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EAN : 9782253195375
384 pages
Le Livre de Poche (29/03/2023)
4/5   414 notes
Résumé :
Pour récupérer la garde de sa fille, Gus, un père au bout du rouleau, se lance dans une prise d'otages dans l'hôtel de naufragés où il vit. Sa revendication ? Un Boeing pour fuir au Venezuela avec Émilie, sa petiote.
Pour ce plan foireux, Gus s'allie à Cerise, une prostituée à perruque mauve. À eux deux, ils séquestrent les habitants déglingués et folkloriques de cet hôtel miteux : George, le tenancier, Boudu, un SDF sauvé des eaux, Fatou, une migrante encein... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (113) Voir plus Ajouter une critique
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Beaucoup de plaisir à lire ce livre qui traite avec un humour assez fin des situations dramatiques : relations de couples en échecs, viols, chemins vers la prostitution, trafic de drogue, justice et ses décisions hasardeuses, féminisme, errances diverses.

On suit le héros, Gus, son parcours de raté conscient, donc pas complètement raté puisqu'il est capable de prendre des décisions qui ne sont pas toujours les bonnes. Il est très attachant Gus, c'est un gentil, pas aussi minable qu'il le croit et l'auteur touche ainsi fort bien aux déficits de confiance dont souffrent des hommes et des femmes, qui les empêchent d'avancer dans la vie au lieu d'en subir les aléas.

On suit aussi celle qui donne son titre à ce roman, Emilie, fille de Gus, adolescente de 14 ans qui va bien grandir en une journée et découvrir au moins l'amour parental. C'est une génération Z, pas idiote mais qui n'a encore pas compris ce qu'étaient les vrais sentiments.

On en suit d'autres aussi, très divers, Cerise venue à la prostitution tranquille, sous la protection gratuite de George, propriétaire du bien nommé Love Hôtel, qui protège aussi un brave SDF, Boudu "sauvé des eaux, mais pas de l'eau d'vie", et puis un couple adultérin dont la femme est la véritable héroïne, devenue capable de se déterminer hors des sentiers sociétaux et de leurs convenances.

Et une autre femme, Fatou, migrante violée, qui campe un très beau personnage, elle perd les eaux mais jamais la tête et joue donc un rôle essentiel dans ce huis clos pathétique.

Et enfin, Mia, la négociatrice dans cette prise d'otages insolite au coeur du Love Hôtel. C'est une vraie battante, consciente que son job a pris le dessus sur sa famille. Elle devra elle aussi reconsidérer sa vie.

J'ai failli oublier les médias et leur soif de croustillant à servir en direct, quitte à causer plus de mal encore, incarnés par un pseudo journaliste du trottoir, lui aussi bien dans son rôle.

Alors, bien sûr, c'est invraisemblable cette prise d'otages bon enfant qui compte quand même quelques morts, mais Benoît Philippon lui donne une dimension glorieuse, pleine d'humour, de tendresse et de drames, on peut donc rire ou pleurer en suivant les pages de Petiote.
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J'ai l'impression qu'une grande histoire d'amour littéraire est en train de voir le jour entre Benoît Philippon et moi. Il a, à ce jour, quatre romans à son actif, quatre bons moments de lecture pour moi, voire même de très très bons moments. Si jusqu'à maintenant "Mamie Luger" se disputait la première place avec "Joueuse", ils n'auront désormais qu'à se battre pour la seconde, puisque "Petiote" vient de les détrôner tous les deux.

Avant d'oublier, je tiens à dire que c'est super sympa d'avoir glisser un marque-page dans le livre. Je ne m'en suis aperçue qu'hier, en commençant ma lecture. Un marque-page vient donc s'ajouter à ma collection de manière inattendue. Merci Equinox :-)

Parlons maintenant du livre, à commencer par sa couverture, que j'adore, et qui attire dès le premier regard. Une couverture qui déchire et donne le ton avant même d'entamer la lecture.

Benoît Philippon a le don pour nous pondre des personnages hors norme, souvent sorte de "anti-héros", rebuts de la société dont la vie n'a pas fait de cadeaux. C'est encore le cas ici avec Gustave Samson, dit Gus, divorcé, sans emploi, vivant dans une chambre d'hôtel miteux, père d'une ado de 14 ans dont il vient d'en perdre la garde. Il se voit comme un loser, et il l'est aux yeux de tout le monde. On lui reproche son laisser-aller, son manque d'entrain, de prétexter et de s'appuyer sur sa malchance qui lui colle à la peau. On lui reproche son manque de réaction, alors il va prendre le taureau par les cornes et réagir enfin... en prenant en otage le personnel et les clients de son hôtel. Entre les imprévus, les bavures, et une mauvaise organisation, le projet de Gus va se transformer en fiasco.

