais tout le sel de ce roman noir ne se réduit pas à tueuse en série de cent deux ans, hilarante, irrespectueuse et mal embouchée. La vielle dame indigne est aussi une femme sensible et une féministe convaincue qui entend lutter contre la domination masculine et la violence inhérente faite aux femmes. Même si ses moyens radicaux ne sont pas des exemples à suivre, on ne peut qu'être d'accord avec cet engagement...
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ODP31
  08 août 2020
Berthe, 102 ans, bon pied (au cul !), mauvail oeil, n'est pas une mamie gâteau qui tricote des écharpes à ses petits-enfants en ronflant devant les Feux de l'amour. C'est plutôt un croisement entre Tatie Danielle et Ma Dalton, serial veuve, qui a délaissé l'hydratation de ses géraniums pour arroser de plomb la bleusaille alertée par ses problèmes de voisinage. Inutile de vouloir lui confier des mioches pour les vacances quand il n'y a plus d'école pour s'en débarrasser.
La charmante vieille dame est placée en garde à vue et interrogée par l'inspecteur Ventura. Celui qu'elle surnomme Lino va bientôt découvrir que si beaucoup de gens cachent des cadavres dans leur placard, Mamie Luger préfère les enterrer dans sa cave. Et il y a foule dans les fondations, catacombe privative, ossuaire réservé aux dynasties d'animaux de compagnie et aux maris de mauvaise compagnie. Berthe a enchaîné les mauvais mariages et autant de veuvages plus ou moins prémédités.
Sa vie n'a pas été un fleuve tranquille. Plutôt un torrent déchaîné dont la vieille dame va raconter les nombreux débordements dans une langue crue.
Tartare à la Audiard lors des séquences d'interrogatoire, le récit échappe à la gaudriole san-antoniesque car la biographie macabre révèle une femme libre en avance sur son temps, faiseuse d'ange par compassion, démon radical face aux violences conjugales, les viols et le racisme. L'auteur ne précise pas si Berthe à de grands pieds, mais elle a les idées larges.
Il ne faut donc pas trop se fier à la couverture truculente et plus accrocheuse qu'une édition de minuit qui cherche midi sous un soleil de Plon. Ce qui se passe sous les draps de cette histoire ne relève pas du simple divertissement de transat. Benoit Philippon alterne avec brio les passages très drôles et les épisodes tragiques de la vie de la vieille dame. Son histoire d'amour avec un GI noir est aussi touchante que romanesque. Berthe est un coeur à vif qui porte le cynisme comme une armure.
A l'inverse, il faut oublier le romantisme quand la mamie aborde sans censure ni césure les compétences érotiques limitées et l'anatomie minimaliste de feu certains de ses maris qui lui rendirent le devoir conjugal aussi excitant qu'un sujet de trigonométrie. A défaut d'atteindre le Nirvana, Berthe tombe dans le Grunge quand il s'agit de se faire justice. Et la vieille dame interprète avec certaines libertés le concept de légitime défense pour se débarrasser de ses légitimes à coups de pelle.
Si l'aspect répétitif des crimes m'a parfois un peu lassé, le personnage sans filtre de Berthe est assez irrésistible et tout comme Ventura, je l'aurai bien gracié de ses crimes en lui accordant des circonstances plus amusantes qu'atténuantes.
Mamie Luger apparaissait dans le premier roman de Benoit Philippon "cabossé" qui suivait la cavale d'un couple en cavale évoqué au début du roman. Je vais tâcher de me le procurer. L'auteur est également scénariste et on le sent très à l'aise dans les dialogues jubilatoires du roman et dans sa construction à base de flash-back.
J'ai donc apprécié cette mamie flingueuse. Je plaide coupable.
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marina53
  28 mars 2019
Blam ! Blam ! C'est à coups de Luger que Berthe accueille la flicaille qui cerne sa maison. du haut de ses 102 printemps, malgré l'arthrose et ses lunettes en cul de bouteille, elle en a encore dans le coffre ! Mais faut croire que les flics en ont encore plus puisque c'est avec un barouf de tous les diables qu'ils enfoncent la porte. À leur tête, l'inspecteur André Ventura qui dirigera l'interrogatoire. Car, non seulement la vieille dame, désormais en garde à vue, a tiré sur les flics mais aussi sur son voisin. À deux reprises et dans le cul ! Va falloir qu'elle s'explique, Berthe, pourquoi elle a fait ça pendant que Roy et Guillemette, deux fugitifs, se tiraient avec l'Audi dudit voisin. Et va falloir que Ventura soit patient. La garde à vue risque bien d'être longue au vu des secrets bien enterrés que cache Berthe !