L'auteur nous dépeint des personnages hauts en couleur, tous des cabossés. Chacun a son petit truc qui les rend intéressants, attachants également pour la plupart. Ils forment une équipe de bras cassés complètement déjantée : un père de famille désespéré et son ado en pleine crise de rébellion, un réceptionniste au coeur d'artichaut, un sdf au lever de coude facile, une prostituée qui se cache derrière sa perruque, un trafiquant d'armes pas des plus rigolos, un couple pratiquant l'adultère, une sans-papier enceinte, un livreur de pizzas défoncé H24. Entre otages et complices, la frontière est d'ailleurs parfois mince, et c'est ce qui fait en partie le charme de l'histoire. N'oublions pas Mia, capitaine de police et négociatrice qui tente de dépatouiller tout ça sans trop de casse.

J'ai retrouvé la belle plume de l'auteur avec grand plaisir, particulière certes mais bien à lui : abrupte, cash, tranchante, et tellement efficace. Tantôt spontanée, pleine de bon sens ou décalée, elle dépeint une atmosphère tout aussi atypique, à la fois tendue, chaotique et burlesque.

J'ai tout aimé dans ce roman : les personnages, l'ambiance, le déroulement de l'histoire qui ne lésine ni sur l'action, ni sur les ressentis des personnages, l'humour décalé, le dénouement flamboyant, le dernier chapitre plutôt émouvant. Et bien évidemment la superbe plume de l'auteur.

Un roman dit noir, mais éclatant, explosif, piquant, drôle, tendre.
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Gus a tout raté dans sa vie. L'école, les petits boulots, son rôle d'époux et surtout celui de père. Né loser, d'un père loser, il a été à bonne école. Mais, voilà, aujourd'hui, sa petiote, comme il l'appelle affectueusement, ne lui parle plus. Au RSA, habitant dans un hôtel vétuste au coeur d'un quartier sensible, la JAF lui a purement et simplement retiré la garde de sa fille. du moins, temporairement. Et ça, ça le ronge et le torture. Aussi, pour réinstaller le dialogue, a-t-il l'idée pour le moins saugrenue (pour ne pas dire bête ou complètement con) de prendre en otage les clients de l'hôtel en question et sa fille par-dessus le marché pour faire entendre sa voix. Ayant acheté un semi-automatique auprès de Sergueï, un des clients, qu'il s'est d'ailleurs empressé d'attacher au radiateur de sa chambre, ayant équipé Cerise, une prostituée qui s'est ralliée à sa cause, les voilà tous les deux à braquer leurs armes sur George, le propriétaire, Boudu, un SDF reconverti en commis d'hôtellerie, Gwen et Dany, un couple d'amants, Fatou, une jeune immigrée enceinte, Hubert, un livreur de pizzas et Émilie qui ne comprend pas pourquoi son père fait tout ça... Pourtant, Gus ne demande pas grand-chose : juste un avion pour fuir au Venezuela !