Elle a du pep's, la Berthe ! du répondant, de la verve et de l'humour, noir parfois. Parce qu'à 102 ans (on peut dire qu'elle arrive au crépuscule de sa vie), elle en a vécu des choses. Des belles et des beaucoup moins belles aussi ! Ainsi, assise face à l'inspecteur Ventura, qu'elle surnomme affectueusement Lino, elle a de quoi en raconter pendant des heures. Et nous, lecteurs, suivons avec grand intérêt son histoire, loin d'être ennuyeuse d'ailleurs. de sa naissance en 14 à sa rencontre avec Roy et Guillemette, en passant par son adolescence auprès de Nana, sa grand-mère, ses mariages foireux ou ses épreuves, Berthe se dévoile sur un ton haut en couleur et envolé. Cette garde à vue, même si elle ne manque jamais de piquant tant par ces dialogues jouissifs et une joute verbale colorée, laisse entrevoir tout de même quelques lueurs d'émotions. Benoît Philippon, de par sa plume jubilatoire et ciselée, nous plonge dans un huis-clos inoubliable.
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Ladybirdy
  02 juin 2019
Mais quel bout de femme cette mamie Luger ! Malgré ses 102 ans, elle garde une forme olympique. Mieux vaut l'éviter si vous la croisez par chez vous car avec son vieux calibre 22 repêché de la guerre, elle risque de vous mettre en pièces.
Mamie Luger alias Berthe est tout d'abord interpelée en garde à vue pour avoir sabotté le derrière de son voisin à coup de luger. C'est qu'elle a confondu son voisin pour un gitan et sa 4 CV pour l'audi TT volée par ce même gitan de ce même voisin. C'est à y perdre son latin. À cent deux ans, elle ne voit peut-être plus très bien mais qu'est ce qu'elle en jette la mamie ! Elle n'a pas sa langue dans sa poche et a une sacrée répartie la mémé. L'inspecteur Ventura présage déjà que la garde à vue avec cette vieille bique enragée va être longue.
L'auteur nous régale d'entrée de jeu avec une sacrée dose d'humour à vous retourner la mâchoire. Ensuite, on se plonge dans la folle vie de Berthe alias mamie Luger et on finit par flipper grave. C'est que Berthe, sa vie, c'est digne des Grands Guignols, elle ne fait qu'une bouchée de ses maris qui la déçoivent les uns après les autres.
Je m'attendais à un roman léger à l'humour omniprésent, mais l'histoire de Berthe est plus sombre qu'il n'y parait. Ça frise pour moi un peu trop la poisse et les effusions noires. Il y a aussi beaucoup (trop) de passages où on frôle la nymphomanie grossière.
Ça n'en reste pas moins un roman à l'humour piquant, agréable n'est pas le mot exact, mais j'ai suivi les aventures de mamie Luger avec intérêt. Cette bonne femme a une façon bien à elle de régler ses comptes et ses désaccords, elle n'y va pas par quatre chemins, elle est cash et la vie, elle n'en fait qu'une bouchée la mamie Luger.
Merci Marina pour cette sympathique découverte.
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Citations et extraits (168) Voir plus Ajouter une citation
ILLEILLE   01 juillet 2022
_Et vive la France!
La sauvageonne n'était pas patriote mais n'aimait pas les envahisseurs. Sous n'importe quelle forme.
Puis elle a commencé à creuser.
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ILLEILLE   01 juillet 2022
_Berthe, il faut que vous m'aidiez. Les charges qui pèsent contre vous s'alourdissent. J'aimerai me montrer clément, mais plus vous parlez, plus vous semblez avoir de choses à vous reprocher.
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ILLEILLE   01 juillet 2022
_J'dis juste qu'c'est pas parce que t'as pas retrouvé les corps qu'y a pas d'meurtes, Columbo. Y t'apprennent quoi, à l'école des képis?
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aureliewouyaureliewouy   20 juin 2022
La guerre était une connerie d’hommes. Il fallait bien l’ingéniosité d’une femme pour la détourner au bénéfice de son émancipation.
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marina53marina53   10 avril 2019
– Donc quand vous avez tiré sur de Gore, vous saviez qu’il ne s’agissait pas de Gitans ?
– P’t’être bien que oui.
– Vous pouvez expliquer votre geste ?
– J’l’ai jamais aimé, lui.
– Ça ne justifie pas de lui tirer dessus.
– Qui m’empêche ?
– La loi, Berthe. La loi, dit l’inspecteur flegmatique.
– Dis donc, tu commences à m’casser les pieds, avec ta loi ! explose la grand-mère. On n’est donc plus libre de rien, dans c’pays ? J’croyais qu’y avait écrit « Liberté, Égalité, Fraternité » sous not’ drapeau. J’vois pas d’liberté, là, j’vois des menottes, l’égalité, vous m’faites bien rigoler, en tant qu’femme depuis un siècle, j’ai bien vu qu’on nous roulait dans la farine, et la fraternité, viens pas m’chatouiller avec ça. J’ai pas gardé un Luger dans ma commode par hasard !
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Videos de Benoît Philippon (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Benoît Philippon
Petiote - Benoit Philippon - Ed. Les Arènes
Disponibles en librairie et sur furet.com https://www.furet.com/livres/petiote-benoit-philippon-9791037505927.html
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