Décidément, chez Benoît Philippon, les héros n'ont ni la langue ni les mains dans les poches. Parce qu'ici encore, ça braque à tous les étages du Love Hôtel.... Prêt à tout pour reconquérir le coeur de sa petiote, Gus, avec l'aide de Cerise, va rien moins que prendre en otage d'innocentes personnes et se trouver, inévitablement, face à une négociatrice qui fera tout pour les garder en vie (et pourquoi pas raisonner Gus, même si son geste semble louable). Évidemment, rien ne va se passer comme prévu : les potes de Sergueï (qui appartient à une mafia) ne tiennent pas à ce que les flics débarquent à l'hôtel, les amants tiennent à rester anonymes pour des raisons qui leur sont chères, Fatou, en situation irrégulière, y tient aussi, certains journalistes, peu scrupuleux, vont tenter de percer à jour aussi bien Gus que les otages, cette ado qui ne tient pas du tout à partir au Venezuela... et j'en passe... Entre les imprévus, les ralliements, les coups de gueule et les coups de feu, le manque certain d'organisation de Gus, cette prise d'otage va virer en grand n'importe quoi. Et l'on se régale, nous lecteurs, devant tant de situations cocasses, foutraques, inattendues mais aussi parfois tendres. D'autant que ce roman ne manque ni d'humour ni de rythme, aussi bien dans l'action que dans les dialogues.
Un roman déjanté, drôle et explosif !
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Je serai peu prolixe sur ce roman et je resterai sur une prudente réserve tant je me sens démuni d'arguments .J'ai essayé de trouver pour quelles raisons j'avais peiné sur cette lecture , moi qui suis pourtant plutôt friand du travail de Benoit Philippon .Le thème ? Bof , non . Une prise d'otage , il est vrai un peu particulière , c'est bien dans son registre ça .Un certain manque d'actions , peut -être , le lieu reste un peu " figé " trop longtemps . Des personnages caricaturaux , des situations improbables , oui , mais ça aussi , c'est lui , même que son outrance m'a toujours fait rire .Non , je ne sais pas ...Mais , oui , " Bon Dieu , mais c'est bien sûr ", la lecture trop proche d'un autre de ses romans , donc un manque " de fraîcheur " de ma part , c'est ça . Il faut le reconnaître , lire deux ouvrages de cet auteur à la suite , c'est peut -être un peu trop pour les apprécier comme il se doit car , au - delà de l'histoire, c'est plutôt les moyens d'expression qui constituent " le sel " des romans , d'où une certaine impression de redondance . Bref , j'aurais dû être patient , attendre le bon moment , un moment de déprime ou tout au moins de lassitude , par exemple , pour me " refaire une santé " avec " La Petiote ". Oui , je crois que l'auteur est toujours aussi bon et moi un lecteur moins disponible . Mais oui , les rencontres , c'est souvent un moment de disponibilités , non ? je vous le dis , moi , " La Petiote " et moi , on se retrouvera ...ou pas . Un nouveau rendez -vous , peut - être mais c'est ma PAL qui va " faire la gueule " ....Et ma PAL , c'est ma PAL , quoi .
A bientôt , chères amies et amis .
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C'est drôle, c'est noir, touchant aussi, bourré d'humanité. Petiote, encore un livre que j'ai regretté d'avoir fini.
Gus est un loser, pas un raté — vous le vexeriez — un loser qui a tout raté, couple, paternité, vie professionnelle, mais loser ça sonne mieux, il en est presque fier. Sauf que là, la Juge aux Affaires Familiales lui a retiré son droit de visite pour Emilie, sa fille adorée. Aux situations désespérées, mesures désespérées. Gus prend en otage les occupants du Love Hôtel de Chalon. Si l'hôtel n'avait que de pittoresques personnages (Cerise, la prostituée) ou des ratés (Boudu, le SDF), mais non, c'est à un membre d'une mafia serbe, Sergueï, que Gus achète une arme, sans écouter les avertissements de ce dernier, clairement menaçants, pourtant.
Présence obligatoire d'Emilie, c'est avec elle que Gus veut fuir au Venezuela. Sa propre fille au milieu d'une prise d'otages ? Une ado rebelle ? Gus est au courant, mais le moyen de faire autrement ?
Un imbécile armé jusqu'aux dents, hémoglobine garantie ! Benoît Philippon réussit néanmoins à nous faire rire et à nous toucher.
Seul bémol : le premier chapitre ne sert à rien. Je l'ai oublié dès le deuxième, parce que je n'y ai pas compris grand-chose. Pas grave, il n'y a pas de livres parfaits.

Lien : https://dequoilire.com/petio..
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critiques presse (2)
Actualitte
06 septembre 2022
Drôle, intelligent, loufoque... un polar complètement dingue et explosif. Qui nous questionne aussi sur des sujets sensibles de notre quotidien. Il ne me reste qu'une seule chose à dire : Bienvenue au Loose Hotel.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LesEchos
10 août 2022
« Petiote » est le dernier polar social et hilarant de Benoît Philippon, auteur du génial « Mamie Luger ». A travers le projet fou de Gus, on découvre la vie de ce petit monde de l'ombre, des reclus de la société, des problèmes ambulants.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
Quand chacun à son tour y va de son historique personnel, Gus prend conscience qu'il n'est pas au bout de ses emmerdes. Il ne sait pas si son projet aboutira au Venezuela, une chose est certaine, il restera dans les annales pour la prise d'otages de la cours des miracles. Georges au bord de la banqueroute, Boudu, le clodo échoué sur le bord de la route, c'étaient que les préliminaires. Cerise évoque sa grand-mère et se tait. Sa cause à elle est entendue. La belle-de-nuit en a bavé et la voilà armée.
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Charlotte pousse un cri de terreur. Tofu, qui se frottait tranquillement contre son mollet humide, en perd toute sa dignité féline et détale en feulant dans la cuisine, surprenant Günther, qui s'interrompt dans son élan. Le chat dérape entre les jambes de l'assaillant, ses pattes patinent sur les débris de porcelaine, la douleur des coupures le fait bondir. L'animal en totale perte de contrôle atterrit sur la gazinière, percute la casserole sur le feu. Le récipient s'envole en double salto, projetant le liquide brûlant sur le crâne rasé de Günther qui, aveuglé par le thé bouillant, prend le relais du chat hystérique, court en tous sens dans l'espace restreint, moulinant des bras autour de lui à la recherche d'une aide ou d'un cou à tordre. Dans la confusion, il renverse la jarre de farine rangée au-dessus de la cuisinière. Matériau propice à la confection du clafoutis s'il en est, mais également extrêmement inflammable, tout comme le bomber en vinyle synthétique que porte le bouledogue au goût vestimentaire discutable, la farine s'enflamme et propage son embrasement jusqu'aux manches puis au dos de l'assaillant en déroute. La torche humaine hurle comme une truie en partance pour l'abattoir. "Ca apprendra au carnivore la compassion pour la souffrance animale", se dirait la végétarienne si elle était encore en état de penser. Günther part en quête de l'évier, tête baissée, urgence d'une douche sous le robinet, tâtonne pour trouver le mitigeur et appuie au hasard sur tout ce qui lui tombe sous la main sur le plan de travail, dont le bouton "start" du mixeur. Sa tresse ridicule qui pendait par là se retrouve happée entre les pâles du broyeur. Son jappement part dans les aigus, le bouledogue n'a pas le luxe de regretter sa fascination pour Steven Seagal et ses dérives capillaires qu'il tente de se raccrocher à ce qui s'offre à lui dans sa chute : un torchon pendu à un crochet vissé dans l'étagère à condiments. L'homme pesant un bon cent vingt kilos, l'étagère en agglo fixée à un placo de piètre qualité cède sous son poids. Le déversement de la bouteille d'huile de friture déclenche le feu d'artifice pour le bouquet final. Le mafieux cramoisi titube, telle une merguez trop grillée qui s'échapperait d'un barbecue qui aurait mal tourné. Il s'écroule contre le micro-ondes, s'accroche dans un ultime réflexe à la prise raccordée à hauteur d'homme -- l'électricien avait pourtant prévenu Charlotte que l'installation n'était pas aux normes--, fait fondre le câble dans sa main enflammée et s'achève tout seul d'une décharge de deux cent vingt volts, provoquant une fontaine d'étincelles du plus bel effet au moment de clore ce son et lumière d'un gore frisant le burlesque.
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Une pulsion meurtrière veut prendre le contrôle d'elle. Un putsch maternel qui la verrait dégainer son flingue et en vider le chargeur sur cette raclure de journaliste. Son surmoi en vrac, son Code civil aux chiottes, Mia comprend mieux la vrille de Gus, avec son fusil sur son mirador. Si ce connard de journaliste croise sa route, elle le dézingue au bazooka et l'achève en lui piétinant les tripes de son unique paire de talons aiguilles. Faut pas toucher à ses enfants.
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- Tu te fous de ma gueule ?
- Non, pourquoi ?
- Tu t'appelles Hubert et tu bosses pour Uber ?
- Ah ouais, tiens. J'avais jamais fait le rapprochement, se gondole le livreur au cerveau embrumé.
Las, Gus n'a pas l'énergie de s'en taper le front, mais le cœur y est. Ben, je crois qu'au niveau des gagnants on est au complet. C'est l'heure de prévenir les flics.
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George est un authentique ange gardien. Sorte de saint Pierre supervisant ce purgatoire, il accueille les âmes errantes, dont certaines obtiendront leur ticket pour le paradis, mais la majorité, au vu de leur fiche signalétique, plutôt un aller simple pour l'enfer.
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Vidéo de Benoît Philippon
Benoît Philippon était lui aussi au festival Quais du Polar 2024 ! Nous avons pu lui poser quelques questions sur son roman « Mamie Luger » lu par Fabienne Loriaux chez Audiolib.
Découvrir le livre audio « Mamie Luger » : https://www.audiolib.fr/livre/mamie-luger-9791035411961/
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